Les Mohawks de la baie de Quinte (en mohawk : Kenhtè:ke Kanyen'kehà:ka ; MBQ) sont une Première Nation (au sens de « bande indienne ») mohawk du comté de Hastings, en Ontario. Ils contrôlent le territoire mohawk de Tyendinaga, qui s'étend sur 7 362,5 hectares et qui constitue une réserve indienne aux abords de la baie de Quinte, à l'est de Belleville et immédiatement à l'ouest de Deseronto. Ils partagent également la réserve de Glebe Farm 40B et de Six Nations avec d'autres Premières Nations.

La communauté tire son nom d'une variante orthographique du nom mohawk traditionnel du chef mohawk Joseph Brant, Thayendanegea (orthographe standardisée Thayentiné:ken), qui signifie « deux morceaux de bois de chauffage l'un à côté de l'autre »Isaac, Ruth et al. A Spelling Worldlist of Six Nations Mohawk. Brantford: The Woodland Indian Cultural-Educational Centre, 1986. Print. Officiellement en langue mohawk, la communauté s'appelle Kenhtè:ke, ce qui signifie « sur la baie » (du mohawk kénhte « baie », qui est aussi l'origine du mot « Quinte »). En cayuga, le nom de l'endroit est Tayęda:ne:gęˀ ou Detgayę:da:negęˀ, « terre aux deux bûches ». Le numéro de la bande est 164.

Aperçu Le territoire des Mohawks de la baie de Quinte (MBQ), représente l'un des plus grands territoires des Premières Nations de l'Ontario.

Le territoire mohawk de Tyendinaga est lié au lieu de naissance du Grand Pacificateur, Dekanahwideh, qui joue un rôle déterminant dans le regroupement des Mohawks, des Onneiouts, des Onondagas, des Cayugas et des Sénécas dans la Confédération Haudenosaunee, selon l'avocat et auteur Kayanesenh Paul Williams.

Le nom du territoire traditionnel du MBQ, d'ailleurs beaucoup plus vaste que le territoire actuel, est basé sur une variante du nom traditionnel mohawk de Joseph Brant — Thayendanegea — qui signifie « deux morceaux de bois de chauffage l'un à côté de l'autre ». En cayuga, le nom est Tayęda:ne:gęˀ ou Detgayę:da:negęˀ — « terre aux deux bûches ». La caractéristique géographique, la baie, est kénhte en mohawk et le nom mohawk officiel de la communauté est Kenhtè:ke — « sur la baie », qui est éventuellement anglicisé en « Quinte ».

La réserve mohawk couvre 7 362,5 hectares et est située dans le comté de Hastings sur les rives de la baie de Quinte dans le sud-est de l'Ontario, au Canada, à l'est de Belleville et immédiatement à l'ouest du canton de Deseronto. Histoire Après la Révolution américaine, les Mohawks, alliés de la Couronne britannique, perdent leurs terres traditionnelles dans la vallée Mohawk de ce qui est devenu l'État de New York, lorsqu'ils sont contraints de les céder après la défaite des Britanniques. En compensation de leur allégeance, ces derniers leur offrent des terres inhabitées dans le Haut-Canada, actuel Ontario. Un groupe de Mohawks dirigé par John Deseronto choisit la baie de Quinte car on disait qu'elle était le lieu de naissance de Tekanawita, l'un des fondateurs de la Confédération iroquoise au XIIe siècle. La majorité des Mohawks suivent néanmoins Joseph Brant vers l'ouest jusqu'à la Première Nation des Six Nations, toujours en Ontario.

Le , le groupe de 20 familles mohawks, regroupant entre 100 et 125 personnes, arrive à Tyendinaga. Neuf ans plus tard, la parcelle de terrain de Tyendinaga est officiellement mise de côté en vertu du Traité de la Couronne 3½, signé le par le lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe et connu par la suite sous le nom d'« acte de Simcoe ». Cette parcelle de terrain, d'une superficie de 37 514, 36 hectares, est subséquemment légalement mise à la disposition des Mohawks par la Couronne britannique, puis par le gouvernement du Haut-Canada.

