Les épreuves de natation aux Jeux olympiques de 1908 à Londres se déroulent du au . Elles sont les premières dans l'histoire des Jeux à se disputer dans un bassin et non en « eau libre ». La piscine, longue de et large de , fut creusée au milieu du stade de White City, construit pour les Jeux et où se déroule aussi la majeure partie des épreuves sportives.

Les épreuves de natation aux Jeux de 1908 sont concomitantes de la création de la Fédération internationale de natation (le ), elle-même issue de la volonté de réguler la natation aux Jeux olympiques. Alors que les épreuves avaient varié lors des trois éditions précédentes, celles choisies pour les Jeux de Londres sont les , et en nage libre ; dos (alors du « dos brassé ») ; brasse et un relais 4 fois nage libre (dit aussi ). Ces épreuves sont aussi adoptées par la FINA comme épreuves de base pour les compétitions internationales et se retrouvent à toutes les éditions olympiques suivantes, aux côtés de nouvelles épreuves ajoutées petit à petit.

Un total de 139 nageurs, tous masculins, de 14 nations sont engagés à ces épreuves de natation, mais les participants réels ont été moins nombreux : parfois la moitié des nageurs engagés ne se présentent pas à l'épreuve ; certaines nations ont aussi engagé leurs poloïstes pour un relais qui n'a finalement pas concouru. Des nageurs renoncent souvent à l'intégralité de leur programme pour se concentrer sur une seule course. Au total, 101 nageurs ont participé à ces Jeux. Le règlement de la compétition, calqué sur celui de l'Amateur Swimming Association, la fédération britannique de natation, est très strict, tant en ce qui concerne la tenue, très pudique, des nageurs que la définition très restrictive de l'amateurisme.

Les épreuves de natation se déroulent du lundi avec les premières séries du juste après la cérémonie d'ouverture au samedi avec la finale du juste avant la cérémonie de remise des médailles clôturant les Jeux. Les Britanniques, qui nagent à domicile et ont engagé le plus de sportifs, récoltent sept des 18 médailles. Ils remportent quatre médailles d'or dont trois pour le seul nageur Henry Taylor ( et nage libre en individuel et relais 4 fois nage libre). Les nageurs hongrois ont aussi une délégation importante mais doivent souvent se contenter de places d'honneur voire simplement de demi-finales. Les États-Unis ne connaissent pas encore la domination qui est la leur sur la natation olympique. Les nageurs de l'abondante délégation française se présentent rarement aux épreuves et ne dépassent guère les séries.

Organisation thumb|left|alt=photographie noir et blanc d'un défilé dans un stade|upright=1.3|Le défilé des athlètes dans le stade olympique, avec la piscine dans l'espace central, le long de la piste. À Athènes en 1896, le concours de natation se déroula dans la baie du Pirée et comprenait quatre épreuves (deux de dont une pour marins grecs, une de et une mètres). À Paris en 1900, les épreuves de natation (, et , dos, avec obstacles, nage libre par équipes et parcours sous l'eau) eurent lieu dans la Seine. À Saint-Louis en 1904, neuf épreuves se déroulèrent dans un lac artificiel dans un parc de la ville : en nage libre , , , et mile, en dos , en brasse , un relais et enfin une épreuve de « plongeon-coulée ». Il devenait de plus en plus évident, pour la natation comme pour l'ensemble des sports olympiques en fait, qu'une harmonisation des épreuves ainsi qu'une uniformisation des règlements étaient nécessaires.

Les épreuves suggérées par l'organisation des Jeux furent ensuite adoptées par la FINA. Des épreuves féminines avaient été discutées en . Les comités olympiques britannique, danois et norvégien s'étaient montrés très favorables à leur organisation. Il semblerait que les épreuves aient finalement dû être annulées, faute d'un nombre suffisant de nageuses engagées. Si des démonstrations eurent lieu, aucune médaille ne fut remise.

