Le Maître et Marguerite (en ) est un film réalisé par Michael Lockshin en 2024 adapté du roman Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov.

Avec environ 5,6 millions de spectateurs dans les salles russes et de critiques positives sur l'agrégateur kritikanstvo.ru, le film est un succès public et critique.

Synopsis Le film se déroule dans le Moscou futuriste des années 1930. Le récit est divisé en plusieurs histoires parallèles, et les intrigues du Maître et Marguerite de Boulgakov sont modifiées et remaniées.

Un écrivain célèbre au sommet de sa carrière se retrouve au centre d'un scandale littéraire. Une pièce inspirée de sa pièce sur Ponce Pilate est retirée du répertoire d'un théâtre moscovite pour avoir critiqué les autorités et fait la propagande d'enseignements religieux. L'œuvre est interdite lors d'une réunion de l'Union des écrivains, les collègues évitent par défi de rencontrer l'écrivain, qui devient en quelques jours un paria.

L'écrivain désespéré rencontre par hasard Marguerite, mariée, qui devient sa maîtresse et sa muse, et elle l'appelle Maître. Encouragé par l'amour et le soutien de Marguerite, l'écrivain se lance dans un nouveau roman sur lui-même et son environnement. Dans ce roman, les personnages sont des membres de l'entourage du Maître, et Moscou reçoit la visite de Satan déguisé en Woland, un consultant étranger. Woland et ses acolytes perturbent la vie de la ville et organisent une séance de magie noire au théâtre.

Sur dénonciation d'un confrère écrivain, Aloysius, les autorités apprennent que le Maître écrit à nouveau des histoires au contenu douteux. Face à l'imminence d'une perquisition, l'écrivain brûle le manuscrit du Maître et Marguerite. Après avoir été emprisonné et interrogé, l'écrivain est conduit dans un hôpital psychiatrique. À l'hôpital, le Maître achève secrètement le roman et se suicide. Marguerite s'empare du manuscrit par l'intermédiaire de l'infirmière Prascovia Fiodorovna, s'empoisonne, parvient à lire le roman et meurt à son tour. Dans le roman, Marguerite se transforme en sorcière, assiste au bal de Satan et retrouve le Maître.

Fiche technique Titre français : Le Maître et Marguerite Titre original Réalisation : Michael Lockshin Scénario : , Michael Lockshin Photographie : Maksim Joukov Direction artistique : Vladimir Tikhonov Costumes : Aleksandra Aronova, Ana Marin Musique : Anna Droubitch Montage : Dmitri Komm, Dmitri Slobtsov Production : Rouben Dichdichian, Igor Toulstounov Production : Mars Media Entertainment, Profit Pays de production : Langue originale : russe Format : Couleur - 1,33:1 - son Dolby - 35 mm Durée : 157 minutes Genre : film dramatique Date de sortie : Russie :

Distribution Ievgueni Tsyganov : Maître Ioulia Sniguir : Marguerite August Diehl : Woland Iouri Kolokolnikov : Koroviev Alexeï Rozine : Azazello Polina Aug : Hella Iouri Borissov : Béhémoth, le chat (voix) Claes Bang : Ponce Pilate Makram Khoury : Caïphe Danil Steklov : le poète Ivan Ponyriev, alias Biezdomny ou « Sans-Logis » : Mikhaïl Berlioz, le président du Massolit : Osaf Latounski, le critique littéraire : Archibald Archibaldovitch, le maître d'hôtel Denis Pianov : Nikolaï Bossoï, le chef du comité du logement : Grigori Rimski Alexandre Yatsenko : Aloïsi Mogarytch Leonid Iarmolnik : , le psychiatre : Prascovia Fiodorovna, l'infirmière Marat Bacharov : Stepan Likhodeïev, le directeur du Théâtre des Variétés : Ivan Varenoukha : Georges Bengalski : Pelagueia, la femme de Bossoï Alexeï Gouskov : le baron Meigel Dmitry Vorontsov : Jacques (Jacques Cœur), le premier invité au bal de Woland

Production En 2017, la société de production russe Mars Media a décidé de porter à l'écran le roman Le Maître et Marguerite et a acheté les droits de cette œuvre aux héritiers de Boulgakov, Sergueï et Darya Chilovski, mais a rapidement reçu une réclamation des États-Unis. Il s'est avéré que les détenteurs des droits les avaient déjà vendus à Hollywood, le producteur du film devant être Michael Lang. Mars Media a intenté un procès contre les Chilovski pour 115 millions de roubles afin de compenser les pertes de production.