Plusieurs loyalistes s'installent aussi dans la région de la baie de Quinte et se voient accorder par le gouvernement plusieurs terres dans le secteur de Tyendinaga. Entre 1820 et 1843, les Mohawks perdent les deux tiers des terres visées par l'Acte de Simcoe. D'autres pertes supplémentaires laissent les Mohawks avec seulement 7 100 hectares de terres dans le secteur.

Malgré l'établissement des Mohawks aux abords de la baie de Quinte, l'établissement principal pour les Mohawks et Iroquois du Canada demeure la réserve des Six Nations, plus à l'ouest au Haut-Canada. De plus, plusieurs Mohawks et autres Iroquois joignent plutôt les communautés de Kahnawake, Kanesatake, Wahta et Akwesasne, qui avaient été établies pendant l'ère coloniale précédant la guerre.

En 1869, la Loi sur l'émancipation progressive est adoptée par le gouvernement fédéral canadien, établissant des conseils de bande élus dans les réserves. La première élection du conseil élu des Mohawks de la baie de Quinte a lieu en , où sept chefs sont élus pour siéger au conseil.

Accès à l'eau potable Les Mohawks de la baie de Quinte sont soumis à un avis d'eau potable depuis 2008, « en raison de contaminations fécales, bactériennes et causées par les algues ». Lors d'une sécheresse dans la région, de nombreux puits souterrains, dont ils dépendaient, se sont complètement asséchés.

Ce financement soutient la phase finale du « projet en plusieurs phases visant à améliorer l'accès à l'eau potable pour la communauté des MBQ. Le gouvernement fédéral et la Première Nation investissent au total 18,2 millions de dollars dans le projet, qui « finira par permettre la levée de cinq longs avis sur l'eau potable dans la communauté. Revendications territoriales gauche|vignette|200x200px| La revendication territoriale (à droite de la zone verte) couvre le sud de la région de Tyendinaga et la majeure partie de Deseronto. En 1995, les MBQ déposent une revendication sur 923 acres de terres ceinturant Tyendinaga, qui vise la plupart des terres sur lesquelles le canton de Deseronto a été construit. En 2003, le gouvernement fédéral entame des négociations initiales sur les revendications territoriales de la parcelle Culbertson.

Les MBQ arguent que l'acquisition de terres par les colons loyalistes entre 1820 et 1843 ne se serait pas faite selon les modalités prévues dans la Proclamation royale de 1763, entraînant la perte de la majorité des terres qui leur avaient été octroyées par l'Acte de Simcoe. Un vote communautaire devait précéder toute vente de terre à un non-Mohawk, ce qui semble ne pas avoir été le cas à Tyendinaga. Le canton a conservé dans ses archives les documents en lien avec les revendications territoriales de la parcelle Culbertson. Le chef Don Maracle renouvelle par ailleurs son appel à la poursuite des négociations en 2011, après une période de stagnation.

En , le juge Rennie de la Cour fédérale statue dans l'affaire Mohawks de la baie de Quinte c. Canada (Affaires indiennes et du Nord canadien) que l'expropriation est l'une des nombreuses alternatives viables dont dispose le gouvernement en vertu de la loi"Federal court rules on Culbertson land claim", Quinte News, June 2013. Gouvernance Le Conseil mohawk de Tyendinaga est l'organe politique des MBQ. Il est composé d'un chef et de quatre conseillers, choisis lors d'élections biannuelles, conformément à la Loi sur les Indiens. Le , le Conseil adopte une motion « visant à approuver l'adoption des règlements de la Loi sur les élections au sein de premières nations pour le territoire mohawk de Tyendinaga en 2019 », mais n'adopte pas officiellement de code électoral coutumier ni opte pour une adhésion à cette loi, toujours en date du mois de ..

Conseil actuel

Le conseil de bande actuel est composé du chef, R. Donald Maracle, et des conseillers Carl « Ted » Maracle, Josh Hill, Stacia Loft et Chris Maracle.

