L'oppidum de la Vache d'Or est un site protohistorique celto-ligure situé sur la commune de Viens, dans le département du Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, France.
Situation thumb|gauche|Vue panoramique depuis l'oppidum du Grand Clapier, le site de l'oppidum de la Vache d'Or est visible à droite. À la limite avec le département des Alpes-de-Haute-Provence, le site se déploie à l'extrémité du plateau collinaire de Coupon, à cet endroit d'environ de largeur pour de longueur, au sud de la commune de Viens. L'oppidum bâti (sans ses dépendances agricoles) n'occupe qu'environ à la pointe sud du plateau.
Perché sur un des derniers contreforts collinaires des monts de Vaucluse, il domine la vallée du Calavon, à l'interface d'écosystèmes contrastés (plateau collinaire, pente douce, pente sèche, vallée humide, source, etc.). Une position classique et recherchée durant la Protohistoire méditerranéenne.
Dans la revue Rhodania parue en 1923., l'érudit Raoul Mistral se lance dans une description assez complète du site, description permise par l'arasement plus prononcé de la végétation qu'à présent, dû notamment au pastoralisme :
Étymologie En évoquant le terme provençal de Vaco d'Or, on pourrait par tradition le rapprocher de la légende de la Cabro d'Or. (la Chèvre d'or). Mais, plus prosaïquement, le nom du site appartient à une longue série d'oronymes, tels que : Mont d'Or, Monts Dore, etc. Le mot vache pourrait avoir été une translation du provençal gach ou gacho (signifiant « guet »), qui n'est pas sans correspondances avec le resserrement naturel du plateau, juste au nord du site – et qui aurait pu simplifier sa protection.
Préhistoire Malgré sa position privilégiée – pour la surveillance des environs, l'accès à deux sources d'eau, et des pentes collinaires aptes à la culture – un seul document archéologique (Raoul Mistral, 1923) suggère une occupation préhistorique (Mésolithique ou Néolithique) :
Historique Protohistoire À partir du , le site celto-ligure de la Vache d'Or est administré par la tribu des Albiques (Albici) qui est plus tard identifiée comme une force politico-militaire (économiquement alliée à Massalia) au moins à partir du .. ; c'est-à-dire durant le second âge du fer européen, appelé période Latènienne.
D'éventuelles traces archéologiques précédant cette époque n'y sont pas notifiées selon l'unique étude archéologique réalisée (Boissinot, 2008). Aucune trace n'atteste une occupation durant ou avant le premier âge du fer.
Les fouilles archéologiques conduites en 2002 et 2003 montrent une base en pierre sèche, datant de la deuxième moitié du Les deux fouilles indiquent également que le rempart massif (typique des oppida celto-ligures de la région) a subi un incendie général à la fin de la protohistoire (Accident ? Conquête romaine ? Conflit tribal ?).
Néanmoins, les techniques architecturales (« au cordeau ») du rempart principal du site sont rapprochées de techniques de construction introduites par des artisans « massaliotes » (phocéens) et suivies dans cette région à partir du ..
Des fibules en bronze ainsi que des restes de poterie protohistoriques – certaines richement décorées et colorées – ont été retrouvés sur place. Des jattes, urnes et gobelets ont été identifiés comme faisant partie de la tradition artisanale méridionale, certains se rapprochant de modèles « à pâte grise » catalans.
Antiquité La présence de nombreux fragments de tegulæ confirme que les lieux ont bien été habités pendant l'antiquité romaine et tardive. En revanche, la présence de galets dans un des espaces fouillés interroge, étant un élément antique allochtone à l'ensemble.
Moyen Âge
Les sources indiquant un habitat au Moyen Âge sont quasi inexistantes. On suppose néanmoins un habitat au moins au haut Moyen Âge, lors de vagues d'invasions.
Période contemporaine
Malheureusement, depuis les premières explorations de Raoul Mistral (vers 1900), le site a fait l'objet de travaux privatifs de terrassement, masquant partiellement certaines recherches clandestines. Le site a tellement été excavé à plusieurs endroits, puis colmaté par divers détritus, qu'il reste peu d'espoir de pouvoir facilement reconstituer le plan interne de cet oppidum. De plus, depuis le début du , des aménagements sauvages et détritus y sont régulièrement laissés (chasseurs, etc.).
Néanmoins, en 1992, un bloc en calcaire coquillier portant une inscription funéraire latine fut découvert dans la pente à proximité immédiate du site et potentiellement près d'une ancienne voie d'accès de période « Première république ».
À la suite d'investigations sur le tracé de la voie Domitienne, des fouilles furent conduites sur le site de la Vache d'Or en 2002 et 2003, afin de préciser le contexte de cohabitation entre le hameau d'origine celto-ligure et la voie romaine. En effet, au vu de sa situation de surveillance et de proximité avec cette voie transalpine d'importance, l'archéologie cherche à clarifier le rôle que peut avoir joué ce site dans l'économie et la politique locales durant l'antiquité romaine.
Galerie Oppidum
Vues générales
Références
Voir aussi Articles connexes Oppidum d'Untinos Oppidum de Bramefan Oppidum du Grand Clapier Histoire de la Provence
Bibliographie .
Vache d'Or