L'hôtel de la Monnaie des Comtes de Blois ou des Monnaies, plus communément la tour d'ArgentAnnie Cosperec, 1987 : Le nom de « Tour d'Argent » est apparu au , près de 5 siècles après la cession des activités de création de monnaie ()., était un monument singulier de la ville médiévale de Blois, en actuel Loir-et-Cher (Centre-Val de Loire).
Historique
L'hôtel de la Monnaie de Blois
Blois a accueilli un atelier de création monétaire dès l'époque mérovingienne et le . Son activité a eu tendance à augmenter depuis que les comtes de Blois se sont octroyés le droit de frapper la monnaie, au début du Dans un contexte de féodalité, la monnaie constituait pour les comtes un moyen d'asseoir leur autonomie vis-à-vis du roi du France, au même titre que le pouvoir de disposer d'une armée propre ou celui de rendre justice. S'il permet de mesurer la puissance du comté au Moyen Âge, l'exemple de Blois n'est pas unique en France (voir l'article Ateliers monétaires français)..
La monnaie de Blois s'appelait la livre blésoise. Elle était alors l'unique monnaie en circulation à l'échelle du comté, et avait généralement une valeur plus faible que la livre tournois (monnaie originaire de Tours devenue principale du Royaume à partir du )Cartier mentionne une production en 1315 de , équivalent alors à (soit = ; p. 26–27).. Comme dans les autres comtés français, il fallait 20 sous ou 240 deniers blésois pour composer une livre blésoise. alt=Un denier blésois de la fin du 9ème siècle.|vignette|Un denier blésois de la fin du , frappé à Blois. Jusqu'à la Guerre de Cent Ans, c'est au sein du château comtal que l'on frappait la monnaie de Blois, mais cette activité a été délocalisée vers un atelier du Puits-Châtel lorsque la ville s'est entourée de remparts, au .
Cependant, dès 1315, le roi Louis X souhaitait mettre fin au monopole de la monnaie qui permettait aux comtes de renflouer leurs caissesLe comte Guy Ier aurait détourné, en 1315, près de 6 % du total de la production annuelle à son profit (). La part totale de l'impôt acquitté par le roi à partir de 1328 est cependant inconnue, rendant impossible toute comparaison..
Ce droit n'a été retourné au roi qu'en 1328, sous Philippe VI, en échange de livres tournois en faveur de son beau-frère le comte Guy Ier.
Malgré la suppression de la monnaie blésoise, l'hôtel des Monnaies semble avoir poursuivi son activité : il est notamment cité sous les ducs Charles et Louis II d'Orléans, futur Louis XII.
La Tour d'Argent
L'édifice connu par la plupart des archives, constitué d'une tour octogonale accompagnée d'un escalier à vis hors-œuvre, aurait été reconstruit dans son ensemble à la fin du . D'abord munie d'une corniche, la tour a été remaniée pour ajouter un étage à pan de bois vers le , avant d'être couverte par une haute toiture en ardoise. alt=La Tour d'Argent au début du 20ème siècle.|vignette|La Tour d'Argent au début du . Ce n'est qu'au que l'édifice reçoit le surnom de « tour d'Argent », popularisé notamment par la presse et les historiens du Blésois en vogue entre les années 1800 et 1850 (La Saussaye, Bergevin, Dupré, Hugo, etc.).
L'hôtel fut détruit au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, lors des bombardements allemands sur le centre-ville. Ses décombres ont été débarrassés en 1942, et l'édifice n'a pas été reconstruit.
Localisation
L'architecture et la localisation de cet atelier de monnayage ne sont pas confirmées, mais les plus anciennes sources mentionnent l'emplacement de l'hôtel des Monnaies à l'angle de la rue du Pont et de la rue de la Monnaie. Cette seconde rue, qui correspond à l'actuelle rue des Trois-Clefs, concentrait à cette époque tous les bureaux de change. Ainsi, l'édifice se trouvait là où se tient actuellement le monument des Trois Clés. Selon de La Saussaye, ces trois clés font référence à celles qui étaient jadis nécessaires pour ouvrir le coffre de l'hôtel des Monnaies.
Selon Victor Hugo, qui a plusieurs fois séjourné à Blois sans y vivre continuellementLe père de Victor Hugo, le général Hugo, a vécu sa retraite à Blois, dans le faubourg du Foix., la Tour d'Argent se situait « au coin des rues des Violettes et de Saint-Lubin »Victor Hugo, « Les rues et maisons du Vieux Blois » (1864), dans Actes et paroles - Pendant l'exil, Paris, P. Mouillot, 1875, p. 126 (en ligne ). Selon ces indications, le monument se trouvait plutôt du côté de la place Louis-XII, tout proche de l'église Saint-Martin-aux-Choux.
Mentions célèbres
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Comté de Blois Puits-Châtel Liste des hôtels particuliers de Blois Liste des monuments historiques de Blois Liste des ateliers de fabrication de monnaies
Liens externes
Catégorie:Moyen Âge Catégorie:Architecture en Centre-Val de Loire Catégorie:Hôtel particulier à Blois Catégorie:Édifice démoli en 1940