il manque un paragraphe sur les bâtiments type vieille bourse ou en brique et grès qu'on peut trouver aussi à un des angles de la place du lion d'orvignette|droite|Vue panoramique du centre. Vieille Bourse au premier plan L’architecture de Lille, considérée comme l’ensemble des constructions de chaque époque, non seulement les bâtiments publics, les édifices religieux et le patrimoine classé monument historique mais également les maisons, les immeubles d’habitation, soit l'architecture vernaculaire, a des caractéristiques propres (style lillois à arcures, rangs de maisons de style franco-lillois, maisons de premier et second rang du quartier Royal) ou partagées avec celles de la région environnante (style classique lillois que l’on retrouve par exemple à Douai) et de la Belgique (architecture éclectique). La maison de ville entre mitoyens, généralement haute d'un ou deux étages, plus rarement trois, continuité de façade faisant rue, avec un soin d'ornementation au cours du puis retrouvé dans la deuxième moitié du et la première moitié du est une particularité de l'architecture lilloise.

Jusqu’à la fin des années 1960, l’architecture lilloise était négligée et peu mise en valeur à de rares exceptions près, telles la Vieille Bourse ou l’hospice Comtesse. L’architecture du particulièrement celle de l’éclectisme était décriée au jusqu’à sa redécouverte à partir de la fin des années 1970.

Après les destructions massives des années 1950 et 1960, particulièrement l'arasement de la majeure partie du quartier Saint-Sauveur, la restauration du patrimoine, particulièrement dans le Vieux Lille a donné un attrait au centre de Lille, auparavant considéré comme une ville industrielle de faible intérêt architectural. La ville médiévale Les maisons disparues du vignette|Maison romane à Tournai La forme de certaines des premières constructions antérieures à la mise à sac de la ville lors du siège de 1213 peut être imaginée d'après les vestiges d'anciennes caves entre la Grand'Place et le port de la Basse-Deûle (rues de la Grande Chaussée, des Chats bossus, places du Lion d'Or et Louise de Bettignies).

Ces caves à colonnes de grès supportant des voûtes d'arêtes de moellons calcaires de deux ou trois nefs soit de 6 à 9 mètres de largeur, de 9 à 15 mètres de profondeur et 3,5 mètres de hauteur dateraient du d'après les tessons de céramiques et fragments de poteries retrouvés sur le sol. Le fait que les colonnes soient actuellement en grand nombre engagées dans les murs mitoyens et que des chapiteaux identiques se retrouvent dans des caves voisines révèle une division parcellaire ultérieure. La similitude de ces caves avec celles de maisons romanes de Tournai et de Gand permet de supposer l'existence d'édifices semblables. Ces maisons de pierre dont la présence est attestée depuis auraient été les demeures en pierre de familles de riches commerçants dont les caves servaient d'entrepôts. Quelques-unes de ces constructions ont peut-être été épargnées par les destructions de 1213 mais il n'en reste aucune.

Les maisons de bois Le type de constructions de Lille est connu depuis la fin du à partir d’une loi de du Comte Gui de Dampierre et du conseil de la ville qui prévoit que chaque contribuable a le droit de se construire une seule demeure. Les maisons de ville mitoyennes naissent de ce droit. À l’intérieur de ses remparts, la ville était dense avec un maximum de maisons pour un minimum de dépenses publique. La grande majorité des maisons étaient en bois, la pierre de taille ou la maçonnerie étant réservée aux édifices prestigieux, religieux ou bâtiments publics. L’ échevinage chargé d’assurer la stabilité des rangées de maisons ordonne de réaliser une continuité de charpente entre mitoyens sur les terrains encore vides. La largeur des maisons de 4 à 6 mètres correspondait à la longueur des poutres en chênes équarries des forêts environnantes, leur profondeur de 9 à 12 mètres sur 3 ou 4 niveaux établis sur une cave fournissait une surface habitable convenable pour une famille, éventuellement avec ses serviteurs et apprentis. Le rez-de-chaussée permettait d’installer un comptoir pour un commerçant, un ouvroir pour un artisan. Une cour à l’arrière était terminée au fond par un petit bâtiment consacré aux travaux ménagers. La cave ouvrait sur la rue par un burguet, trappe inclinée posée sur deux murets en triangle, la partie du trottoir au pied de la façade permettant le déploiement d’un étal.

Les maisons reposent sur une assise en pierre et brique supportée par une rangée de pieux de chêne de 5 à 6 pieds immergés dans la nappe phréatique restée en place jusqu’aux obstacles créés à la circulation des eaux souterraines à la fin du par la construction de parkings, de sous-sols de centre d’affairesCet oubli est l'une des causes des effondrements de maisons rue Pierre-Mauroy. Le blocage de pierre est surmonté d’une maçonnerie de grès pour les murs d’élévation des caves ce qui forme une barrière à la remontée des eaux dans l’habitation. Les principaux défauts de ces maisons de bois à pignon sur rue (maisons en triangle) étaient les désordres créés par l’écoulement de l’eau sur un chéneau posé entre les toitures sur le mur mitoyen et le risque d’incendie. Pour limiter ce risque, l’échevinage interdit en 1400, les toits de chaume qui doivent être remplacés par des couvertures en tuiles ou ardoises.

Une ordonnance du oblige les nouvelles maisons à être construites en brique ou en pierre et à élever le mur mitoyen au dessus de l’édifice c’est-à-dire à remplacer la façade sur rue en pignon par une toiture avec faîtage parallèle et chéneau proéminent en corniche. Les maisons à pignons furent interdites dans les quartiers neufs (agrandissements de 1607, de 1617 et de 1670). Leur disparition dans les parties anciennes fut progressive datant essentiellement du . Les effets de cette loi de 1566 distinguent Lille de la plupart des autres villes marchandes de Flandre et d’Artois qui gardent leur pignons sur rue.