En 2018, le film a été inclus dans la liste des projets cinématographiques auxquels le Fonds du cinéma russe alloue une subvention de l'État. À l'époque, il a été rapporté que le budget du film était de 800 millions de roubles. Selon le premier réalisateur du film, Nikolaï Lebedev, le scénario, les story-boards et les descriptions sur la mise en scène étaient prêts dès et la date de sortie était prévue pour 2021. Cependant, en , il a révélé que le projet prenait encore forme et que la phase préparatoire du tournage pourrait avoir lieu dans un an au mieux.

Il est rapidement annoncé que trois producteurs de films prendront la relève : , Igor Tolstounov et Leonard Blavatnik (également producteur de films, mais avant tout entrepreneur). Dans un premier temps, ils ne parviennent pas à résoudre entièrement les problèmes de financement, puis les circonstances changent en raison de la pandémie de coronavirus, et Lebedev commence à travailler sur le film Nuremberg.

Le nouveau réalisateur du film est Michael Lockshin, qui avait précédemment réalisé Silverland : La Cité de glace. Le titre du film devient Woland. Le nouveau scénario est écrit avec Lokchine par , qui a travaillé sur Silverland : La Cité de glace et la série To the Lake. Après le montage, les producteurs reviennent au titre du film : Le Maître et Marguerite.

Le tournage commence en et dure jusqu'en à Moscou, Saint-Pétersbourg et à Malte. La sortie du film était initialement prévue pour la fin de l'année 2022. Le distributeur Universal Pictures a publié la première bande-annonce du film en . La sortie du film a ensuite été repoussée à 2023. Le film a également été reporté en raison du retrait d'Universal Pictures de la Russie à la suite de l'invasion russe en Ukraine. La date de sortie du film est fixée au .

Selon le réalisateur, le film aurait pu être légèrement plus long - de 12 à 15 minutes. En raison des difficultés liées à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la réplique de Nikanor Ivanovitch Bosogo, la scène dramatique de Koroviev et d'autres scènes de son entourage, ainsi que l'arrachage des robes après le spectacle de variétés, n'ont pas été incluses. Malgré cela, le réalisateur, qui s'est dit opposé à la guerre russo-ukrainienne de 2022, déclare qu'il n'y a eu « pratiquement aucune censure dans le film ». Il n'y a pas assez de budget pour un bal avec des fontaines et un orchestre de singes, comme il y va dans le fantasme du Boulgakov.

Lieux de tournage Le film présente des bâtiments moscovites tels que le bâtiment principal de la bibliothèque d'État de Russie, le bâtiment principal de l'Université technique d'État de Moscou-Bauman, la façade du bâtiment principal de l'université d'État de Moscou, et la à Khamovniki, au 23 de la . L'une des scènes se déroule dans une voie des étangs du Patriarche. À Saint-Pétersbourg, l'ensemble architectural de la place de Moscou, y compris la Maison des Soviets, et un immeuble d'appartements situé au 5 de la rue de Tauride (« Maison de ») ont été inclus dans le film.

Diverses scènes montrent les intérieurs du bâtiment de la Bibliothèque nationale russe sur la perspective Moskovski à Saint-Pétersbourg, un restaurant sur le toit-terrasse de l'immeuble d'habitation de la place Koudrine, l'un des halls du bâtiment du Musée ethnographique de Saint-Pétersbourg, le hall du Théâtre académique central de l'Armée russe.

Exploitation Le budget du film est de 1,2 milliard de roubles. Selon le système d'information automatisé unifié du Fonds du cinéma russe, le film a engrangé plus d'un milliard de roubles de recettes au cours des deux premières semaines d'exploitation en salles. Au total, le film cumule environ 5,6 millions de spectateurs dans les salles russes.

