Cet article présente les faits marquants de l'année 2009 en Guadeloupe.
Évènements
Janvier
: 46 organisations syndicales, professionnelles et politiques appellent à une grève reconductible à partir de mardi pour « exiger la baisse des prix de tous les produits de première nécessité, des impôts et taxes » et du carburant — une des revendications des est la baisse « immédiate » de 50 centimes du prix des carburants. La quasi-totalité des 115 stations-service de la Guadeloupe, exigeant l'arrêt de l'implantation de toute nouvelle station-service, n'ont pas ouvert à la suite du mot d'ordre de fermeture illimitée lancé par l'organisation professionnelle de leurs gérants. Début décembre, des barrages routiers, élevés pour protester contre le prix des carburants, avaient paralysé l'île pendant quatre jours, ils avaient été levés le , après l'annonce d'une baisse des prix des carburants par le secrétaire d'État à l'Outre-mer Yves JégoLe Figaro.fr, Guadeloupe : Grève des carburants.
: La mobilisation contre « la vie chère » se durcit avec l'organisation d'« opérations de mobilisation active visant à démontrer la résolution des manifestants ». Les organisateurs se sont associés pour la circonstance dans un « Lyannaj kont pwofitasyon » (Comité contre la profitation) regroupant des partis et organisations politiques de gauche (PC guadeloupéen, MoDem, Les Verts, entre autres) et des associations culturelles militant pour l'identité créole.
: La grève générale contre la vie chère paralyse la Guadeloupe depuis 10 jours. Le collectif LKP (Lyannaj kont profytasion) dirige les opérations. Écoles, magasins, supermarchés et stations d'essence sont fermés. Le syndicat du patronat estime que le manque à gagner pour la première semaine se monte à 130 millions d'euros et « sera lourd de conséquences à long terme ».
Février
Le secrétaire d'État chargé de l'Outremer, Yves Jego, arrive en Guadeloupe, pour y séjourner, selon son cabinet, « pour une durée indéterminée, aucune date de retour n'étant fixée ». Yves Jégo déclare : Je n'ai pas de calendrier de retour, je suis installé ici et, grâce aux moyens modernes de technologie, je peux gérer l'Outremer comme je le ferais de la rue Oudinot, où siège le secrétariat d'État. Le président du conseil régional Victorin Lurel (PS) déclare : « J'ai dit à Yves Jégo au téléphone qu'il fallait venir avec des mesures fortes, et que ce n'était pas simplement de l'argent, car il y a là une vraie crise sociale, une crise institutionnelle pour certains ». À Basse-Terre, le secrétaire d'État chargé de l'Outremer, Yves Jego, annonce « un plan global avec des mesures exceptionnelles, à la hauteur de ce qui est attendu sur place […] Les propositions de l'État vont compléter celles des collectivités et des autres partenaires ». Il n'a pas détaillé les mesures, en dehors du « gel des loyers des HLM », mais le gouvernement a déjà annoncé notamment le versement en avril d'une prime de à foyers à faibles revenus. L'annonce faite par le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, de son installation en Guadeloupe pour trouver une issue à la grève générale paralysant l'île depuis le a suscité des premières réactions positives, notamment du LKP, le Collectif contre l'exploitation outrancière d'Élie Domota, à l'origine du mouvement : « Il a pris la mesure de la situation et il va lancer la concertation pour apporter les réponses qu'il faut pour que le peuple de la Guadeloupe retrouve une meilleure qualité et condition de vie, ainsi que du pouvoir d'achat ».
: Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, annonce que le Revenu de solidarité active sera applicable dès 2009, avec un an d'anticipation, en Guadeloupe, où il devrait compter bénéficiaires.
Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, annonce la mise en place « dès cette année » pour la Guadeloupe de billets d'avion aller-retour à Pointe-à-Pitre-Paris destiné aux « Guadeloupéens les plus modestes », soit « 10 % de la population de la Guadeloupe ». Les gérants de stations-service de Guadeloupe ont mis fin à leur grève commencée le . Le président du syndicat professionnel des gérants de stations-service de Guadeloupe, Patrick Collet, annonce le réapprovisionnement des stations et leur ouverture au public dès mercredi.
: Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, annonce avoir obtenu « un engagement clair, chiffré » des responsables de la grande distribution en Guadeloupe pour une baisse de 10 % d'une liste de 100 produits de première nécessité dans soixante supermarchés et hypermarchés de Guadeloupe et maintenus à ce niveau jusqu'à la fin de cette année. Il dit être aussi en négociation avec les banques pour obtenir une baisse de leurs tarifs et avec le patronat pour augmenter les salairesLe Figaro.fr, Guadeloupe : Accord sur les prix.
: Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Basse-Terre, où les négociations à huis clos entre le patronat et le Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP), se poursuivent pour tenter de trouver un accord sur une augmentation salariale.
Après 21 heures de discussions à la préfecture de Basse-Terre, dimanche au matin, les négociateurs se sont séparés sans avoir résolu le point important des d'augmentation pour les plus bas salaires, demandés par le LKP. Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, est parti en fin d'après-midi pour Paris où il doit rencontrer, le lendemain, le premier ministre François Fillon et son ministre de tutelle, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Le leader du LKP, Élie Domota, a qualifié le départ d'Yves Jégo de « mépris le plus total » : « Ils ont aujourd'hui deux choix : soit discuter et négocier avec nous, soit tirer sur nous. La balle est dans leur camp, mais nous ne démordrons pas […] Nous appellerons à la mobilisation tous azimuts, à barrer toutes les routes et tous les ponts ».
