Les noyades du Cap-Français sont commises en 1802 et 1803, au cours de l'expédition de Saint-Domingue, pendant la Révolution haïtienne. Lors de ces événements, plusieurs milliers de soldats des troupes coloniales de Saint-Domingue sont jetés dans les flots, au large du Cap-Français.
Déroulement Les premières noyades semblent avoir débuté en automne 1802, à la suite la révolte d'Alexandre Pétion et d'Augustin Clerveaux contre le corps expéditionnaire français, quelques mois après l'arrestation et la déportation de Toussaint Louverture.. En réaction, le général Charles Leclerc fait arrêter la plupart des officiers de couleur encore fidèles à la France. Selon l'historien Thomas Madiou, environ 800 gendarmes indigènes et soldats de la coloniale sont arrêtés, puis noyés dans la baie de Mancenille.
Le , le général Charles Leclerc écrit un courrier au Premier consul Napoléon Bonaparte qui inaugure un nouveau seuil de violence : ..
Leclerc meurt un mois plus tard. Le préfet Hector Daure poursuit cependant l'épuration des troupes françaises et propose, dans des termes voilés, de faire noyer les Noirs qui n'auraient pas encore déserté. Il écrit ainsi au général Pierre Thouvenot : .
Dans la correspondance militaire, le mot devient alors souvent synonyme de . Un commentaire annexé à une lettre écrite le , par un habitant du Cap, et envoyée au Premier consul rapporte que .
Fin , le général Jacques Maurepas, sa famille et ses troupes sont embarqués sur La Créole et La Guerrière et assassinés au large du Cap-Français.
Un neveu de Toussaint Louverture, le colonel Jean-Pierre Louverture, et la mère de celui-ci, Madame Paul Louverture, sont également enlevés de nuit à leur demeure et noyés dans la rade du Cap..
Le , au Cap-Français, une nouvelle attaque des troupes de Henri Christophe et de Augustin Clerveaux est repoussée par Rochambeau qui fait une centaine de prisonniers.. L'un d'eux, nommé Montfort, dénonce le colonel Médard et plusieurs autres officiers noirs ou mulâtres, d'intelligences avec les insurgés. Sur cette simple dénonciation, Médard est pendu sur le marché de Cluny et plusieurs suspects sont embarqués et noyés.
En , Le Cap-Français, isolé par l'armée indigène, commence à souffrir de la famine.. Des prisonniers noirs, désormais considérés comme des bouches inutiles, sont probablement noyés en mer. Le , un habitant évacué du Cap-Français, nommé Précour, fait mention dans une lettre de et de .
Par euphémisme, les militaires français utilisent le terme d' pour désigner les exécutions par noyade. Le , le commandant du Cap annonce au général Rochambeau avoir fait , la veille, . Le , dans la nuit, subissent le même sort, suivis par quinze autres la nuit suivante.
Dans ses mémoires l'officier Charles Malenfant évoque des , faisant un parrallèle avec les noyades de Nantes, organisées par le représentant en mission Jean-Baptiste Carrier entre et , pendant la guerre de Vendée.
Témoignages
Bilan humain Le nombre des victimes n'est pas connu. Le général Ramel évoque des noyades par groupes de 200 à personnes. Pamphile de Lacroix fait mention de à noyés en . En 2014, l'historien Jean-Pierre Le Glaunec fait état de plusieurs milliers de morts.
Notes et références
Bibliographie .
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Cap-Français Cap-Français Catégorie:Condamné à mort exécuté par noyade