Saint Géraud (né vers 855 au château Saint-Étienne d’Aurillac - mort le à Cezeinac en Quercy, peut-être Saint-Cirgues), était le fils de Géraud, seigneur d’Aurillac, et d’Adeltrude, qui fut également canoniséeNota sur l'ascendance probable : Saint Géraud d’Aurillac (855-909), fils de Géraud II d’Aurillac (vers 823-879) et d'Aldetrude de Quercy (vers 830-vers 879), petit-fils de Gérard d’Auvergne (800-841), marié en secondes noces à Mathilde, fille de Pépin Ier d'Aquitaine et petite-fille de Louis le Pieux (778-840) et de Ermengarde de Hesbaye, fils et successeur de Charlemagne (Medieval Lands : Rainulf).. Saint Arède d’Atane et saint Césaire d’Arles figuraient parmi ses ancêtres indirectsOdon de Cluny, Vita Geraldi, I.1 : (= Aredius). Cette prétention a été mise en doute par le passé, mais les travaux de Christian Lauranson-Rosaz en ont montré le bien-fondé, même si l’établissement d’une filiation reste fragmentaire ()..

Fondateur de l'abbaye d'Aurillac, modèle de celle de Cluny, sa vie a été relatée par Odon de Cluny qui en a fait le modèle chevaleresque du seigneur chrétien qui met sa force et ses richesses au service de la justice et des humbles.

Vie thumb|gauche|210px|Icône de saint Géraud, anonyme, évêché de Saint-Flour. alt=Saint Géraud, église St Jean Baptiste à Comiac (46190).|vignette|200px|Saint Géraud et saint Nicolas, vitrail de l'église Saint-Jean-Baptiste de Comiac, Sousceyrac-en-Quercy. Géraud, ou aussi Guiral en aurillacois, qui portait comme son père le titre de comte (bien qu'Aurillac ne fût pas un comté), était destiné à mener une vie de seigneur conforme à son rang. On lui apprit donc le métier des armes, la chevauchée et l'art de la chasse au faucon. Grand, agile et de belle apparence, il était de santé fragile et on lui enseigna aussi le chant, la grammaire et les Saintes Écritures. Il étonnait les clercs qui paraissaient à la table de ses parents par l'importance de ses connaissances. Il connaissait aussi le droit romain.

Si Géraud est désigné comme comte dans la Vita Geraldi et dans la documentation diplomatiqueSébastien Fray. L'aristocratie laïque au miroir des récits hagiographiques des pays d'Olt et de Dordogne (Xe-XIe siècles). Histoire. Université Paris-Sorbonne - Paris IV, 2011. Disponible sur HAL. p. 639-665, il est plus souvent désigné comme seigneur (domnus en latin). Il est probable que Géraud, et peut-être son père avant lui, ait été un vassal royal (vassus dominicus) qui aurait réussi à devenir comte. il est très difficile en revanche de savoir sur quel ressort géographique ce pouvoir comtal s'exerçait. Hormis des mentions très postérieures à Géraud, il n'y a aucune mention d'un pagus ou d'un comté d'Aurillac. Tout au plus peut-on estimer que Géraud s'appuyait sur des possessions seigneuriales proches de la villa d'Aurillac, probablement déjà en possession de son père.

À l'époque de Géraud, l'Auvergne, le Limousin, le Rouergue et l'albigeois ont déjà des comtes bien attestés. Il est possible, mais incertain, d'envisager que Géraud fut comte du Quercy. Cette hypothèse s'accorderait avec des indications géographiques sur les déplacements de Géraud dans la Vita Geraldi, ainsi que sur des informations sur son patrimoine foncier. D'autant que l'on ne connaît pas de comte du Quercy pour cette époque. Le précédent comte Gauzfred est mort en 878, et ses deux fils ne portèrent pas le titre comtal.

