Sophie Bascans, née Sophie Lagut le à Dole et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une éducatrice française. Elle est directrice du pensionnat pour jeunes filles au 70, rue de Chaillot dans le 16 arrondissement de Paris puis avenue du Roule à Neuilly-sur-Seine.

Biographie

Origines Le 25 brumaire an VII () à Dole, Nicolas Lagut, maître de forge âgé de 31 ans épouse Antoinette Pauline Arbey, âgée de 21 ans. Guillaume Lagut, père de Nicolas, était marchand de fer à Dole. Leur fille Sophie Victorine Lagut naît le 22 pluviôse an IX () à Dole. Nicolas Lagut est alors dit propriétaire.

Le , Antoinette Pauline Arbey meurt à Dole à l'âge de 36 ans. Nicolas Lagut, alors commis négociant, meurt le à l'âge de 58 ans. Il habite alors au 25, rue Simon-le-Franc dans le 4 arrondissement de Paris.

Mariage Le , Sophie Lagut épouse Ferdinand Bascans, professeur d'histoire et de littérature au pensionnat de Chaillot. Ferdinand Bascans est alors connu pour avoir dirigé le journal d'opposition La Tribune, activité qui l'avait conduit à être incriminé dans plusieurs procès pour attaques au gouvernement et à être condamné à plus de 60 000 francs d'amende ainsi qu'à 32 mois de prison.

Leur fille Victoria Sébastienne Émilie Bascans naît le dans l'ancien premier arrondissement de Paris. Leur seconde fille Marie Louise Emma Bascans naît le également dans l'ancien premier arrondissement de Paris.

La direction du pensionnat de Chaillot

La fondation d'une institutrice Sophie Lagut commence à donner des leçons à l'âge de 17 ans. En 1832, elle obtient son diplôme et l'autorisation d'ouvrir un établissement d'éducation pour jeunes filles.

Sophie Lagut fonde une maison d'éducation de jeunes filles au 70, rue de Chaillot à Paris, en vis-à-vis de la maison de retraite de Sainte-Périne et proche du l'hôtel occupé par Émile de Girardin et son épouse Delphine Gay au coin des Champs-Élysées. C'est en 1838 que la fondation est reconnue pour la première fois comme pensionnat par les inspecteursDossier Bascans, 1832, AD Seine, DT Supplément/13.Procès verbaux du comité de surveillances des pensions et institutions du 1e arrondissement, 18-22 novembre 1838, AD Seine, VD6 158-3.. Sophie Lagut en est la principale institutrice. Solange Dudevant y étudiera, Ondine Valmore y enseignera et Aline Chazal, fille de Flora Tristan et mère de Paul Gauguin y sera salariée.

La difficile éducation de la fille de George Sand En 1841 et sur les recommandations de son amie Marie de Rosière, George Sand confie sa fille Solange Dudevant au pensionnat de Chaillot, : . George Sand échange de nombreuses lettres avec le couple Bascans dont elle devient une amie, malgré leurs divergences d'opinion sur la question religieuse. George Sand cède et Solange Dudevant fait sa première communion.

Sophie Bascans est la marraine de Jeanne-Gabrielle dite « Nini », la seconde fille de Solange Dudevant et d'Auguste Clésinger née en 1849 : .

Le début de carrière d'institutrice d'Ondine Valmore En 1844, Charles-Augustin Sainte-Beuve rencontre au pensionnat l'institutrice Ondine Valmore, fille de Marceline Desbordes-Valmore, au cours d'une des traditionnelles soirées organisées par le couple Bascans et où sont conviés enseignants et amis. Ondine Valmore commence alors sa carrière comme sous-maîtresse à 500 francs par an à partir de , grâce à un réseau d'amitiés la liant à George Sand et après avoir obtenu son diplôme au mois d'.

C'est d'abord à Sophie Lagut que Charles-Augustin Sainte-Beuve aurait confié son projet d'épouser Ondine Valmore. Devant les tergiversations de Sainte-Beuve, Ondine Valmore épouse l'avocat Jacques Langlais le .

Grâce aux réseaux politiques républicains de Ferdinand Bascans, Ondine Valmore est nommée à la commission Carnot sur l'éducation des femmes en 1848 et est nommée l'une des premières inspectrices scolaires salariées.

Le lieu de la rencontre des parents de Paul Gauguin Aline Chazal, fille de Flora Tristan et d'André Chazal, connaît une enfance difficile : ses parents se disputent sa garde, André Chazal enlève Aline Chazal à deux reprises, Flora Tristan accuse André Chazal d'inceste sur Aline Chazal et André Chazal est condamné pour tentative d'assassinat sur Flora Tristan.

À la mort de sa mère de la typhoïde en 1844, Aline Chazal a 19 ans. George Sand la prend sous sa protection et la place au pensionnat de Sophie Bascans comme employée. C'est lors d'une soirée organisée par le couple Bascans qu'Aline Chazal aurait rencontré le journaliste Clovis Gauguin (bien que la rencontre ait pu être organisée par Jules Laure), qu'elle épouse le . Le premier enfant du couple, Marie Gauguin née le , est la filleule de Ferdinand Bascans. Leur fils Paul Gauguin naît le . Paul Gauguin écrit dans Avant et après publié en 1918 que la fille de Flora Tristan .

Le déménagement à Neuilly-sur-Seine En 1857, Sophie et Ferdinand Bascans s'installent au 108, avenue du Roule dans une grande propriété à Neuilly-sur-Seine. Le pensionnat est également déménagé de la rue de Chaillot à Neuilly-sur-Seine.

Dernières années et mort Le , Ferdinand Bascans meurt à Neuilly-sur-Seine. En 1862, Sophie Lagut quitte la direction du pensionnat mais continue à vivre à côté de celui-ci, entourée de ses enfants et petits-enfants.

Le à Neuilly-sur-Seine, Emma Bascans épouse Edmond Antoine Gilbert Poinsot, employé à la Grande chancellerie et littérateur sous le pseudonyme de Georges d'Heylli. Celui-ci fonde en 1872 la Gazette anecdotique, littéraire et bibliographique. Emma Bascans est compositrice sous son nom de jeune fille ou sous le pseudonyme de Frédéric Wald. La passion de cette dernière pour la musique lui viendrait de sa mère.

Victoria Sébastienne Émilie Bascans meurt célibataire le au domicile de sa mère à Neuilly-sur-Seine, à l'âge de 29 ans.

Sophie Lagut meurt le en son domicile de Neuilly-sur-Seine au 54, avenue du Roule. Son acte de décès la décrit comme rentière. Ses obsèques sont célébrées le à Neuilly-sur-Seine. Hippolyte Maze, professeur d'histoire au lycée Fontanes et ami des enfants de Sophie Lagut, prononce à cette occasion un discours retraçant la vie de la défunte. Selon lui : Personne, croyons-nous, en ce siècle, n'a mis au service de l'éducation des femmes et des redoutables problèmes qu'elle comporte plus de clairvoyance, plus de dévouement et j'ajoute plus de désintéressement ; elle répugnait à tout ce qui peut sentir le métier dans la noble tâche de l'enseignement. Combien de fois les portes de son institution se sont-elles ouvertes pour de touchantes infortunes ! combien de fois l'excellente directrice et le confident unique de ses bonnes œuvres, son mari, allèrent-ils au-devant de familles intéressantes, donnèrent-ils spontanément, largement, à des enfants sans ressources, l'éducation la plus complète !

Bibliographie

. . . . . Jean-François Bascans, Ferdinand Bascans, journaliste (1801-1861), Société des Etudes du Comminges, 1983-2.

Notes et références

Liens externes

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