Le sanctuaire gallo-romain d' est un ensemble de temples de type et de leurs dépendances, situé dans l'agglomération antique d'. Le site se trouve, à l'époque contemporaine, sur le territoire de la commune de Saint-Marcel, dans le département français de l'Indre.
Quatre temples sont implantés de part et d'autre d'une voie structurante ouest-est de l'agglomération ; trois se trouvent au sud, un quatrième en regard, au nord. Construits au pour les plus anciens, ils font l'objet de remaniements successifs avant d'être abandonnés à la fin du .
Localisation Le sanctuaire occupe une très légère dépression entre les deux points les plus hauts de l'agglomération antique et de l' qui l'a précédée. Cette vallée est parcourue par l'une des voies principales d', orientée ouest-est ; elle est partiellement bordée, au nord et au sud, par les temples composant le sanctuaire.
Historique et études archéologiques Prolongeant l'occupation laténienne du site, les premiers temples sont construits au D'autres constructions ou remaniements des bâtiments existants ont lieu jusqu'à la fin du ; le site perd alors sa fonction cultuelle. D'autres secteurs de l'agglomération ne sont toutefois délaissés que bien plus tard, vers la fin du ou au début du ..
Des éléments architecturaux, provenant sans nul doute des temples, sont utilisés en remploi dans les murs d'églises médiévales avoisinantes.
Bien que le site antique d' soit connu depuis le Moyen Âge, les premières fouilles sur le site du sanctuaire ne sont réalisées qu'en 1965 sous la pression urbanistique ; elles s'achèvent en 1979. Elles reprennent en 1982 ; une autre campagne se déroule de 1991 à 1994.
Description vignette|redresse=1.2|Plan schématique du sanctuaire
Les temples 1 à 3 (îlot A) Le sanctuaire se compose de trois édifices cultuels alignés au sein d'un îlot limité au nord et au sud par deux voies orientées d'ouest en est.
Les deux édifices occidentaux () sont deux sur plan carré à galerie périphérique, dont les périboles sont séparés par un portique ouvert vers le et qui semble utilisé pour des cérémonies de crémation rituelle. vignette|gauche|Temple 1. Le est le plus grand des trois monuments ; sa galerie périphérique mesure plus de de côté.. Il est en outre agrandi dans un second temps d'une pièce au sud qui rejoint son péribole.
Le connaît au moins trois états successifs. À un bâtiment en bois, datant peut-être du début de l'époque augustéenne succède dans le premier quart du un édifice en torchis ; celui-ci est remplacé, quelques décennies plus tard, par un dont la reste en torchis mais dont la galerie périphérique est maçonnée.
L'édifice le plus oriental () est un temple d'inspiration gréco-romaine précédé à l'est d'un pronaos à colonnade. Il se situe dans une cour dont l'accès se fait depuis une rue nord-sud qui la longe à l'est. De nombreux fragments de sculptures et de figurines sont interprétés comme des offrandes.
Le terrain de l' présentant un dénivelé d'environ trois mètres ( à l'ouest pour à l'est), les temples sont établis sur trois terrasses successives.
Ces trois édifices cultuels ont leur entrée orientée à l'est. Ils possèdent des périboles dont les entrées sont de simples seuils dépourvus de tout caractère monumental, comme pour protéger l'espace sacré.
Le temple 4 (îlot L) vignette|Temple 2 et portiques. Un autre () est implanté au nord de la rue, face au .. Cet édifice, le plus imposant des mis au jour à , n'est pas inscrit dans un péribole et pourrait être lié à la demeure attenante d'une riche personnalité locale qui aurait pu participer au financement de la construction du temple..
Construit au plus tôt au début du , il semble connaître une phase d'abandon quelques décennies plus tard avant d'être remanié par la suite, à une date qui ne peut être déterminée..
Le portique d'échoppes
Un portique bordé d'échoppes est adossé au mur du péribole séparant les trois temples de la rue. Il s'ouvre sur cette dernière. Des déchets de métallurgie donnent une indication, au moins partielle, sur l'activité artisanale qui pouvait s'y tenir.
La localisation du portique, au carrefour de le rue des Portiques et de la rue de la basilique, résulte d'un choix délibéré puisque ce portique ne s'étend pas vers l'ouest, bien que la place ne manque pas..
Les cultes à Une statuette de coq, une autre de bouc en bronze dans la cour du et deux dédicaces trouvées à proximité témoignent du culte de Mercure à . Une statue de dieu assis en tailleur porte sur son socle la mention AVG E, indiquant que l'empereur () est associé au culte. Dans le même périmètre se trouvent rassemblées des figurations d'un dieu local non identifié, de la Déesse Mère, de Mercure et d'Apollon ainsi que des dédicaces à l'empereur mais aussi à Cybèle.
De nombreuses monnaies, y compris des potins gaulois coupés en deux pour de probables raisons d'économie, sont déposés dans ou à proximité des temples comme offrandes. Des vases volontairement mutilés, des fibules et une dent de requin sont également interprétés comme des offrandes.
Enfin, une mention sur un vase indique que le vergobret, magistrat gaulois, a organisé, dans l'enceinte cultuelle, un sacrifice dont ni la nature ni la date ne sont connues.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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Articles connexes Argentomagus Théâtre gallo-romain d'Argentomagus Fontaine monumentale d'Argentomagus Musée archéologique de Saint-Marcel (Indre)
Liens externes Musée et site d'Argentomagus
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