Luis Arellano Dihinx (Saragosse, 1906 - Pampelune, 1969) est un homme politique espagnol d'idéologie carliste, notamment connu pour sa participation au régime franquiste. Proche du comte de Rodezno, il fut l'un des dirigeants des dénommés , partisans de la reconnaissance de Juan de Borbón comme héritier carliste légitime au trône d'Espagne...

Famille et jeunesse gauche|vignette| Usine Múgica y Arellano, Pampelune La famille Arellano compte parmi les plus anciennes de Navarre ; elle fut remarquée pour la première fois au et est lié à la famille des rois navarrais médiévaux* .. Au fil des siècles, on trouve ses représentants dans de nombreuses régions d'Espagne, mais principalement dans le nord.

Le père de Luis, Cornelio Arellano Lapuerta (1867-1935), originaire de Caparroso, fut ingénieur et entrepreneur dans les secteurs ferroviaire et hydraulique, ce qui lui permit d'accéder aux milieux de la bourgeoisie navarraise . Il détenait des parts dans l'entreprise Hidráulica de Moncayofondée en 1909 et fut longtemps vice-président d'Arteta, une entreprise de canalisations. Il est surtout connu en tant que cofondateur et copropriétaire de Múgica, Arellano y Compañía, entreprise de Pampelune qui produisait et commercialisait des machines agricoles, qui avec une vingtaine de filiales dans les années 1920 avait des ramifications jusqu'à Badajoz, Séville et Cordoue. Plus tard, elle devint la 16ème plus grande entreprise de Navarreen 1934 elle devint une société anonyme . Dans les années 1930, Cornelio Arellano était l'une des personnes les plus influentes de l'industrie navarraise de production d'électricité il apparaît en troisième position sur une liste des plus grands actionnaires d'entreprises de production d'électricité dans . vignette|213x213px| Université de Deusto. Cornelio Arellano épousa la Pamplonaise Juana Dihinx Vergara (1872-1969) ; son père, Pascual Dihinx Azcárate, lui-même ingénieur d'Hidraúlica de Moncayo et d'autres entreprises, elle était issue du même milieu bourgeois, dans une famille cultivant toutefois l'héritage culturel basque. Suivant les opportunités professionnelles de Cornelio, au début du le couple s'installa à Saragosse puis à Madrid dans les années 1920. Le couple eut 7 enfants, dont 5 garçons ; ils reçurent une éducation familiale fortement imprégnée des valeurs catholiques. Luis étudia à l'université jésuite de Deusto à Bilbao. Il fut diplômé en droit et économie à la fin des années 1920. En , il épousa María Dolores Aburto Renobales (?-2004), descendante d'une riche famille bourgeoise de Biscaye. Son père, Eduardo Aburto Uribe, était ingénieur impliqué dans plusieurs entreprises industrielles provinciales, actionnaire de nombreuses entreprises minières et métallurgiques de Biscaye, et maire de Getxo entre 1916 et 1920. Luis et María eurent 4 fils, qui furent actifs dans les affaires et non en politique. Plusieurs membres de la fratrie de Luis furent actifs dans le traditionalisme . Deux de ses frères cadets furent exécutés par la milice républicaine dans la prison Ángeles Custodios de BilbaoLuis Arellano, pleinement informé du coup d'État à venir, n'en informa pas sa famille. Cependant, il organisa leur transfert de Pampelune à Fontarrabie, supposant que en cas de défaite, ils seraient plus en sécurité près de la frontière française que dans la capitale navarraise. Ses calculs se sont révélés faux et sa mère, sa sœur et ses deux frères furent détenus à Fontarrabie. Les femmes furent rapidement libérées, mais Francisco Javier (né en 1910) et José Marí (né en 1917) furent exécutés dans les premiers jours de 1937 ; un aîné devint plus tard prêtre jésuite et un autre ingénieur en construction. Sa sœur María Teresa travailla comme infirmière dans les rangs carlistes pendant la guerre civile.

République Luis fut actif dans la sphère publique lors de la première campagne électorale de la République en 1931 ; engagé dans la Juventud Tradicionalista (« Jeunesse traditionaliste »), il prononçait des discours favorables aux candidats carlistes dans de petites localités comme Sangüesa, dans l'est de la Navarre, qui cite le Diario de Navarra du 26 juin 1931. L'année suivante, il s'impliqua dans la propagande carliste en s'exprimant lors de diverses réunions lors de la Gran Setmana Tradicionalista (« Grande semaine traditionaliste ») en Catalogne. En 1933 il est décrit comme un protégé Tomás Domínguez Arévalo , comte de Rodezno, une des leaders nationaux du mouvement carlistede 24 ans son aîné mais originaire de Villafranca, à 9 km de Caparroso. Rodezno demeura le mentor d'Arellano pendant les 20 années suivantes.

Au cours de la campagne des élections générales de 1933, Arellano se présenta comme dans une coalition de la droite navarraise ; il fut confortablement élu avec voix et devint, avec José Luis Zamanillo, l'un des plus jeunes députés traditionalistes de l'histoire espagnole. Au niveau national, Arellano fut un suiveur de Rodezno et de sa politique de recherche d'alliance au sein d'un large groupe monarchiste, d'abord dans une coalition nommée TYRE puis en apportant sa signature au manifeste inaugural du Bloque Nacional ; il resta actif dans ce dernier malgré la désapprobation du nouveau leader carliste, Manuel Fal Conde. Son activité fut également marquée par l'action sociale. Au début des années 1930, Arellano déjà engagé dans des organismes ruraux d'arbitrage comme le Jurado Mixto del Trabajo Rural (« Tribunal mixte du travail rural ») et dans des organisations syndicales catholiques comme la Federación Católico-Social Navarra (« Fédération catholico-sociale de Navarre) et les Sindicatos Obreros Profesionales (« Syndicats ouvriers professionnels »). En tant que représentant de ces organisations, il entra au Grupo Social Parliamentario (« Groupe social parlementaire); Au Parlement, il combattit très activement la commission de gestion et exigea le rétablissement de la Députation forale de Navarre.

