Claude Lévy, né le à Enghien-les-Bains et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un biologiste, résistant et écrivain français, frère de l'éditeur d'art Raymond Lévy et oncle de l'écrivain à succès Marc Lévy qui lui dédie son livre Les Enfants de la liberté (2007), un roman inspiré de sa vie et de celle son frère Raymond Lévy pendant l'OccupationMarc Levy, Les Enfants de la liberté, Éditions Robert Laffont, 2007 : "À mon père, à son frère Claude, à tous les enfants de la liberté. À mon fils et à toi mon amour.".
Biographie Charles Claude Lévy est né le Fichier INSEE des décès en France, consulté le 14 février 2024. à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise). Il a pour parents Raphael Lévy, né le à Smyrne (Turquie) et Lucie Calef, née le aussi à Smyrne, tous deux de confession juiveBiographie sur le musée de la Résistance .
Guerre Ses études secondaires au lycée Pasteur à Paris sont interrompues par la guerre. En , la famille quitte Paris pour Limoges, sur la route de l’exode. Au lycée de Limoges, il doit subir une manifestation antisémite et sa famille part à Lyon. Puis, comme son frère Raymond Lévy, il tente de contacter la Résistance vers la mi-1942. Il rencontre à Lyon le rabbin Bernard Schonberg qui le met en relation avec le réseau Combat à Lyon. Parallèlement, il rejoint une organisation qui prépare aux métiers agricoles pour émigrer en Palestine, dans une ferme près de Lyon, puis une autre dans le Tarn et enfin une troisième près de Moissac (Tarn-et-Garonne) où il retrouve son frère Raymond Lévy.
Il passe ensuite aux FTPF (MOI) (brigade Marcel Langer). Il est notamment combattant de la brigade FTP-MOI de Toulouse. Arrêté en 1943, il s'évade du train de déportation en Haute-Marne en , rejoint les maquis et s'engage dans l'Armée française jusqu'en . Il reprend des études qui le mènent à une carrière de biologiste, alors que son père et sa mère sont morts à Auschwitz. Ils sont déportés par le Convoi No. 77 en date du , venant de Drancy. Leur dernière adresse est au 1 rue Constantine à LyonVoir, Klarsfeld, 2012..
Après-guerre Collaborateur de Frédéric Joliot-Curie Il devient un collaborateur du physicien Frédéric Joliot-Curie. En 1967, lorsqu'il publie La Grande Rafle du Vel d'Hiv, il est présenté ainsi : Présentation des auteurs du livre La Grande Rafle du Vel d'Hiv en de couverture, par l'éditeur Robert Laffont, 1967..
Démarches pour Manouchian en 1951 Proposition au conseil municipal de Paris Le , le conseil municipal de Paris débat d'une proposition, pour qu'une rue de Paris reçoive le nom de « Groupe Manouchian »Table des débats. 1949-1959., , Hôtel de ville de Paris.. Un comité de soutien à la proposition réunit les conseillers municipaux du arrondissement Albert Ouzoulias, ex-soldat de Missak Manouchian, et Madeleine Marzin, rejoint par Claude Lévy, mais sans succès.
À partir de 1951, avec un autre des survivants des FTP-MOI, son frère Raymond Lévy, père de l'auteur à succès Marc Lévy., il multiplie les lettres à Louis Aragon pour demander son aide dans la conservation de cette mémoire, selon les courriers retrouvés en archive par Claude Urman, responsable de l'association des anciens FTP-MOI"Les Échos de la mémoire : Tabous et enseignements de la Seconde Guerre mondiale" par Georges Kantin et Gilles Manceron aux Éditions Le Monde en 1991 . Ils l'obtiennent mais le mot « juif » « n'apparaît pas une seule fois dans le poème d'Aragon »« Pourquoi faire entrer un couple au Panthéon, alors que c’était un groupe qui était visé par les nazis ? » par Florent Georgesco dans Le Monde le 16 février 2024 , écrit un an après la mort de Staline, alors que "la question de l’antisémitisme soviétique est loin d’être close". Entre-temps, le PCF a souhaité réduire la représentation des juifs et des étrangers dans l'image de la RésistanceLe Bolchévisme à la française par l'historien Stéphane Courtois , dans ce que l'historien Fred Kupferman appelle Fred Kupferman, cité par William Kidd et Alistair Blyth, dans "Aragon, Léo Ferré et l'affiche rouge" sous la coordination d'Andrew Macanulty, de l'université de Franche-Comté dans Aragon, Elsa Triolet et les cultures étrangères, actes du colloque de Glasgow, avril 1992 .
