Les élections générales bissau-guinéennes de 2025 se tiennent le en Guinée-Bissau, afin d'élire le président de la république pour un mandat de cinq ans, et de renouveler les de l'assemblée nationale populaire de Guinée-Bissau pour un mandat de quatre ans.
Un coup d'État militaire intervient trois jours après le scrutin, avant que les résultats n'aient pu être annoncés. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló et le candidat d'opposition Fernando Dias da Costa sont tous deux incarcérés par les militaires.
Contexte Élection présidentielle de 2019
vignette|Umaro Sissoco Embaló. Umaro Sissoco Embaló est candidat à l'élection présidentielle de 2019.. Il arrive deuxième du premier tour, derrière Domingos Simões Pereira, le dirigeant du parti longtemps au pouvoir à partir de l'indépendance, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).. Il réussit à rallier plusieurs prétendants à lui pour le second tour, notamment le président sortant José Mário Vaz, l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Júnior. et Nuno Gomes Nabiam.. Embaló l'emporte..
Le , il est procédé par la CNE à une vérification des procès-verbaux du second tour des sessions des commissions régionales électorales sur demande de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), afin de tenter de sortir le pays de l'impasse politique.. À l'issue de cette opération, la commission nationale électorale donne de nouveau Umaro Sissoco Embaló vainqueur du scrutin le .. Le , la Cour suprême rejette la demande du PAIGC d'annuler la nouvelle décision de la CNE du qui confirmait ses précédentes proclamations, quant aux résultats du second tour.. La CNE établit le un nouveau procès-verbal, cette fois exhaustif, et donnant toujours avec les mêmes résultats Embaló gagnant..
Crise politique Aristides Gomes est limogé de son poste de Premier ministre au lendemain de l'investiture d'Umaro Sissoco Embaló. Le , Embaló nomme comme Premier ministre Nuno Gomes Nabiam. Le nouveau président justifie cette décision par l'impossible cohabitation entre les deux hommes.. En réaction, l'Assemblée nationale a investi son président Cipriano Cassamá comme président par intérim, alors qu'Embaló réside au palais présidentiel.. Le , cinq députés du PAIGC rejoignent la coalition au pouvoir., et le gouvernement obtient la confiance du Parlement le ..
Des hommes armés ont encerclé le palais du gouvernement le , où le président Umaro Sissoco Embaló et le Premier ministre Nuno Gomes Nabiam se seraient rendus pour assister à une réunion du cabinet.. Le , le président Umaro Sissoco Embaló annonce la dissolution de l'Assemblée nationale populaire, annonce des élections anticipées pour le et reconduit Nuno Gomes Nabiam... Deux mois avant la date prévue, un report est cependant envisagé pour des raisons logistiques et financières.. La veille du 18 décembre, Embaló annonce le report du scrutin au 4 juin 2023 à la suite d'un accord entre les partis politiques et la commission électorale..
vignette|redresse=0.7|Domingos Simões Pereira Selon les quelque 200 observateurs internationaux, le scrutin se déroule sans incident majeur, de manière .. Les élections législatives bissau-guinéennes de 2023 sont remportées par la coalition de la Plateforme de l'alliance inclusive-Terra Ranka (PAI-Terra Ranka) menée par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) qui arrive en tête et décroche la majorité absolue des sièges. Le Mouvement pour l'alternance démocratique G-15 (Madem G15) du président Umaro Sissoco Embaló arrive loin derrière en deuxième position, suivi du Parti du renouveau social (PRS). Le Madem G15 aurait souffert des luttes internes au parti ainsi que de l'incapacité du président à résoudre la chute des prix dans le secteur de la noix de cajou, dont la population tire une large part de ses revenus. Le scrutin voit par ailleurs entrer à l'assemblée le Parti des travailleurs guinéens (PTG), créé par le ministre de l'Intérieur Botché Candé...
Umaro Sissoco Embaló perd ainsi son pari, la dissolution de l'assemblée le met finalement en situation de cohabitation. Durant le dépouillement, il met en garde l'opposition contre toute contestation des résultats et annonce qu'il nommera comme Premier ministre le chef du parti arrivé en tête.. Reconnaissant sa défaite après l'annonce des résultats provisoires le 8 juin, il félicite la coalition Pai-Terra Ranka et annonce sa décision de nommer le chef du PAIGC, Domingos Simões Pereira, au poste de Premier ministre, acceptant de revenir sur ses déclarations de rejet de cette option durant la campagne électorale..
La coalition PAI-Terra Ranka est cependant sujette à des désaccords sur l'attribution des ministères qui rendent fragile sa majorité et poussent le PAIGC à conclure des accords de coalition avec le PRS et le PTG... Peireira va jusqu'à renoncer au poste de Premier ministre au profit de l'ancien ministre de l’Économie et des Finances Geraldo Martins, un proche ami de longue date.. Le , Domingos Simões Pereira est élu président de l'Assemblée nationale populaire.. Geraldo Martins est nommé Premier ministre le ..
Dans la nuit du au , de nombreux troubles éclatent entre l'armée et des forces de sécurité qui font deux morts, troubles qualifiés de par le président Embaló après son retour de la COP28 le . En réponse, celui-ci dissout le parlement le . Le , Umaro Sissoco Embalo reconduit Geraldo Martins au poste de Premier ministre, puis le congédie et le remplace une semaine plus tard, le , par Rui Duarte de Barros.
