Guy Gervais de Rouville, dit Guy de Rouville, né le à Castres et mort le à Vabre« Ancien résistant, Guy de Rouville s'en est allé » sur ladepeche.fr , est un industriel et résistant français.

Biographie Famille et formation La famille Gervais de Rouville est une famille de la noblesse protestante du Languedoc. Elle a conservé le nom de la terre de Rouville qu'elle possédait avant la RévolutionPierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, éd. Sedopols, 2012, .

Guy de Rouville est le fils unique d'Henry Gervais de Rouville, propriétaire d'une usine textile, et de Louise ClaronChristophe Charle, La République des universitaires: 1870-1940, Éd. du Seuil, 1994, page 145.. Il a pour arrière-grand-père Paul Gervais de Rouville, professeur de géologie à la faculté des sciences de Montpellier et fondateur de l’école de géologie de Montpellier.

Élève à l'école des Roches de Verneuil-sur-Avre puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, il devient ingénieur de l'École centrale des arts et manufactures (promotion 1939).

En 1939, il épouse Odile Schlumberger, fille du banquier Maurice Schlumberger et descendante de François Guizot. Ils ont ensemble six enfants, dont le contre-ténor Henry de Rouville. Son épouse témoigne de leur expérience commune de résistants dans le livre Femmes dans la guerre, 1940-1945. Elle meurt le à 99 ans, quinze jours après son mari.

Engagement dans la Résistance Chef de section antichar dans l'armée française en 1940, il est démobilisé en août et rentre dans le Tarn.

Avec un associé, il crée à Castres une entreprise de fabrication de gazogène à charbon de bois, qui équipera plus tard les véhicules des maquis de Vabre.

Devenu délégué à la Jeunesse et aux Sports du canton de Vabre, il peut librement circuler. Il sera également responsable départemental puis régional du scoutisme protestant, avec notamment son épouse Odile et le pasteur Robert Cook. Dans le même temps, les éclaireurs israélites de Robert Gamzon arrivent à Lautrec.

À partir de 1942, la montagne tarnaise, à forte présence protestante, est un refuge pour les juifs (notamment par la filière du textile) recherchés par la police. Dès , Odile Gervais de Rouville, avec d'autres, participe à camoufler 35 jeunes filles juives en scouts unionistes protestantes, arrivées par le réseau de sauvetage de Résistance juive en France, dite la Sixième. En 1943, cette zone protectrice accueillera aussi des réfractaires au STO. C'est le développement des maquis refuges, prémisses d'une organisation de Résistance que Guy de Rouville ne veut pas inscrire dans un mouvement lié à une formation politique (Combat ou Libération).

En 1943, dans le cadre des Mouvements unis de la Résistance (MUR), Guy de Rouville rejoint la Résistance organisée sous le pseudonyme de Pol ou Paul Roux. Il est l'organisateur et le « préfet » des maquis de Vabre, organisation de Résistance, qui deviendra le corps-franc de la Libération . Ce maquis comporte des personnalités de toutes origines politiques ou religieusesHervé Nathan, « Les juifs gagnent le maquis », Libération, 16.07.2004, en ligne., et de nombreux juifs, scouts ou réfugiés. À partir du débarquement de Normandie, pour lequel ils se préparaient, plus de 450 maquisards formalisèrent leur engagement de combattant par leur inscription dans un registre détaillé, tenu sur un livre de comptes, qui subsistera après la guerre.

Après la Libération, avec 250 volontaires des maquis de Vabre, il se joint comme officier de transmission au corps franc Bayard, qui deviendra puis régiment de dragons, rejoint la armée française du maréchal de Lattre avant Autun, et va jusqu'à Constance avant l'armistice en « Une commémoration d'une rare intensité », ladepeche.fr..

Engagement pro-européen Il est membre fondateur du Mouvement européen et participe au Congrès de La Haye en .

Activités professionnelles Directeur de l'entreprise textile Faure-Claron à Vabre, exploitant agricole et forestier, il fut président de la Fédération française d’économie montagnarde.

Divers Cofondateur du Golf de Mazamet en 1956.

Distinctions

(décret du )

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Odile de Rouville, in Femmes dans la guerre, 1940-1945, Paris, éditions du Félin, coll. « Résistance », 2004, Odile de Rouville, « De la Chouette au Merle Blanc », 1945, En ligne Le tapissier de Jérusalem, Lucien Lazare, Le Seuil, 2015, .

Documents sonores Entretien avec Odile de Rouville, « Ich Bin Jude! Ich Bin Jude! » (2006), United States Holocaust Memorial Museum. Entretien avec Guy de Rouville, « Ich Bin Jude! Ich Bin Jude! » (2006), United States Holocaust Memorial Museum. Interview de Guy de Rouville sur la délégation allemande au congrès de La Haye de 1948, Vabre, 2008 (2'23'')

Article connexe Familles subsistantes d'ancienne bourgeoisie française

Liens externes Site personnel d'Odile de Rouville Mini-biographie sur le site des Maquis de Vabre

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