Aegiphila integrifolia est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Lamiaceae (anciennement des Verbenaceae). C'est un arbuste néotropical.
On l'appelle en Guyane bois de golette, aigpan kamwi (Palikur).
Description Aegiphila integrifolia est un arbuste ou petit arbre, atteignant jusqu'à de haut. Ses branches sont tétragones et contiennent une moëlle. L'intérieur des rameaux, les pétioles et les inflorescences sont densément strigoses et soyeuses.
Le pétiole est long de . Les feuilles sont opposées souvent de taille inégale (anisophyllie), membraneuses ou chartacées, de forme oblongue ou elliptique, à marge entière ou parfois légèrement denticulée dans la partie supérieure du limbe, à base atténuée et décurrente dans le pétiole, à apex acuminé ou aigu, mesurant . Le limbe est foncé sur les deux faces, strigose peu abondante au dessus, devenant glabre et scabreux avec l'âge, strigose en dessous, plus dense sur les nervures. La partie basale du limbe le long de la nervure primaire présentant souvent des glandes éparses en forme de disque. Les nervures primaires et 10-12 paires de nervures secondaires sont proéminentes ou aplaties au-dessus, proéminentes en dessous.
L'inflorescence est solitaire, en cymes axillaires à nombreuses fleurs, mesurant à l'anthèse. Le pédoncule est long de , les pédicelles sont longs de , et les bractées de . Les bractéoles sont discrètes.
Le calice est de couleur verte, infundibuliforme, long de , pubérulent à l'extérieur souvent avec des points glandulaires noirs, glabre à l'intérieur, avec 4 lobes triangulaires, aigus et longs de . La corolle est de couleur blanche, glabre, parfois avec des poils sores apprimés à l'extérieur, infundibuliforme, longue de , à 4 lobes de forme oblong-lancéolés, aigus-obtus, longs de . On compte 4 étamines glabres, insérées à environ au-dessus de la base du tube de la corolle, avec des filets longs de les fleurs à style court ( dans les fleurs à style long). Les anthères sont longues de . L'ovaire est glabre, de forme oblong-eIlipsoïde, long de , avec le style glabre, parfois avec des poils apprimés, long de y compris la bifurcation longue de dans les fleurs à style court ( dont de la bifurcation dans les fleurs à style long).
Lors de la fructification, le calice est cupuliforme, long d'environ pour de diamètre. Le fruit passe du vert au jaune puis au rouge orangé, globuleux, lisse et brillant mesure environ de diamètre.
Répartition On rencontre Aegiphila integrifolia dans toute l'Amérique du Sud tropicale.
Écologie Aegiphila integrifolia est une espèce pionnière localement commune dans la forêt secondaire sur le sable, jusqu'à d'altitude. Elle fleurit et fructifie tout au long de l'année.
Aegiphila integrifolia est hétérostylée.
Les fruits d’Aegiphila integrifolia sont disséminés à Trinidad par les oiseaux comme Tangara gyrola ou Tangara mexicana.
L'influence de l'intensité lumineuse sur les semis de Aegiphila integrifolia a été étudiée : l'exposition brusque au plein soleil de plantules initialement cultivées à l'ombre entraîne une diminution de la photosynthèse nette, mais ce paramètre se rétablit après le développement de nouvelles feuilles au soleil. Le processus d'endurcissement sous des niveaux d'irradiation élevés induit des réponses morpho-anatomiques telles que l'augmentation de l'épaisseur du parenchyme palissadique, la diminution de la surface totale des feuilles, et l'augmentation de la densité stomatique. Ainsi, cette acclimatation physiologique et morpho-anatomique augmente la résistance des plantules, et donc la probabilité de survie lors de la plantation in situ.
On a identifié une nouvelle espèce de parasitoïde de mouche des fruits (Opius hexachaeta Kula et Aguirre, Braconidae), sur des larves de se nourrissant de graines de Aegiphila integrifolia (Jacq.) B.D. Jacks.
On a étudié la résistance de Aegiphila integrifolia aux fourmis coupeuses de feuilles Atta sexdens rubropilosa.
Le rôle de Aegiphila integrifolia dans la régénération naturelle a été étudié via sa présence dans la banque de graines du sol, et dans divers contextes.
Usages L'activité antivenin de Aegiphila integrifolia a été testée sur venin brut de Bothrops atrox : ses composés (lupéol, acide bétulinique, β-sitostérol, stigmastérol, mannitol, flavonoïdes, pectolinarigénine et hispiduline) ont partiellement inhibé les réactions protéolytiques, phospholipasiques.
Aegiphila integrifolia contient de la pectolinarigénine (flavonoïde) qui présente des effets neuroprotecteur et anti-inflammatoire, contre l'inflammation induite par les lipopolysaccharides dans les astrocytes.
Protologue vignette|gauche| Manabea laeve (=Aegiphila integrifolia) par Aublet (1775) : Planche 24. - Les fleurs & les parties détaillées ſont repréſentées de grandeur naturelle. - 1. Calice. - 2. Fleur. - 3. Corolle. - 4. Corolle ouverte. Étamines. - 5. Calice ouvert. piſtil. - 6. Ovaire. Style. Stigmate. - 7. Capſule enveloppée en partie du calice. - 8. Capſule. - 9. Capſule couple en travers. - 10. Semences. En 1775, le botaniste Aublet a décrit pour la première fois Aegiphila integrifolia sous le nom de Manabea arborescens et en a proposé le protologue suivant :
Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet
Références
Références taxinomiques
Catégorie:Espèce de Lamiaceae (nom scientifique) Catégorie:Espèce d'arbustes (nom scientifique) Catégorie:Arbuste tropical d'Amérique Catégorie:Arbuste en Amérique du Sud Catégorie:Arbuste en Guyane Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Plante décrite par Aublet