Danielle Quinodoz, née le à Grenoble et décédée le à Genève, est une psychanalyste suisse d’origine française.

Membre formatrice de la Société suisse de psychanalyse, elle met l’accent au cours de sa carrière sur la nécessité de choisir des « mots qui touchent ».

Biographie Danielle Quinodoz fait ses études de psychologie à l'université Grenoble puis à Paris. Venue en Suisse, elle suit les cours de Jean Piaget et est assistante d'André Rey à la faculté de psychologie de l’Université de Genève. Elle exerce ensuite comme psychologue clinicienne à la clinique psychiatrique des Rives de Prangins et au service médico-pédagogique de Genève. En 1960, elle épouse Jean-Michel Quinodoz, psychiatre et psychanalyste à Genève, le couple a trois enfants.

En 1967, elle ouvre un cabinet privé à Genève.

En 1979, elle devient membre de la Société Suisse de Psychanalyse et membre formatrice en 1986(de) “Psychoanalytikerinnen in der Schweiz. (Biografisches Lexikon : ”, sur psychoanalytikerinnen.de (consulté le 4 mars 2024)  . Danielle Quinodoz est marquée par les courants psychanalytiques français et britannique, notamment par le courant kleinien au contact des psychanalystes Hanna Segal, de Londres, et Marcelle Spira, à Genève.

Parallèlement à son activité de psychanalyste, elle a travaillé en tant que consultante au département de psychiatrie et gériatrie de l’Université de Genève où elle a supervisé le traitement psychothérapeutique de personnes âgées.

Danielle Quinodoz meurt à Genève en 2015.

Apports cliniques et théoriques

Le dédoublement des parents du complexe d’Œdipe Une analyse complète de la situation œdipienne devrait tenir compte du fait que, selon le mythe, Œdipe possède deux couples de parents, Laïos et Jocaste, souverains de Thèbes qui l’ont abandonné et Polybe et Mérope, souverains de Corinthe qui l’ont adopté. Pour Danielle Quinodoz, on a tendance à mettre en avant le couple de Laïos et Jocaste et à ignorer le couple de Polybe et MéropeQuinodoz, D. (1999). Deux grands méconnus : les parents adoptifs d'Œdipe. Du dédoublement des imagos parentales au dédoublement des affects. R Rev. franç. de Psychanal. 63 :103-122. La prise de conscience de ce dédoublement permet de résoudre ce clivage et d’élaborer la situation œdipienne dans sa totalité.

Vertiges et relations d’objet Le compte rendu détaillé d’une cure analytique permet à Danielle Quinodoz de décrire différentes formes de vertige en rapport avec les étapes successives du développement des relations d’objetQuinodoz, D (1990) Le vertige dans la cure, Rev. franç. de Psychanal. 54 : 493-562. Ainsi, on passe du vertige par fusion à la crainte d’être lâché ou aspiré, puis au vertige de compétition jusqu’à la recherche d’un équilibre sans cesse en devenir.

Simon/Simone ou l’analyse d’un cas de transsexualisme Jusqu’à ce que Danielle Quinodoz accepte la demande d’analyse de ce cas de transsexualisme, on considérait ces patients comme non analysables. En effet la complexité des troubles d’identité de genre constitue un véritable défi pour la relation de transfert et de contre-transfert. Finalement, l’analyse amena Simon/Simone à accepter son hétérogénéité.

L'interprétation dans la projection Dans l’identification projective pathologique, une partie du moi du sujet est déplacée inconsciemment dans autrui par projection, entraînant un défaut d’identité. En prêtant sa voix à la partie projetée du moi du patient, déplacée dans le psychisme de l’analyste, l’interprétation proposée par Danielle Quinodoz crée un effet miroir qui permet au sujet de récupérer son identitéQuinodoz, D. (1989a). Les interprétations dans la projection. Rev. franç. Psychanal., 53 : 103-110..

À la recherche des « mots qui touchent » Pour Danielle Quinodoz, il est essentiel que le psychanalyste trouve avec chaque analysant non seulement un langage qui lui parle, mais aussi un langage qui le touche, c’est-à-dire qui éveille des sensations et des fantasmes corporels, gage d’une authentique expérience émotionnelleQuinodoz, D. (2003). Words that touch. Int.J.Psychoanal. 84: 1469-1485(2002). C.Aubry, O.Bonard, G.Dejussel, B.Reith, Y a-t-il encore des analysants? Reconnaître chez un patient la demande latente d’analyse. In “Psychanalyse en Europe” Bulletin de la Fédération Européenne de psychanalyse 56, 157-173. Le choix des « mots qui touchent » s’avère décisif lors des entretiens préliminaires afin de reconnaître chez un patient une demande latente de psychanalyseReith B, Lagerlöf S, Crick P, Möller M, Skale E (2012). Initiating Psychoanalysis. Teaching Series. New Library of Psychoanalysis. London: Routledge. Quinodoz, D. (2003). Discussion of Arnold Rothstein's Paper the preliminary interviews: Finding a language that touches. Journal of clinical psychoanalysis. 12. 131-136.

Le traitement psychanalytique des personnes âgées L’expérience clinique de Quinodoz montre qu’il n’y a pas d’âge limite en ce qui concerne la capacité d’entreprendre une analyse. Elle relève également que la psychanalyse d’une personne âgée n’est pas fondamentalement différente de celle d’un analysant plus jeuneAngelergues, J (2016). Book review: Growing Old: A Journey of Self-Discovery (Vieillir: une   découverte), Int. J Psychoanal 97: 544-548Quinodoz, D. (1997) Psychanalyse des personnes âgées et fantasme d’éternité, Revue Française de Psychanalyse, 61 : 1881-1889.

Publications

Fonctions et distinctions

Présidente de la Commission d’enseignement de la Société suisse de psychanalyse

1989 : « Prix Sacerdoti » au Congrès International API à Rome pour sa communication sur le vertige d’origine psychique. 1995 : « Prix Psychologie 1995 » à Paris pour son ouvrage Le vertige, entre angoisse et plaisir.

Notes et références

Liens externes

2012 : Interview de Danielle Quinodoz par Suzanne Tremblay, Société psychanalytique de Montréal

Catégorie:Naissance en septembre 1934 Catégorie:Naissance à Grenoble Catégorie:Étudiant de l'université Paris-Sorbonne Catégorie:Psychanalyste français du XXe siècle Catégorie:Psychanalyste français du XXIe siècle Catégorie:Décès en avril 2015 Catégorie:Décès à Genève Catégorie:Décès à 80 ans