La publication de 1953 Aragon accepte de publier en 1953 un recueil de nouvelles des deux frères, dont l'une est consacrée au « groupe Manouchian » mais Article dans L'Obs en 1984 , et ainsi "«Été 44» : Marc Levy raconte le trajet de son père vers l’enfer de Dachau" par Gwénaëlle Loaëc le 13 mars 2021 dans Le Parisien .
. , au sein du PCF de cette époque, et Aragon lui-même, préfaçant ce volume en y vantant « l’héroïsme patriotique et français du PCF dans la Résistance »Le Vocabulaire d'Aragon par Daniel Bougnoux, aux éd. Ellipses en 2002.
Le prix Fénéon 1953 Il obtient très jeune, en 1953, le prix Fénéon pour le recueil de nouvelles écrit en collaboration avec son frère Raymond Lévy : Une histoire vraie, publiée aux éditeurs français réunis
Livre sur la rafle du Vélodrome d'Hiver publié en 1967 Bien que n'ayant aucune compétence d'historien, il entreprend avec Paul Tillard, un ancien résistant communiste qui a publié des livres aux Éditeurs français réunis, et qui poursuit une carrière d'écrivain chez Julliard, une étude historique sur la grande rafle du Vélodrome d'Hiver, menée en zone occupée à la demande de l'occupant allemand par les autorités françaises et sa police contre les juifs étrangers et apatrides les 16 et , connue sous le nom de « rafle du Vel d'hiv ». Son co-auteur, Paul Tillard, meurt le , des suites de sa déportation, avant que le livre ne sorte des presses en 1967.
Le livre qui contient une préface de Joseph Kessel dans laquelle celui-ci souligne que "Depuis 1945, il n'y a pas eu d'année, de mois, peut-on dire, qui n'ait vu paraître un ouvrage inspiré par les camps de concentration" et indique que la rafle eu lieu "sur les instructions reçues des services allemands, dirigés par EichmannClaude Lévy et Paul Tillard, La Grande rafle du Vel d'Hiv, édition de poche J'ai lu, 1968, préface de Joseph Kessel" est en tête des ventes en catégorie non fiction tout l’été 1967, si bien que les deux auteurs obtiennent le prix Aujourd'hui, dans une période contemporaine au film de Claude Berri Le Vieil Homme et l'Enfant sorti en , qui évoque l’Occupation, l’antisémitisme et le sort des enfants cachés par les Français, reçoit un succès public puis l’Ours d'argent au festival de Berlin.
Il est l'un des témoins qui intervient en 1969 dans le film de Marcel Ophüls Le Chagrin et la Pitié.
Les Parias de la Résistance, en 1970 En 1970, Claude Lévy publie un livre souvent cité par les historiens et titré Les Parias de la Résistance, et y évoque les exécutions effectuées à la fin de la guerreChronique de la Résistance par Alain Guérin chez Place des éditeurs en 2010 ou montre « qu’en dépit de leur appartenance à des organisations non juives, mais où ils tenaient une place majeure », les combattants juifs « participaient pleinement à la résistance juive« L’historiographie de la résistance juive en France », par Jacques Adler, dans Le Monde juif en 1985 . » Il a alors pris ses distances avec le Parti communiste français, dont il fut adhérent et regrette le traitement mémoriel infligé aux combattants Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) pendant les années 1950 puis la décennie suivante. Il révèle que des résistants français ont inscrit à leur crédit des attentats réalisés par ceux de la MOI (Main-d’œuvre immigrée), en particulier l'exécution du général Ritter en 1943, dont l'ouvrage Le Parti communiste français dans la RésistanceLe Parti communiste français dans la Résistance, ouvrage collectif, Les Editions sociales, 1967, par ailleurs le premier à reconnaître la demande du PCF de de légaliser L'Humanité « jusqu'alors farouchement niée"Le parti communiste français à l'épreuve des années noires", par Jean-Pierre Azéma dans la revue d'histoire Vingtième Siècle en 1984 », passe sous silence qu'elle fut réalisée par des FTP-MOI menés par Marcel RajmanLes Parias de la Résistance, par Claude Lévy, en 1970.