Pour la première fois aux Jeux de Londres, les épreuves de natation ne se déroulèrent pas en « eau libre ». La avait en effet décidé de concentrer au maximum les diverses épreuves olympiques en un seul lieu, le White City Stadium construit pour l'occasion. Le soin de déterminer la taille du bassin fut laissé à un sous-comité d'organisation nommé par la en accord avec l', la fédération britannique de natation. Un bassin fut creusé dans l'espace central du stade olympique. Il mesurait mais (soit une quinzaine de mètres). La avait en effet décidé d'adopter le système métrique pour mesurer les distances pour toutes les épreuves sportives, dans la lignée de ce qui avait été fait lors des trois éditions précédentes des Jeux olympiques (même si à Saint-Louis, les distances de natation étaient en yards). Par contre, la largeur et la profondeur restaient dans le système impérial. Ainsi, la profondeur du bassin aux extrémités était de quatre pieds six pouces (soit autour de ) et de douze pieds six pouces en son centre (soit autour de ). Il fut aussi décidé que le bassin serait rempli d'eau douce et non d'eau salée.

Le stade olympique pouvait accueillir dans ses tribunes jusqu'à .

Règlement Le comité d'organisation décida des épreuves suivantes : , et en nage libre ; dos ; brasse et un relais 4 fois nage libre.

Les règles adoptées pour les Jeux furent celles mises en place par la fédération britannique de natation, l'Amateur Swimming Association, principalement en ce qui concernait la définition, très stricte, de l'amateurisme. Ainsi, toute personne ayant gagné de l'argent avec la natation était considérée comme professionnelle, comme les maîtres nageurs ou les « artistes aquatiques » qui se produisaient alors dans les music-halls. Pour être considéré amateur, il fallait n'avoir jamais nagé une épreuve récompensée par de l'argent, et même n'avoir jamais parié de l'argent sur sa propre victoire à une épreuve de natation ; n'avoir jamais enseigné (ou aidé à enseigner) la natation ou un quelconque autre sport contre salaire ; enfin n'avoir jamais, en toute connaissance de cause (ou sans avoir publiquement vertement protesté), nagé contre un adversaire qui n'aurait pas été un amateur selon ces règles très strictes.

De même, les règles, très pudiques, de l'Amateur Swimming Association concernant les costumes de nage s'appliquèrent. Les nageurs devaient porter un caleçon dit de bain, triangulaire, large d'au moins deux pouces et demie à l’entrejambe et trois pouces au niveau des hanches, sous leur costume de bain. Celui-ci devait être noir ou bleu marine et fermer à l'épaule. Les bretelles devaient mesurer au moins deux pouces de large ; l'emmanchure ne devait pas descendre à plus de trois pouces de l’aisselle ; le col ne devait pas descendre à plus de deux pouces du cou ; les jambes devaient descendre jusqu'à trois pouces du genou. Par contre, tout type de décor était autorisé. Le starter ou l'un des assistants, désignés pour chaque course, pouvaient empêcher un concurrent de nager si son costume ne leur convenait pas.

Pour chaque course, étaient désignés un starter, deux juges, un arbitre, un ou plusieurs assistants et deux chronométreurs. Les montres-chronomètres de ces derniers devaient être certifiées par l'Amateur Swimming Association. Le starter avait le contrôle total des procédures de départ. Il avait pour mission d'expliquer aux nageurs les règles de leur épreuve, de leur désigner leur position de départ et leur point d'arrivée. Les deux juges avaient le pouvoir de désigner l'ordre d'arrivée des nageurs et pouvaient disqualifier un concurrent. En cas de désaccord, l'arbitre les départageait et sa décision était définitive. Les assistants faisaient respecter le règlement, les ordres du starter et les décisions des juges.

Les séries et les places de départ (de droite à gauche du bassin) étaient tirées au sort. Pour la nage libre et la brasse, les nageurs plongeaient depuis le bord du bassin tandis que les départs de dos se faisaient dans l'eau. Le starter donnait l'ordre de départ en criant « Go ! ». Un départ avant l'ordre du starter était considéré comme un faux-départ. Les juges pouvaient alors choisir de permettre au nageur de prendre un nouveau départ ou de le disqualifier.

