La conférence de Villach de 1985, de son nom complet , est une conférence internationale essentiellement consacrée au changement climatique qui s'est tenue du 9 au à Villach, en Autriche. Elle compte parmi les prémices de la construction d'une gouvernance mondiale sur le changement climatique.

Contexte En 1979 se tient la World Climate Conference, première conférence internationale consacrée aux conséquences de l'activité humaine sur le climat, notamment la destruction de la couche d'ozone et l'éventualité d'un réchauffement climatique. Dans le cadre du World Climate Programme (WCP) qui y est mis en place, l'Organisation météorologique mondiale (OMM), le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) et le Conseil international pour la science (ICSU) organisent conjointement une série d'ateliers de travail scientifiques à Villach, en Autriche, qui portent essentiellement sur la question du changement climatique...

Les deux premiers d'entre eux se tiennent en 1980 et en 1983. L'atelier de 1980 est consacré à l'évaluation du rôle du dioxyde de carbone () dans le changement climatique et conclut à l'existence d'un risque significatif d'impacts néfastes, justifiant d'approfondir les recherches en la matière, via un programme de coopération internationale.. Le second atelier, intitulé « » (traduisible par : « Sur la sensibilité des écosystèmes et de la société au changement climatique »), rassemble essentiellement des modélisateurs du climat et des biologistes avec pour objectif d'analyser les impacts du changement climatique ; il conclut à la nécessité de mener davantage de recherches dans ce domaine.

L'organisation de la conférence de 1985 intervient également dans le contexte de l'élaboration de la Convention de Vienne sur la protection de la couche d'ozone (signée en )...

Déroulement et conclusions Les experts invités à la conférence le sont à titre individuel, ils ne représentent pas officiellement leur pays ou leur institution d'appartenance... La conférence est présidée par Jim Bruce, président de l'Atmospheric Environment Service du Canada.

Les participants à la conférence, qui se tient du 9 au à Villach, en Autriche, s'appuient sur un rapport du (SCOPE) qui dresse un état des connaissances scientifiques sur le changement climatique et auquel ils ont accès, quand bien même il ne sera publié qu'en 1986. Financé par le PNUE , le rapport du SCOPE est rédigé à partir de 1983, sous la direction de Bert Bolin de l'International Meteorological Institute (IMM, université de Stockholm)...

Une étude cosignée par Veerabhadran Ramanathan sur la contribution significative à l'effet de serre des gaz autres que le , portée à la connaissance des participants à la conférence via le rapport du SCOPE, participe à accroître leur perception du changement climatique comme un problème plus large que celui du seul et nécessitant une action politique...

Le rapport de la conférence conclut à un consensus sur l'état des connaissances scientifiques relatives à l'effet de serre et les impacts d'un réchauffement futur :

Plus encore, il estime que . et, sous l'influence du directeur du PNUE Mostafa Tolba il recommande explicitement l'établissement d'une petite « » sur les gaz à effet de serre.

Il est alors inédit qu'une conférence scientifique sur le changement climatique s'appuie sur les connaissances scientifiques pour émettre des recommandations d'ordre politique, en l'espèce affirmer que le risque encouru est suffisamment important pour justifier une coopération politique internationale sur le sujet..

Influence et postérité Cette recommandation débouche l'année suivante sur la création de l'Advisory Group on Greenhouse Gases (AGGG), un petit groupe d'experts nommés par l'OMM, le PNUE et l'ICSU chargé de suivre la recherche sur le changement climatique et d'explorer l'hypothèse de la création d'une convention internationale sur le sujet..

La conférence de Villach de 1985 entame ainsi le mouvement de mise à l'agenda politique international du changement climatique, que poursuivra la conférence de Toronto de 1988..

Par ailleurs, l'un des participants à la conférence, Gordon Goodman, également membre de l'AGGG, s'appuie largement sur les travaux de la conférence de Villach et du rapport du SCOPE pour la rédaction du chapitre consacré au changement climatique au sein du rapport Brundtland, qui sera publié en 1987 ; les conclusions de la conférence de Villach bénéficient ainsi d'une large diffusion indirecte.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

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Articles connexes World Climate Conference Advisory Group on Greenhouse Gases Conférence de Toronto de 1988

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