L'expression ou est un proverbe anglais, dont plusieurs propositions de traduction existent en français. Il s'agit d'un calembour. Ce proverbe est appelé plus justement « sophisme de la double faute » ; une position accusée d'être mauvaise peut apparaître comme normale parce qu'elle n'est pas unique. L'expression « sophisme du pire » est aussi employée parfois.
En morale, l'expression « » désigne le fait qu'une mauvaise action n'est pas une manière moralement appropriée de corriger ou d'annuler une action mauvaise antécédente. Cette expression est une platitude intuitive. Cette expression est également emphatique.
En morale, et en logique, l'expression « » est l'expression de la justification d'une mauvaise action par le fait qu'une autre mauvaise action soit commise. L'argument décrit par cette expression est parfois considéré comme (raisonnement) fallacieux, mais ne l'est pas toujours. Il s'agit donc d'un argument a pari ou « par analogie ».
D'un point de vue du droit, cette question était déjà traitée dès 1654 .
Il s'agit d'une expression typique de la langue anglaise qui ne connaît aucune traduction littérale globale dans les langues étrangères ., la traduction est donc fortement dépendante du contexte et donc de l'intentionnalité.
Littérature Cette expression et des variantes autour de cette expression se retrouvent dans la littérature anglophone classique.
L'idée qu'une double faute puisse inférer un bien a été notamment publiée dans un poème dès 1734.
Ce jeu de mots se trouve également dans le travail de William Shakespeare.
En 1855, l'expression se trouve également être discutée dans le chapitre LII du livre .
Traductions et significations Traductions Différentes traductions de cette expression ont été proposées en français, mais comme le sens du mot « » est variable, la traduction appropriée dépend du contexte d'utilisation, et de l'interprétation que l'on veut en faire : Deux mauvaises actions ne s'additionnent pas pour en faire une bonne ; Une mauvaise action n'en excuse pas une autre ; L'erreur est humaine, mais persister dans l'erreur est diabolique ; On ne répare pas une injustice avec une autre ; Une faute n'en excuse pas une autre ; On ne répare pas une erreur par une autreExpression énoncée dans le verset 120 de une décision de justice bilingue français-anglais canadienne : ; On ne guérit pas le mal par le mal ; On ne répare pas une injustice par une autre ; Deux torts ne font pas un droithttps://books.google.fr/books?id=lgSqtfyhyJUC&pg=PA92.
Sens proches : Le remède est pire que le mal ; Un remède plus dangereux que la maladie elle-même (Jean-Paul II) ; Au mal une fois fait il n'est pas de remède ; Très souvent, le mal vient du remède même. Ce n'est donc pas la pire règle de la vie que de laisser aller les choses ; Accepter le mal qu'on nous fait comme remède à celui que nous avons fait ; On ne justifie pas un mal par un autre mal. le Mauvais exemple, suivre le mauvais exemple, la contagion du mauvais exemple.
Significations Note : Dans les explications suivantes, le terme « » est laissé en langue anglaise en raison de sa polysémie. En effet, « » ne signifie pas seulement faux, le faux ayant un aspect de logique formelle définitive et intangible ; le terme « » signifie aussi et surtout mauvais ou mal, c'est-à-dire qu'il a une portée subjective dépendant du référentiel moral.
Pour Nancy Cavender et Howard Kahane, l'expression « » désigne la justification d'un « » par le fait d'attirer l'attention sur l'existence d'un autre « » effectué par un tiers, en particulier selon une logique de légitime défense. Ils rapprochent cette expression des cas que les Anglais appellent « » (en français « pratique habituelle ») et « » (en français « sagesse basée sur la tradition »), le « » consistant à reproduire un mauvais usage ou une mauvaise pratique, alors que le « » consiste à reproduire de mauvaises traditions, de mauvaises coutumes. Cette expression sert à la personne en désaccord avec cet argument à désigner cet argument, alors que cet argument peut aussi être désigné (de manière plus neutre et plus traditionnelle) par « tu quoque » (expression latine) et « » (toutes deux signifiant « toi aussi »). L'expression « » est donc une appellation qui regroupe des concepts différents (, mauvaises pratiques, mauvaises traditions) qui ont en commun l'existence de deux . Pour eux, la question cruciale est de savoir si le second « » est effectivement nécessaire pour contrecarrer le premier.