Roger Pannequin, ex-patron de la MOI au parti communiste, avant qu'elle ne soit marginalisée en 1953, a de son côté cité dans ses mémoires des résistants juifs selon lesquels nombre d'exploits de FTP parisiens ont en réalité été accomplis par deux Juifs, Joseph Boczov pour les déraillements de trains et Marcel Rayman pour les autres attentats"Adieu Camarades", par Roger Pannequin aux éditions Le Sagittaire, en 1977.
Comme Schwartzenmurtz, roman écrit par son frère Raymond, le livre montre en quoi des jeunes Toulousains se sont engagés dans la Résistance « en tant que Juifs et non pour des raisons politiques », ce qui « leur a paru la seule réponse honorable à la déportation de leurs parents et aux humiliations subiesESTEBE, Jean. Chapitre IX. La Résistance juive In : Les Juifs au temps de Vichy : À Toulouse et en Midi toulousain [en ligne]. Toulouse : Presses universitaires du Midi, 1996. »
L'enquête historique contenue dans Les Parias de la Résistance a inspiré le film La BrigadeLa Brigade, de René Gilson, article par Jacques Siclier, dans Le Monde du 9 mai 1975 réalisé par René Gilson, sorti en 1975, qui situe dans le nord de la France, au cours de l'été 1943, un groupe de francs-tireurs et partisans d'origine polonaise luttant avec efficacité contre l'occupant nazi et ses agents de la collaboration.
Au cours des années 1970, il est régulièrement invité à la télévision, notamment aux Dossiers de l'écran, sur les sujets ayant trait à la persécution des juifs par l'Allemagne, la rafle du Vél d'Hiv et les camps d'extermination« Les bons et les mauvais », Claude Sarraute dans Le Monde le 20 novembre 1975 .
Famille Son père et sa mère sont morts à Auschwitz, déportés en camp de concentration par les nazis, un sort auquel lui-même a échappé de justesse. Il est le frère de l'éditeur d'art Raymond Lévy, avec qui il a résisté dans a région de Toulouse, et l'oncle de l'écrivain Marc Lévy, qui découvre seulement très tard son histoire familiale, celle aussi du combat des résistants d'une brigade FTP-MOI par Josyane Savigneau, dans Le Monde le 3 mai 2007 et s'en est ému dans un roman paru dans les années 2000Les Enfants de la liberté, Marc Levy, éd. Robert Laffont, 2007. Marc Levy que son père et son oncle avaient écrit juste après la guerre Une histoire vraie, un premier témoignage sur la Résistance et les FTP-MOI, Prix Fénéon 1953.
Œuvre Une histoire vraie, recueil de nouvelles, (avec Raymond Lévy), Les Éditeurs français réunis, Paris, 1953. La Grande Rafle du Vel d'Hiv, (avec Paul Tillard), éd. Robert Laffont, Paris, 1967. Les Parias de la Résistance, éd. Calmann-Lévy, Paris, 1970. Bibliographie Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, Paris, Beate et Serge Klarsfeld, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms, Paris, FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012. Notes et références
Liens externes
Charles Claude Lévy et Raymond Lévy, musée de la Résistance
Catégorie:Écrivain français du XXe siècle Catégorie:Lauréat du prix Fénéon Catégorie:Résistant français Catégorie:35e brigade FTP-MOI Marcel Langer Catégorie:Groupe Manouchian-Boczov-Rayman Catégorie:Survivant de la Shoah en France Catégorie:Histoire des Juifs à Toulouse Catégorie:Marc Levy Catégorie:Naissance en mars 1925 Catégorie:Naissance à Enghien-les-Bains Catégorie:Naissance en Seine-et-Oise Catégorie:Décès en mars 2006 Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 80 ans