Le Rallye du Maroc 1971 ( Rallye du Maroc), disputé du au , est la douzième manche du Championnat international des marques (IRC) courue depuis 1970 et la cinquième manche du Championnat international des marques 1971.

Contexte avant la course Le championnat international des rallyes pour marques

Alors que le championnat d'Europe des rallyes pour conducteurs fut créé en 1953, ce n'est que quinze ans plus tard, en 1968 qu'apparut le championnat d'Europe des rallyes pour marques (ERC), Ford devenant cette année-là le premier constructeur titré dans la discipline. En 1970, le championnat devint intercontinental et fut rebaptisé championnat international des rallyes pour marques (IRCM) en intégrant une épreuve africaine, le Safari. Le calendrier 1971 comprend neuf manches, deux de plus que l'année précédente grâce à l'ajout du Rallye du Maroc et au retour de la Coupe des Alpes. Les épreuves sont réservées aux catégories suivantes : Groupe 1 : voitures de tourisme de série Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales

thumb|upright=1.2|right|alt=DS proto|La Citroën DS prototype de Robert Neyret a remporté à deux reprises le Rallye du Maroc.

Bien qu'ayant fait l'impasse sur le Safari, Alpine est toujours en tête au classement provisoire du championnat 1971 après l'échec de Lancia, son principal rival pour le titre, lors de l'épreuve kényane. À l'issue des quatre premières courses, grâce aux victoires de la berlinette A110 au Rallye Monte-Carlo et au Rallye Sanremo-Sestriere, le petit constructeur français possède sept points d'avance sur la marque italienne.

L'épreuve

Organisé à quatre reprises entre 1929 et 1937, le Rallye du Maroc fut régulièrement disputé de 1949 à 1955. Après la deuxième guerre du Rif et l'accession du pays à l'indépendance, il fallut attendre 1967 pour que la course ait à nouveau lieu. Se déroulant principalement sur terre et comprenant des secteurs chronométrés dé plus de deux cents kilomètres, le rallye est particulièrement éprouvant pour les mécaniques et pour les pilotes. Les deux dernières éditions (1969 et 1970) ont été remportées par Robert Neyret, sur Citroën DS prototypeRevue L'Automobile , juin 1970, alors que l'épreuve ne comptait pas encore pour le Championnat international des marques.

Le parcours vérifications techniques : à Casablanca départ : de Rabat arrivée : à Casablanca distance : 4300 km, dont 1221 km sur 10 épreuves spéciales (12 épreuves initialement prévues pour un total de 1530 km) surface : asphalte et terre Parcours divisé en trois étapesRevue L'Automobile , juin 1971

Première étape Rabat - Khémisset - Fès - Ouazzane - Fès - Guercif - Missour - Rich - El Ksiba - Afourar - Marrakech, du 28 au 6 épreuves spéciales, 530 km (7 épreuves initialement prévues pour un total de 601 km)

Deuxième étape Marrakech - Tizi N'Test - Aït Iaâza - Tata - Foum Zguid - Zagora - Ouarzazate, le 3 épreuves spéciales, 455 km

Troisième étape Ouarzazate - Zagora - Madkhal Meski - Rich - Casablanca, le 1 épreuve spéciale, 236 km (2 épreuves initialement prévues pour un total de 474 km)

Les forces en présence Alpine Le constructeur dieppois a engagé une seule voiture pour l'équipage Jean-Pierre Nicolas/Jean De Alexandris. Nicolas pilotera la berlinette A110 1600 S groupe 4 dont il disposait au dernier Rallye de Grande-Bretagne. Son moteur quatre cylindres de 1596 cm3, placé en porte-à-faux arrière, a été préparé chez Mignotet et développe 160 chevaux. Un épais blindage en acier a été fixé sous le moteur et une plaque d'aluminium a été placée sous la coque ; la garde au sol a été relevée d'une dizaine de centimètres. Pour l'épreuve marocaine, un radiateur spécifique (plus volumineux) a été monté. Ainsi préparée, l'A110 pèse 800 kg. Elle est chaussée de pneus MichelinRevue L'Auto-Journal , 20 mai 1971.

Citroën Sous la direction de René Cotton, le Service Compétition de Citroën a consacré trois mois à la préparation de la course, consacrés aux reconnaissances du parcours et à la mise au point des SM qui font leurs débuts en rallye après vingt mille kilomètres d'essais sur piste. Homologués en groupe 4, ces coupés sont dotés d'un moteur V6 de 2670 cm3, d'origine Maserati, alimenté par trois carburateurs double-corps Weber et entraînant les roues avant. Il est doté d'un double filtre à air et d'une ligne d'échappement modifiée, plus directe, apportant un léger gain de puissance (175 chevaux, contre 170 à la version de série). Un blindage a été fixé sous le carter. La contenance du réservoir de carburant a été portée à 120 litres et les jantes d'origine ont été remplacées par des jantes en résine, plus résistantes et pesant seulement 4 kg chacune. Ainsi modifiées, les deux voitures engagées pèsent 1680 kg. Elles sont aux mains de Jean Vinatier/Pierre Thimonier et de Jean Deschazeaux/Jean Plassard. L'usine a également engagé officiellement quatre DS21, deux «groupe 2» pour Robert Neyret/Jacques Terramorsi et Bernard Consten/Stanislas Motte et deux «groupe 1» pour René Trautmann/Dominique Guichard et Raymond Ponnelle/Pierre de Serpos. Les quatre DS ont été équipées d'un carénage inférieur et d'un réservoir de 110 litres et pèsent près de 1500 kg. Les moteurs des versions groupe 1 ne diffèrent pas des moteurs de série (4 cylindres en ligne, 2175 cm3, injection électronique Bosch D-Jetronic, 125 chevaux), seul un deuxième filtre à air a été ajouté. Les mécaniques des versions groupe 2 ont été préparées dans les ateliers de Maserati, culasses, lignes d'échappement et arbres à cames ayant été modifiés. Neyret bénéficie d'une boîte cinq vitesses et d'un moteur expérimental alimenté par quatre carburateurs Weber, développant 165 chevaux ; le moteur à injection de Consten a été réalésé à 2350 cm3 et délivre 155 chevaux. On note également la présence de quatre DS21 engagées par des pilotes locaux (dont Kebtane sur un modèle de série et Abdelkader sur une groupe 2), bénéficiant de l'assistance d'usine, composée d'une vingtaine de mécaniciens. Les Citroën ont des pneus Michelin.