Histoire Dès le début, le gouvernement de la communauté mohawk de la baie de Quinte consistait en un conseil de chefs choisis selon la tradition démocratique des Iroquois. Lorsque les Mohawks sont arrivés pour la première fois dans la baie de Quinte, ils étaient dirigés par le capitaine John Deserontyon, qui était alors le premier dirigeant de la communauté. Entre le moment du débarquement en 1784 et la mort du capitaine John en 1811, le gouvernement est composé de soi-disant « chefs de communauté », de « chefs de guerre » et du capitaine John lui-même, qui était considéré comme le « chef ». Toutes les fonctions gouvernementales passaient par le capitaine John et les détails de la structure gouvernementale demeurent abscons, notamment le nombre de chefs composant le conseil.

Après la mort du capitaine John en 1811, les indices historiques laissent présumer que six ont dirigé la communauté au début des années 1800. Les documents existants des années 1820 et 1830 comprennent les signatures de groupes de quatre chefs, cinq chefs et six chefs. En 1835, avec la conversion de plus de 60 membres de la communauté au méthodisme et leur exode subséquent vers la rivière Grand, le nombre de chefs du conseil mohawk de Quinte est réduit de deux membres, ce qui entraîne la formation d'un conseil de quatre personnes, nommées « les vieux chefs », Brant Brant, Powles Claus, Joseph Pinn et un autre non-identifié.

En 1843, le mécontentement de la population à l'égard des chefs provoque un changement de structure de gouvernance. Celle-ci fera dès lors place à quatre chefs et quatre conseillers, qui sont peu de temps après remplacés par deux chefs et deux conseillers, choisis par « leurs égaux » (c'est-à-dire d'autres « guerriers »), ainsi qu'un secrétaire et un trésorier. Trish Rae de Tsi Tyónnheht Onkwawén:na qualifie ce conseil de six personnes de « conseil de gestion » et note que les quatre anciens chefs sont restés des membres importants de la communauté, responsables de la signature des documents, mais que seulement deux d'entre eux siégeaient à ce conseil de gestion.

Selon les recherches effectuées par Trish Rae, à partir des années 1840 et de plus en plus à partir des années 1860, le surintendant des Affaires indiennes joue un rôle plus actif dans la nomination des candidats au conseil de gestion. En 1858, le surintendant Thomas Gummersall Anderson nomme deux conseillers et la communauté en choisit trois autres pour faire partie du conseil, ce qui aboutit à un conseil de cinq personnes. Le seul des « anciens chefs » de ce conseil est Powles Claus. Cette façon de faire est reproduite par les surintendants subséquents sous prétexte que les élections internes à grande échelle causaient « beaucoup de problèmes et de malaise en raison de l'intempérance et l'excitation ». La composition du conseil est graduellement diminuée à trois membres faisant suite aux départs. En 1866, le dernier « vieux chef » Powles Claus meurt.

En , trois hommes dans la communauté pouvaient encore revendiquer le titre de chef élu selon la coutume : les chefs Thomas Green, Joseph Penn et Seth Powless. Craignant que la forme traditionnelle de gouvernance qu'ils représentaient ne soit bouleversée par une législation à venir (la Loi sur l'émancipation progressive qui serait la première imposition d'une structure gouvernementale par le gouvernement canadien aux peuples autochtones), les trois hommes écrivent à un responsable des Affaires indiennes pour l'implorer de voir la valeur de leurs modes de gouvernance traditionnels. En , ces chefs écrivent une autre lettre aux côtés d'autres membres de la communauté demandant d'être exemptés de la législation à venir. La Loi sur l'émancipation progressive, adoptée le , institue des élections officielles au conseil de bande sous la juridiction du ministère canadien des Affaires indiennes. En vertu de la loi de 1869, les conseils sont élus par des hommes âgés de 21 ans et plus et composés d'un chef et deux « chefs secondaires » par tranche de 200 habitants. La durée du mandat en vertu de la loi est de 3 ans, bien que la législation permette également aux « chefs à vie » qui étaient au pouvoir au moment de la promulgation de la législation de conserver leurs fonctions jusqu'à leur décès, leur démission ou leur destitution par le gouverneur général.