Après l'exclusion de Rodezno du parti carliste par Fal Conde, Arellano resta malgré tout en bons termes avec ce dernier et devint une figure montante du mouvement. Dans le cadre de la refonte des structures de commandement du parti, Arellano fut nommé en 1934 chef de la section de jeunesse nouvellement créée et s'impliqua également dans la direction des Requetésselon ses déclarations, il visait la « formation culturelle et physique des jeunes » dans un esprit combatif, voir . Il apparaît à cette époque comme une figure charnière, entre la stratégie possibiliste de Rodezno et l'intransigeance de Fal Conde. Il continua d'œuvrer au sein du Bloque Nacional jusqu'à ce que Fal Conde ordonne la fin de l'alliance. Il est décrit comme un orateur défendant une stratégie anti-républicaine subversive et violentepensant que les mesures de répression officielles ne faisaient que galvaniser l'organisation , contribuant aux tensions belliqueuses, ou comme représentatif de la nouvelle génération carliste, encline à l'autoritarisme. En 1936, il fut réélu aux Cortes dans la même circonscription navarraise.

Insurrection et unification gauche|vignette| Défilé de requetés en 1936 après la prise de Saint-Sébastien. Arellano s'impliqua fortement dans la conspiration visant à renverser la République ; au cours des négociations politiques de dernière minute de entre les dirigeants carlistes et les conspirateurs militaires, il se rangea du côté des rodeznistes et contre la posture de Fal Conde, donnant un soutien presque inconditionnel aux militaires insurgés. En tant que personne de confiance de Rodezno, il forma un comité qui se rendit en France pour lui demander l'approbation de cette politique auprès du prétendant carliste, don Javier. Celle-ci, bien que donnée avec hésitation, s'avéra cruciale pour déjouer les manœuvres de Fal Conde, qui exigeait avec insistance que les généraux acceptent d'abord les conditions carlistes.

Aux premiers jours de l'insurrection, Arellano resta à Pampelune, principalement pour coordonner le recrutement dans la milice carliste. Fin juillet, il rejoignit lui-même le Requeté et servit comme officier subalterne dans la Sierra de Guadarrama. Il agissait comme officier de liaison avec la Navarre lorsqu'à la mi- il aida sa sœur et sa mère, libérées de prison dans la zone républicaine, à s'installer à Pampelune. À l'été 1936, la Junta Central Carlista de Guerra (« Comité central carliste ») de Navarre le nomma au cabinet de presse de la Junta de Defensa Nacional ; début 1937, il entra dans la Delegación de Cuestiones Sociales (« Délégation des questions sociales ») créée par la Junta Central. Selon certaines sources il fut définitivement retiré du front dans les premiers jours de 1937 le décrit comme un chef important des requetés et qu'en janvier il se trouvait de nouveau à Pampelune.

Lorsque la pression commença à monter autour du processus d'unification politiques des forces nationalistes, Arellano se rangea de nouveau du côté de Rodezno , défendant l'intégration du carlisme dans un parti unique lors de réunions très fréquentées en février, mars et avril où il tenta de mettre en minorité Fal Conde qui se montrait intransigeant ; on ignore si Arellano orchestra l'incident survenu en mars, où 30 requetés assistèrent à la séance du Concejo de Tradición à Burgos, ce qui sembla une tentative d'intimidation visant ceux qui s'opposaient à l'unification . Conscient de la position de faiblesse du carlisme au sein de la coalition, Arellano insistait pour que l'absorption des requetés dans une force paramilitaire unie ne débouche pas sur une prédominance totale du phalangisme. Bien que le programme du camp nationaliste soit éloigné de l'idéologie traditionaliste, il estimait qu'après la guerre le carlisme pourrait regagner le terrain perdu. Il fut nommé délégué de la structure syndicaliste carliste Obra Nacional Corporativa (« Œuvre nationale corportative ») pour participer à des négociations de dernière minute sur les conditions de l'unification.

En , Arellano fit partie du groupe de pression qui rendit visite au prétendant carliste et à Fal Conde à Saint-Jean-de-Luz et leur présenta une sorte d'ultimatum, obligeant don Javier et son chef délégué au silence. Homme apprécié au quartier général de Franco, il ne faisait cependant pas partie du cercle restreint informé de la date prochaine de promulgation du décret d'unificationà la différence de Rodezno, Martínez Berasáin, et le . Celui-ci le désigna membre du secrétariat, l'exécutif du nouveau parti unique, FET y de las JONS, formé de 10 membres au total, dont trois autres carlistesavec Rodezno, Florida et José María Mazón Sainz (, , ).

Débuts du franquisme Bien que dans les médias carlistes Arellano fût l'un des visages de l'unification, il fut très instatisfait des termes du décret et rendit visite à Franco tout juste après sa promulgation afin de lui exprimer sa désapprobation. Inondés de questions et de protestations de la part des bases carlistes concernant la marginalisation du mouvement au sein de FET., après 3 mois, Arellano et Rodezno cessèrent de participer aux réunions du Secrétariat qu'ils considéraient comme factices. Leurs relations avec don Javier restèrent extrêmement tendues ; après , où Arellano avait accepté un siège au Conseil national du Movimiento formé de 50 membres, le prétendant le désigna comme l'un des principaux frondeurs contre son autorité et les expulsa de Communion traditionaliste.