Le , à la sortie du conseil des ministres, Embaló affirme qu'il ne ce présenterait pas à la prochaine élection présidentielle après avis de sa femme Dinisia Reis Embaló. Il annonce le lendemain envisager de revenir sur sa décision..
Alors que l'opposition et le président sortant divergent sur la date de la fin du mandat présidentiel, les premiers la situent au , cinq ans après sa prestation de serment, et le second au , date de la confirmation de son élection par la Cour suprême, celle-ci déclare que le mandat présidentiel s'achèvera à la deuxième date. Umaro Sissoco Embaló annonce qu'il transférera le pouvoir après l'élection présidentielle.. Le , il fixe la date du scrutin au ., puis au le ..
Invalidation de la candidature de Domingos Simões Pereira En , Domingos Simões Pereira rentre de son exil au Portugal pour pouvoir participer aux élections. Le , la Cour suprême invalide la candidature de la coalition Plateforme de l'alliance inclusive-Terra Ranka, qu'il dirige, aux élections législatives, et compromet sa candidature à la présidentielle.
Le , la candidature de Domingos Simões Pereira à la présidentielle n'est pas retenue par la Cour suprême..
Le , plusieurs militaires sont arrêtés pour des accusations de tentative de putsch..
Mode de scrutin Le président de la Guinée-Bissau est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu.
L'assemblée nationale populaire est composée de cent deux sièges pourvus tous les quatre ans dont cent au scrutin proportionnel plurinominal avec liste bloquée dans vingt-sept circonscriptions plurinominales. À la suite d'une réforme récente, les deux sièges restants sont élus par la diaspora, présente notamment en Afrique et en EuropeAssembleia Nacional Popular (Assemblée nationale populaire Union Interparlementaire. Les partis ont l'obligation de présenter des listes de candidats comportant au moins 36 % de femmes dans chacune des circonscriptions..
Campagne Arguant que les délais ne permettent pas de vérifier si des irrégularités figurent sur le dossier de candidature de la coalition Plateforme de l'alliance inclusive-Terra Ranka , le Tribunal suprême de justice invalide sa participation au scrutin.. Elle indique cependant que les différentes composantes, dont le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), peuvent participer séparément au scrutin si leur dossier est déposé avant le 25 septembre., mais ceux-ci ne déposent pas leurs candidatures dans les délais.
Le PAIGC décide par conséquent de soutenir la candidature de Fernando Dias.. Celui-ci, mobilise pendant sa campagne et devient ainsi le principal adversaire du président sortant. Les deux candidats revendiquent la victoire au premier tour du scrutin...
Du fait de l'invalidation des candidatures des coalitions d'opposition Plateforme de l'alliance inclusive-Terra Ranka et API-Cabas Garandi, le scrutin législatif passe au second plan. Outre de petits partis n'ayant jamais obtenu de sièges lors du dernier scrutin, seule la Plateforme républicaine, soutenant le président Umaro Sissoco Embaló est en lice.. Par conséquent, Fernando Dias s'engage, en cas de victoire, à rétablir le Parlement sortant, dont il considère la dissolution comme inconstitutionnelle..
Résultats +Résultats provisoires de la présidentielle bissau-guinéenne de 2025..CandidatsPartisPremier tourVotes% Fernando Dias 50,00 Umaro Sissoco Embaló 47,04 José Mário VazIndépendant 0,98 Baciro Djá 0,64 Herculano Armando Bequinsa Mamadú Iaia Djaló Mario da Silva Junior João de Deus Mendes Sigá BaptistaIndépendant João Bernardo Vieira Honorio Augusto Lopes Gabriel Fernando Indi PUSD Votes valides 95,96 Votes blancs 2,33 Votes nuls 1,71 Total 100 Abstention 354 569 36,70 Inscrits / participation 63,30
Interruption par un coup d'État
Le scrutin se déroule dans le calme. Le taux de participation est alors annoncé à 65 %.. Un coup d'État militaire intervient cependant trois jours après le scrutin, avant que les résultats n'aient pu être annoncés. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló et le candidat d'opposition Fernando Dias da Costa sont tous deux incarcérés par les militaires.
Le , des coups de feu éclatent à proximité du palais présidentiel. L'incident se produit en plein jour, dans un contexte déjà marqué par une forte nervosité trois jours après la tenue des élections présidentielle et législatives, dont les résultats sont toujours attendus pour le lendemain. Vers midi, le président sortant annonce à Jeune Afrique qu'un coup d'État est en train de se produire à son encontre. Quelques heures plus tard, l'armée annonce prendre le pouvoir et suspendre le processus électoral. Selon l'opposant Domingos Simões Pereira, des militaires ont tenté de prendre d'assaut le siège de la commission électorale pour la forcer à proclamer la victoire du président sortant, plutôt que de celle de Fernando Dias, qui aurait remporté le scrutin.
L'opposant Domingos Simões Pereira est également arrêté et détenu dans une base aérienne à Bissau. L'arrestation de Dias est également annoncée., avant que celui-ci n'annonce être dans un lieu sûr dans le pays. Le , Umaro Sissoco Embaló quitte le pays pour Dakar, via un avion affrété par le gouvernement sénégalais. Le , l'Union africaine suspend le pays de ses rangs, ainsi que la Cédéao..
Le , Embaló quitte le Sénégal pour la République du Congo.. Le , Dias obtient l'asile politique du Nigeria..