Le site des Corbinières est une vallée boisée située en région Bretagne dans le département d'Ille-et-Vilaine sur les communes de Guipry-Messac et de Langon. Il est traversé par la Vilaine. En gallo, Corbinières se dit Corbiniour.

Ce site de est composé des bois de Bœuvres et de Baron, des châteaux de Bœuvres et des Corbinières, de deux moulins à vent, de vestiges médiévaux (motte féodale), d'un ermitage et d'ouvrages d'art ferroviaires (viaduc et tunnel), routiers et fluviaux. Il représente un réservoir de biodiversité.

Viaduc et tunnel de Corbinières Le viaduc de Corbinières est un pont ferroviaire enjambant la Vilaine érigé au lors de la création de la ligne de chemin de fer de Rennes à Redon. Il se distingue par la présence d'arches inclinées, conçues pour supporter d'importantes charges. Sa construction débute en 1860. Sa longueur totale est de . Il est prolongé par un tunnel ferroviaire de , le plus long de Bretagne, édifié de 1860 . La ligne ferroviaire est officiellement mise en service .

Bois de Bœuvres Il s'agit d'une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF). Bœuvres, à l'instar de Beuvron, dérive de bièvre, terme médiéval désignant le castor.

Flore Parmi les phanérogames déterminantes et à statut non réglementé, il y a : muguet de mai , clochettes des bois, épipactis à larges feuilles, hélianthème à bouquets, hélianthème en ombelle, astérocarpe blanchâtre, faux sésame, astérocarpe pourpre, châtaigne d'eau et mâcre nageante.

Faune Parmi les espèces déterminantes et à statut réglementé, on y trouve :

Mammifères : murin de Bechstein (chauve-souris), grand murin, murin à moustaches, Myotis nattereri, Myotis myotis et grand rhinolophe.

Oiseaux : engoulevent d'Europe, pic noir, faucon hobereau, bondrée apivore et bécasse des bois.

Ermitage de Bœuvres Sur les schistes d'un promontoire naturel qui surplombe un méandre de la vallée de la Vilaine se trouve le site de l'Ermitage. C'est sur cette crête que résiderait vers 1703 le premier ermite de Bœuvres, frère Bernot, dans une modeste construction jusqu’à sa mort en 1733. Au XVIIIe siècle, un second ermite, frère Jacques-Noël Félin, frère du Tiers-Ordre régulier de saint François, en quête d’isolement et de recueillement, creuse une grotte dans le rocher en contrebas et aménage une source, connue par la suite sous le nom de « la Fontaine au prêtre ». L'ermite quitte l’ermitage et disparaît lorsque, contre sa volonté, le seigneur local y fait construire une cellule et un oratoire.

Château de Bœuvres Le château se trouve en contrebas du bois de Bœuvres, où le dernier loup est abattu en 1892. Propriété privée, le château de Bœuvres remonte au et subit plusieurs rénovations, notamment la construction de la chapelle de 1620 à 1650. Incendié pendant la Révolution, le château est réaménagé et d'importants travaux aux lui confèrent sa forme actuelle.

Château des Corbinières Le château des Corbinières, bâti de 1885 à 1890, alors propriété de la famille du Halgouët, branche de la Famille de Poulpiquet, est dû aux architectes Arthur Regnault et Frédéric Jobbé-Duval.

Ce château a été la propriété de Théodore Ridouël (1806-1882), général du Second Empire.

Bois et étang de Baron Le bois de Baron est composé essentiellement de pins sylvestres. Il est bordé par un étang, alimenté par le ruisseau de la Vionnais.

Il s'agit d'une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF).

Flore Parmi les espèces déterminantes et à statut réglementé, on y trouve : droséra intermédiaire, droséra à feuilles rondes, gentiane des marais, naïade marine, narthécie des marais, Pinguicula lusitanica, Potamogeton nodosus, Rhynchospora alba, Simethis mattiazzii et Utricularia vulgaris, ainsi que des Ptéridophytes.

Faune Parmi les espèces déterminantes et à statut réglementé, il y a des oiseaux : pic noir, faucon hobereau et busard Saint-Martin.

Motte féodale de Baron La motte féodale est au centre du bois de Baron. Au Moyen Âge, cette butte de terre est le socle d'une forteresse en bois qui permet de surveiller le passage fluvial et ainsi de prévenir un éventuel danger. Il existe alors un petit moulin où les paysans voisins viennent faire moudre leurs céréales. La forteresse est détruite par les Anglais . La motte féodale est globalement circulaire, avec un diamètre de , à la base et une hauteur de , pour un volume de .

Moulin des Bruyères C'est un moulin à vent de type tour cylindrique. La date de 1866 est gravée sur une poutre du . Hors service depuis 1953, le moulin conserve la majeure partie de ses mécanismes et de ses machines de meunerie. En gallo, Bruyères se dit Beurrieure ou Beurrioure.

