Joseph Semachko (en ukrainien : Йосиф Семашко ; en polonais : Józef Siemaszko ; en ), né le dans le village de Pavlivka, près de Kyïv, et mort le à Vilnius, est un ecclésiastique orthodoxe, métropolite de Lituanie et de Vilnius.
Il est auparavant évêque de l'Église grecque-catholique (uniate).
Il est considéré comme l'un des artisans du rattachement de nombreux uniates biélorusses et ukrainiens à l'Église orthodoxe.
Biographie Jeunesse Le grand-père de Joseph Semachko était prêtre grec-catholique, mais contrairement à bon nombre de fidèles de cette confession, sa famille n'avait pas une perception négative de l'Église orthodoxe. Quand il était jeune, Joseph assistait souvent aux offices religieux à la paroisse orthodoxe voisine.
En , il est envoyé dans un lycée de Nemyriv accueillant majoritairement des élèves catholiques, dont il sort major de promotion. Il part ensuite étudier au Grand Séminaire théologique de l'Université de Vilnius, où règne à cette époque une forte tendance polonophile. Il y obtient une maîtrise en théologie en .
Début de carrière ecclésiastique Après avoir été diplômé, il part s'installer à Loutsk, où il est ordonné diacre puis prêtre par l'évêque grec-catholique de la ville en . Il est également professeur de théologie au séminaire de Loutsk. Cependant, le jeune ecclésiastique est peiné par la situation de ses coreligionnaires. En effet, les grecs-catholiques de Loutsk sont fortement méprisés par les catholiques de rite latin (même si, sur le papier, les deux sont catholiques), et pas très bien vus des orthodoxes locaux non plus. Joseph Semachko constate également que le clergé uniate est divisé, entre ceux qui sont proches (par leurs convictions) du christianisme orthodoxe et ceux qui ont une mentalité plus catholique.
Mandat à Saint-Pétersbourg En , il est envoyé à Saint-Pétersbourg pour devenir membre du Collège catholique romain, un organe ecclésiastique nommé par le gouvernement impérial russe pour gérer les affaires temporelles de l'Église catholique (uniates compris) dans le pays Anatole Leroy-Beaulieu, The Empire of the Tsars and the Russians: The religion, Royaume-Uni, G.P. Putnam's Sons, 1893, p. 531.. À cette époque, les rites grecs-catholiques sont en déclin dans l'Empire, notamment à cause du haut clergé catholique de rite latin et de l'ordre basilien, qui forcent les fidèles à adopter le rite latin Christianity and World. Collected papers of the IIIrd All-Russian scientific theological student conference, Penza, 2018, p. 32., ce qui afflige Semachko, qui est fermement contre cette latinisation.
En , sur la suggestion des autorités, il envoie un rapport à l'empereur Nicolas Ier dans lequel il décrit la situation, selon lui alarmiste, des grecs-catholiques et propose des mesures pour préserver leur culture et leur tradition liturgique contre les pressions des catholiques de rite latin Nikolai Talberg, History of the Russian Church, traduit par Vladimir Djambov, p. 586-587.. L'empereur se montre réceptif et intéressé par les constats faits, qui servent de base à un décret adopté en Ibid..
Toutefois, Joseph Semachko est déçu par le catholicisme et il commence à cette époque à fortement se rapprocher des orthodoxes. Cela ne l'empêche pas d'être ordonné évêque uniate en , dans l'église catholique Sainte-Catherine de Saint-Pétersbourg. Il devient alors évêque auxiliaire grec-catholique de Polotsk.
