L'élection présidentielle slovaque de 2024 a lieu les et afin d'élire le président de la République slovaque. La présidente sortante, Zuzana Čaputová, n'est pas candidate à sa réélection.

La campagne est dominée par l'indépendant Ivan Korčok, ancien ministre des Affaires étrangères et européennes, et le dirigeant d'HLAS – social-démocratie (HLAS-SD), Peter Pellegrini, président du Conseil national et ancien président du gouvernement. Arrivés respectivement premier et deuxième du premier tour, les deux candidats s'affrontent au second. Ivan Korčok rassemble notamment les partisans d'un resserrement des liens avec l'Union européenne (UE) et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), tandis que Pellegrini capitalise sur le rejet de ces deux entités par le gouvernement de Robert Fico, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Peter Pellegrini sort vainqueur du second tour avec un peu plus de 53 % des voix. L'élection se révèle ainsi une victoire pour le gouvernement de Robert Fico, et pour le camp pro-russe en général. Contexte Non candidature de la présidente sortante vignette|redresse=0.7|gauche|Zuzana Čaputová. Zuzana Čaputová est élue au second tour de l'élection présidentielle slovaque de 2019. Candidate du parti Slovaquie progressiste (PS), soutenue par Liberté et solidarité (Sas) et Les Gens ordinaires et personnalités indépendantes (OĽaNO), elle l'emporte par 58 % des voix sur un programme anti-corruption et pro-européen, face au candidat du Gouvernement Pellegrini, Maroš Šefčovič, un ancien commissaire européen membre du SMER – social-démocratie (SMER-SD).. Outre la lutte contre la corruption, elle se fait notamment remarquer pour ses positions favorables à l'écologie, les droits LGBT et le droit à la contraception et à l'avortement, dans le contexte d'une vague de victoires des partis conservateurs en Europe de l'est. Investie le , elle devient la première femme ainsi que la plus jeune personne à accéder à la présidence en Slovaquie.

Malgré une importante popularité qui fait d'elle la personnalité politique préférée des slovaques, elle annonce le sa décision de ne pas briguer un second mandat, qu'elle justifie par le stress procuré par la guerre russo-ukrainienne, la pandémie de Covid-19 et la gestion de la hausse de l'inflation.. La décision de la présidente de ne pas concourir à un second mandat affaiblit considérablement les partisans de l'Union européenne et de l'OTAN, dans le contexte d'une désinformation russe accrue depuis le déclenchement en 2022 de l'invasion de l'Ukraine..

Gouvernements successifs vignette|redresse=0.7|Peter Pellegrini. Le Smer-SD de Robert Fico est relégué dans l'opposition lors des élections législatives de février 2020. L'alliance menée par le parti conservateur et anti-corruption Les Gens ordinaires et personnalités indépendantes (OĽaNO) arrive en tête du scrutin avec des résultats en nette hausse, à la suite d'un élan populaire provoqué par l'assassinat en 2018 d'un journaliste. Ce dernier avait mis en lumière les liens du Smer-SD avec la mafia calabraise, et poussé cette année là Robert Fico à démissionner au profit de Peter Pellegrini. Le dirigeant d'OĽaNO, Igor Matovič, est choisi pour remplacer Peter Pellegrini comme président du gouvernement à la tête d'une nouvelle coalition gouvernementale réunissant OĽaNO, Nous sommes une famille (Sme Rodina), Liberté et solidarité (SaS) et Pour le peuple (ZL).... Le Smer-SD devient quant à lui l'objet d'une lutte de pouvoir entre Robert Fico et Peter Pellegrini, ce dernier finissant par quitter le parti pour fonder en 2020 HLAS – social-démocratie (HLAS-SD).

L'achat par Igor Matovič de doses du vaccin russe Spoutnik V en pleine pandémie de Covid-19 sans avoir obtenu l'aval de ses partenaires de coalition provoque une grave crise politique en . Après une vague de démission au sein du gouvernement, ce dernier est profondément remanié tandis que Matovič est forcé par ses partenaires à céder sa place à Eduard Heger. Si les quatre partis membres de la coalition renouvèlent alors leur coopération en votant la confiance au nouveau gouvernement, le SaS finit par la quitter en en raison de divergences sur la politique économique, à la suite de quoi le gouvernement Heger devient minoritaire... Trois mois plus tard, il est finalement renversé par une motion de censure votée le par 78 voix sur 150. La motion passe notamment avec le soutien du SaS, dont le dirigeant Richard Sulik se déclare favorable à un nouveau gouvernement mais pas à des élections anticipées.. Ces évènements interviennent en effet en parallèle de tentatives répétées menées par le SMER – social-démocratie et le reste de l'opposition de provoquer des élections anticipée. Un référendum organisé à la mi-janvier 2023 a ainsi lieu à son initiative sur un allègement des conditions de déclenchement des élections avant la fin naturelle du mandat du Conseil. Malgré l'échec de ce dernier faute de franchissement du quorum de participation, les partis de la coalition sortante s'accordent sur une révision de la constitution permettant la dissolution anticipée du Conseil, et la tenue d'élections en septembre 2023. Ces derniers sont ainsi organisées un an avant la date prévue, après le vote en ce sens des députés le , par 92 voix pour..

Retour de Robert Fico au pouvoir vignette|redresse=0.7|Robert Fico. Le pays subit alors le taux élevé d'inflation au niveau mondial provoqué par la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 dans le contexte d'une crise énergétique provoquée par cette dernière puis par le déclenchement en de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), le gouvernement slovaque met en œuvre comme ses alliés une aide économique et militaire au gouvernement ukrainien du président Volodymyr Zelensky ainsi que des sanctions économiques à l'encontre de la Russie, qui deviennent rapidement impopulaires au vu de la situation économique..

