Manuel Carlos Antin, , né le à Las Palmas et mort le à Buenos Aires, est un romancier, dramaturge, poète et réalisateur argentin. Il est surtout connu pour sa carrière cinématographique, au cours de laquelle il a réalisé douze longs métrages entre 1960 et 1982, dont La cifra impar et Don Segundo Sombra.
En 1983, sous la présidence de Raúl Alfonsín, il est nommé directeur de l'Institut national du cinéma et des arts audiovisuels. Il dirige actuellement l'Universidad del Cine, une académie d'études universitaires qu'il a fondée en 1991. Il est membre de l'Académie des arts et des sciences cinématographiques d'Argentine.
Biographie Son premier engagement dans le cinéma se fait en tant que coscénariste des courts métrages (1958) et (1959) de Rodolfo Kuhn. En 1962, il réalise son premier long métrage, , d'après la nouvelle de Julio Cortázar. Dans deux de ses films suivants, il travaille à nouveau sur des textes de cet écrivain : (1964) et (1965). Entre-temps, il adapte au cinéma son propre roman inédit (1962) avec Lautaro Murúa, Fernanda Mistral et Walter Vidarte, pour son deuxième long métrage et qui est présenté au Festival de Cannes. Le film n'est jamais distribué et reste perdu pendant des décennies, jusqu'à ce qu'une découverte fortuite conduise à sa restauration et à sa première au Festival de Mar del Plata en 2015. Tout au long des années 1960, sa filmographie est liée au mouvement cinématographique argentin connu sous le nom de « », esthétiquement apparenté à la Nouvelle Vague française.
Toujours dans les années 1960, il réalise une série de documentaires pour la télévision intitulée , consacrée à des personnalités argentines telles que notamment Benito Quinquela Martín, Ernesto Sábato, Bernardo Houssay, Amadeo Carrizo et Leopoldo Torre Nilsson. À deux reprises, il essaie de porter à l'écran le roman de Leopoldo Marechal, mais diverses autorités de l' lui refusent les crédits nécessaires.
Dans les années soixante-dix, il réalise , pour la télévision, puis entame son cycle de films historiques : , en 1969, adaptation du roman éponyme de Ricardo Güiraldes ; en 1972 et , en 1978. Entre-temps, il tourne l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre de Javier Portales. Son dernier film est , réalisé en 1982, d'après un roman de Beatriz Guido.
De 1983 à la fin du gouvernement de Raúl Alfonsín, Manuel Antín dirige l'Instituto Nacional de Cine y Artes Audiovisuales (Institut national du cinéma et des arts audiovisuels), donnant ainsi un coup de fouet au cinéma argentin, qui se remet de la dictature de Videla (1976-1983). Au cours de ces années, le cinéma argentin est largement diffusé au niveau international par le biais de manifestations et de participations à des festivals. En outre, il réussit à obtenir le premier décret signé par Alfonsín pour annuler la censure qui avait été appliquée pendant des années par l' (Agence de classification des films) aux films sortis dans le pays. Il favorise également le développement de coproductions avec plusieurs pays, principalement l'Espagne.
En 1991, il fonde l'Universidad del Cine, une institution destinée à l'enseignement de l'art cinématographique, où sont formés de nombreux réalisateurs actuels du cinéma argentin..
En 2011, Manuel Antín reçoit le prix Condor d'argent pour sa carrière, décerné par l' et, en , la reconnaissance de sa carrière de cinéaste accordée par la DAC () à l'occasion du anniversaire de l'association. En , une semaine en hommage aux différentes facettes de sa carrière lui est consacrée à la Casa de América de Madrid. Il y participe à trois colloques avec l'écrivain Alan Pauls, sur le cinéma et la littérature, avec la journaliste Mariángeles Fernández et le cinéaste Diego Sabanés, sur la collaboration créative avec Julio Cortázar, et avec le scénariste Nicolás Saad, la réalisatrice Lupe Pérez García et la responsable culturelle Andrea Guzmán, sur la contribution des écoles de cinéma à la formation des metteurs en scène..
