Le Landais, poney landais, poney des barthes ou Barthais, est une race de poneys originaire du département des Landes, en France. Souvent qualifié de « Pur-sang arabe miniature », le landais est un poney très ancien, à l'histoire riche. Il existe à l'origine deux populations de poneys sauvages dans les Landes, mais seule celle des barthes de l'Adour perdure jusqu'à nos jours, le poney du littoral ayant disparu au milieu du . Le Landais est réorienté vers l'équitation sur poney à destination des enfants durant les années 1970, ce qui assure désormais sa sauvegarde.

C'est un poney harmonieux à la robe sombre et unie, de bon caractère. S'il a perdu en rusticité, il reste adapté à la vie en semi-liberté. Il est monté pour l'équitation de loisir et lors de compétitions pour poneys. Certains représentants de la race ont obtenu des résultats remarquables à l'attelage, en saut d'obstacles et en concours complet. La majorité des éleveurs de landais se trouve désormais hors du berceau de la race. Les nouvelles naissances ont doublé entre 2005 et 2008. Avec moins de 200 femelles reproductrices et une vingtaine d'étalons, le landais reste critiquement menacé de disparition.

Dénomination Le Landais est nommé en référence au département français des Landes.

De nombreux auteurs auteurs, dont l'italien Maurizio Bongianni, l'anglaise Caroline Silver, l'autrichien Martin Haller, la tchèque Helena Kholová et la française Lætitia Bataille distinguent le Landais proprement dit, élevé dans les bois de pins proches de la côte du département des Landes, du Barthais de la plaine de Chalosse, élevé davantage dans les terres, au bord de l'Adour. Ces deux populations de poneys ont longtemps coexisté, mais évolué différemment. D'après la majorité des sources, seul le poney des barthes de l'Adour est à l'origine de la race « Landaise » actuelle ; plus rarement, le Landais est présumé issu de ces deux souches.

Histoire Si de nombreux poneys locaux utilisés au travail ont de tous temps existé en France, seules deux races du sud-ouest ont perduré, le Pottok et le Landais.. Le Landais est l'unique race de chevaux originaire du département français des Landes.

Origine La Landais est toujours présenté comme très ancien, voire d'origine préhistorique. Il n'est pas rare que des encyclopédies le comparent aux peintures rupestres des grottes de Lascaux. L'origine de tous les chevaux domestiques du monde est cependant établie dans la steppe pontique vers 2200 à 2000 ans av. J.-C. d'après une vaste étude publiée dans Nature en 2021, ce qui rend la thèse d'une origine préhistorique invalide.. Il provient d'une souche locale ancienne de petite taille, qui a ensuite été modifiée par différents croisements, l'Arabe et le Welsh ayant l'influence la plus importante et la mieux documentée.

Il est souvent présenté comme un descendant du Tarpan. Le et Elwyn Hartley Edwards évoquent un cheval pyrénéen primitif au profil convexe, plus tard croisé avec l'Arabe. La première trace d'un ancêtre potentiel du Landais remonte au , avec la mention de guerriers montés fuyant à travers les marécages de la région.

À l'instar de nombreuses autres races françaises, les invasions musulmanes du sont également citées comme point d'origine de ces petits chevaux par certains auteurs, du moins l'influence de croisements est-elle évoquée. Il y aurait reçu l'influence arabe, ou bien espagnole et barbe après l'abandon de nombreux chevaux de la cavalerie d'Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi et les invasions successives. En l'absence d'une étude génétique qui confirmerait la validité de l'une ou de l'autre de ces hypothèses, l'origine exacte du Landais reste méconnue.. Au Moyen Âge, des captures de chevaux sont citées dans les marécages des Landes.

