Le quai Voltaire se situe à Paris dans le .
Situation et accès vignette|gauche|redresse|Autre vue du quai Voltaire.
Long de , il se situe entre le quai Malaquais et le quai Valéry-Giscard-d'Estaing qui le prolonge. Il commence au niveau de la rue des Saints-Pères et du pont du Carrousel et finit au niveau de la rue du Bac et du pont Royal.
Le quartier est desservi par la ligne 12 du métro à la station Rue du Bac et par la ligne C du RER à la gare du Musée d'Orsay.
Origine du nom vignette|gauche|redresse|Portrait de Voltaire (détail). Ce quai porte le nom de « quai Voltaire » en hommage à l'écrivain qui y mourut, en 1778, dans l'hôtel du marquis de Villette.
Historique vignette|gauche|redresse|Bouquiniste sur le quai Voltaire en 1821. À l'origine, le quai Voltaire n'est que la partie occidentale du quai Malaquais.
En 1595, Guillaume de Varic y installe une tuilerie.
Il est cité sous le nom de « rue du Quay, allant depuis le port de Malacquest jusques au pont des Thuilleries » dans un manuscrit de 1636.
On lui donne le nom de « quai des Théatins » après qu'un couvent de Théatins s'y est établi en 1644 en achetant, grâce à la générosité du cardinal Jules Mazarin, une maison pouvant abriter vingt-cinq religieux environ à l'emplacement des actuels 23 et 25 du quai Voltaire et 26 de la rue de Lille. Le couvent est supprimé en 1790 et l'église, d'abord transformée en salle de spectacle puis en café, est démolie en 1822.
En 1791, le quai prend son nom actuelLa ville lumière : anecdotes et documents historiques, ethnographiques, littéraires, artistiques, commerciaux et encyclopédiques, 1909, sur Gallica..
En est organisée la translation des restes de Voltaire au Panthéon. Le cortège, suivi par 2000 personnes, passe et fait une longue halte devant l’hôtel de Villette, au 27 du quai, où le philosophe est mort, en face duquel a été construit pour l’occasion un amphithéâtreAntoine de Baecque, « Le corps d’un philosophe », Le quai Voltaire, Alençon, 1990..
Depuis Balzac, qui y situe la mystérieuse boutique d'antiquaire de La Peau de chagrin, le quai Voltaire abrite de nombreux antiquaires, aujourd'hui plutôt spécialisés dans le très haut de gamme.
Début du , les premiers bouquinistes de Paris y font leur apparition.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire thumb|left|Plaque au 1. 1 (et 2, rue des Saints-Pères) : hôtel de Bouillon, vers 1630, puis hôtel de TesséMartine Constans, « L'hôtel de Tessé 1 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, , (dit aussi « de Sassenage ») construit en 1768 par Pierre-Noël Rousset et Louis Le Tellier pour Charlotte de Béthune-Charost et son fils, le comte de Tessé, grand écuyer de la reine. Le décor du grand salon est conservé au Metropolitan Museum of Art de New YorkAlexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris, Parigramme, 2008 , p. 254..En s'élançant du toit de cet hôtel le avec pour objectif d'atteindre le jardin des Tuileries Jean-François Boyvin de Bonnetot (1688-1760), marquis de Bacqueville, exécuta une des premières tentatives de vol humain. Muni de sortes d'ailes fixées aux bras et aux jambes, il plana au-dessus de la Seine avant de tomber sur un bateau-lavoir, se brisant la cuisseGaston Tissandier, La navigation aérienne : L'aviation et la direction des aérostats dans les temps anciens et modernes, Hachette, Paris, 1886, (en ligne).. Le maréchal Thomas Robert Bugeaud y mourut le Paul Jarry, « L'hôtel de Tessé », Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 1940-1941, (lire en ligne).. Une plaque lui rend hommage.Le styliste Nicolas Ghesquière y a ses bureaux. (en 2022).
