Lélection présidentielle roumaine de 2024 a lieu une première fois le avec un second tour prévu le suivant. Ce dernier est cependant annulé du fait de l'invalidation des résultats du premier tour. Un nouveau scrutin a lieu les et .
L'élection vise à élire le président de la Roumanie. Le chef de l'État sortant, Klaus Iohannis, issu du Parti national libéral (PNL), n'est pas éligible à un nouveau mandat, la Constitution de 1991 limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. L'annulation du premier tour de le conduit néanmoins à prolonger son mandat de plusieurs semaines, avant la prestation de serment de son successeur.
L'élection voit la qualification surprise du candidat indépendant pro-russe Călin Georgescu, qui arrive en tête du premier tour. Il est alors prévu qu'il affronte la candidate europhile de l'Union sauvez la Roumanie (USR), Elena Lasconi. Premier ministre et dirigeant du Parti social-démocrate (PSD), Marcel Ciolacu, favori des sondages, est éliminé de justesse. Des élections parlementaires ont lieu la semaine suivante, avec une percée des partis nationalistes.
À deux jours du second tour, la Cour constitutionnelle annule le processus électoral, invoquant l'usage du réseau social TikTok comme outil de campagne en faveur de Georgescu. Cette décision inédite est dénoncée par ce dernier – en tête dans les intentions de vote –, qui parle de coup d'État, ainsi que par son adversaire Elena Lasconi, mais est saluée par le président sortant Iohannis et par le Premier ministre Ciolacu. La controverse et la menace d'une destitution pousse le président Iohannis à démissionner en . Une nouvelle élection présidentielle se tient en mai 2025 remportée par Nicușor Dan.
Contexte Fonction présidentielle La Constitution roumaine de 1991 donne à son président une place essentielle dans la cadre d'un régime semi-présidentiel.
Élu au suffrage universel direct dans un scrutin uninominal majoritaire à deux tours, il nomme aux fonctions civiles et militaires, est le chef des armées et le représentant de la Roumanie à l'international, désigne le Premier ministre, peut dissoudre la Chambre des députés, qui en retour ne peut, si elle veut le destituer, que provoquer un référendum (ce qui a été tenté deux fois contre Traian Băsescu mais a échoué). Le Parlement (Chambre des députés et Sénat) peut également l'accuser de haute trahison et le faire renvoyer devant la Haute cour de cassation et de justice.
Réélection de Klaus Iohannis et gouvernement Orban vignette|redresse=0.7|gauche|Klaus Iohannis. Bénéficiant du rejet du Parti social-démocrate (PSD), empêtré dans des scandales de corruption, le président sortant Klaus Iohannis, candidat du Parti national libéral, remporte haut la main le second tour de l'élection présidentielle roumaine de 2019 face à l'ancienne Première ministre Viorica Dăncilă. Cette réélection a lieu près d'un mois après l'entrée en fonction du nouveau Premier ministre libéral Ludovic Orban..
Le gouvernement Orban est renversé le par une motion de censure déposée par l'opposition sociale-démocrate, qui s'oppose au projet de loi de réforme du Code électoral prévoyant le rétablissement du scrutin à deux tours pour l'élection des maires. La motion recueille favorables, soit 28 de plus que le minimum requis..
Le , Orban est chargé de former un nouveau gouvernement.. Le projet de réforme du système électoral et la reconduction d'Orban sont une stratégie du président Iohannis pour obtenir des législatives anticipées... Le , la Cour constitutionnelle demande à Iohannis de nommer un autre Premier ministre..
Dans le cadre de la pandémie de Covid-19, les différents partis rallient la proposition de ne pas tenir d'élections anticipées et privilégient la mise en place d'un gouvernement de plein exercice.. Le , Ludovic Orban est de nouveau chargé de former un gouvernement.. Le Parlement, réuni en séance commune le , vote la confiance au gouvernement Orban . Cette investiture, à peine après la désignation d'Orban, constitue un record depuis la chute du communisme. L'assermentation des ministres, prévue le soir même au palais Cotroceni, est soumise à des mesures sanitaires particulières dans la mesure où la plupart des ministres se sont placés en confinement après qu'un député du PNL a été testé positif à la Covid-19..