En nage libre, un nageur devait conserver la même technique tout au long de l'épreuve. Au virage, il pouvait toucher à une ou deux mains. En brasse et en dos, virages et arrivées se faisaient à deux mains. Au virage, pour toutes les épreuves, les nageurs avaient le droit de pousser sur le mur. En dos, les nageurs devaient rester sur le dos tout au long de l'épreuve. En brasse, le mouvement des bras devait être simultané, vers l’arrière comme vers l'avant et les épaules devaient être alignées avec la surface de l'eau. Pour le relais, si un nageur plongeait avant que son coéquipier touche le mur, l'équipe était disqualifiée, à moins qu'il ne revienne au mur pour repartir. Un starter chargé de cette vérification était désigné pour chaque équipe de relais.

Mettre le pied au fond du bassin n'entraînait pas de disqualification. Par contre, passer devant, bloquer, gêner ou frapper un autre concurrent pouvait résulter en une disqualification si les juges considéraient que la faute avait été intentionnelle. Il faut attendre les Jeux olympiques de 1924 pour voir apparaître les couloirs individuels matérialisés par des lignes de bouchons. Les juges pouvaient aussi, si la faute avait causé la perte d'une place qualificative à un nageur, le qualifier pour le tour suivant. Si la faute avait lieu en finale, ils pouvaient décider de la faire renager. Toute réclamation devait être adressée par écrit par le capitaine de l'équipe au starter ou à l'un des juges. Un comité désigné par l'Amateur Swimming Association jugerait alors, de façon définitive.

Engagements La création de la FINA s'est accompagnée d'un changement essentiel dans les conditions d'engagement : les nageurs représentaient dorénavant un pays uniquement. Ils ne pouvaient plus concourir comme à Paris en 1900 ou à Saint-Louis en 1904 pour leur club sportif.

Un total de 139 nageurs de 14 nations sont engagés à ces épreuves de natation. Cependant, il semblerait qu'il existe une différence entre le nombre d'engagés et le nombre de participants. Ainsi, les cinq nageurs australasiens étaient engagés au relais, quand seulement quatre pouvaient nager ; la Belgique engagea de son côté huit relayeurs (dont certains étaient simplement poloïstes) ; les Britanniques avaient de quoi engager deux relais quand un seul était autorisé, etc.. Avec 38 forfaits complets, le nombre de participants réel fut de 101 nageurs. Tous les concurrents étaient des hommes. Les épreuves féminines ne sont organisées qu'à partir des Jeux de 1912 à Stockholm.

D'après F. Oppenheim, pour la première fois des nageurs seraient venus d'autres continents spécifiquement pour les Jeux. Les inscriptions étaient limitées à douze nageurs par nation et par épreuve et à une équipe de relais par nation.

Allemagne (7 dont 2 forfaits complets.) Australasie (5) 20px Autriche (2 dont 1 forfait complet) Belgique (11 dont 4 forfaits complets) Canada (1) Danemark (5) États-Unis (9 dont 1 forfait complet) Finlande (3) France (16 dont 11 forfaits complets) Grande-Bretagne (29) Hongrie (21 dont 11 forfaits complets) Italie (9 dont 6 forfaits complets) Pays-Bas (8 dont 1 forfait complet) Suède (13 dont 1 forfait complet)

Allemagne Gustav Aurisch : 100 dos Walter Brack : 200 brasse (forfait) ; 100 dos (forfait) Arno Bieberstein : 100 dos Max Ritter : 100 dos Richard Rösler : 200 brasse : 200 brasse Georg Zacharias : 200 brasse (forfait) Australasie Reginald Baker : nage libre : 100 (forfait), 400 (forfait), (forfait), relais ; plongeon ; boxe Frank Beaurepaire : nage libre : 100, 400, , relais Edward Cooke : nage libre : 100, 400 (forfait), relais ; 200 brasse ; 100 dos (forfait) : nage libre : 400, relais Theo Tartakover : nage libre : 100, 400, (forfait), relais 20px Autriche Franz Kellner : 100 dos (forfait)