vignette|redresse| : maison des ingénieurs agronomes. 3 et 5 : hôtel Le Barbier, devenu hôtel PerraultMaurice Dumolin, « L'hôtel du président Perrault », dans Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1928, (lire en ligne)Frédéric Lacaille, « L'hôtel Le Barbier, puis Perrault, puis de La Briffe 3,5 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, , , puis hôtel de La Briffe. Jusqu'en 1733, il n'y avait là qu'un seul ensemble relié par un souterrain avec l'autre côté de la rue de Bourbon qui servait de basse-cour. L'écrivain Maurice Joly vécut dans un petit appartement jusqu'à sa mort en 1878. Le magasin de couleurs Sennelier Les Couleurs du quai a été créé en 1887 par Gustave Sennelier. Il a eu pour clients des artistes comme Paul Cézanne, Edgar Degas, Paul Gauguin, Camille Pissarro, Chaïm Soutine, Amedeo Modigliani, Vassily Kandinsky, Pierre Bonnard, Pablo Picasso, entre autres.La soprano Germaine Lubin (1890-1979) habitait un appartement au 5. Le notaire Gérard Voitey (1944-1994) y avait son étude et sa maison d'édition (1973-1994). En mai 2007, après avoir quitté le palais de l'Élysée, l'ancien président Jacques Chirac (1932-2019) et son épouse Bernadette s'installent au 3, dans un vaste appartement de 396 m« Jacques Chirac, une vie dans l’opulence », Le Monde, 27 septembre 2019. prêté par Ayman Hariri, fils de l'ancien président du Conseil libanais Rafik HaririPrésidence de la République, 24 avril 2007.. Le couple quitte cet appartement en « En fauteuil roulant, Jacques Chirac a déménagé de son appartement quai Voltaire »,www. rtl.fr, 24 décembre 2015.. L’avocat pénaliste Olivier Metzner (1949-2013) y a également occupé un appartement de 250 mGaspard Dehellemmes, « Arnaques, crimes et antalgiques : Alexandre Despallières, les mille et une vies d’un dandy manipulateur », Le Monde, 8 mai 2022., « juste en dessous de celui que la famille Hariri a prêté au couple Chirac »Valérie de Senneville, « Les mystères de maître Metzner », Les Échos, 8 juin 2010.. 7 : hôtel Glucq, devenu hôtel Choiseul-Beaupré, puis hôtel d'Aumont-Mazarin<ref>Frédéric Lacaille, « Hôtel Glucq, puis de Choiseul-Beaupré, puis d'Aumont-Mazarin 7 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, , </ref>. Jean-Baptiste Glucq (dit Glucq de Saint Port) y habita à deux reprises et y mourut en 1748. Cet hôtel formait avec le 3 et le 5 la « grande maison » achetée par ses parents le . En 1733, la succession de Jean Glucq, morte dix années auparavant, provoqua le morcellement de la propriété. En 1813, Louise d'Aumont, fille du duc de Mazarin, loua l'appartement du à Dominique Vivant Denon, écrivain, diplomate et amateur d'art (une plaque lui rend hommage). La comédienne Cécile Sorel y habita ; une plaque lui rend hommage. Le résistant Hubert de Lagarde y habita ; une plaque lui rend hommage.
vignette|redresse|. 9-11 : Le , Jean Perrault, président de la Chambre des comptes, Pierre Brigallier, premier avocat du roi au Châtelet et Nicolas Boulleau ont acheté un grand terrain sur le bord de Seine à Cyprien et Jean-Baptiste de Varic pour , 13 sols et 7 deniers. Sur cette somme, Nicolas Boulleau a investi 12 sols qui l'a rendu propriétaire d'un terrain de 242 toises de superficie ayant 9 toises de large sur le quai Malaquais. Nicolas Boulleau construit deux hôtels sur cette parcelle, entre 1663 et 1666. Le devient successivement hôtel de Beuvron, hôtel de Chamlay, hôtel Saint-Séverin, hôtel de VaubécourtPhilippe Béchu, « Hôtel de Beuvron, puis de Chamlay, puis de Saint-Séverin, puis de Vaubécourt 9 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, </ref>. Le est successivement hôtel de Bérulle, hôtel de Bauffremont, puis hôtel Nigon de Berty<ref>Philippe Béchu, « Hôtel de Bérulle, de Bauffremont, puis de Nigon de Berty 11 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, . Pendant la Révolution, l'hôtel est séquestré en 1792 et affecté à l'état-major de l'Armée de l'Intérieur et, en 1808, à la direction du Génie. Il devient