Gouvernement Cîțu
Le PSD arrive en tête des élections parlementaires roumaines de 2020, mais sans majorité absolue ni de partenaire pour former un gouvernement...
Le Premier ministre Ludovic Orban démissionne dès le lendemain du scrutin au vu de l'échec de son parti à décrocher la première place.. Cristian Ghinea, un des ténors de l'USR-PLUS, invite le PNL à des discussions pour la formation d'un gouvernement, mais indique également que son parti n'acceptera pas n'importe quels ministères.
Le PNL, après une rencontre entre Ludovic Orban et le président de la République Klaus Iohannis, choisit le ministre des Finances publiques Florin Cîțu comme candidat au poste de Premier ministre, tandis qu'Orban est proposé pour occuper la présidence de la Chambre des députés. Il est ainsi préféré au Premier ministre par intérim Nicolae Ciucă et au ministre des Fonds européens Ioan-Marcel Boloș. Le PSD décide pour sa part de proposer la candidature du technocrate Alexandru Rafila, candidat sur ses listes et expert en santé, tandis qu'USR-PLUS confie ce rôle à Dacian Cioloș. L'USR-PLUS se montre disposé à accepter la candidature de Cîțu, en échange de la présidence de la Chambre pour Dan Barna..
Cependant, le , les trois partis se mettent d'accord sur un gouvernement de coalition dirigé par Cîțu, avec huit ministre pour le PNL, sept pour l'USR-PLUS et trois pour l'UDMR. Orban obtient comme prévu la présidence de la Chambre des députés, et l'USR-PLUS celle du Sénat pour Anca Paliu Dragu.. Le , le nouveau gouvernement est investi avec pour et 186 contre..
Coalition PNL-PSD
Une motion de censure, déposée par le PSD, est votée à l'encontre du gouvernement Cîțu le suivant par le Parlement, avec le soutien de l'Union sauvez la Roumanie (USR) et de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR)..
Le , après plusieurs semaines de négociations, le PNL, le PSD et l'UDMR concluent une entente de base pour la formation d'un gouvernement de coalition, alors que des questions restent à résoudre, comme le nom du Premier ministre ou le principe d'une rotation à la tête du gouvernement.. Un accord de coalition est obtenu le sur le principe d'une rotation entre les deux partis après 18 mois entre Nicolae Ciucă et le président du PSD, Marcel Ciolacu, ainsi que sur la répartition des ministères..
Le lendemain, Ciucă est désigné Premier ministre, recevant le soutien du PNL, du PSD et de l'UDMR lors des consultations présidentielles... Le , conformément à l'accord de coalition, Ciolacu est élu président de la Chambre des députés, tandis que Cîțu devient président du Sénat.. Présenté aux députés et sénateurs réunis le , le gouvernement remporte le vote de confiance du Parlement par pour et , la majorité requise étant d'au moins ., puis prête serment dans la foulée..
Comme convenu dans l'accord de coalition, Nicolae Ciucă démissionne le .. Le , Marcel Ciolacu est chargé de former un gouvernement.. Il présente sa composition le jour même.. Présenté aux députés et sénateurs le , le gouvernement remporte le vote de confiance. par pour et ., puis est assermenté le jour même..
Invalidation de la candidature de Diana Iovanovici-Șoșoacă
Le , la Cour constitutionnelle invalide par cinq avis sur neuf la candidature de l'ancienne sénatrice puis députée européenne d'extrême droite Diana Iovanovici-Șoșoacă. Celle-ci, controversée pour ses propos conspirationnistes, ultranationalistes, antivax, pro-russes, anti-américains, anti-ukrainiens, antisionistes et antisémites, et son style agressif et vulgaire, se pose en défenseure du peuple roumain face aux . Elle prône la création d'une Grande Roumanie, en annexant notamment des territoires ukrainiens. Elle est longtemps classée troisième dans les sondages de la présidentielle...
