Lev Vassilievitch Zack, dit Léon Zack, est un peintre russe naturalisé français, né le à Nijni Novgorod (Empire russe) et mort à Vanves (Hauts-de-Seine) le Notice d'autorité du catalogue général de la BNF..
Biographie vignette|redresse|gauche|Siméon Frank, philosophe. Né dans une famille juive non pratiquante, son père ayant été déporté en Sibérie, Léon Zack est élevé par sa mère qui a alors trois enfants issus d'un premier mariage, dont le philosophe Siméon Frank (Moscou 1877 - Londres 1950) qui influencera sa propre penséeClaude Stéphane Perrin, Penser l'art de Léon Zack, L'Âge d'homme, 1990.. Il commence à peindre à l'âge de treize ans, étudie le dessin et la peinture dans des académies privées, suivant de 1905 à 1907 les cours de Jakimchenko. Son dernier professeur, Machkoff, appartient au groupe d’avant-garde Valet de Carreau qui organise des salons où sont présentés les peintres français, notamment Cézanne et Derain. Il expose pour la première fois en 1907 au Salon de la Fédération des peintres moscovitesGérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, .. Zack visite également l'hôtel du collectionneur Chtchoukine où il admire des toiles des impressionnistes et de Cézanne, Matisse, Picasso. Il effectue à partir de 1910 des études de lettres à la faculté des lettres de l'université de Moscou où il rencontre Roman Jakobson. En 1913, Zack crée avec le poète Cherchenevitch le mouvement futuriste moscovite la Mezzanine de la poésie. Il dessine les couvertures de la revue du mouvement et publie dans celle-ci ses vers (sous le pseudonyme de Khrisanf) et sa prose (sous le pseudonyme de M. Rossiyanski). En , il rencontre Marinetti, lors de sa visite à Moscou.
Après s'être marié en 1917 à Petrograd avec Nadia BraudoNadine Nieszawer et Alain Princ, Artistes juifs de l'École de Paris, 1905-1939, Somogy éditions d'art, 2015., Léon Zack vit de 1918 à 1920 en Crimée qui n'est pas encore sous la domination des bolchéviques. Plusieurs fois à Nicolaïev, près d'Odessa, Zack et sa femme sont près d'être tués par les bandes « vertes » de Makhno qui sous prétexte de combattre des communistes tuent bourgeois et juifs. Sa fille Irène Zack naît en 1918 à Nicolaiev. En il quitte l'Ukraine devant l'avancée des troupes bolchéviques pour se rendre à Paris, s'embarque à Yalta sur un bateau anglais pour Constantinople. Il attend durant trois mois un visa français qui lui est refusé mais obtient un visa italien. Il vit alors pendant deux ans (1920-1921) à Florence où naît son fils Florent, exposant à Florence et à Rome. Au cours d'un voyage à Paris en 1921, il expose des lithographies au Salon des indépendants et au Salon d'hiver, rencontrant Pablo Picasso et Michel Larionov. À Florence, il se lie d'amitié avec Vladimir Boberman (1897-1987) et Philippe Hosiasson (1898-1978).
vignette|gauche|Théâtre des Champs-Élysées, Paris. En 1922, Zack quitte Florence pour Berlin. Il y crée les décors et costumes des Ballets romantiques russes de Boris Romanoff, présentés à Paris au théâtre des Champs-Élysées en 1923, et illustre de lithographies un livre d'Alexandre Pouchkine édité en russe. À la fin de la même année Zack s'installe avec sa femme à Paris, exposant au Salon d'automne, au Salon des indépendants et au Salon des surindépendants dont il est en 1929 l'un des fondateurs. Vers 1930, il appartient au groupe des néo-humanistes auquel s'intéresse Waldemar George (1893-1970), aux côtés de Christian Bérard, Tchelitchev, Eugène Bermann, Jean-Francis LaglenneJacques Busse, « Léon Zack », Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.14, .. Il est naturalisé français en 1936Limore Yagil, Au nom de l'art, 1933-1945 - Exils, solidarités, engagements, Fayard, 2015].
vignette|Janine Charrat. Contraint en 1940 de quitter Paris, il se réfugie successivement à Arcachon et Villefranche-sur-Mer (on trouve alors trace, dans sa peinture de paysage, de son passage à Biscarrosse), puis se cache pendant un an sous un faux nom dans un village de l'Isère. Il se convertit au catholicisme en 1941. De retour à Paris en 1945, il participe de nouveau à de nombreux salons et illustre plusieurs livres. En 1947, il réalise les décors et costumes du ballet Concerto, sur la musique de Prokofiev, présenté par Janine Charrat à l'Opéra comique et expose en 1950 à la galerie Billiet-Caputo.