le siège de l'Administration centrale de la fabrication extraordinaire des armes de Paris le Arrêté du Comité de Salut public du 3 septembre 1793. Voir Archives nationales, AF/II/214/A, 1832, folio 19.. Il fut rendu à l'émigré Vaubécourt en 1815. À noter que Fouché, ministre de la Police de , a vécu dans cette maison, ainsi que l'écrivain et graveur Dominique Vivant Denon. Le peintre Jean Auguste Dominique Ingres (qui y mourut en 1867 et où une plaque lui rend hommage) y occupa un vaste appartementAndrew Carrington Shelton, Ingres, Phaïdon, 2008 , .. Félix Ravaisson y meurt en 1900 (une plaque lui rend hommage). Le père d'Anatole France y tenait une librairie. L'homme politique Justin Godart meurt en son domicile du 9 quai Voltaire en 1956Son acte de décès (n°1553) dans les registres de décès du arrondissement de Paris pour l'année 1956..Le , l'hôtel fut vendu au baron Janet (1768-1841) et passa ensuite à sa fille qui avait épousé le comte de Mosbourg, pour finalement passer par succession au marquis de Chabrillan, dont la fille aînée épousera le comte Bertrand de La Poëze d'Harambure, et la seconde le général du Pouget de Nadaillac. Bertrand de La Poëze d'Harambure procéda à une restauration complète de l'hôtel et de son majestueux escalier, installant dans la cour les vases et les sculptures en provenance du château de Neuville-sur-Oise. En 1986 son fils, Romée de La Poeze d´Harambure, obtient l´autorisation de la Commission des sites de rehausser la toiture, donnant à l'hôtel son aspect actuel.
thumb|upright=0.8|Le avec sa façade très étroite. thumb|upright=0.8|. thumb|upright=0.8| : hôtel.
13 : hôtel Brigallier, devenu hôtel Moisnet, puis hôtel Pioust de Saint-GillesPhilippe Béchu, « Hôtel Brigallier, puis Moisnet, puis Pioust de Saint-Gilles 13 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, .</ref>. Cet immeuble large de 2 mètres 50 est considéré comme le plus étroit de Paris. Sa porte, à elle seule, fait plus du tiers de sa hauteur. Il a été construit à l’emplacement d’un passage qui desservait autrefois un hôtel particulier en retrait, d’où son étroitesseQuentin Périnel, « Connaissez-vous l’immeuble le plus étroit de Paris », Le Figaro immobilier, 26 juillet 2016.. Dans la cour de l'immeuble, on peut encore voir, en hauteur, un vestige de la façade orientale de l'église des Théatins, en partie construite par l'architecte italien Camillo-Guarino Guarini (vers 1663-1665). Le périodique L'Informateur colonial (1935-1949) avait son siège dans cet immeubleL'Informateur colonial, Stanford Libraries .. 15 : ancien hôtel de Sainctot, puis hôtel de Chamousset, puis hôtel d'Ambleville<ref>Philippe Béchu, « Hôtel de Sainctot, puis de Chamousset, puis d'Ambleville 15 quai Voltaire », dans Le quai Voltaire, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris, Paris, 1990, .. En 1829, le peintre Eugène Delacroix s’y installe dans un appartement comprenant un atelier, avec vue sur les quais, la Seine, le Louvre et les Tuileries. Il y succède au peintre Horace Vernet. C’est dans cet atelier qu’il reçoit le peintre britannique William TurnerRaymond Escholier, Delacroix et les femmes, 1963. et fait le portrait de la romancière George Sand, qui vient y poser en 1834. L’année suivante, Delacroix quitte l’appartement pour aller s’installer dans l’actuelle rue ViscontiAndré Joubin, « Logis et ateliers de Delacroix », Bulletin de la Société de l’histoire de l’art français, 1938, sur Gallica.. En 1846, les peintres Louis-Jules Étex, Camille Corot et Jean-Alphonse Roehn sont domiciliés à cette adresseCatalogue complet du Salon de 1846, 1846, sur Gallica.. En 1871, les derniers propriétaires de l’hôtel décident de s’en séparer. Celui-ci est alors acquis par la Société anonyme des publications périodiques pour le montant de 300 000 francs. Il est remplacé en 1894 par l'immeuble actuel, construit sur son emplacement par l’architecte Fernand Delmas, signé en façade. L'éditeur Sven Nielsen (1901-1976) y a vécu et y est mort.