Le siège de Charleroi est un épisode de la guerre de la Première Coalition entre les coalisés (Royaume-Uni, Saint-Empire, électorat de Brunswick-Lunebourg) et la France qui a eu lieu entre le 28 mai et le ..

Contexte En , le gouvernement du roi Louis XVI, en pleine période de réformes institutionnelles et de crise politique, prend l'initiative d'un conflit en déclarant la guerre « au roi de Bohême et de Hongrie », c'est-à-dire à l'AutricheLa déclaration de guerre n'est pas adressée à l'archiduché d'Autriche, celui-ci n'étant pas alors un État souverain, mais une des possessions de la maison d'Autriche, faisant partie du Saint-Empire, ni à en tant qu'empereur du Saint-Empire car il n'est élu empereur des Romains que le 7 juin 1792, puis couronné à Francfort-sur-le-Main le 14 juillet 1792. Notons cependant que pour beaucoup de Français, la reine Marie-Antoinette était (défavorablement) surnommée « l'Autrichienne »., le . La Prusse intervient rapidement à ses côtés.

Au début de 1793, la première coalition est formée par plusieurs États européens contre la France, devenue une république en et qui a exécuté le . Cette coalition prolonge l'alliance entre l'Autriche et la Prusse, en guerre contre la France depuis .

Déroulement du siège vignette|Armand Samuel de Marescot.|gauche À Charleroi, les Autrichiens travaillent hâtivement à refortifier la place du au en réquisitionnant ses habitants. Pendant plusieurs mois, les terrassiers, maçons et charpentiers s'activent, les habitants hébergent les renforts de soldats, les vivres sont entreposés, les animaux acheminés dans la place et les outils et matériaux réquisitionnés. Les batteries comprennent 45 canons.

Le 28 mai, les Français sous le commandement du général Louis Charbonnier investissent la place après avoir chassé les Autrichiens qui s'étaient postés sur les hauteurs de Marcinelle. L'assaut est sous la responsabilité de l'officier du génie Armand Samuel de Marescot. L'artillerie est mise en place et une première sommation à la reddition est envoyée au colonel de Reygnac, commandant la place de Charleroi. Cette sommation est repoussée.

Le bombardement débute le auquel l'artillerie de la place de Charleroi répond. Dans la nuit du 1 au , la tranchée et la première parallèle est ouverte bientôt suivie par une deuxième parallèle. Ces travaux sont suspendus au soir car les Français doivent faire face à l'arrivée de l'armée de secours austro-hollandaise. Au cours de la bataille qui s'ensuit, la garnison autrichienne de Charleroi fait une sortie qui transforme la défaite française en déroute. gauche|vignette|Charleroi avec les fortifications partiellement démantelées telle qu'elles se présente sur la carte de Ferraris vers 1775. Les Français ramènent alors en direction de Charleroi l'armée de la Moselle constituée de . L'artillerie est renforcée par des mortiers et des canons amenés de la place de Rocroi. Le , les travaux d'investissement reprennent sous le commandement de Marescot. De nouvelles parallèles sont ouvertes sur la hauteur de Dampremy. Le , l'armée des coalisés livre une nouvelle bataille aux Français à proximité de Charleroi qui se solde par une nouvelle défaite de ces derniers. La garnison a de nouveau participé à cette défaite par une sortie qui a pris à revers la division du général Championnet.

Les coalisés se retirent ensuite, estimant les Français affaiblis, et laissent les Français reprendre le siège de Charleroi le . Une ligne de circonvallation est établie sur l'ordre du général Jean-Baptiste Jourdan qui donne la priorité à la prise de la place de Charleroi. Les 19 et , Marescot reprend les travaux de siège avec le creusement de parallèles à Montignies-sur-Sambre à l'est et Dampremy au nord. Des sorties et l'artillerie de la place ralentissent ces travaux. L'artillerie française parvient toutefois à éliminer l'artillerie de la place le . Le feu de l'artillerie française se poursuit dans la nuit du 24 au . Les sapes gagnent du terrain, les échelles sont préparées pour l'assaut la nuit suivante.

Le , le colonel de Reygnac, jugeant sa situation désespérée, décide de capituler sans conditions et livre la place de Charleroi aux Français.

Bilan La prise de Charleroi le a un impact majeur sur la victoire française sur les coalisés à la bataille de Fleurus. Les Autrichiens ont en effet perdu le point d'appui qui avait joué en leur faveur lors de leurs deux premiers succès à Charleroi. Pour ses faits d'arme et sa belle conduite devant Charleroi, Armand Samuel de Marescot reçoit le titre de colonel le .

À Charleroi, presque toutes les maisons de la ville sont endommagées et de nombreuses habitations ont été incendiées par les boulets rouges des assaillants. De même, « Charleroy » est rebaptisé « Libre-sur-Sambre » par les révolutionnaires français.

Notes et références

Annexes Bibliographie

Jean Louis Delaet, Libre-sur-Sambre : Charleroi sous les révolutions, 1789-1799, éd. Crédit communal de Belgique, Bruxelles, 1989. Allain Bernède, Aux avant-postes de Charleroi : Fleurus 1794, éd. Cénomane, 1994.

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