Bertin Béa est un homme politique de la République centrafricaine né en 1963 à Bangui. Ministre et député, il est, jusqu'en 2025, vice-président du « Kwa na Kwa » (KNK), un des principaux partis politique de la RCA, avant de se rallier au président Faustin-Archange Touadéra.

Biographie

Études

Bertin Béa étudie le droit à l’université de Bangui après des études qu'il n'a pu achever en France, malgré son acceptation d’inscription à l'université de Caen, du fait de son arrestation lors des grandes manifestations étudiantes.

Carrière politique Dans les années 1980, c’est en tant que militant dans les mouvements étudiants de résistance, qu’il s’intéresse à la politique.

Bertin Béa est l’un des leaders des luttes étudiantes sous André Kolingba, chef de l'État de 1981 à 1993. Il est exclu de l'université de Bangui, est emprisonné pendant pour ses activités jugées subversives.

Dans les années 1990, il adhère et milite pour le parti politique du Mouvement pour la démocratie et le développement (MDD), fondé en 1991 par son mentor politique David Dacko, qui est le parti politique en nombre de députés lors des .

Entre et , il exerce la fonction de ministre chargé de la Promotion de la Jeunesse et des Sports, dans un gouvernement Gbézéra-Bria, dit gouvernement d’Union nationale ou gouvernement d'action pour la défense de la démocratie (GADD) dirigé par le Premier ministre Michel Gbézéra-Bria et sous la Présidence d'Ange-Félix Patassé.

Il adhère et milite dans le mouvement politique Convergence nationale – Kwa Na Kwa fondé par François Bozizé à partir de 2003, transformé et refondé le , en parti politique « Kwa Na Kwa », signifiant « Le travail, rien que le travail » en langue sango.

Il franchit peu à peu tous les échelons, d'abord simple adhérent « Ouvrier », puis coordonnateur de la campagne des élections législatives de 2005 dans la préfecture de l'Ombella-M'Poko, puis « Ouvrier Secrétaire général » par intérim du parti en 2013, puis « Ouvrier Secrétaire général ».

En , Bertin Béa est arrêté, visé par une enquête pour « incitation au trouble et à l'ordre public » à la suite d’un discours prononcé le . Les militants du KNK libèrent leur secrétaire général le alors qu'il est au palais de justice de Bangui. Le procureur de la République chargé du dossier dénonce l'inaction, voire la complicité de la police dans cette évasion.

En 2015, le KNK suspend Faustin-Archange Touadéra, alors vice-président du KNK, pour « indiscipline ». Touadéra vient de se présenter à l'élection présidentielle. Le , à l'issue du troisième congrès du parti qui se tient à Bossangoa dans la préfecture de l'Ouham, Touadéra est radié du KNK après sa fondation de son propre parti, le Mouvement Cœurs unis. Le KNK quitte aussi la majorité parlementaire qui soutient le président Touadéra.

Bertin Béa devient vice-président du KNK, nommé par le président François Bozizé, lors du quatrième congrès du parti le .

Durant cette période, il exerce plusieurs mandats de député à l'Assemblée nationale de la RCA, élu une première fois le en tant qu’indépendant contre un élu du KNK dans la circonscription électorale de Boali dans la préfecture de l'Ombella-M'Poko, puis réélu en 2016 sous l’étiquette « KNK » dans la même circonscription électorale..

Son épouse Christine Nadia Béa, décédée en , est elle-même députée dans la circonscription de Bimbo 4 (préfecture de l'Ombella-M'Poko) à partir de 2016.

Pendant cette période, il a aussi été un membre du Parlement panafricain de 2011 à 2019.

En , Bertin Béa est nommé ministre de la Fonction publique dans le gouvernement du Premier ministre Firmin Ngrebada. Il démissionne quelques jours plus tard..

Le , la candidature à l'élection présidentielle de François Bozizé est invalidée par la Cour constitutionnelle. Bozizé rejoint alors, le , la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) en dehors du KNK, et part se réfugier au Tchad... Il est remplacé à la présidence du KNK à titre intérimaire à Christian Guénébem Dédizoum...

Béa est opposé à la nouvelle constitution promulguée le 30 août 2023 visant à instaurer une République en RCA. Il conteste la légitimité de la cour constitutionnelle après la révocation de deux de ses juges par le gouvernement et dénonce le processus électoral opaque qui accompagne le référendum constitutionnel.

En , Bertin Béa démissionne du KNK et rejoint le président Faustin-Archange Touadéra. Il critique ouvertement son ancien mentor, François Bozizé et l'accuse d'avoir reçu des « dons de Touadéra (véhicules et argent) avant de s’engager dans la lutte armée »...

L'affaire Karim Meckassoua Le , il est empêché d’entrer dans l’enceinte du parlement panafricain au motif qu’il venait d’être nommé par décret du Président de l’Assemblée nationale Karim Meckassoua, membre du Comité de pilotage chargé de mettre en place la « Commission vérité, justice, réparation et réconciliation » (CVJRR) au sein de la RCA et que de ce fait il ne pouvait cumulé les deux fonctions.

Le , Bertin Béa demande la destitution de Meckassoua. Il lui reproche « le non-respect des textes internationaux, le détournement des lignes budgétaires de l'Institution, l'octroi des crédits à des députés pour des missions à l’étranger sur des bases clientélistes, la corruption, l’escroquerie, la passation de marchés publics de gré à gré », et ce qu’il qualifie de « fausses promesses ».

Le , une pétition lancée par Bertin Béa est signée par et Karim Meckassoua est destitué de la présidence, après en avoir été son premier Président musulman élu le .

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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