Accueil critique Le film a reçu des critiques majoritairement positives dans la presse russe ; selon l'agrégateur kritikantsvo.ru, il n'y a pas eu de critiques négatives. Les critiques ont loué le film pour son interprétation, sa beauté visuelle et son actualité. Ils ont écrit à son sujet : « Il est rare qu'un auteur moderne épouse aussi bien une œuvre classique, fasse corps avec elle » (Valeri Kichine, Rossiïskaïa Gazeta), « Le film a une sorte de poésie épicée, très appropriée pour l'adaptation d'un roman » (), « Un grand film sur le pouvoir de l'amour avec un style sémillant » (). Dmitri Sokolov, dans une critique pour le site Kinomania, a estimé que le film était « presque sans défaut ». Le critique de cinéma Nikolaï Nikouline (présentateur de l'émission V kadre sur REN TV) a donné au film la note maximale de 10/10 sur son blog personnel Kinokritik.vs. Le critique de cinéma Anton Doline écrit quant à lui : « C'est presque incroyable : enfin, le roman, qui a été si résistant aux adaptations cinématographiques qu'on a parlé d'une malédiction, a trouvé non seulement une lecture cinématographique digne de ce nom, mais aussi une lecture cinématographique réussie et complètement inattendue ». La critique de cinéma Lilia Chitenbourg écrit : « Inachevé, non exempt de contradictions, cette adaptation brille par l'unité de sa structure et l'impressionnante cohérence de son récit ». Et le critique de cinéma Alexeï Gousev, notant quelques lacunes stylistiques, résume néanmoins : « Quels que soient les reproches que l'on peut faire à ce film, quels que soient les défauts et les erreurs que l'on peut lui trouver, il est au moins irréprochable sur un point : en tant qu'adaptation cinématographique ».

A contrario, c'est l'écart par rapport à l'œuvre originelle que de nombreuses critiques ont pointé comme un défaut majeur du film. Dans une critique pour KinoPoisk, Lidia Maslova reproche au film de s'éloigner du livre, mais souligne l'excellente interprétation des acteurs. Le quotidien Kommersant a également critiqué le fait que les auteurs se soient concentrés sur la « période moscovite » du roman : « Comme leurs prédécesseurs qui n'ont pas eu beaucoup de succès les auteurs se sont davantage concentrés sur les péripéties moscovites impliquant un mystérieux étranger que sur ce qui se passe avec le personnage de Yeshoua Ha Nozri ».

L'œuvre du réalisateur, qui vit aux États-Unis et s'est prononcé contre l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a été remarqué par des commentateurs et des critiques russes, qui ont notamment demandé que le Fonds du cinéma russe soit sanctionné pour avoir financé le projet. Le publiciste d'extrême droite qualifie le film de « propagande du satanisme et du terrorisme ».

La presse française écrit également du parti pris politique anti-poutinien qu'aurait le film, comme Radio France internationale qui se fait le relais d'une source anonyme considérée « agent de l'étranger » en Russie : « De quoi parle au fond cette histoire ? D’un auteur à succès qui écrit une pièce qui est ensuite interdite, d un auteur exclu du syndicat des écrivains et privé de ses revenus. Il est jugé pour exactement la même chose pour laquelle son personnage est condamné à mort dans le livre : pour la phrase "tout pouvoir est une violence contre les gens ordinaires" [...] C’est une pensée trop dangereuse ; il n’est pas recommandé de la formuler à voix haute, ni sous Staline, ni aujourd’hui ». De même, France info se félicite que « En Russie, malgré la répression, un film réalisé par un opposant et financé par de l'argent public est en première place du box-office ». Alain Barluet, le correspondant à Moscou du Figaro, écrit que Le Maître et Marguerite est « le film dont tout le monde parle - autant pour ses indéniables qualités artistiques que pour sa charge férocement contemporaine contre les biais du pouvoir ». En Suisse, Le Temps titre « Succès phénoménal en Russie et camouflet pour le Kremlin, "Le Maître et Marguerite" fait salle comble en Suisse ».

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