alt=|vignette|207x207px|L'écrivain gaulliste Jean d'Ormesson était très proche de l'UJP. vignette|Logo de l'UJP.
L’Union des jeunes pour le progrès - Mouvement des jeunes gaullistes est une organisation politique créée le .
Fondée à la demande de Charles de Gaulle., elle est le mouvement officiel des jeunes gaullistes. Au départ aux côtés de l'UNR-UDT, puis de l'Union démocratique pour la et du Rassemblement pour la République, l'UJP devient mouvement associé de l'Union pour un mouvement populaire en 2011, puis est affiliée aux Républicains. À son apogée au début des années 1970, elle compta près de , nombre considérable pour un mouvement politique de jeunesse.
Histoire L'Union des jeunes pour le progrès, mouvement historique des jeunes gaullistes vignette|L'Union des jeunes pour le progrès, fondée à la demande du Général de Gaulle, sera le « bras armé » de Georges Pompidou pour devenir président de la République en 1969.
Premières années : un tremplin présidentiel pour Georges Pompidou Ses premiers présidents furent Robert Grossmann, fondateur en 1965, Michel Cazenave en 1966/1967, qui soutint une ligne gaulliste de gauche, puis à nouveau Robert Grossmann de 1967 à 1972, et Jean-Paul Fasseau après 1972. Paul Aurelli, secrétaire général, fut aux côtés des présidents la cheville ouvrière du mouvement. La devise de l'UJP est alors: « Les jeunes d’aujourd’hui, les dirigeants de demain, les pionniers de l’an 2000 »..
Jusqu'en 1968, l'association ne rassemble environ que adhérents, issus essentiellement des IEP et des facultés de droit. Elle est alors un vivier de futurs élus et un lieu de réflexion, parfois critique à l'égard des notables gaullistes jugés trop conservateurs, y compris du Premier ministre Georges Pompidou. ..
Mais le , un accord est trouvé à Matignon entre le bureau national de l'UJP et Pompidou. L'UJP reçoit l'exclusivité du label et des , en échange du soutien officiel du mouvement au futur président, élu en 1969. Jean Charbonnel, organisateur de la rencontre, dira alors: ..
En 1967, l'UJP organise ses premières assises nationales à Lille autour de Georges Pompidou. Robert Grossmann, redevenu président, y déclare notamment: . Les liens entre l'UJP et le Premier ministre sont alors évidents pour l'historien François Audigier. En effet, alors qu'il monte à la tribune, les jeunes gaullistes scandent , mais la salle, dont la sonorisation est mauvaise, comprend: , ce qui a pour effet de créer un certain émoi.
Le slogan emblématique de l'UJP était alors : « Le seul combat qui vaille est le combat pour l'homme », avant de devenir en 1968 : .
Les événements de mai 68 ont surpris la direction de l'UJP, désemparée, à tel point que l'association a quasiment cessé d'exister durant le mois de mai. Elle se divisa, avec une aile gauche sensible aux demandes des étudiants et défavorable à la violence policière, et une aile droite très hostile aux contestataires, représentée notamment par Jacques Godfrain. Elle participa à la manifestation parisienne du , en soutien au général de Gaulle, sans y jouer un rôle majeur, ainsi qu'à des manifestations semblables en province. Néanmoins, l'Union des jeunes pour le Progrès joue un rôle essentiel dans l'organisation de la manifestation du à Marseille, ville tenue par les socialistes et les communistes: l'UJP est alors décrite comme « l'infanterie active du mouvement gaulliste »...
L'Union des jeunes pour le progrès est à l'origine de la création du syndicat étudiant de droite, l'Union nationale inter-universitaire(UNI), en 1968.
Aux assises de Strasbourg en 1969, plus de de l'UJP se retrouvèrent autour d'André Malraux, Georges Pompidou, Maurice Couve de Murville, Maurice Druon, Michel Debré, René Capitant, François Mauriac, Edmond Michelet et Alain Peyrefitte. A cette occasion, Georges Pompidou prononça un discours et déclara notamment : . Par la suite, un dîner-débat est organisé par les jeunes de l'UJP, le , à la Mutualité, avec Georges Pompidou en invité-vedette. Le Journal La Croix releva que, .