La suppression des maisons de bois fut plus lente, celles-ci représentant un quart des de la ville en 1699, encore 796 en 1730. Il en existait quelques-unes dans les années 1900. Les deux maisons de bois subsistant ont été découvertes sous un camouflage à la fin du , l’une derrière la cathédrale de la Treille, cependant à toiture parallèle à la façade, restaurée en 1997, l’autre cour du Lion d’Or.

Une maison de bois à pignon sur rue est préservée à Ypres. Les quelques maisons de bois existant dans les quartiers périphériques (à l’extérieur de l’ancienne enceinte) datent du .

L’architecture Renaissance L’architecture civile antérieure au se limite à la salle des malades du de l’hospice Gantois, au rez-de-chaussée du bâtiment de la communauté de l’hospice Comtesse également du . Celle de la Renaissance (sauf celle de la Renaissance flamande) est peu représentée : vestiges de l’hôtel de Beaurepaire rue Saint-Etienne de 1572 et d’un autre hôtel au 14 rue Lepelletier, maisons du 16 rue Basse (autour de 1600) et du 63-65 rue de la Barre de 1590-1595. La halle échevinale construite de 1593 à 1595 détruite en 1870 pour le percement de la rue Faidherbe était d’inspiration de la Renaissance italienne.

Les constructions du et de la première du L'architecture de cette période, riche et variée, influencée par des traditions locales, les modèles flamands, baroque puis par le classicisme français plus sobre, est très présente dans le quartier du Vieux-Lille et dans les rues entourant la Grand'Place, les constructions des époques précédentes étant, sauf exceptions, disparus. Les maisons à arcures

vignette|Arcures Contour de la Treille Le style architectural à arcures ou de « maison de machonnerie à cassis revestus » d’après l’appellation d’une ordonnance de 1606 succède aux maisons de bois en intégrant les techniques et les matériaux de charpente et de menuiserie en façade dans une maçonnerie de briques ponctuée de cordons en pierre de Lezennes. L’arc de décharge en pierre qui surplombe le linteau soulage le poids de la maçonnerie en reportant la charge sur les piles ou trumeaux, laissant entre deux la forme du tympan permettant l’insertion de mascarons. Quelques maisons à arcures sont encore à disposition ancienne de pignon sur rue, la plupart à faîtage parallèle.

Les maisons à arcures sont présentes dans le Vieux Lille et dans le quartier Saint-Maurice (notamment la maison du Renard).

Le rang lillois

vignette|droite|Rang du beauregard L’architecture de la période précédant et suivant la conquête française de 1667 influencée par la Renaissance flamande est celle de compositions en travées répétitives, en même temps très ornées (guirlandes, rinceaux, cariatides, angelots). Le premier de ces ensembles est celui du rang des Albalétriers de la place aux Bleuets datant de 1630-1635. Les intentions d’unité et de cohérence du Magistrat (obligation de bâtir une maison conforme au plan dressé) confrontées aux usages des artisans et aux souhaits des bourgeois disposant d’une liberté d’ornementation avec marques sur la mitoyenneté identifiant la limite de propriété (position des angelots), créent une architecture originale distincte de celles des autres villes de Flandre. Aux alentours de la Vieille Bourse, chef d’œuvre de cette architecture, s’étendent des rangs, celui de la place Rihour à l'entrée de la Grand-Place réalisé pour Anselme Carpentier en 1687, modèle ayant inspiré le Beauregard d'un étage supplémentaire édifié en 1687, celui de la rue de la Bourse-rue Lepelletier de 1677, de la rue Esquermoise également de 1677, celui de la rue de la Monnaie vers 1700 et des maisons à plusieurs travées s'élèvent sur ce modèle dans les rues aux alentours de la Grand-Place. Certaines ont été détruites par la suite.

Le style classique lillois

vignette|droite|Lille place aux oignons Ce style qui se développe au cours des décennies suivant la conquête de Lille par Louis XIV est une synthèse entre les styles d’architecture locale de la période précédente (architecture à arcures et style franco-lillois inspiré de la Renaissance flamande) et le style classique. Cette architecture plus sobre utilise les matériaux locaux traditionnels, soubassements en grès, briques, cordons de pierre calcaire. vignette|gauche|Tournai quai du Marché au Poisson Ces maisons étaient pour beaucoup relativement modestes, souvent des logis d’artisans. Ce patrimoine négligé jusqu’au milieu du en partie détruit dans le quartier Saint-Sauveur ou laissé à l’abandon, a été restauré à partir des années 1970 puis mis en valeur, en particulier place aux Oignons et dans les rues alentour où il est devenu un attrait touristique.

L'architecture de style Louis XIV tournaisien qui se développe à la même époque après la conquête de la ville par Louis XIV en 1667 et jusqu'au milieu du utilise les matériaux locaux avec la même sobriété.

La ville à la française du quartier royal L’enceinte étendue en 1670 au-delà des paroisses Sainte-Catherine et Saint-Pierre jusqu’à la Citadelle englobe l'ancien faubourg Saint-Pierre autour de la rue Neuve-Saint-Pierre, actuelle rue Saint-André et rue Saint-Sébastien où un petit nombre de maisons du début ou du milieu du antérieures à cet agrandissement subsistent et une majorité de terrains non construits. Un quadrillage de rues est tracé dans cet espace par les ingénieurs du roi.

Vauban impose un nouvel ordre urbain, une architecture d'esprit français dans ce quartier acceptant des compromis dans la vieille ville où se développe le style franco-lillois. Le quartier royal est une ville basse avec des maisons entre mitoyens, d'un seul étage sur de larges parcelles permettant à la plupart de disposer d'un jardin ou d'une cour.