Les élections législatives autrichiennes de 2024 () ont lieu le afin de renouveler pour cinq ans les du Conseil national de l'Autriche.

Le gouvernement sortant du chancelier fédéral Karl Nehammer est composé de sa formation, le Parti populaire autrichien (ÖVP), et de Les Verts - L'Alternative verte, dirigé par le vice-chancelier Werner Kogler. Il fait notamment face au Parti de la liberté (FPÖ) mené par Herbert Kickl et au Parti social-démocrate (SPÖ) mené par Andreas Babler.

Le scrutin intervient dans le contexte de scandales de corruption ayant touché les précédents dirigeants de l'ÖVP et du FPÖ, conduisant à la chute des principaux gouvernements antérieurs. La popularité du gouvernement est également affectée depuis plusieurs années par les effets économiques et inflationnistes de la pandémie de Covid-19 et de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Le scrutin est un succès pour le FPÖ, qui arrive en tête pour la première fois de son histoire. Celui-ci se retrouve néanmoins isolé, les autres principaux partis ayant refusé de former une coalition avec Herbert Kickl. Après l'échec des négociations entre l'ÖVP et le FPÖ, une coalition tripartite est finalement formée fin février 2025 entre l'ÖVP, le SPÖ et NEOS. Le nouveau gouvernement entre en fonction le 3 mars 2025, avec pour chancelier le nouveau dirigeant de l'ÖVP, Christian Stocker.

Contexte Gouvernements Kurz vignette|gauche|redresse=0.7|Sebastian Kurz. Les élections interviennent dans un contexte de recul de la prédominance exercée par le Parti populaire autrichien (ÖVP) sur la scène politique autrichienne depuis 2017. Confronté à un échec historique lors de l'élection présidentielle de 2016, qui voit l'ÖVP et le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) échouer tous deux à qualifier leur candidat au second tour pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'ÖVP est repris en main l'année suivante par son nouveau dirigeant, Sebastian Kurz. Ce dernier procède à une refonte de l'image du parti, remporte largement les élections législatives de 2017 et forme un gouvernement de coalition avec le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), ce qui lui permet de devenir chancelier fédéral d'Autriche et le plus jeune chef de gouvernement au monde.

Le Gouvernement Kurz I s'avère cependant de courte durée du fait d'un scandale politique touchant le dirigeant du FPÖ et vice-chancelier Heinz-Christian Strache. Celui-ci est en effet poussé à la démission après la fuite d'une vidéo prise secrètement à Ibiza, dans laquelle il est vu demander à une femme se présentant comme la nièce d'un oligarque russe de racheter un journal et de modifier sa ligne éditoriale en faveur du FPÖ, en échange de la concession de contrats publics.. Également mis en cause dans ce qui est déjà appelé le , le ministre de l'intérieur Herbert Kickl refuse cependant de démissionner à son tour. Son limogeage par Kurz quelques jours plus tard conduit l'ensemble des ministres du FPÖ à présenter leur démission. En réaction, Kurz annonce la rupture de la coalition et la tenue d'élections anticipées, sans pour autant parvenir à éviter le vote d'une motion de censure..

Organisées par un gouvernement de transition dirigé par la juriste indépendante Brigitte Bierlein, les élections anticipées de septembre 2019 voient la victoire de l'ÖVP, qui obtient son meilleur résultat depuis 2002. Ce succès s'effectue notamment aux dépens du FPÖ, qui connaît un fort recul tout en se maintenant deuxième ainsi que du SPÖ mené par Pamela Rendi-Wagner, qui réalise un résultat historiquement bas. Les élections voient également la nette remontée du parti Les Verts, qui arrive troisième après avoir perdu deux ans plus tôt toute représentation au parlement. Les résultats des élections sont un retour en force pour Sebastian Kurz, qui se retrouve en position de choisir librement son nouveau partenaire de coalition. Il conclut finalement un accord avec Les Verts, qui aboutit début à la formation du gouvernement Kurz II et au retour de Kurz à la chancellerie, tandis que le chef des écologistes Werner Kogler devient vice-chancelier. Le nouveau gouvernement entend alors concilier la lutte contre l'immigration illégale et la baisse des impôts sur lesquelles s'était engagée l'ÖVP, avec le cœur du programme des Verts concernant le soutien aux énergies renouvelables et la lutte contre la corruption....

Gouvernement Nehammer vignette|gauche|redresse=0.7|Karl Nehammer. Malgré sa victoire aux élections, Sebastian Kurz se voit contraint à la démission à peine deux ans plus tard. Le chancelier est en effet mis en cause début octobre 2021 dans une affaire de détournement de fonds publics ayant financé des sondages d'opinion truqués ainsi que des articles flatteurs à son égard dans plusieurs quotidiens dont Kronen Zeitung et Heute, en amont de son accession à la direction du Parti populaire autrichien.. Confronté à la menace d'une motion de censure, Kurz démissionne le 11 octobre et se retire rapidement de la vie politique. La coalition entre l'ÖVP et Les Verts se maintient néanmoins, le ministre fédéral des Affaires étrangères Alexander Schallenberg lui succédant à la chancellerie.. Ce dernier redevient cependant ministre deux mois plus tard après avoir passé la main à Karl Nehammer, élu à l'unanimité à la tête de l'ÖVP le . Nehammer forme son gouvernement trois jours plus tard..