L'UJP a notamment mené une action au sein des syndicats étudiants réformistes (AMRU, REP, CLERU), fondé une Union des Jeunes Travailleurs et œuvré dans l'international (Comité d'action pour le Biafra, France-Québec, Association de solidarité franco-arabe, France-Palestine, Mouvement pour l'indépendance de l'Europe). Par ailleurs, l'Union des jeunes pour le progrès met en place des « Journées de dialogue de l'UJP »..
En 1970, l'Union des jeunes pour le progrès organise ses assises nationales à Royan autour de Jacques Chirac, Jacques Baumel, Roger Frey, Maurice Couve de Murville, Pierre Messmer, Michel Debré..
En conflit avec la direction de l'UDR, l'Union des jeunes pour le progrès perd durant la même période son statut de mouvement associé de l'UDR. Elle avait alors fait l'objet d'une tentative de concurrence par le parti adulte sous le nom d'UDR-Jeunes, organisation qui ne connut pas grand succès.
En 1973, l'UJP organise ses assises nationales à Caen.
1974-1990 : engagement derrière Jacques Chaban-Delmas et difficultés financières vignette|Les jeunes gaullistes, un engagement pour une nouvelle société avec Chaban-Delmas. Soucieuse de son indépendance, elle l'a manifestée en 1974 où, après avoir fait campagne pour Jacques Chaban-Delmas au de l'élection présidentielle, elle refusa d'appeler à voter en faveur de Valéry Giscard d'Estaing au second tour. Une majorité se prononce pour le vote blanc le lors d'une assemblée générale extraordinaire. Pierre Charon et Michel Vauzelle signent alors une tribune dans le Nouvel Observateur intitulée .
L'UJP doit subir de nombreuses pressions de la part du gouvernement. Ainsi, son président se voit demander d'appeler à voter pour Giscard. Yves Deniaud, alors membre du bureau national, évoque des tentatives de corruption envers l'équipe dirigeante de la jeune formation gaulliste: .
Elle se retrouva très endettée à ce moment-là, mais refusa les propositions d'argent liquide que lui fit à l'époque un industriel gaulliste pour éliminer ses dettes en échange d'un appel pour la deuxième phase des présidentielles. Cette intégrité causa à terme la fin de la période d'expansion de l'UJP, lourdement handicapée par son manque de moyens. Les adhérents sont alors pour un tiers des filles et se recrutent principalement dans les facultés de droit et de sciences économiques.
Son action en faveur de Chaban-Delmas contraste avec celle de l'UDR, dont nombre de fédérations et de députés firent campagne au pour Giscard.
Michel Barnier et Bruno Bourg-Broc, anciens membres du bureau national, signent dans Le Monde un appel à rejoindre l'UDR. Ancien président fondateur de l'UJP, Robert Grossmann (secrétaire national à la jeunesse de l'UDR) organise en 1975 les assises de l'UDR-Jeunes. En outre, l'UJP est représentée par une délégation au congrès du Mouvement des Démocrates (MDD).
À la création du RPR en 1976 par Jacques Chirac, l'UJP est demeurée indépendante et n'a progressivement plus regroupé que les jeunes gaullistes de gauche. Elle a fourni un certain nombre de cadres, de parlementaires et de ministres au RPR, mais aussi dans une moindre mesure au Parti socialiste et aux chevènementistes.
La campagne présidentielle avait ruiné l’UJP. Son président Paul Aurelli recevait régulièrement les huissiers au siège du mouvement. Les jeunes gaullistes ne pouvaient plus prétendre aux subventions « déguisées » des ministères (via les antennes « sports et loisirs » de l’UJP) et autres services publics (comme la Poste). La formation put toutefois bénéficier des largesses de mécènes privés, comme Émile Amaury, patron du Parisien.