: Le journal Le Monde rend public des extraits du rapport d'étape rédigé par la mission d’inspection, qui examine depuis le mois de , le système de distribution de l’essence dans les DOM-TOM. Accablant pour les compagnies pétrolières, le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, évoque « un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolières » qui pourrait se terminer « par une action judiciaire de l’État » contre elles.
: Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, est de retour en Guadeloupe.
: Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, a repris sa place à la table des négociations accompagné de Jean Bessière, adjoint au directeur général du travail, et de Serge Lopez, directeur général du travail d'Aquitaine. Yves Jégo affirme qu'il n'a « pas le sentiment » d'avoir été désavoué mais estime que « le rôle des médiateurs va être celui, difficile, d'accoucher d'un accord ». Dès le début des nouvelles négociations, le collectif LKP exprime son mécontentement et conteste l'existence d'un document diffusé par le gouvernement comportant « 131 points d'accord ». Les négociateurs du LKP affirment qu'ils ne reprendraient pas la discussion avant que l'État cosigne le préaccord élaboré dimanche avec le patronat. Ils « ne reprendront les discussions que sur la base du préaccord » prévoyant d'augmentations salariales et 108 millions d'allègement de charges pour les entreprises. Une manifestation est en préparation pour samedi à l'appel du LKP.
Le président socialiste de la région Guadeloupe, Victorin Lurel accuse le président Nicolas Sarkozy d'être « indifférent » pour ne pas avoir évoqué, lors de l'émission radio-télévisée du , la situation aux Antilles et l'État français d'avoir trahi sa parole en refusant de reconnaître le préaccord, conclu la semaine dernière entre grévistes et patronat, prévoyant notamment une hausse de des bas salaires. Le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, assure n'avoir « jamais fait de promesses sur les salaires », tout en demandant au patronat de faire des propositions sur ce point pour sortir du conflit social qui paralyse la Guadeloupe : « Je n'ai jamais fait de promesses sur les salaires et je défie quiconque de trouver un écrit ou un enregistrement qui prouverait le contraire […] Quand on est en crise, après vingt-deux jours de blocage, je ne veux pas croire que tous les partenaires n'ont pas quelque chose à proposer. Le gouvernement l'a fait, les collectivités locales aussi. Il faut que les organisations patronales proposent quelque chose au regard des problèmes qui les concernent, c'est-à-dire les salaires ». Il rejette aussi l'idée d'un report de l'examen de la loi sur le développement de l'Outremer, qui doit avoir lieu le , comme le réclament certains députés. Selon le cabinet spécialisé Protourisme, le tourisme guadeloupéen perd environ 10 millions d'euros par semaine depuis le début de la grève générale et la fréquentation des hôtels est en chute des deux tiers, pourtant « les réservations étaient en hausse de 8 % cette année » notamment grâce à une récente « amélioration de la qualité de l'offre ». Selon le groupe Accor « les tours opérateurs ne commercialisent plus la destination » alors que le Club Méditerranée a déjà fermé son village qui accueille en temps normal près de 700 touristes, en raison des difficultés d'approvisionnement dans l'archipel (blanchisserie, essence…)lesechos.fr, Guadeloupe : Le tourisme perd 10 millions d'euros par semaine. Selon des sources patronales, la grève générale en Guadeloupe a fait perdre en un mois environ 100 millions d'euros de PIB. Une hausse de des salaires nets représenterait un coût annuel de l'ordre de 500 millions d'euros pour les entreprises des quatre DOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion et Guyane). Cette somme serait à multiplier par 1,8 si l'on incluait les charges : « Dire que toutes les entreprises peuvent payer 200 euros, c'est la meilleure façon de bloquer l'issue du problème ». Selon le Figaro, « la négociation menée en Guadeloupe aurait manqué quelque peu « de doigté », faisant fi de la diversité des entreprises, petites ou grandes »Le Figaro.fr, Guadeloupe/grève : 100M€ de PIB perdu.
Commémoration de la répression sanglante du mouvement des ouvriers et des paysans de l'industrie sucrière le dans la commune du Moule, siège de plusieurs usines de sucre et de distilleries de rhum et seul port de la côte atlantique. Cette répression menée par les CRS avait fait quatre morts et 14 blessés parmi les habitants de l'îleLe Figaro.fr, Guadeloupe : Commémoration de la répression de février 1952. Lors de la Commémoration de la répression sanglante de , le porte-parole du LKP, Élie Domota, affirme que le secrétaire d'État à l'Outremer, Yves Jégo, « appelle à la répression contre les manifestants » et que « l'État français a choisi » en réponse à la crise « de tuer les Guadeloupéens » : « Aujourd'hui, vu le nombre de gendarmes qui sont arrivés en Guadeloupe armés jusqu'aux dents, l'État français a choisi sa voie naturelle : celle de tuer les Guadeloupéens comme d'habitude »Le Figaro.fr, Guadeloupe : L'État a choisi de tuer les guadeloupéens.
Une cinquantaine de personnes sont interpellées aux alentours d'au moins neuf barrages érigés par les grévistes du collectif LKP sur les routes de la commune du Gosier proche de Pointe-à-Pitre et démantelés par les forces de l'ordre. Les autorités reprochent aux personnes arrêtées des « entraves à la circulation », et des « violences à l'encontre des forces de police avec jets de pierre ». Parmi les personnes interpellées, Alex Lollia, un des responsables du LKP. Les personnes interpellées sont libérées dans la journée, dix d'entre elles seront poursuivies devant le tribunal.