vignette|Manifestations contre les restrictions de déplacement lors de la pandémie de Covid-19, en janvier 2021. Depuis 2019, le gouvernement fait notamment face à la pandémie de Covid-19 qui amène le gouvernement à imposer un confinement, puis à faire voter la vaccination obligatoire de la population. Très impopulaire et sujette à controverse, cette mesure provoque une levée de boucliers qui conduit le gouvernement à renoncer à l'appliquer. Les effets de la pandémie sur l'économie mondiale provoquent par ailleurs une forte hausse de l'inflation, amplifiée par l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. En conduisant à la mise en place de sanctions sur les exportations de gaz russe, cette dernière provoque à son tour une crise énergétique mondiale qui touche durement les foyers autrichiens, dépendant du gaz russe. Les multiples mesures du gouvernement pour tenter de soutenir la population face à l'augmentation du coût de la vie parviennent à juguler la hausse de la pauvreté, mais s'avèrent contre productives en aggravant l'inflation, qui atteint un pic à 10 % en mai 2023. Il s'agit alors de l'une des inflations les plus élevées de l'Union européenne, où elle s'établit en moyenne à 7 % à la même époque, tandis que l'économie autrichienne se contracte pour la deuxième année consécutive.... Ce contexte politique et économique conduit à l'émergence de formations politiques nouvelles ou jusque là mineures, dont notamment le Parti de la bière (BIER), le Parti communiste (KPÖ) et Humains - Liberté - Droits fondamentaux (MFG). Leur percée dans les sondages ou lors d'élections régionales est cependant toute relative, le MFG obtenant notamment plusieurs sièges aux élections régionales de 2021 en Haute-Autriche avant de s'effondrer par la suite dans les enquêtes d'opinion.

vignette|redresse|Verso d'un vote postal avant la réforme. Malgré la réélection dès le premier tour du président Alexander Van der Bellen (Les Verts) à l'élection présidentielle d'octobre 2022, les législatives de 2024 sont marquées par la remontée dans les sondages du Parti de la liberté, qui arrive premier dans les intentions de vote. Mené par Herbert Kickl, ce dernier fédère ainsi sur le mécontentement envers les mesures anti-Covid, l'immigration clandestine, ainsi que les retombées des sanctions économiques envers la Russie. Le Parti populaire et plus particulièrement Les Verts subissent à l'inverse un recul dans les sondages. Face aux positions radicales de Herbert Kickl, aussi bien Karl Nehammer que Werner Kogler déclarent refuser de former un futur gouvernement avec lui... Le Parti social-démocrate est quant à lui mené depuis juin 2023 par Andreas Babler, à l'issue d'une primaire interne mouvementée qui le voit initialement annoncé perdant en raison d'une erreur de tableur excel.. Issu de l'aile gauche du parti, Babler surprend en faisant campagne à l'inverse de sa prédecesseure sur l'accueil des migrants ainsi que sur des positions anticapitalistes..

À la suite d'une réforme de la loi électorale votée début 2023, les élections sont désormais précédées d'une période de vote anticipé de trois semaines par voie postale, électronique à distance ou en présentiel. Jusqu'alors, ces dispositions n'étaient possibles que pour les électeurs des grandes villes. La réforme impose également une simplification des notices d'utilisation de ces méthodes alternatives de vote, afin de réduire le nombre de votes invalidés, ainsi que le dépouillement de ces voix en même temps que celles du jour du scrutin, et non plus étalé sur les jours suivants. Bénéficiant d'un large consensus au sein de la classe politique, la réforme est votée à la quasi-unanimité et appliquée pour la première fois lors des élections européennes de juin 2024.. Un total de font une demande de bulletin de vote anticipé pour les législatives , soit une augmentation de 34 % par rapport aux élections de 2019. Un taux record de 23 % du total des électeurs font ainsi la demande, contre 17 % en 2019Statistiques des cartes de vote.

Mode de scrutin vignette|upright=1.5|alt=Carte des neuf Bundesländer autrichiens.|Carte des neuf Bundesländer autrichiens. L'Autriche est une république semi-présidentielle dotée d'un parlement bicaméral. Sa chambre basse, le Conseil national, ou Nationalrat, est composée de pourvus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées dans neuf circonscriptions correspondant aux Länder autrichiens, à raison de par circonscription selon leur population. Ces neuf circonscriptions sont elles-mêmes subdivisées en un total de régionales. Le seuil minimum de voix exigé d'un parti pour obtenir une représentation au parlement est fixé à 4 % du total des suffrages exprimés, ou un siège d'une circonscription régionale.

La clé de répartition proportionnelle se fait à la méthode de Hare au niveau régional, puis à la méthode de Hare au niveau des Länder, et enfin à la méthode D'Hondt au niveau fédéral. Lors de la distribution au niveau des Länder, les sièges déjà obtenus au niveau régional sont décomptés. Il en va de même au niveau fédéral. Bien que les listes soit bloquées, interdisant l'ajout de noms n'y figurant pas, les électeurs ont la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour un maximum de trois candidats, permettant à ces derniers d'être placés en tête de liste pour peu qu'ils totalisent un minimum de 14 %, 10 % ou 7 % des voix respectivement au niveau régional, des Länder, et fédéral. Le vote, non obligatoire, est possible à partir de l'âge de ..

Principaux partis PartiIdéologieTête de listeRésultats en 2019 Parti populaire autrichien (ÖVP) Centre droitDémocratie chrétienne, libéral-conservatisme Karl Nehammer 37,46 % des voix Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme Andreas Babler 21,18 % des voixParti de la liberté d'Autriche (FPÖ) Extrême droitePopulisme de droite, national-conservatisme, libéralisme économique, euroscepticisme Herbert Kickl 16,17 % des voix Les Verts - L'Alternative verte (Grüne) Centre gaucheÉcologie, europhilie Werner Kogler 13,90 % des voix NEOS - La nouvelle Autriche et le Forum libéral (NEOS) CentreLibéralisme, europhilie Beate Meinl-Reisinger 8,10 % des voix

Sondages 1000px|centré|Moyennes lissées des sondages depuis les précédentes élections.

Résultats Nationaux