Carlos Filipe Ximenes Belo, né le à Baucau, alors au Timor portugais, est un religieux salésien, évêque catholique, administrateur apostolique de Dili de 1988 à 2002. Il est co-lauréat avec José Ramos-Horta du prix Nobel de la paix de 1996 pour leur travail lors de la recherche d'une résolution pacifique et équitable du conflit au Timor oriental.

En 2022, il est accusé du viol de jeunes hommes.

Biographie Il naît et grandit dans le district de Baucau dans le nord du Timor, alors portugais. Il perd son père, instituteur, alors qu'il n'a que deux ans. Il effectue sa scolarité à Baucau et à Ossu avant d'entrer au petit séminaire de Daré, dans la périphérie de Dili où il poursuit sa scolarité et ses études jusqu'en 1968.

De 1969 à 1981, il vit principalement à Rome et au Portugal où, ayant rejoint les salésiens, il suit les cycles de philosophie et de théologie en vue du sacerdoce. Il est ordonné prêtre le .

De retour au Timor en , il exerce vingt mois comme professeur puis directeur pendant deux mois du collège salésien de Futumaca.

En 1983, le Saint-Siège le nomme administrateur apostolique de Dili, le mettant, de fait, à la tête de l’Église est-timoraise. Cette nomination est soutenue par le pro-nonce à Jakarta et par les autorités indonésiennes qui voient en lui un pasteur soumis. A contrario, les prêtres timorais boycottent sont installation en signe de défiance. Mais à peine cinq mois après son arrivée, il proteste avec véhémence lors d'un sermon dans sa cathédrale, contre les brutalités commises à Craras et les arrestations perpétrées par l'Indonésie. L’Église est alors la seule institution à même de communiquer avec le monde extérieur. Le nouvel administrateur apostolique écrit des lettres et prend des contacts dans le monde entier pour alerter sur la situation au Timor et tenter de briser l'isolement dont est victime la province.

Le , le pape Jean-Paul II lui accorde la dignité épiscopale et le nomme évêque titulaire de . Il reçoit la consécration le des mains de Francesco Canalini, pro-nonce en Indonésie et archevêque titulaire de , avec comme co-consécrateurs l'évêque de Manokwari-Sorong Francis Xavier Sudartanta Hadisumarta et l'archevêque d'Ende Donatus Djagom.

En , il écrit au président portugais, Mário Soares, au pape Jean-Paul II et au secrétaire général des Nations unies Javier Pérez de Cuellar, réclamant un référendum d'auto-détermination pour le Timor oriental sous l'égide des Nations unies) et demandant de l'aide pour le Timor . Lorsque la lettre adressée aux Nations-Unies est rendue publique en avril, il est plus que jamais la cible des autorités indonésiennes. La précarité de sa situation augmente encore lorsque, comme il l'avait déjà fait par le passé, il donne refuge en 1991, dans sa propre résidence, à de jeunes rescapés du massacre de Santa Cruz et a le courage d'en révéler l'ampleur.

L'action de Carlos Filipe Ximenes Belo au service de la cause est-timoraise, pour y rétablir paix et réconciliation est reconnue mondialement lorsque lui est attribué, conjointement a José Ramos-Horta, le prix Nobel de la paix 1996.

Accusations d'abus sexuels sur mineurs Alors que les premières accusations contre l'évêque salésien commencent à apparaitre., le , Jean-Paul II accepte sa démission du poste d'administrateur apostolique de Dili, officiellement pour des raisons de santé.

En , Carlos Filipe Ximenes Belo rejoint le Portugal pour « se rétablir ».

En , il devient « assistant des prêtres » à Maputo, au Mozambique, avant de revenir vivre au Portugal.

En 2022, il est accusé dans une enquête de l’hebdomadaire néerlandais De Groene Amsterdammer de violences sexuelles sur des garçons mineurs pendant une vingtaine d’années....

Selon les déclarations de Norberto do Amaral, président de la Conférence épiscopale du Timor, il est désormais soumis à des restrictions de mouvements pour lesquels « il doit demander la permission au Vatican »..

Lors d'une conférence de presse fin , le Vatican précise que .

Affaire connexe

L'Américain est renvoyé de l’état clérical en 2018, après avoir avoué des viols sur des fillettes de l’orphelinat de Topu Honis à Oecusse. En , il est le premier prêtre condamné au Timor oriental pour pédocriminalité..

Distinctions Prix de la liberté John Humphrey du centre canadien Droits et Démocratie en 1995 Prix Nobel de la paix 1996, conjointement à José Ramos-Horta Docteur honoris causa de l'université de Porto () Prix de la personnalité lusophone de l'année 2010 attribué par le « Mouvement international lusophone »

Notes et références

Article connexe Abus sexuels dans la congrégation des Salésiens

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