Les luttes internes et les scandales qui touchent les gouvernements Matovič et Heger provoquent un vide politique qui finit par être comblé par la montée de SMER-SSD, de Robert Fico, qui domine la campagne. Bien qu'historiquement de centre gauche, ce dernier récupère l'insatisfaction de la population à l'égard de la crise économique pour faire campagne sur la fin des aides accordées à l'Ukraine. Jusqu'alors atlantiste et favorable à l'Union européenne , Fico adopte une position de plus en plus critique envers l'OTAN et de l'UE tout en se rapprochant de la Hongrie de Viktor Orbán et de la Russie de Vladimir Poutine, au point d'adopter ses éléments de langage vis à vis de la guerre en Ukraine. Il rejette ainsi la responsabilité de cette dernière sur l'Ukraine en affirmant que le conflit . Il promet par conséquent de cesser les livraisons d'armes en ne fournissant à l'Ukraine... Ses positions trouvent un écho certains auprès de la population slovaque, dont une étude en révèle que seulement 40 % considèrent la Russie responsable du conflit avec l'Ukraine..

Les élections voient par conséquent arriver largement en tête le SMER – social-démocratie.. Il devance le parti libéral pro-européen Slovaquie progressiste, tandis que HLAS-SD de Peter Pellegrini se retrouve en position de faiseur de rois. Après plusieurs jours de négociations, le SMER-SD conclu le un accord de coalition avec le HLAS-SD et le Parti national slovaque (SNS), permettant à Robert Fico de redevenir président du gouvernement le ... La conclusion de l'accord provoque le jour suivant la suspension du SMER par le Parti socialiste européen et la perte du statut de parti associé du HLAS, en raison de leur association avec le SNS, qualifié de ... Le gouvernement. est nommé et assermenté le , après des semaines de blocages entre Fico et Čaputová..

Le gouvernement Fico IV poursuit rapidement la mise en œuvre de réformes du code pénal et du pouvoir judiciaire qui provoquent la controverse et d'importantes manifestations. La réforme prévoit en effet la suppression du bureau du procureur dédié aux affaires de corruption de haut niveau, l’assouplissement des sanctions en cas de corruption ainsi que la suppression de la protection des lanceurs d'alerte pour les policiers, et ce alors même que Robert Fico et plusieurs haut responsables du SMER-SD sont concernés par de telles affaires.. La nouvelle ministre de la culture, Martina Šimkovičová, dépose quant à elle un projet de loi visant à remplacer la direction de la Rozhlas a televízia Slovenska (RTVS), accusée de pratiquer la censure en n' sur le Covid-19 et le conflit en Ukraine, le gouvernement se présentant depuis plusieurs mois comme victime des juges et des journalistes..

Mode de scrutin Le président de la République slovaque est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois de manière consécutive. Au premier tour, la majorité absolue des suffrages exprimés est requise pour remporter l'élection. Si aucun candidat ne parvient à obtenir ce résultat, un second tour est organisé quatorze jours plus tard entre les deux candidats arrivés en tête. Celui des deux qui remporte le plus grand nombre de suffrages est élu président de la République..

Peuvent se présenter les slovaques âgés d'au moins quarante ans disposant du droit de vote, soutenus soit par 15 membres du Conseil national , soit par inscrits sur les listes électorales.

Le rôle du président est largement symbolique dans le cadre d'une régime parlementaire, le pouvoir exécutif étant détenu par le président du gouvernement. Il dispose néanmoins d'un droit de veto, ratifie les traités internationaux et nomme les plus hauts magistrats. Il est aussi le commandant en chef des forces armées.

Campagne vignette|redresse=0.7|Ivan Korčok. La campagne est dominée par les candidatures de Peter Pellegrini et Ivan Korčok, qui apparaissent favoris pour le second tour auprès d'un électorat nettement divisé. Pellegrini réunit ainsi les soutiens du gouvernement et de sa position critique vis-à-vis de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), tandis que Korčok réunit une large part de l'opposition, europhile et atlantiste. Plusieurs autres candidats reconnaissent n'avoir que peu de chance de l'emporter, tel l'ancien président du gouvernement Igor Matovič. À la tête du parti Les Gens ordinaires et personnalités indépendantes (OĽaNO), ce dernier affirme ainsi maintenir sa candidature pour en posant aux autres candidats les questions gênantes qu'ils préféreraient éviter..

Après plusieurs années de traversée du désert qui l'ont vu quitter le SMER – social-démocratie (SMER-SD) pour former sa propre formation, HLAS – social-démocratie (HLAS-SD), Peter Pellegrini gagne son pari en menant cette dernière à la troisième place aux élections de septembre 2023, avant de devenir une des principales composantes du gouvernement Fico IV. Fort de son alliance retrouvée avec le SMER-SD, qui ne présente pas de candidats, il axe sa campagne présidentielle sur le en promettant de promouvoir les intérêts nationaux de la Slovaquie. S'il assure qu'il garantira le du pays au sein de l'UE et de l'OTAN, il se garde de critiquer les positions ouvertement anti-OTAN et pro-russes de son partenaire de coalition, dont il défend la décision de stopper tout soutien militaire à l'Ukraine. Idéologiquement proche de Pellegrini, dont il partage la plupart des positions, Robert Fico sortirait considérablement renforcé d'une victoire de celui-ci, dont il pourrait attendre le remplacement du président de la Cour constitutionnelle par une personnalité moins opposé à ses réformes..