Martha Geiringer née le à Vienne et morte en à Auschwitz-Birkenau est une militante socialiste révolutionnaire et chercheuse en biologie autrichienne et juive.

Biographie

Famille Martha Geiringer naît le à Vienne dans une famille juive. et est la deuxième enfant de Wilhem (propriétaire d'un café, 1881-1930) et Irma Geiringer, née Koerner (1885-1957).. Elle a deux frères et une sœur: Alfred, Erich et Gertrude.

Formation Martha Geiringer suit des cours de biologie et de sociologie de 1931 à 1935 à l'École philosophique de l'Université de Vienne où elle n'obtient pas de diplôme. Elle rejoint néanmoins la Biologische Versuchsanstalt (BVA) de l'Académie autrichienne des sciences au Prater de Vienne pour travailler la théorie et la pratique de ses sujets de recherche. Elle reprend un trimestre universitaire à l'automne 1937 en vue d'obtenir son diplôme. Ensuite, elle s'engage dans une thèse de doctorat, sous la direction de Hans Przibram, professeur extraordinaire de zoologie à l'Université de Vienne.

L'Anschluss la force à abandonner ses études doctorales en 1938 pour des raisons antisémites et de quitter l'Université de Vienne. Dans la de la BVA établie par l'académie après l'Anschluss, elle était notée comme et comme ayant le , ce qui signifie dans le fait qu'elle a été comme le signale sa page commémorative sur le site de l'université de Vienne.. Refusée à l'Académie des Sciences, elle réussit à s'échapper de Vienne avec sa sœur Gertrude (1918-2002) et, n’ayant pas pu atteindre les Pays-Bas, elle émigre en Belgique. Elle tente alors, en , de reprendre et de terminer son doctorat en biologie à l'Université de Gand, mais le consulat allemand en Belgique en l'en empêche en refusant de prolonger son passeport.

Sa vie en exil et sa déportation vignette|Martha Geiringer vers 1938-1939. Alors que sa sœur Gertrude émigre en Angleterre en 1939 et plus tard aux États-Unis, Martha Geiringer reste en Belgique où elle noue une liaison avec Yvonne Fontaine, médecin-obstétricienne, issue de la bourgeoisie francophone et alors mariée à l’architecte belge Andreas Claessens. En 1939, Martha Geiringer se rend aux Philippines pour s’y marier par convenance. Face à l’échec de ce projet, elle revient en Europe et se retrouve à Gênes le jour de l’invasion allemande de la Belgique en . Elle est emprisonnée à Nice, mais finit par rejoindre la Belgique en , où elle rejoint sa compagne Yvonne Fontaine qui contribue à la cacher . Le , elle se présente au bureau des étrangers de Gand.

Yvonne Fontaine est en instance de divorce avec son époux, Claessens, qui évolue dans les milieux antisémites et entre dans la Collaboration. Sa crise conjugale a une incidence sur le sort de Martha Geiringer : Claessens voit cette liaison avec jalousie. Cela l'amène à dénoncer Martha Geiringer. Elle est arrêtée à trois reprises par la Sipo-SD (Police de sûreté allemande) entre 1941 et 1943. Elle est finalement victime d’une rafle visant la population juive de Gand en 1943.

Elle est d'abord déportée avec le Transport XVIII au camp d'internement Caserne Dossin à Malines puis déportée au camp de concentration et d'extermination allemand d'Auschwitz-Birkenau le où elle est probablement assassinée.. le .

La responsabilité de la délation de Claessens a été prouvée. Il a transmis le nom de Martha à son ami , qui a son tour, fait appel à la Sicherheitspolizei. Martha est ainsi devenue une victime indirecte de Verhulst, comme le mentionne l'auteur Stefan Hertmans, qui s'est appuyé sur les travaux de Verschooris. En 1947, Claessens sera condamné à quatre ans de prison et à une amende.

Hommages

Le compositeur, pianiste et neveu de Martha Geiringer, Frederick Adler, lui a dédié le quatuor à cordes n°1 « In memoriam Martha Geiringer », créé à Gand en .

Son engagement

Elle se présente comme « Combattante des Socialistes Révolutionnaires ». Bibliographie

Marc Verschooris, Martha's Labyrinth. Love and betrayal in Ghent 1938-1944, Armée de Verre, Gent 2024. Marc Verschooris, Uit de lus van de strop, Sterck & De Vreese, 2020. Marc Verschooris, Hoe zwart in het donker gedijt, Davidsfonds, Leuven 2015. Marc Verschooris, Schrijven in de schaduw van de dood. Over thuiskomen, opduiken en achterblijven (1940–1955), Gent 2005, 101–112, 171, 188–189. Marc Verschooris, Overleven als een gevecht om het bestaan. Over politieke gevangenen en de joodse bevolking tijdens W. O. II te Gent, in: Bulletin trimestriel de la Fondation Auschwitz 94 (2007), 55–80. https://www.auschwitz.be/images/_bulletin_trimestriel/bt94.pdf

Notes et références

Liens externes

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