Moulin de la Tombe Le moulin de la Tombe est un moulin à vent sur le territoire de la commune de Saint-Ganton au lieudit Gominé (en gallo Gomineu). Selon la légende, la femme du meunier est enterrée devant la porte de moulin.

Pont de Saint-Marc Le pont de Saint-Marc est un pont routier métallique enjambant la Vilaine, érigé en 1895 afin de faciliter le passage de la route reliant Saint-Ganton à Bain-de-Bretagne.

Écluse de Mâlon Les travaux de construction de l'écluse de Mâlon, dernière écluse avant d'atteindre Redon, sont achevés en 1788. Une échelle à poissons y est installée dès 1888.

Hameaux et maisons traditionnelles Le site de Corbinières est entouré de plusieurs hameaux à l’habitat traditionnel tels Mâlon , , , Remdon, Villermy, Beaucel, ou .

Croix de chemin Certains chemins de campagne sont dotés de croix.

Fêtes champêtres Au , le site de Corbinières accueille de nombreuses fêtes : la Fête du pain de ménage de l’étang de Baron, la fête paroissiale (kermesse) de Saint-Ganton à proximité de la Vilaine et la Fête de la musique de Messac au pont de Saint-Marc.

Dans les années 1970, la commune libre de Mâlon organise des concerts sous chapiteau avec les chanteurs C. Jérôme, Mike Brant, Dave et Jacky RegganOuest-France du 12 Avril 1974 – Pages locale de l’édition de Redon.

La course sur sentier (trail) de Bœuvres-Baron-Corbinières", épreuve inscrite au calendrier des courses à pied (running) en Bretagne, a lieu en octobre.

La Résistance de la Seconde Guerre mondiale En juin 1944, juste après le Débarquement, Jean Roquebernou, chef de district S.N.C.F. et résistant joue un rôle important dans des actions de sabotage ferroviaire contre l’occupant allemand.. Dans la nuit du 8 au 9 juin, il est averti de l’arrivée de cinq parachutistes alliés à la ferme du Foutet, près de Saint-Ganton. Il les rencontre discrètement dans un grenier et leur explique que le trafic ferroviaire est interrompu au tunnel de Corbinière depuis le Débarquement, mais promet de les prévenir si un train circule à nouveau. Pour surveiller la ligne, il demande l’aide d’un cheminot, Julien Thomas, chargé de signaler tout mouvement ferroviaire. Le 10 juin, celui-ci apprend qu’une locomotive isolée doit passer. Des signaux d’arrêt sont installés et les deux mécaniciens acceptent d’abandonner la machine en échange de vélos pour rentrer chez eux avant l’arrivée des Allemands. La locomotive est alors lancée sans conducteur vers le tunnel de Corbinière. Elle traverse d’abord le tunnel sans incident, au grand désarroi des parachutistes, mais finit par dérailler un peu plus loin, sur le pont de Droulin à Langon. Ce sabotage avait été préparé dès le 8 juin par des résistants locaux et des jeunes volontaires encadrés par le chef de gare de Langon et par le cheminot Jean Simon, qui avaient discrètement retiré une vingtaine de mètres de rails. Le déraillement bloque la ligne pendant environ quinze jours : il faut faire venir une grue pour relever la locomotive et réparer les voies. Pendant toute la durée des travaux, l’aviation anglaise surveille et attaque régulièrement le chantier, compliquant encore les réparations allemandes.

Galerie

vignette|redresse=1.4|centre|alt=Pont ferroviaire sur la Vilaine aux Corbinières|Pont ferroviaire sur la Vilaine aux Corbinières vignette|redresse=1.4|centre|alt=Ecluse de Mâlon|Écluse de Mâlon vignette|redresse=1.9|centre|alt=Viaduc-corbinieres-passage-train|Viaduc-corbinieres-passage-train vignette|redresse=1.9|centre|alt=Langon-tunnel-des-corbinieres|Langon-tunnel-des-corbinieres

Notes et références Notes

Viaduc de Corbinières (104 m pour 22 m de haut) sur la Vilaine au PK 417,475 Tunnel de Corbinières (636 m) au PK 417,574 Motte Féodale de Baron Château de Bœuvres Château des Corbinières Moulin des Bruyères Moulin de la Tombe Ermitage de Bœuvres Ecluse de Mâlon Pont de Saint-Marc

Références

Voir aussi Articles connexes Ligne de Rennes à Redon Schéma de la ligne de Rennes à Redon Gare de Messac-Guipry Gare de Fougeray - Langon Chapelle de la Coëfferie

Liens externes

Viaduc des Corbinières - Plan de situation Guipry-Messac - Plan du Massif des Corbinières Messac - Circuit de l'ermitage Château des Corbinières - Images-Archives.Ille-et-Vilaine

Catégorie:Aire protégée en Ille-et-Vilaine * Viaduc de Corbinières Viaduc de Corbinières Viaduc de Corbinières