Du au début du Un inspecteur des forêts du , , salue les qualités de ces petits chevaux rustiques doués cité par et , eux-mêmes cités par .. Jacques Sargos décrit leur mode de vie d'époque. Chaque métairie des Landes possède deux à six poulinières. En Chalosse, le propriétaire confie au métayer la reproduction des juments. Ces juments vivent en semi-liberté, parfois entravées et disposent d'un abri nommé « borde », cabane à toiture de chaume ou de brande. Elles produisent le fumier nécessaire aux cultures. Elles ne sont pas nourries par l'homme en hiver, et pâturent toute l'année. Peu d'éleveurs nourrissent leurs animaux avec de la seigle et du son, car cela est réputé leur donner de l'embonpoint, cité par .. Dans son encyclopédie parue en 1875, Jules Trousset en décrit beaucoup dans l'arrondissement de Bazas et la lande de Bordeaux. Leur taille flotte entre , ils sont ..

Les poneys des pins qui vivent sur le littoral évoluent en liberté dans des troupeaux sauvages, mais les animaux d'un même troupeau appartiennent à différents propriétaires. En l'absence de clôture, ils se déplacent à leur gré et ne reçoivent jamais de complément de nourriture. De ce fait, ils se nourrissent d'extrémités de tiges d'ajonc en hiver. Selon l'Association nationale du poney landais, des croisements entre les deux souches du poney landais ont existé au début du .. Les deux populations de poneys sont estimées autour de au total, au début du . Alors qu'elles vivent là depuis des siècles, le manque d'intérêt économique à la poursuite de leur élevage les conduit à l'extinction.

Extinction du poneys des pins Décrit comme le véritable « Landais » par l'autrice anglaise Caroline Silver, le poney des pins, ou Lédon, vit sur la côte dans l'actuel département de la Gironde, dans les dunes de sable du littoral. Il possède un corps fin, mince et léger, mesure un peu moins d' et sa robe est grise. Son biotope a nettement évolué, passant de l'état de lande rase baignée de quelques rivières au début du à une pinède parsemée de lacs et d'étangs, sous l'influence humaine. Les fétuques, les canches, la scirpe des marais et l'avoine pubescente forment alors sa principale ressource alimentaire, les sources naturelles d'eau douce et les marais étant encore fréquents. Avec la plantation des pins, ces poneys se nourrissent des pousses. La population ne cesse de diminuer en raison de la chasse au . Au début du , seuls trois troupeaux perdurent. Ces poneys disparaissent entièrement après la Seconde Guerre mondiale. L'automobile et l'absence de clôtures sont les causes directes de leur disparition.

Troupeau de Porges Un troupeau de poneys des pins évolue près du Porges, sur la côte du Médoc et compte 30 à 35 têtes avant sa disparition. La raison officielle de sa dissolution est la fuite d'une jument de trait mise au repos, qui aurait entraîné tous les poneys dans son sillage et dévasté ainsi de nombreuses terres cultivées. Ce troupeau est capturé dans un corral grâce à un avion, puis vendu aux enchères en 1913.

Troupeau de Vendays Le second troupeau de poneys des pins vit aux alentours de Vendays, dans les lèdes (des dépressions humides bordant les dunes). Tout comme le précédent, il reste toute l'année en liberté et ne reçoit aucune nourriture de la main humaine. Leur propriétaire étant inconnu, ces poneys sont capturés en cas de besoin avec un piège nommé baracq, consistant en un corral déployé sur leur chemin. En 1944, bon nombre d'entre eux meurent sur les mines posées le long de la plage par les Allemands. Ceux qui restent sont fréquemment abattus pour servir de nourriture à bas coût. En 1953, les huit poneys survivants sont dispersés en raison d'un accident mortel à la suite d'une collision avec une automobile.