Léon Zack transforme en 1951 les intérieurs de plusieurs églises d'Alsace. Les verrières qu'il crée en collaboration avec les maîtres-verriers Henri Déchanet et Paul Virilio pour l’église Notre-Dame-des-Pauvres d’Issy-les-Moulineaux (1954-1955), composées de 60 panneaux, font, à l'exception du mur du chevet, le tour de l'ensemble de l'édifice sur une longueur de soixante mètres. Elles apparaissent comme la première réalisation d'une telle importance dans la région parisienne dans le domaine du vitrail non figuratif. Dans les décennies suivantes, Zack crée des vitraux pour une trentaine d’édifices, notamment pour la salle du conseil général de l’Yonne (1957), l'abbaye Notre-Dame-de-Protection à Valognes (1957), le séminaire de Kéraudren (1964), l’église Sainte-Jeanne-d’Arc à Paris, dans le arrondissement (1965), et l’église Saint-Louis de Brest (1967), ainsi que des tapisseries réalisées par l'atelier Plasse Le Caisne.
Décès Il meurt, à Vanves, le et est inhumé au cimetière du Parc à Clamart.. Son épouse est morte en 1976.
Postérité Parmi ses élèves, on compte Liliane KlapischAdrian M. Darmon, Autour de l'art juif - Peintres, sculpteurs et photographes, Carnot, 2003, ..
L'œuvre Léon Zack est un artiste figuratif jusqu'en 1946, peignant surtout des portraits dans la veine de la période rose de Picasso (Double portrait d'hommes, 1931, huile sur toile, Colmar, musée Unterlinden). Peu à peu, son pinceau se fait expressionniste. Les visages sont soulignés par des traits noirs torturant les contours.
Il se tourne ensuite vers l'abstraction, d'abord au couteau, puis par de grands lavis où ne subsistent que des nodosités.
Livres illustrés Léon Zack a participé à la création de nombreux livres de bibliophilie dont : 1931 : Arthur Rimbaud (introduction et notes bibliographiques de Pascal Pia), Œuvres complètes, 35 compositions à la mine de plomb par Léon Zack, 371 exemplaires, A.A.M. Stols et Halcyon Press, Maastricht, Paris et Bruxelles, 1931Jean-Baptiste Baronian, « Léon Zack », Dictionnaire Rimbaud, Robert Laffont, 2014.. 1924 : Alexandre Pouchkine, Le Festin pendant la peste, lithographies de Léon Zack, Berlin, éditions Valter i Rakind. 1930 : Voltaire, La Princesse de Babylone suivi de Contes divers, aquarelles de Léon Zack, Paris, éditions du Trianon. 1932 : Stéphane Mallarmé, Divagations. 1936 : Charles Baudelaire, Poésies complètes. Paul Verlaine, Sagesse. 1937 : Edgar Poe, Le Corbeau. 1938 : André Gide, Paludes. 1944 : Pierre Emmanuel, Le Poète fou, 9 illustrations de Léon Zack, 500 exemplaires numérotés, Éditions du Rocher, Monaco. 1945 : Jean Racine, Phèdre, illustré de 10 dessins originaux au lavis, 50 exemplaires numérotés, Éditions du Rocher, Monaco. Pierre Emmanuel, Hymne à la France. 1946 : Agrippa d'Aubigné, Les Tragiques, bois gravés de Léon Zack, 330 exemplaires numérotés, Éditions du Rocher, Monaco. Robert Garnier, Les Juives, 17 lithographies, 12 vignettes de titres et culs-de-lampe gravés sur bois par Léon Zack, 166 exemplaires numérotés, Éditions Frères JarachMusée d'Art et d'Histoire du judaïsme, Léon Zack dans les collections. Longus, Daphnis et Chloé, frontispice et ornements de Léon Zack, Monaco, Éditions du Rocher. Armand Lunel, Par d'étranges chemins, illustrations de Léon Zack, Monaco, Éditions Jaspard. Les Baisers de Jean Second imités par Pierre de Ronsard et ses disciples (1500-1600), préface de Henri Chamard, illustrations et ornements de L. Zack, Monaco, Éditions du Rocher (148 p.). 1947 : Pierre de Ronsard, Sonnets, bois gravés de Léon Zack, 300 exemplaires numérotés, Monaco, Éditions du Rocher. Stendhal, La Rose et le vent suivi de Mina de Vanghel, illustrations de Léon Zack, Monaco, Éditions du Rocher. 1948 : Alexandra de Beauharnais, Josselé, illustrations de Léon Zack, Monaco, Éditions du Rocher. 1951 : Alain Beckers, Poèmes divers, lithographie de Léon Zack, Les écrivains réunis - Armand Henneuse éditeur. 1954 : Anton Tchekov, Contes - Choix pour la jeunesse, illustrations de Léon Zack, Albin Michel. 1968 : Michel Auphan, L'horloge arrêtée suivi de Métallurgie froide, frontispice de Léon Zack, Paris, Éditions Saint-Germain-des-Prés. 1975 : M. Rossiansky, Les commentaires du silence, 10 aquatintes hors texte de Léon Zack, 50 exemplaires numérotés, Locarno, Éditions Lafranca. 1974 : Jean Joubert, L'été se clôt, Paris, Éditions Saint-Germain-des-Prés. 1975 : Léon Zack (préface de Roman Jakobson), Des perles aux aigles, recueil de poèmes, 6 dessins de l'auteur, collection « Peinture et parole », Paris, Éditions Saint-Germain-des-Prés. 1978 : Anise Koltz de l'Académie Mallarmé, Le temps passe, une eau-forte de Léon Zack, Erpeldange, Club 80/Éditions d'art.