À la mort de ses parents, il se retrouva à la tête d'un domaine considérable qui s'étendait dans le Rouergue, et exerça toutes les fonctions d'un seigneur : il tenait son plaid, refusait de déléguer complètement sa justice à des officiers, ayant fait savoir à tous qu'on pouvait lui adresser directement des plaintes et des requêtes. Il assurait sa protection aux habitants en prenant lui-même la tête des équipées militaires destinées à réprimer les bandes armées venus des pays voisins. S'appliquant à vivre selon les Évangiles, il affranchissait les serfs en leur donnant la propriété de leur terre, accueillait les pauvres à sa table et s'efforçait de limiter la violence des guerres en s'en remettant au jugement de Dieu. C'est ainsi qu'on le vit avant un combat, dire à ses hommes de charger comme lui en tenant leurs armes le manche en avant, et tous les ennemis être pris de panique devant une telle assurance.

Il ne voulut jamais se marierOdon de Cluny, Vita Geraldi, I.34 : Géraud d'Aurillac ., et dissimulait sa tonsure sous une coiffure qui indiquait sa qualité et qu'il ne quittait jamais ; en effet les seigneurs avaient gardé l'usage de porter les cheveux longs et les cheveux tondus étaient une marque de servitude.

Fondations thumb|210px|right|Saint Géraud avec les armoiries de l'abbaye et de la ville d'Aurillac. Géraud fonda vers 885 l'abbaye d'Aurillac à laquelle il donna, par un testament et un codicile en 898, tout son domaine. Il lui avait choisi la règle de saint Benoît, réformée à cette époque par saint Benoît d'Aniane.

Ayant repoussé les offres de son parent le duc d’Aquitaine Guillaume le Pieux qui lui proposait de placer sa fondation sous sa protection, et qui fondera Cluny sur le même modèle qu'Aurillac, Géraud avait tenu à rendre sa fondation autonome des hiérarchies féodales et ecclésiastiques en la mettant sous la protection directe du pape et du roi qui lui accordèrent chacun un diplôme d'immunité. C'est pour cette raison que l'abbé d'Aurillac était mitré et crossé, et portait le titre de comte.

À la fin de sa vie, Géraud d'Aurillac devint aveugle. Il souffrait de constater que la construction des bâtiments n'allait pas assez vite (la nouvelle église avait été mal construite et avait dû être reconstruite) et que le zèle des moines qu'il avait fait venir de Vabres faiblissait.

Sa mort Géraud perd la vue sept ans avant sa mort ; son regard était resté tellement animé qu'on ne s'en rendait pas compte.

Quand il sentit sa fin approcher, il fit prier Adalard, évêque d'Auvergne.

Au moment où il est mort, il séjournait à Cezeinac, église qui relevait de lui et qui était dédiée à saint Cirice. Ce lieu n'est pas identifié avec certitude : certains auteurs pensent qu'il s'agit de Cézernac ou Cézens, d'autres de Saint-Cirgues.

Géraud est mort un vendredi, le . Son corps fut rapporté à Aurillac, comme il l'avait voulu. Il fut enterré le dimanche suivant proche de l'autel de Saint Pierre, dans l'église du monastère qu'il avait fondé.

Vénération thumb|190px|Statue de saint Géraud, bois doré , abbatiale Saint-Géraud d'Aurillac. Géraud fut déclaré saint par la voix populaire. C'est un des premiers exemples de saint à avoir été canonisé sans avoir subi le martyre ou être entré dans les ordres.

À la demande de l'évêque de Limoges, Turpin, sa vie fut écrite par saint Odon, qui fut d'abord abbé d'Aurillac et qui a connu des témoins directs de sa vie. Il fait de Géraud le portrait de l'homme riche et puissant qui, sans renoncer à ses fonctions, met la force et la richesse au service des faibles et des pauvres. C'est sans doute le premier modèle du chevalier chrétien.

C'est dans l'abbaye fondée par Géraud que le jeune Gerbert d'Aurillac est instruit et s'initie à la vie monastique. Extrêmement savant, il devient pape à l'époque de l'An Mil sous le nom de Sylvestre II.

En effet, l'abbaye d'Aurillac était dotée d'un scriptorium, où s'enseignait les disciplines du trivium, (surtout la grammaire et la rhétorique) et le quadrivium. Elle était constamment en contact avec la Catalogne, foyer intellectuel de premier plan où étaient conservées de nombreuses copies d'œuvres antiques comme celles d'Isidore de Séville ou de Boèce.