L'expression « » peut servir à désigner ce qu'Étienne Dumont et Jeremy Bentham appellent la « défense de soi-même ou utilité supposée »(pour lequel ils considèrent que ce ne doit être qu'un argument annexe), de même que ce qu'ils appellent le « culte des ancêtres ou argument dans le mode chinois » (pour lequel ils considèrent que l'inexpérience des anciens doivent être corrigées en tirant les leçons des expériences plus récentes), de même que ce qu'ils appellent « l'opinion du grand nombre considéré comme autorité » (pour laquelle ils reconnaissent un intérêt certain mais non suffisant et auquel ils lui préfèrent le critère de l'utilité).
En droit
Un avocat peut utiliser en premier l'expression « » pour fustiger la partie adverse en montrant que deux fautes ou erreurs ont eu lieu et clarifier chacune des deux fautes en les décrivant. La seconde expression « » est ensuite utilisée pour enfoncer le clou, et dire que ces fautes ou erreurs ne sont pas satisfaisantes.
Ces deux expressions étant très usitées aux États-Unis, la seconde, « », peut y être utilisée seule pour faire référence à cet adage, et signifier par déduction que deux erreurs ont été commises.
Par exemple, un juge a rendu l'avis suivant : United States v. Offutt, 145 F. Supp. 111, 114-115 (D.D.C.1956), modified, 247 F.2d 88 (D.C.Cir.), certiorari denied, 355 U.S. 856, 78 S.Ct. 85, 2 L.Ed.2d 64 (1957).
Une autre maxime juridique est que deux fautes ne sont pas justes, mais créent un précédent (en anglais : ). Cette dernière maxime semble toutefois plus récente et est attribuée à l'historien Stephen E. Ambrose (2002) et à Victor Lasky (1977).
Argument L'argument utilisant cette expression tel qu'exprimé par une cour américaine peut prendre la forme suivante :
Tout d'abord, le problème initial est exposé, et est qualifié de premier « ». Ensuite, la mesure prise pour remédier au problème est exposée et un aspect de cette solution est critiqué pour la qualifier de deuxième « ». L'expression « » est alors utilisée pour critiquer cette solution où la fin justifie les moyens. Enfin, l'expression est utilisée pour affirmer une position de principe selon laquelle la fin ne justifie pas les moyens et ainsi réaffirmer l'aspect critiqué de la solution.
Exemple :
Contre-argument Plusieurs contre-argumentations peuvent être possible :
L'argument peut être considéré comme ne correspondant pas à la réalité de la situation ;
Exemple :
Une contre argumentation peut également consister à présenter le comme une doctrine rigide et inadaptée à la situation réelle ; exemple :
Doctrines
Cette expression a inspiré au moins une doctrine juridique au Canada.
Ainsi, la doctrine « Hendel, Ursula, and Peter Sankoff. « R. v. Edwards: When Two Wrongs Might Just Make a Right » (1996), 45 C.R. () 330. » est citée dans une décision de justice fédérale de Montréal, Canada
Égalité devant la loi Ce proverbe peut donc servir à poser la question de l'égalité devant la norme, devant la loi, tout comme à opposer l'usage au droit.
Cette expression, tout comme l'expression Térence, L'Héautontimorouménos, Acte III, Scène 5 () s'apparente donc à une exception au principe d'égalité devant un règlement.