Contributions scéniques vignette|Opéra de Monte-Carlo. Boris Romanoff, Ballets romantiques russes, décors et costumes de Léon Zack, théâtre des Champs-Élysées, Paris, 1923. Alexandre Glazounov, Stenka Razine, ballet, décors de Léon Zack, Opéra de Monte-Carlo, 1943. Serge Prokofiev, Concerto, ballet, décors et costumes de Léon Zack, théâtre national de l'Opéra-Comique, Paris, 1947. Jean Babilée (chorégraphie) et Webern (musique), Haï Kaï, ballet, décors et costumes de Léon Zack, Centre chorégraphique national d'Amiens, 1969.
Réception critique
Expositions Expositions collectives
Expositions personnelles 1927 : galerie Percier, ParisBernard Dorival, Les Peintres du - Du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Éditions Pierre Tisné, 1957, .. 1930 : galerie Bonjean, Paris. 1933 : galerie Simonson, Paris« Léon Zack », Les Muses, encyclopédie des arts, Grange-Balelière, 1974, vol.15, .. 1936 : galerie Wildenstein, Paris. vignette|redresse|Verviers, musée des beaux-arts et de la céramique. 1945 : Galerie Katia Granoff, Paris. Galerie des Garets, Paris. Juin 1950, Le chemin de croix de l'église Saint-Caprais de Carsac, galerie Billet-Caputo, ParisBernard Dorival, « Malheurs et heurs de la sculpture sacrée française contemporaine », L'Art sacré au en France, Éditions de l'Albaron, 1993, .. 1955 et 1957 : galerie Kléber, Paris. Juin-, 1962 et 1969 : galerie Jacques Massol, Paris. 1962 : galerie Haaken, Oslo. 1964 : musée des beaux-arts et de la céramique, Verviers. 1966 : Institut français de Berlin-Ouest et de Cologne. Janvier 1972 : Douze peintres présentés par Giuseppe Pietra, Galleria d'arte Pietra, Milan. avril- : Rencontres d'art - Hommage à Léon Zack, Musée Ingres, Montauban. 1977 (avec Irène Zack), Galerie Convergence, Nantes. Décembre 1976 - : Rétrospective, musée d'Art moderne de ParisJacques Michel, « Le "moderato cantabile" de Léon Zack », Le Monde, 11 janvier 1977.Jean-Louis Ferrier, L'Aventure de l'art au , Éditions du Chêne - Hachette Livre, 1999, .. (avec Irène Zack), 1984 (Rétrospective), , , galerie Protée, Paris. Mars- : Rétrospective Léon Zack, musée des Beaux-Arts d'Orléans. juin- : Léon Zack (peintures) et Irène Zack (sculptures), château de Dieppe. mars- : Couvent des Cordeliers de Paris. vignette|Maison du Prince, Pérouges. 1993 : Maison du Prince, Pérouges. Février- : Galerie Patrice Trigano, Paris. Mars- : Hommage à Léon Zack, Centre d'art Présence van Gogh, Saint-Rémy-de-Provence. Janvier- : Léon et Irène Zack, maison des arts, Châtillon (Hauts-de-Seine)Maison des arts de Châtillon, Léon et Irène Zack, présentation de l'exposition, 2007.Exposition Léon Zack, 2007 sur ville-chatillon.fr.. Novembre- : Léon Zack - Années d'abstraction, 1948-1980, Galerie Gimpel et Müller, ParisGalerie Gimpel et Muller, Léon Zack - Années d'abstraction, 1948-1980, présentation de l'exposition, 2007.