Troupeau de Contis Le troisième troupeau fréquente les alentours du marais de Contis. Les habitants locaux le surnomme « chevaux de braou » (braou désignant le marais dans le patois local). Sauvage jusqu'à la fin du , ce troupeau devient semi-sauvage à la suite d'un arrêté du maire de Saint-Julien-en-Born qui, choqué par les fréquentes morts de poulains en hiver, impose aux propriétaires de ces poneys de les abriter pendant la mauvaise saison. De ce fait, chaque année à la fin du mois de novembre, un rassemblement de bêtes est organisé pour les parquer dans des enclos puis dans des parcs, où chaque propriétaire récupère son animal. Du foin leur est distribué, ce qui a la réputation de les rendre plus dociles et donc plus faciles à vendre. Quand revient le printemps, étalons et juments sont relâchés dans le marais, à raison de deux étalons pour quarante juments. Les mises bas ont surtout lieu au printemps.

En 1908, un journaliste se fait dire qu'un millier de ces poneys vivent près de Saint-Julien-en-Born et de Lit-et-Mixe. Le maire de Saint-Julien-en-Born en recense 70 en 1930, 50 en 1950, puis seulement 10 en 1960. D'après lui, les propriétaires se débarrassent de leurs chevaux car en l'absence de clôture, ils sortent du marais et se nourrissent dans les champs et les jardins, ce qui leur cause des ennuis. Les accidents causés par des collisions avec des véhicules motorisés la nuit sont une autre cause de disparition.

Déclin du poneys des barthes vignette|alt=Photo de bovins et d'équidés en train de paitre dans les barthes de l'Adour.|Bétail et chevaux dans les barthes de l'Adour. Plus grand et épais que le poney des pins, le Barthais vit à l'intérieur des terres, dans les prairies et les marécages bordant l'Adour. Son aire d'origine comprend les rives de l'Adour et le Luy, vers Pontonx-sur-l'Adour. Au contraire du précédent, son biotope est constitué de landes et de bois, mais aussi de terres fertiles cultivées. Les barthes sont les prairies naturelles qui bordent l'Adour. Les débordements de la rivière permettent d'irriguer ces terres. Les poneys affectionnent aussi les bois de chênes des alentours et s'y nourrissent de glands. Le Landais de cette région est croisé avec l'Arabe vers 1913.

Au milieu du , il vit en amont et en aval de Dax. Il n'est pas laissé en totale liberté, un contrôle étant exercé sur sa reproduction. Les poulains mâles sont séparés du troupeau à deux ans au plus tard, et les métayers surveillent régulièrement l'état de leurs troupeaux. Moins sauvages que les poneys des pins, certains Barthais répondent à l'appel humain. Le , fournit une première description du type de ce poney fin à la robe foncée, mesurant moins de de haut. Il se caractérise par une tête fine et sèche, de petites oreilles pointues et mobiles, une crinière longue, un garrot bien sorti, un dos et des reins courts et droits, et une queue attachée bas. La couleur de robe recommandée est le bai foncé.

Les Barthais connaissent un déclin similaire à celui des poneys du littoral, passant de 700 individus avant la Première Guerre mondiale (en 1913) à 200 en 1952, selon la chambre d'agriculture des Landes. Un instituteur de Pey répertorie 300 poneys en 1900 cité par .. En 1970, il ne reste que 50 juments et deux étalons dans le berceau de race, ainsi qu'une cinquantaine de poneys en Anjou. Ils sont précisément recensés et marqués à partir de 1944. De six ou huit étalons en 1950, le cheptel passe à seulement deux en 1961, puis un seul étalon en 1966, nommé Couscous. Aucun Landais n'est conservé dans les haras nationaux à l'époqueChiffres communiqués par le haras national de Pau à , cités par .. L'attitude des haras au début du , considérant qu'il faut croiser les chevaux pour obtenir des poulains plus beaux, a sans doute contribué au déclin de la race. De plus, la fin de la traction hippomobile pousse les éleveurs des Landes à croiser leur cheptel avec des chevaux lourds destinés à la boucherie, notamment le trait breton, afin d'obtenir des animaux plus rentables. Ces croisements avec des races lourdes sont nombreux après 1946 ; Bongianni les accuse d'avoir le Landais. Alors qu'il ne reste plus qu'un unique étalon (en 1967), un plan de sauvegarde se met en place.

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