thumb|upright=1.15|right|alt=Peugeot 504|Trois Peugeot 504 de série ont été préparées et engagées avec le soutien de l'usine de Sochaux. Peugeot Le service courses de la marque sochalienne n'a pas encore été officiellement établi, aussi est-ce par l'intermédiaire de Jean Guichet que trois 504 groupe 1 ont été engagées, avec le soutien financier et l'assistance de l'usine. Navigué par Jean Todt, Guichet en conduit une, les deux autres étant confiées à Guy Chasseuil/Christian Baron et Claude Ballot-Léna/Gérard Flocon. Leur préparation comprend un carénage inférieur en acier, un réservoir auxiliaire de 48 litres, un double-circuit de freinage et une modification du sélecteur de vitesses, avec levier au plancher (et non au volant). Ces berlines à transmission classique ont un moteur 4 cylindres de 1971 cm3, alimenté par un système d'injection mécanique Kugelfischer. Leur puissance est de l'ordre de 105 chevaux. Elles pèsent 1300 kg et utilisent des pneus Michelin. Six équipages privés défendent également les couleurs de la marque, dont Pierre Pagani/Jean-Pierre Gauthier (sur un coupé 304 groupe 2) et Lionel Raudet/Jacques Goursolas (sur une berline 404 groupe 2). Les Peugeot utilisent des pneus MichelinRevue Sport Auto n°113 - juin 1971.

Porsche Les dirigeants de Porsche ont estimé que leurs voitures n'étaient pas adaptées au parcours marocain et ont fait l'impasse sur cette épreuve. Le constructeur de Stuttgart est néanmoins représenté par le garagiste et pilote indépendant Raymond Touroul qui, avec Jean-Louis Gama pour copilote, prendra le départ au volant d'une 911 S groupe 4 (moteur 6 cylindres en porte-à-faux arrière, 2195 cm3, plus de 180 chevaux), sur laquelle il a adapté un carénage inférieur. N'ayant pas effectué de reconnaissance, l'équipage s'élancera avec les notes fournies par l'organisation.

Renault Quelques Renault 16 privées sont au départ, dont celle de Claudine Trautmann/Marie-Odile Desvignes sur une version TS groupe 2. On note également la présence de l'équipage A. Vasquez/«Dupré» sur une 8 Gordini groupe 2.

thumb|upright=1.05|right|alt=Lancia Fulvia HF|La Scuderia Lancia avait engagé deux coupés Fulvia HF groupe 4 pour Amilcare Ballestrieri et pour Sergio Barbasio mais a soudainement annulé sa participation.

Simca Sur les quatorze Simca 1100 au départ, cinq sont aux mains d'équipages bénéficiant du soutien financier de Chrysler France. Préparées par Tapié, ces 1100 Spécial ont été équipées d'un carénage inférieur en acier, portant leur poids à plus d'une tonne. Francine Warein/Corinne Kopenhague et Pompanon/Cazes disposent de modèles de série (traction, moteur 4 cylindres de 1204 cm3, 2 carburateurs à double corps, 75 chevaux). Les trois autres sont des «groupe 2» bénéficiant d'un gonflage moteur (moteur 1150 cm3 de 100 chevaux pour Verrier/Tapié, moteurs 1204 de 95 chevaux pour Gibey/Georges Pujol et Jean-Marie Curien/Schimpff).

DAF Claude Laurent/Jacques Marché disposent de la même voiture que pour le Safari, une DAF 55 groupe 2 à moteur 4 cylindres de 1150 cm3 et transmission Variomatic, qui accuse plus de 100 000 kilomètres au compteur !

Volvo L'équipage privé Jacques Osstyn/Jean Kerguen prend le départ sur une Volvo 142 S groupe 2, grosse berline à transmission classique et moteur deux litres.

Fiat Le premier constructeur italien avait engagé trois 124 Spider groupe 4 qui devaient être pilotés par Håkan Lindberg, Alcide Paganelli et Giuseppe Ceccato. À la veille des vérifications techniques, il a cependant de déclaré forfait pour la courseRevue Moteurs , juin 1971.

Lancia La Scuderia Lancia était attendue avec deux Fulvia HF groupe 4 pour Amilcare Ballestrieri/Arnaldo Bernacchini et Sergio Barbasio/Piero Sodano. Bien qu'aucune annulation n'ait été communiquée aux organisateurs, les voitures ne se sont pas présentées aux vérifications techniques, l'équipe étant absente.

Déroulement de la course Première étape Rabat - Rich