Synode de Polotsk Souhaitant désormais ardemment la réunification des uniates à l'Église orthodoxe, il se consacre à atteindre ce but, avec le soutien personnel de Nicolas Ier Instrumentalizing the Past: The Impact of History on Contemporary International Conflicts, Autriche, De Gruyter, 2022, p. 80.. En , il est nommé évêque diocésain grec-catholique de Vilnius. Il continue alors à promouvoir l'union avec les orthodoxes, s'entretenant avec quasiment chaque prêtre de son immense diocèse pour le convaincre du bien-fondé de la démarche. Il promeut également l'élévation à l'épiscopat de trois clercs uniates qui partagent ses vues Nikolai Talberg, History of the Russian Church, traduit par Vladimir Djambov, p. 967.. En parallèle, il fait mettre en place des iconostases dans les églises uniates de son diocèse (où ils avaient été retirés en raison de la latinisation) et introduit l'usage de missels orthodoxes auprès de son clergé Christianity and World. Collected papers of the IIIrd All-Russian scientific theological student conference, Penza, 2018, p. 34..
À partir de , sa démarche est un succès, de nombreux membres du clergé uniate exprimant leur volonté de rejoindre l'Église orthodoxe. Le , un synode uniate du clergé est réuni à Polotsk, sous la présidence de Semachko, pendant lequel une demande collective de rejoindre l'Église orthodoxe est rédigée, munie de de clercs grecs-catholiques Nikolai Talberg, Vladimir Djambov (trad.), History of the Russian Church, p. 588.Jean-Henri Schnitzler, L'empire des Tsars..., N.p., n.p, 1866, p. 531-532.. La demande, envoyée à l'empereur Nicolas Ier, est transmise au Saint-Synode de l'Église orthodoxe russe, qui l'accepte.
Joseph Semachko, devenu évêque orthodoxe, est élevé au rang d'archevêque de Lituanie, puis de métropolite en . Il exhorte son clergé à faire preuve d'amour et de respect envers les catholiques, y compris ceux qui le vexent en raison de son ralliement à l'orthodoxie.
Autodafé des livres liturgiques En , l'action visant à supprimer les vieux livres liturgiques et autres biélorusses et à les remplacer par ceux de Moscou a commencé. Depuis les églises et les monastères jusqu'au Consistoire spirituel de Polotsk, les éditions des imprimeries biélorusses, parmi lesquelles se trouvaient des œuvres scientifiques et théologiques originales, artistiques et poétiques de la littérature biélorusse, ont été incendiées.
En , Semachko assista personnellement à l'incendie de trouvés dans d'anciennes églises unionistes. Dans ses « Notes », il rapportait fièrement qu'au cours des trois années suivantes, deux mille volumes supplémentaires avaient été brûlés sur ses ordresКірэеў В. Сямашка Іосіф // ЭГБ, 6-1к, С. 476..
Postérité À la suite du synode de Polotsk, de fidèles uniates et uniates rejoignent l'Église orthodoxe, principalement en Biélorussie, où l'église grecque-catholique perd de ce fait la grande majorité de ses fidèlesSchnitzler, Jean-Henri, L'empire des Tsars..., N.p., n.p, 1866, p. 531-532..
En raison de son ralliement au christianisme orthodoxe avec un nombre significatif de fidèles, Joseph Semachko est généralement mal vu au sein des milieux cléricaux catholiques. Jacques-Paul Migne, par exemple, le dépeint en des termes très négatifs dans son encyclopédie théologiqueJacques-Paul Migne, Encyclopédie théologique, ou Série de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, t. 1-50, 1844-1862 ; nouv. sér. t. 1-52, 1851-1866 ; 3e sér. t. 1-66, 1854-1873, France, n.p, 1873, p. 963..
À l'inverse, il est bien vu dans l'Église orthodoxe biélorusse. À l'occasion du anniversaire de son décès, en , des discussions ont lieu sur la possibilité d'ouvrir une procédure de canonisation.
Décès Il décède le et est enterré au monastère du Saint-Esprit de Vilnius.
Bibliographie
Notes et références
Catégorie:Métropolite orthodoxe Catégorie:Naissance en janvier 1799 Catégorie:Naissance dans le gouvernement de Kiev Catégorie:Évêque orthodoxe russe Catégorie:Christianisme orthodoxe en Biélorussie Catégorie:Étudiant de l'université de Vilnius Catégorie:Personnalité ukrainienne du XIXe siècle Catégorie:Décès en novembre 1868 Catégorie:Décès à Vilnius Catégorie:Décès à 69 ans