Le , alors que la décision est contestée par de nombreuses personnalités politiques de part et d'autre de l'échiquier politique, qui craignent que cette décision ne crée un précédent, la Cour constitutionnelle la motive par le fait qu'elle . Pour sa part, le président du PNL et candidat à la présidentielle Nicolae Ciucă annonce retirer son soutien au gouvernement de coalition formé avec le PSD. Il accuse celui-ci d'avoir influencé la décision de la Cour, quatre des juges ayant voté en faveur de l'exclusion ayant été nommés par le PSD..
Mode de scrutin Le président de la Roumanie est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Est élu le candidat qui réunit la majorité absolue des suffrages du total des électeurs inscrits sur les listes électorales. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré éluArticle 83(1) de la ConstitutionArticle 81(4) de la Constitution.
Les résultats sont validés par la Cour constitutionnelle. Le président élu prête ensuite serment devant la Chambre des députés et le Sénat, réunis en séance communeArticle 82(1) de la Constitution.
Candidatures Officielles +Candidats à l’élection présidentielle roumaine de 2024 Candidat Fonctions Partix160pxAna Birchall() Députée (2012–2020)Ministre de la Justice (2017 ; 2019) Indépendante x160pxMarcel Ciolacu()Premier ministre (depuis 2023)Député (depuis 2012)Président de la Chambre des députés (2019-2020 ; 2021-2023)Vice-Premier ministre (2017-2018) PSD x160pxNicolae Ciucă() Président du Sénat (depuis 2023)Sénateur (depuis 2020)Premier ministre (2020 ; 2021-2023)Ministre de la Défense (2019-2021)Chef d'état-major de l'armée (2015-2019) PNLx160pxCristian Diaconescu() Ministre des Affaires étrangères (2008-2019 ; 2012)Sénateur (2004-2012)Ministre de la Justice (2004) Indépendant x160pxMircea Geoană() Secrétaire général délégué de l'OTAN (2019-2024)Sénateur (2004-2016)Président du Sénat (2008-2011)Ministre des Affaires étrangères (2000-2004) Indépendant x160pxCălin Georgescu() Indépendantx160pxHunor Kelemen() Député (depuis 2000)Vice-Premier ministre (2020-2023)Ministre de la Culture (2009-2012 ; 2014) UDMR/RMDSZ 167x167px Elena Lasconi()Maire de Câmpulung (depuis 2020) USRx160pxAlexandra Păcuraru()ADNx160pxSebastian Popescu()NRPx160pxSilviu Predoiu()Chef du Serviciul de Informații Externe (2006-2007)PLANx160pxGeorge Simion() Député (depuis 2020) AUR x160pxCristian Terheș()Député européen (depuis 2019) PNCR
Retirée Candidat Fonctions Partix160pxLudovic Orban() Député (2012-2016 ; depuis 2020)Président de la Chambre des députés (2020-2021)Premier ministre (2019-2020)Ministre des Transports (2007-2008) FD
+Candidats à l’élection présidentielle roumaine de 2024 Candidat Fonctions Partix160pxDiana Iovanovici Șoșoacă()Députée européenne (depuis 2024)Sénatrice (2020-2024)S.O.S. Roumaniex160pxRăzvan Constantinescu()PPRx160pxBrîndușa Covaci Indépendantx160pxMiron Cozma() Indépendantx160pxOana Crețu()PSDUx160pxAnamaria Gavrilă()Députée (depuis 2020)x160pxGheorghe Ghelcea Indépendantx160pxMaria Marcu Indépendantx160pxCiprian Mega() Indépendant x160pxPetru MîndruORx160pxDoina Noghin Indépendantx160pxIon Popa Indépendantx160pxCristina Tufănoiu Indépendantx160pxElena Tufecciu
Campagne
Durant la campagne, morose, un seul débat a lieu entre les candidats, à l'exception de Nicolae Ciucă et Marcel Ciolacu, qui n'y participent pas. Des sujets d'importance pour les citoyens, comme la santé, l'éducation ou encore la lutte contre la corruption, n'ont pas été traités.
Călin Georgescu
vignette|redresse=0.6|Călin Georgescu.
Călin Georgescu participe au scrutin comme candidat indépendant après avoir réussi à obtenir les 100 000 parrainages nécessaires, alors qu'il n'est soutenu par aucun parti politique.