L’UJP ne parvint cependant pas à dissimuler ses difficultés. Son journal, Tribune Gaulliste, vit sa diffusion limitée aux seuls abonnés et adhérents à jour de cotisation. La formation dut par exemple lancer une souscription pour financer les Journées nationales de Versailles des 26 et . A l’issue de ce rassemblement, l’UJP se positionna à la marge de l’échiquier gaulliste, se situant dans une opposition aux gaullistes conservateurs.
Aux élections législatives de 1978, l'UJP présenta des candidats, s'alliant dans certaines circonscriptions à la Fédération des républicains de progrès (FRP) de Jean Charbonnel.
En 1978, l'Union des jeunes pour le progrès soutient l'Appel de Cochin de Jacques Chirac appelant à lutter contre le projet d'Europe fédérale..
Le , l'UJP fête son à la salle Wagram, à Paris, en présence de Jacques Chaban-Delmas et de Roland Nungesser, ancien ministre du Général de Gaulle. A cette occasion, le président de l'UJP, Bernard Fournier, rappelle son « appartenance sans équivoque à la majorité présidentielle ».
En 1980, Bernard Fournier lance le projet d'« une grande confédération de tous les mouvements gaullistes » et la tenue d'états généraux du gaullisme fondés sur quatre principes: indépendance, coopération entre les peuples, participation et régionalisation.
En 1981, le président de l'UJP Bernard Fournier est nommé membre du de Michel Debré soutenant la candidature de ce dernier à l'élection présidentielle..
L'ancien Président du Sénat, Gérard Larcher ancien membre de l'Union des jeunes pour le progrès décrit cette organisation comme « un mélange de christianisme social et de pragmatisme ».
Années 1990 : l'UJP, de Jacques Chirac vignette|L'Union des jeunes pour le progrès, « soutien inconditionnel » de Jacques Chirac dans les années 1990. L'UJP a connu un regain d'activité au début des années 1990, sous les présidences de Philippe Juvin, du séguiniste Christophe Beaudouin puis d'Olivier Marleix. Celui-ci rapproche l'UJP de Jacques Chirac, assurant le président de la République du de la formation des jeunes gaullistes, ce qui entraine la colère de Philippe Séguin.. vignette|Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, a été secrétaire général de l'Union des Jeunes pour le Progrès (UJP). L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été secrétaire général de l'Union des jeunes pour le progrès.
En 2006, le bureau national de l'UJP souhaite au côté de l'ancienne ministre Corinne Lepage et du mouvement écologiste Cap21 la réintroduction de l'ours en France..
Depuis 2010 : relance et affiliation du mouvement à l'UMP puis aux Républicains En 2010, la relance de l'UJP est effectuée autour de Rudolph Granier et d'Othman Nasrou. L'Union des jeunes pour le progrès constitue toujours un réseau politique influent regroupant les gaullistes sociaux.
L'UJP devient en 2011 mouvement associé de l'Union pour un mouvement populaire.
En 2012, l'académicien Jean d'Ormesson, proche de l'UJP, publie une tribune sur le site internet du mouvement des jeunes gaullistes appelant à voter pour Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012..
L'Union des jeunes pour le progrès apporte son soutien à la motion Les gaullistes en mouvement, présentée par Michèle Alliot-Marie, Roger Karoutchi, Henri Guaino et Patrick Ollier lors du Congrès de l'UMP de 2012. Cette motion fera 12,31 % des voix.
Pour Rudolph Granier, être gaulliste c'est avant tout être européen.. Rudolph Granier s'oppose fermement, en 2014, au processus de primaire à droite, trouvant ce système peu gaulliste..
En 2018, Ferréol Delmas, ancien membre de l'équipe de campagne de François Fillon, est élu président de l'UJP. Dans une tribune publiée dans Causeur en , intitulée , Ferréol Delmas clarifie la position de l'UJP, qui reste liée aux Républicains tout en rappelant l'hostilité historique de ce mouvement au Front national..
Le , dans Valeurs actuelles, Ferréol Delmas demande au nom de l'UJP l'exclusion temporaire des Républicains d'Alain Juppé, ce dernier appartenant toujours à ce mouvement politique tout en ayant commencé des discussions avec le président de la République Emmanuel Macron en vue des élections européennes de 2019..