Péter Magyar (prononcé : ), né le à Budapest, est un avocat et homme d'État hongrois, Premier ministre depuis le .
Il est issu d'une famille influente de la bourgeoisie intellectuelle hongroise. Petit-neveu de Ferenc Mádl, président de la République entre 2000 et 2005, il est l'ex-époux de Judit Varga, ministre de la Justice de 2019 à 2023.
Longtemps membre du , Péter Magyar est nommé en 2010 fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, puis rejoint la représentation permanente de la Hongrie auprès de l'Union européenne avant d’intégrer en 2015 le cabinet du Premier ministre nationaliste, Viktor Orbán.
Il rejoint en 2024 le Parti Respect et liberté (Tisza), une formation de centre droit qui se veut une alternative entre le parti au pouvoir et l'opposition libérale. Il est élu député européen en 2024, puis continue son ascension jusqu'à devenir l'opposant principal de Viktor Orbán.
Le , son parti remporte les élections législatives face à celui de Viktor Orbán, auquel il succède quelques semaines plus tard comme chef du gouvernement.
Biographie Jeunesse et famille Péter Magyar est né à Budapest. Il est le fils d'un avocat et d'une haute fonctionnaire de la Cour constitutionnelle de Hongrie... Il rencontre Judit Varga le lors d'une fête. Il la demande en mariage en . Ils ont trois fils, leur premier enfant, un fils nommé Levente, naît en 2008. La famille vit plusieurs années à Bruxelles avant de retourner à Budapest lorsque Varga est engagée pour un poste au ... Elle est nommée ministre de la Justice en 2019 au sein du gouvernement de Viktor Orbán. Le couple annonce son divorce en ...
La famille de Péter Magyar occupe une place importante dans la politique hongroise. Son grand-père, Pál Erőss, est un juge qui anime une émission télévisée populaire sur des questions juridiques.. Son grand-oncle et parrain, Ferenc Mádl, est président de la République de 2000 à 2005....
Débuts au sein du Fidesz Avant d'entrer en politique dans une section locale du Fidesz, à l'époque parti d'opposition, Péter Magyar participe à la représentation juridique pro bono ainsi qu'à l'assistance des militants anti-gouvernementaux lors des manifestations de 2006 en Hongrie. Son rôle antérieur au sein du Fidesz est décrit de diverses manières comme un et un ... Après que le Fidesz a pris le pouvoir lors des élections parlementaires hongroises de 2010, il est nommé fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères. Un an plus tard, coïncidant avec la présidence hongroise de l'UE, il rejoint également la représentation permanente de la Hongrie auprès de l'Union européenne. En 2015, il rejoint le cabinet du Premier ministre. En , il prend la direction de la direction juridique européenne du MFB, une entreprise publique. Entre 2019 et 2022, il dirige le Centre de prêts aux étudiants.
Péter Magyar se fait d'abord connaître pour ses critiques à l'égard des membres du gouvernement après le scandale de la grâce présidentielle de Katalin Novák : début , il est révélé que la présidente hongroise, Katalin Novák, a accordé une grâce présidentielle en à Endre Kónya, directeur adjoint d'un foyer pour enfants géré par l'État près de Budapest et qui avait contraint des enfants à dissimuler les abus sexuels commis par le directeur du foyer, János Vásárhelyi.. Le scandale donne lieu à des manifestations antigouvernementales exigeant la démission de Novák, ce qu'elle fait le .. Le même jour, l'ancienne ministre de la Justice Judit Varga, ex-épouse de Magyar et qui avait contresigné la grâce, démissionne de l'Assemblée nationale et renonce à sa place de tête de liste du parti Fidesz aux élections du Parlement européen de . Elle va même jusqu'à se retirer de la vie politique..
Départ du Fidesz et débuts dans l'opposition Quelques heures après l'annonce par son ex-femme de son retrait de la politique, Péter Magyar publie un message sur Facebook déclarant qu'il démissionnera de ses fonctions dans deux entreprises publiques et qu'il renoncera à son siège au conseil d'administration d'une troisième, . Il écrit que ces dernières années lui ont fait comprendre que l'idée d'une déclarée comme l'objectif du gouvernement de Viktor Orbán est en fait un servant à masquer la corruption massive et les transferts de pouvoir et de richesse à ceux qui ont les bonnes relations..
Au cours des semaines suivantes, Péter Magyar mène des entretiens avec les organes de presse indépendants les plus lus de Hongrie, notamment Partizán, Telex.hu et 444.hu, dans lesquels il critique largement le Gouvernement, en particulier le ministre du cabinet du Premier ministre, Antal Rogán. Il affirme que pendant son mandat à la tête de l'organisme national de prêts étudiants, il a été contraint de favoriser les proches d'Orbán dans les appels d'offres publics et a été soumis à des pressions sur certains aspects de son divorce.. Sa première interview, dans laquelle il affirme que .., est vue plus de deux millions de fois en .. Péter Magyar continue de publier des articles critiques à l'égard de personnalités associées au Gouvernement dans les jours suivants, affirmant que des personnes proches ou liées au Premier ministre, comme son gendre István Tiborcz, ont amassé d'énormes richesses cachées derrière des fonds de capital-investissement nationaux.
Élections européennes de 2024 gauche|redresse|vignette|Péter Magyar en 2024. Le , il organise un rassemblement auquel participent des dizaines de milliers de personnes à Budapest, au cours duquel il annonce la formation d'un nouveau parti politique., Tisza (Respect et liberté). En réalité, le parti existe déjà, mais il est quasiment inconnu et Péter Magyar ne fait que le reprendre car il a besoin d'un parti politique prêt à concourir pour les élections européennes. Il est crédité de 25 % des intentions de vote auprès des électeurs sûrs de leur choix, selon un sondage réalisé par l’institut Median auprès de en vue des élections européennes du .. Un autre sondage, cité par Le Monde, le place au même moment aux alentours de 17 % des suffrages.
