Madeleine Cavalier, aussi connue en Italie sous son surnom de signorina francese, née le , est une archéologue et chercheuse française du CNRS. Lors de sa longue carrière, elle s'intéresse principalement aux îles Éoliennes, qu'elle fouille amplement.

Avec Luigi Bernabò Brea, un très proche collaborateur qui est un temps son époux, elle est à l'origine de la fondation du musée archéologique éolien de Lipari.

Biographie Elle naît le à Vacquières, dans l'Hérault. Elle n'obtient pas son baccalauréat, mais cela ne l'empêche pas de poursuivre des études à l'université de Montpellier, sans obtenir de diplôme. Elle dirige ensuite les fouilles de Milazzo en 1951-1952. Cette même année, elle devient secrétaire générale de la section française de l'Institut international des études ligures.

Puis, elle est embauchée comme attachée de recherche au CNRS et entreprend, avec l'aide de l'École française d'Athènes et l'Institut français du Liban, une série de fouilles à Chypre, en Grèce, au Liban et en Turquie. Elle fouille Lemnos, entre autres.

Le fruit de ses recherches de cette période en Grèce se concentre sur les relations entretenues entre les cultures préhistoriques en Grèce et dans les îles éoliennes et est exposé dans un article datant de 1960. Ces îles sont en réalité le sujet d'étude privilégié de Madeleine Cavalier, et elle y consacre une grande partie de sa production scientifique. Elle y découvre par exemple, à travers l'analyse des amphores et des ateliers exhumés, que l'île de Lipari tire sa prospérité économique de sa production d'alun, qui est ensuite stocké dans des amphores pour être vendu et transporté. Il s'agit d'un des seuls produits non-alimentaires qui est transporté par amphores. Ses travaux sont aussi importants pour comprendre les aspects linguistiques particuliers des îles éoliennes, à la fois vis-à-vis du grec comme du latin.

Elle épouse son collègue Luigi Bernabò Brea pendant une saison, mais le mariage ne dure pas. Cependant, les deux continuent à être des collaborateurs proches sur le plan professionnel jusqu'à la mort de Luigi Bernabo Brea.

L'ouverture du CNRS après 1968 lui permet d'entrer au sein de l'institution même sans diplôme ou baccalauréat, et elle en gravit les échelons peu à peu. Elle fouille San Vincenzo sur l'île de Stromboli en 1980-1981.

En Italie, elle obtient le surnom de signorina francese parmi la population italienne, ce qui signifie 'la demoiselle française' lors de ses recherches sur le terrain. Ses recherches n'y sont cependant pas limitées, en 2009, par exemple, elle publie Les petites mains, un ouvrage consacré à ses ancêtres dans la ville de Vacquières.

En 1985, elle reçoit la médaille d'argent du CNRS pour ses recherches et son travail universitaire. Elle devient ensuite commandeur de l'Ordre du mérite de la République italienne le avant d'être récompensée de l'Ordre des Arts et des Lettres en 2007.

Elle co-fonde aussi le musée archéologique éolien de Lipari avec Luigi Bernabò Brea.

Postérité En 2003, Pierre Vidal-Naquet revient sur sa figure, et la crédite comme ayant été une , la mettant en relation avec sa propre vocation d'historien. En 2018, un ouvrage en son honneur est publié et comporte des contributions de nombreux chercheurs, y compris Maria Bernabò Brea ou Massimo Cultraro.

Publications

Monographies

Les petites mains (2009).

Articles

Décorations

Commandeur de l'Ordre du mérite de la République italienne (Italie) Médaille d'argent du CNRS (France) Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (France)

Références

Liens externes

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