Activité de romancier, de dramaturge et de poète Dans sa jeunesse, Manuel Antín travaille comme scénariste pour la télévision dans des séries telles que et dans des revues de bandes dessinées publiées par Editorial Abril, où il a côtoyé des auteurs tels qu'Héctor Oesterheld. Il a écrit deux romans : et , qu'il a lui-même porté à l'écran, des pièces de théâtre telles que , , , et . Ses œuvres poétiques comptent notamment , et .
Filmographie
Réalisateur thumb|Image du film La cifra impar (1962). 1960 : Biografías (court-métrage) 1962 : Les Solitaires, présenté en sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 1963. 1962 : La cifra impar 1964 : Circe 1965 : Intimidad de los parques 1965 : Psique y sexo Épisode : La estrella del destino. 1966 : Castigo al traidor 1967 : Ese milagro llamado Racin 1969 : Don Segundo Sombra, présenté en sélection officielle en compétition au Festival de Cannes 1970. 1972 : Juan Manuel de Rosas 1972 : La sartén por el mango 1978 : Allá lejos y hace tiempo 1982 : La invitación
Scénariste 1958 : Contracampo (court-métrage) 1959 : Luz, cámara, acción (court-métrage) 1960 : Biografías (court-métrage) 1962 : La cifra impar 1963 : Les Solitaires 1964 : Circe 1965 : Intimidad de los parques 1965 : Psique y sexo 1966 : Castigo al traidor 1969 : Don Segundo Sombra 1972 : Juan Manuel de Rosas 1972 : La sartén por el mango 1978 : Allá lejos y hace tiempo 1982 : La invitación
Producteur 1968 : Somos los mejores
Prix et distinctions AnnéeCatégorieFilmRésultat Festival International de Cinéma de VeniseMeilleur premier film Condor d'argent 1962Meilleur réalisateur Condor d'argent 1969Meilleur réalisateur Condor d'argent 1969Meilleur scénario adapté Il reçoit par ailleurs le prix Leopoldo Torre Nilsson de la Fundación Cinemateca Argentina pour l'ensemble de sa carrière en 1986, le prix Vittorio de Sica pour sa contribution à l'art cinématographique en 1988 et le Condor d'argent pour l'ensemble de sa carrière décerné par l' en 2011.
Il est fait Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1987 et Commandeur de l'Ordre du Mérite de la République italienne en 1988
Il reçoit le Prix Konex dans la discipline « Administrateurs publics » pour sa carrière en tant que directeur de l'INCAA en 1988, le prix de la réforme universitaire de l'université nationale de La Plata en 1991, le Grand prix de la trajectoire du en 1993 et est nommé Personnalité exceptionnelle de la ville autonome de Buenos Aires dans le domaine de la culture, récompense décerné par l'assemblée législative de la ville autonome de Buenos Aires en 2019.
Le festival international de cinéma UBA décerne à Manuel Antin le titre de docteur honoris causa de l'université de Buenos Aires en . Ce titre honorifique, décerné à des personnalités ayant apporté une contribution importante dans leur domaine respectif, reconnaît l'excellence, la trajectoire, l'impact et l'engagement social et politique. Il s'agit de la plus haute distinction décernée par l'UBA..
Références
Bibliographie
OUBIÑA, DAVID (1994). Los directores del cine argentino: Manuel Antin. Centro Editor de América Latina. ISBN: 9789501207156 SÁNDEZ, MARIANA (2010). El cine de Manuel. Un recorrido sobre la obra de Manuel Antin. Capital intelectual. ISBN: 9876142437 ANTIN, MANUEL y BURMAN, DANIEL (2016). Diálogos de cine. Antin-Burman. Ediciones Treintayseis. ISBN: 9789874560186 FERNÁNDEZ, MARIÁNGELES y SABANÉS, DIEGO (2026). Manuel Antin, escritor de imágenes. Cortázar, Borges, Marechal y la generación que cambió el cine argentino. EUDEBA. ISBN: 9789502336220
Liens externes
Manuel Antin, escritor de imágenes. EUDEBA.
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