Une châsse en argent, qui avait été faite pour conserver ses reliques et les présenter à la vénération des fidèles, a été fondue par les calvinistes lorsqu'ils ont occupé et pillé Aurillac. Une partie de ses reliques a été récupérée.

Saint Géraud est célébré le .

Portent le nom de Saint-Géraud Abbaye Saint-Géraud d'Aurillac Commune de Saint-Géraud en Lot-et-Garonne. Commune de Saint-Géraud-de-Corps dans la Dordogne. École Saint-Géraud à MontbazensL'école Saint-Géraud à Montbazens, Jimdo.. Église de Aspres-sur-Buëch dans les Hautes-AlpesL'église Saint-Géraud, Office de Tourisme de Sources-du-Buëch. Église de Auzat-la-Combelle dans le Puy-de-Dôme à Auzat-sur-Allier Église de Dauzat-sur-Vodable dans le Puy-de-DômeL'église Saint-Géraud de Dauzat-sur-Vodable, Auvergne, Pays d'Issoire Église de Drugeac dans le CantalDrugeac, l'église Saint-Géraud, La Sauvegarde de l’Art Français. Église de Saillans dans la Drôme Église Saint-Géraud de Saint-Cirgues dans le Lot Église de Villetelle dans l'Hérault. Église Saint-Géraud à Monsempron en Lot-et-Garonne. Lycée Saint-Géraud à Aurillac. Ruines du château de Saint-Giraud sur la colline Saint-Géraud à Varces-Allières-et-Risset..

Notes et références

Annexes Bibliographie Édition latine : Odon de Cluny [+930], Vita de sancto Geraldo comite Auriliacensis (AA SS ) BHL 3411. Manuscrit latin : Bibliothèque nationale de France, ms. lat. 5301 (Odon de Cluny). Manuscrit latin : Bibliothèque de Clermont-Ferrand, ms. 149, f. 48-162, Vies de saints (Martial, Gall, Martin, Sidoine, Ursin, Benoît, Turian, Germain d'Auxerre, Taurin, Avit, Gilles, Loup, Augustin, Nicolas, Nectaire, Silvestre, Géraud, Mayeul), ou s. Traduction française: Odon de Cluny, Vie de saint Géraud d'Aurillac, traduction par M. Compaing, curé de Savènes au diocèse de Toulouse, Aurillac, 1715, in-8°. Traduction française: Odon, abbé de Cluny, Vie de Géraud d'Aurillac, traduction du Père Géraud Venzac, Revue de la Haute-Auvergne, t. 43, année, juillet-, ; accès en ligne: ou (seulement le livre II): . Anne-Marie Bultot-Verleysen: Odon de Cluny - Vita sancti Geraldi Auriliacensis, Édition critique, traduction française, introduction et commentaires, Société des Bollandistes, Bruxelles 2009 Géraud Vigier (Père Dominique de Jésus, supérieur des Carmes de Clermont), Histoire parénétique de trois Saints protecteurs de la Haute-Auvergne : saint Flour, saint Marius (saint Mary), saint Géraud, 1635. Dom Branche (prieur de Pébrac), Vie des Saints et Saintes d'Auvergne, 1652. , III Les vicomtes du Limousin, a) La famille de Géraud d'Aurillac. Christian Lauranson-Rosaz, L'Auvergne et ses marges (Velay, Gévaudan) du au , Le Puy, Cahiers de la Haute-Loire, 1987 (sur sa famille) Pierre Moulier, Nicole Charbonnel, Mathew Kuefler, Pascale Moulier, Sur les pas de Géraud d'Aurillac. En France et en Espagne, Saint-Flour, Cantal Patrimoine, 2010, 208 p. Odon de Cluny, Vie de Géraud d'Aurillac : livre I, livre II, livres III et IV.

Articles connexes Abbaye d'Aurillac Gerbert d'Aurillac Odon de Cluny

Liens externes

Saint Géraud d’Aurillac, diocèse de Saint-Flour

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