Le , le parti Tisza obtient 29,6 % aux élections européennes, en deuxième position derrière le Fidesz qui voit son score réduit par rapport aux élections précédentes. Cela permet au parti d'occuper sur les 21 attribués à la Hongrie sur les 705 sièges du Parlement européen..
Élections législatives de 2026 vignette|redresse|Péter Magyar portant la veste traditionnelle bocskai et une cocarde rouge, blanc, vert lors d'une manifestation organisée le . Après les élections européennes, le paysage politique hongrois s'oriente très vite vers les élections législatives de 2026, qui présentent un enjeu stratégique avec la possibilité de mettre fin au gouvernement Orbán. Tout au long de l'année 2024, le parti Tisza connaît une très forte progression dans les sondages, s'imposant comme la principale force d'opposition au Fidesz. En , des instituts de sondage placent pour la première fois le parti en première position en vue des élections de 2026, selon l'agrégateur d'Europe Elects. Par la suite, son avance continue de s'accroître..
Durant l'année 2025 et début 2026, Péter Magyar organise plusieurs marches, notamment le (Forradalom ünnepe). Elles rassemblent des dizaines voire des centaines de milliers de participants et servent de démonstration de force face au gouvernement.. Dans le même temps, le Fidesz multiplie la propagande contre son opposant principal, notamment via des affiches placardées massivement dans les rues du pays, caricaturant Péter Magyar en marionnette de l'Ukraine ou de l'Union européenne.. En , Péter Magyar accuse même le parti au pouvoir de s'apprêter à diffuser une sextape le mettant en scène..
Il décide, avant les élections législatives de 2026, de présenter des candidats généralement sans expérience politique et issus des classes moyennes supérieures. Beaucoup sont des chefs d'entreprise, des médecins ou des avocats. Un tiers sont des femmes, alors qu'elles n'avaient qu'un rôle marginal dans la vie politique hongroise durant les années Orbán.
En , un mois avant les élections du , un sondage place Tisza à 53 % des voix, contre 39 % pour le Fidesz.. Le , une immense manifestation d'opposition est organisée à Budapest pour la Fête nationale, en même temps qu'une « Marche pour la paix » du Fidesz.. Tandis que Péter Magyar revendique un demi-million de participants, Balkan Insight estime le nombre de personnes à plus de , contre quelques dizaines de milliers pour l'événement concurrent..
Le , Tisza remporte les élections législatives avec environ 52 % des suffrages, contre 38 % pour le Fidesz.. Après dépouillement de près des deux tiers des bulletins, le parti de Magyar détenait déjà 137 des 199 sièges de l'Assemblée nationale, soit plus que les deux tiers nécessaires à la majorité qualifiée.. Viktor Orbán a reconnu sa défaite et contacté personnellement Péter Magyar pour le féliciter de sa victoire.. Le scrutin a été marqué par une participation record, dépassant 77,8 %..
Le , trois jours après le scrutin, Péter Magyar déclare, à l'issue d'un entretien avec le président de la République Tamás Sulyok, que celui-ci est , et l'invite à démissionner, faute de quoi il envisage de mettre fin à ses fonctions par une révision constitutionnelle.. Il annonce en outre que la séance inaugurale de la nouvelle Assemblée nationale est prévue entre le 4 et le , précisant sa préférence pour la première date. Sulyok annonce de son côté qu'il a consenti à soumettre la candidature de Magyar au poste de Premier ministre.. Magyar cherche ainsi à abréger la période de transition entre les deux administrations, de sorte à pouvoir négocier le plus tôt possible la levée des sanctions européennes, ainsi qu'à éviter des destructions de preuves par les membres du gouvernement sortant... Le , le président Sulyok fixe la date de la séance inaugurale de la nouvelle législature pour le ..
Premier ministre de Hongrie thumb|Péter Magyar et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen à Bruxelles, le .
Péter Magyar est élu Premier ministre de Hongrie par l'Assemblée nationale le , et est officiellement investi après avoir prêté serment, succédant à Viktor Orbán.. Dans son discours d'investiture, il promet un « changement de régime ».. Le drapeau européen, enlevé en 2014, est remis sur le fronton du Parlement..
Son premier voyage officiel a lieu à Varsovie, pour restaurer les relations entre la Hongrie et la Pologne du président du Conseil des ministres Donald Tusk, lui-même ayant mis fin au gouvernement eurosceptique de Droit et justice (PiS), qui a été en conflit avec l'Union européenne et a porté atteinte à l'État de droit et au pluralisme des médias publics...
Le , l'Assemblée nationale vote contre la sortie de la Cour pénale internationale, voulue par l'ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán pour soutenir le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par cette institution internationale, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans le cadre de la guerre de Gaza..
Magyar donne jusqu'au au président de la République Tamás Sulyok et à d'autres responsable politiques, nommés sous l'autorité d'Orbán et qu'il accuse d'être à la solde de ce dernier, pour quitter leurs fonctions.. Face au refus du président de quitter ses fonctions à l'expiration de l'ultimatum, Magyar annonce une réforme constitutionnelle pour mettre fin à ses fonctions..
Le , le Parlement vote une réforme constitutionnelle qui limite à huit ans la durée d'exercice de la fonction de Premier ministre, soit deux mandats, avec effet rétroactif...