Le proverbe s'applique mal lorsque la transgression est généralisée, comme le rappelle l'expression latine ()
Exemples Ainsi la réciprocité est ici considérée comme un échange de mauvais procédés répondant à l'adage américain « » « Fabien, ne tire pas les cheveux de ta sœur ! C'est mal ! — Et alors maman, elle m'a pincé ! » (À noter que cet exemple relève également de la loi du Talion) « Mais voyons, monsieur le juge ! Un petit coup de poing, ce n'est rien ! Il y a des tas de gens qui font bien ça dans la banlieue sans se faire punir ! » « Vous en URSS, vous ne respectez pas les droits de l'homme et votre peuple meurt de faim ! — Et vous lynchez bien des Noirs, vous aux États-Unis… » (cet exemple, classique du whataboutism, relève également de l'argumentum ad hominem) « Une ordonnance de police du 26 brumaire an VIII (), interdit aux femmes de porter un pantalon, mais toutes les femmes portent un pantalon ; pourquoi ne pourrais-je pas moi aussi en porter un ? » « La Chine populaire comme les États-Unis appliquent la peine de mort, pourquoi ne pourrions-nous pas lapider une femme adultère ? »
Autres utilisations
Les expressions « » et « » peuvent être également utilisées avec une signification différente. Ainsi, la Federal Trade Commission considère que des avantages et des désavantages spéciaux sont deux types de problèmes qui peuvent se compenser .
L'expression est également utilisée pour dire qu'une double faute, par exemple deux diagnostics qui bien qu'indépendants l'un de l'autre sont tous deux erronés, ne font pas pour autant un diagnostic juste .
L'expression, et le principe d'équité qu'elle peut signifier est également utilisée à but éducatif, pour indiquer qu'il ne faut pas répondre au mal par le mal.
L'expression « » est aussi le nom donné à la situation où deux personnes coopèrent pour résoudre ensemble un problème qu'elles ne peuvent résoudre seuleshttps://www.jstor.org/pss/3233890.
Aspects moraux et philosophiques
L'argument peut également être utilisé pour défendre des arguments moralistes sur ce qu'est le bien et ce qu'est le mal.
Ainsi, sur le principe du « », il est injuste de prendre aux riches pour donner aux pauvres bien que la pauvreté soit elle-même injuste. C'est le point de vue des libertariens qui par idéologie sont contre l'impôt. Alors que ceux qui considèrent la pauvreté injuste et la redistribution juste considèrent en conséquence que l'impôt est aussi juste.
Selon le même principe du « », on peut juger que l'utilisation de la discrimination positive (deuxième « ») pour compenser la discrimination d'origine (premier « ») n'est pas une solution satisfaisante , alors même que d'autres personnes considéreront que ça peut être un moyen utile et/ou efficace.
La même expression peut être déclinée pour affirmer des positions de principe sur d'autres questions moralistes se focalisant sur la question de savoir ce qu'est le bien et ce qu'est le mal, telles que le viol et l'avortement, ou le crime et la peine de mort.
Bien sur, si la négation de la phrase « » est « », les personnes ayant un avis différent sur ce qu'est le bien et le mal ne considèrent pas que les deux premières idées sont mauvaises.
L'argument de deux torts est né des discussions sur l'argument du « ». Il s'agit d'un mouvement d'excuse ou d'atténuation de la justification. Cette approche est relativement récente dans la littérature sur la logique informelle.
Le premier contributeur est Howard Kahane qui conceptualise en 1969, le « » comme un « fallacieux ». Il remarque en particulier que le « » n'est pas toujours fallacieux. En particulier, pour lui, « combattre le feu par le feu » ou tuer les soldats ennemis dans une guerre justifiée n'est pas fallacieux. Il identifie également le fait que cet argument est une variation de ce que les anglophones appellent une « ».
Douglas Walton rapproche le « » de l'annonce circonstancielle ad hominem. Il voit que cela peut être une bonne décision, ou au moins une argumentation qui n'est pas fallacieuse. Il laisse ainsi la porte ouverte à de possibles valeurs sous-jacentes positives dans ces critiques qui si elles sont bien gérées peuvent conduire à la vérité