La Butte du Lion, érigée sous le nom de Monument de WaterlooLes textes officiels d'époque l'appellent le Monument de Waterloo pour éterniser la gloire nationale : États généraux des Pays-Bas : budgets et dépenses, volume 4, chapitre V, section VI, art. 4, année 1822 : Monument à Waterloo. Mémoire. Aux budgets précédents un crédit a été ouvert pour le monument de Waterloo ; ce crédit est resté sans emploi ; comme il doit servir à éterniser dans les plaines de Waterloo où le sang du Prince d'Orange a coulé, la gloire nationale ; la section émet le vœu pour qu'incessamment la construction de ce monument puisse commencer. Il est totalement inexact de dire que ce monument se serait appelé Monument aux Hollandais, le mot Hollande ne désignant à l'époque qu'une province du royaume uni des Pays-Bas, il est érigé à la gloire de la bravoure des citoyens de l'ensemble du royaume uni des Pays-Bas. Il est donc erroné d'écrire que le Lion de Waterloo s'appelle tout simplement le Monument aux Hollandais, comme le font sans citer de source Peter Jacobs, Wouter Rawoens, Best of Belgium: la Belgique comme vous devez la voir, Thielt : Éditions Lannoo, 2003, p. 93. La source de cette expression provient de l'arrêté de classement du 29 septembre 1978, qui utilise effectivement, sans références historiques antérieures, les termes Monument aux Hollandais. Cette expression erronée est encore reprise par Jean-Philippe De Vogelaere, dans Le Soir du 16 octobre 2014 : (Le combat des Napoléons pour 2015) : Un spectacle pyrotechnique sur le Monument aux Hollandais, plus connu sous les noms de Butte du Lion., constituée d'un imposant tertre de terre surmonté d'un colossal Lion belgique, est un monument érigé en 1826 pour éterniser la gloire nationale, sur le site de la bataille de WaterlooC'est la raison pour laquelle on parle aussi du Lion de Waterloo., à Braine-l'Alleud, à la demande du roi Guillaume des Pays-Bas qui voulut marquer l'endroit présumé où son fils ainé, le prince Guillaume II, fut blessé à l'épaule à la fin de la bataille. Comme tout le site de la bataille, la Butte est inscrite au Patrimoine majeur de Wallonie. Tourné vers la France, l’animal a la patte posée sur un globe terrestre, annonçant la paix européenne retrouvée.
Historique Le projet de tumulus est confié en à l'architecte du roi, Charles Vander Straeten (1771-1834), après que le projet de pyramide puis d'obélisque de son rival Jean-Baptiste VifquainÀ son sujet, consulter cette page. a été refuséAndré Lederer, « Vifquain », dans Biographie nationale de Belgique, tome 43, Bruxelles, 1983, col. 706 : .
La butte est un cône de terre régulier de 169 mètres de diamètre et 41 mètres de haut accessible par un escalier de 226 marches. Le cône évoque aussi les tumuli des tribus de la Gaule belgique. Ouvert en 1824, le chantier nécessite le déplacement de de terres prélevées au sud-ouest de la rue de la Croix jusqu'à la ferme de la Haie-Sainte. Le transport des terres aurait été fait par des botteresses (porteuses de hottes) liégeoises.. Cette idée longtemps acquise a été remise en cause... Un simple calcul montrant que par jour auraient été nécessaires permet de démentir cette légende..
Le lion fut hissé et posé sur son piédestal au sommet de la butte au soir du Folklore brabançon, 1940, n° 114, p. 474 : ..
Son succès touristique ne date que de la seconde moitié du . Ce n'est d'ailleurs qu'en 1863-1864 qu'on aménage le promenoir au sommet de la butte avec la construction de l'escalier. En 1832, lorsque les troupes françaises du maréchal Gérard passent à Waterloo pour soutenir le siège de la citadelle d'Anvers toujours tenue par les Hollandais, le Lion faillit être renversé par les soldats français. Ils en brisèrent même la queue.
Le , des glissements de terrain se produisent sur la butte du côté du bâtiment du Panorama« La butte du Lion de Waterloo se fissure », Le Soir, , .. De semblables dégâts se sont produits en 1995 et furent réparés avec l'enfoncement de 650 micro-pieuxEric Meeuwissen « 650 micropieux pour stabiliser les versants de la butte », Le Soir, , ..
Le , est inauguré le Mémorial Waterloo 1815 pour la célébration du bicentenaire pour un coût avoisinant les 40 millions d'euros avec rénovation des structures adjacentes.. Depuis lors, l'accès à la butte de Lion est payant et se fait uniquement par le musée située à proximité.
Le , une convention est signée pour confier l'exploitation touristique du site à la société française Kléber Rossillon jusqu'en 2035 contre une redevance annuelle de et deux redevances variables sur le chiffre d'affaires..
Description vignette|gauche|Illustration du dispositif d'élévation des neuf pièces en fonte de fer du lion. Gravure de 1825On aperçoit les manœuvres tirant sur les cordages et les renvois de poulie et quelques spectateurs venus admirer l'impressionnant travail..
Une colossale sculpture en fonte d'un Lion belgique (Leo Belgicus) est juchée sur un piédestal de pierre de taille lui-même soutenu par une colonne de brique enfouie dans la butte de terre. Le lion est composé de neuf pièces de fonte de fer coulées dans les forges de John Cockerill à SeraingEt non, comme une la légende l'affirme, avec le bronze des canons français abandonnés sur le champ de bataille., d'après un modèle sculpté par Jean-Louis Van Geel (Malines, 1787-Bruxelles, 1852).
Cette sculpture monumentale a été coulée en fonte dans un moule en plâtre ; son poids total est de 28 tonnes ; il mesure de longueur sur de hauteur, depuis le sommet de la tête jusqu'aux piedsCette pièce, de l'exécution la plus difficile, coulée sur des dimensions dont il y a peu d'exemples, a parfaitement réussi. Pendant la durée de son exposition à Seraing, elle a fait l'admiration des nombreux visiteurs qui accouraient de toutes parts pour voir ce colosse, poignant souvenir pour les uns et précieux trophée pour les autres. Dans A. Lecocq, Description de l'établissement John Cockerill à Seraing accompagnée d'une notice biographique sur John Cockerill […], J. Desoer, 1847 (Livre numérique Google)..
Le lion, qui regarde vers la France, symbolise la victoire et le nouveau royaume uni des Pays-Bas ; sa patte posée sur un boulet de canon représente la paix que l'Europe a conquise à l'issue de la bataille.
Le sommet de la butte offre une large vue sur le champ de bataille de Braine-l'Alleud à Genappe, de Plancenoit à Mont-Saint-Jean. Une table d'orientation permet de situer les fermes et les positions des troupes sur le terrain.
Wellington qui visita Mont-Saint-Jean quelques années après sa victoire déclara tristement que la pyramide du Lion avait gâté son champ de bataille. Raoul Claes, Louvain et ses environs [guide de promenades], Louvain, Union vélocipédique louvaniste, 1892, . Victor Hugo dans le chapitre VII des Misérables, « Napoléon de belle humeur » faisait déjà remarquer le bouleversement du terrain, même s'il ne donne pas les précisions de Claes : .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Bataille de Waterloo Champ de bataille de Waterloo
Liens externes
Le wiki brainois et sa page consacrée au Lion. Photos sur BALaT - Belgian Art Links and Tools (KIK-IRPA, Bruxelles).
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