Rosa María Solbes López (Alicante, 1950) est une journaliste et militante féministe espagnole.
Figure majeure du journalisme valencien de la Transition démocratique, elle porte une lecture critique de l’histoire sociale, politique et médiatique du Pays valencien sur plus de quarante ans, associant engagement démocratique, féminisme, rigueur professionnelle et défense des médias publics.
Biographie
Enfance et origines familiales Rosa Solbes naît en à Alicante. Elle grandit dans un milieu populaire marqué par l’héritage républicain. Son père, ancien combattant de la guerre civile, a été emprisonné par le régime franquiste ; il transmet à ses filles des valeurs démocratiques et l’importance de l’éducation, notamment pour les femmes. Formation et vocation journalistique Très tôt, Rosa Solbes montre une grande facilité pour l’écriture. Durant ses études secondaires, un professeur l’encourage à participer à un concours littéraire qu’elle remporte avec un essai consacré à Antigone de Jean Anouilh, interprété comme une défense de la rébellion morale sous l’oppression.
En 1968, dans un contexte de censure franquiste, convaincue que la situation politique est vouée à évoluer dans les années à venir, elle entre à l’École de journalisme de l'Église de Valence, dont la formation est homologuée par l' de Madrid.
Débuts professionnels Elle commence sa carrière à Alicante au début des années 1970 par des stages et collaborations dans Primera Página, puis travaille successivement pour La Marina, Ciudad (édition de Benidorm) et La Verdad.
En 1974, elle rejoint la rédaction de Valencia-Fruits et s’installe à Valence, marquant le début de sa présence durable dans le panorama journalistique de la capitale valencienne.
Journalisme de terrain et transition démocratique Dès ses premières années, Rosa Solbes se distingue par la pratique d’un journalisme de terrain attentif aux réalités sociales marginales (pauvreté, exclusion, violence politique), une approche encore rare à la fin du franquisme.
Elle collabore à de nombreux médias valenciens et espagnols, dont Valencia Semanal, Diario de Valencia, Saó, El Temps et El País, et est correspondante locale pour Interviú et El Periódico de Catalunya.
Rosa Solbes signe plusieurs reportages marquants durant la Transition, dont l’annonce en exclusivité de la libération de l’industriel Luis Suñer, enlevé par ETA, en . Cet épisode contribue fortement à sa reconnaissance professionnelle. Une autre publication marquante du journalisme valencien durant la transition est la publication par Valencia Semanal de l'enquête Dreta, dreta, en blau la vertadera, qui met au jour l'activisme du blavérisme, mouvement régionaliste d'extrême droite alors en plein essor, à laquelle elle apporte sa contribution. En conséquence de cette enquête et d'autres connexes, le journal et à ses employés seront victimes de multiples tentatives d'intimidation et de dégradations matérielles, ainsi que des mises en cause judiciaires, bien que s'étant toujours soldées par un acquittement.
Engagement féministe et conflits judiciaires À partir de 1977, Solbes lance, avec Emília Bolinches, une rubrique intitulée «» (« La section féministe ») dans le journal de Valence La Hoja del Lunes. Cette initiative provoque de fortes réactions et toutes deux font face à des menaces, des pressions personnelles, des saisies de biens et une obligation de comparution régulière devant la justice, tout en maintenant leur activité journalistique.
Radio et télévision En 1984, Rosa Solbes rejoint Radiocadena Española à Valence, où elle développe des programmes de thématique féministe.
Entre 1986 et 1988, elle travaille pour TVE Valence, où elle présente notamment des journaux télévisés.
En 1988, elle quitte temporairement TVE pour devenir la première directrice de Ràdio 9, la radio publique valencienne. Elle revient à TVE entre 1995 et 2007.
Contribution à la mémoire historique féministe Elle consacre une part importante de son activité à la récupération de la mémoire historique des femmes oubliées.
Elle est la première à interviewer Guillermina Medrano, ancienne conseillère municipale républicaine, lors de son retour d’exil.
En 1992, elle publie (« Femmes valenciennes entre le vouloir et le pouvoir »), ouvrage consacré aux femmes politiques valenciennes et à la militance féminine après le franquisme, incluant l’un des premiers travaux de recensement de la participation féminine dans les partis et syndicats.
Responsabilités et fin de carrière Après avoir participé à sa fondation à la fin des années 1970, Rosa Solbes préside pendant 4 ans (1999-2003) l’, la principale organisation professionnelle de journalistes de la Communauté valencienne. À ce poste, elle impulse des initiatives de réflexion professionnelle, notamment sur le traitement médiatique de la violence de genre (Notícies amb llaç blanc).
Elle devient pré-retraitée à la suite d'un plan social affectant TVE en 2007.
Elle assiste ensuite à la fermeture progressive de nombreux médias et à la disparition de RTVV, consortium de médias publics valenciens.
Elle cesse de contribuer dans la presse après un plan social affectant El País en 2014.
Elle porte un regard critique sur l’avenir du journalisme et de l’information.
Notes et références
Annexes Article connexe Juan José Pérez Benlloch Valencia Semanal
Bibliographie
Liens externes
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