Les Kankuamos sont une ethnie indigène de la Colombie. Ils sont dénommés . Ce peuple amérindien, de la famille des Chibchas, vit principalement dans le département de Cesar situé dans le nord-est de la Colombie, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, massif montagneux de la cordillère des Andes.

46,6 % des Kankuamos vivent dans une réserve indigène. Le kankuí, leur langue ethnique, est en voie de disparition. Ils communiquent généralement en espagnol.

Cette communauté précolombienne est décimée par les colons espagnols au , mais elle parvient à survivre par sa force de résistance pacifique et son attachement à sa culture ethnique. L'existence des Kankuamos est à nouveau mise en danger, au , par les conflits sanglants de groupes armés. Au , une réserve indigène est créée sur les contreforts de la Sierra Nevada de Santa Marta, puis des villages sont construits autour du massif montagneux. Cependant, cette zone attire l'intérêt de nombreux investisseurs.

Autres dénominations Les Kankuamos sont aussi appelés : Kankuaka, Kankui, ou Kankuané.

Population Les Kankuamos, un des quatre principaux peuples indigènes habitant la Sierra Nevada de Santa Marta, dont les Arhuacos, les Wiwas et les Kogis, atteignent, selon le recensement de 2018 du DANE, 19,8 % de la population de ces quatre peuples vivant majoritairement sur la chaîne côtière.

Ce recensement dénombre habitant dans un siège municipal () et dans une réserve indigène, soit au total .

Répartition géographique En 2018, 95 % des Kankuamos vivent dans le département du Cesar, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, dont 88,5 % se concentrent à Valledupar, la capitale du Cesar, et 1,5 % dans La Guajira, autre département de ces massifs montagneux. 1,6 % vit à Bogota () et 1,9 % dans d'autres départements.

53,4 % des Kankuamos habitent hors d'une réserve indigène, soit et . 46,6 % vivent dans une réserve, soit et .

Langues et instruction La langue ethnique de ce peuple est le kankuí, qui appartient à la filiation des langues chibchanes de la famille des langues amérindiennes. Toutefois, bien que le gouvernement colombien ait fait des efforts afin de le maintenir vivant, cet idiome est en voie d'extinction.. 95,6 % des Kankuamos ne parle pas le kankuí ; ils communiquent principalement en espagnol.

Lors du recensement de 2018, on dénombre 92,6 % des Kankuamos sachant lire et écrire.

Histoire Les colons espagnols, au , arrivent sur le territoire où vivent des tribus indigènes, dont les Kankuamos, de la famille des Chibchas (ou Muiscas), et les Tayronas. Ces communautés précolombiennes sont décimées et conquises. Les Espagnols implantent sur ce territoire diverses colonies. Le mode de vie et les coutumes des Kankuamos subissent alors un affaiblissement considérable. Toutefois, soutenus par les autres peuples autochtones de la Sierra Nevada de Santa Marta et grâce à des aides institutionnelles, ils entament un processus exemplaire de revendication ethnique, de survie culturelle et de résistance pacifique..

Le peuple des Kankuamos, communauté autochtone, a adopté en tant que stratégie de survie l'isolement, ce qui lui permet d'avoir très peu de contacts avec d'autres populations. Cependant, les Kankuamos sont très affectés par le conflit armé de , qui sévit en Colombie de 1948 à 1957.. Dans les années 1990, la Sierra Nevada de Santa Marta devient le théâtre de batailles sanglantes entre guérilleros, narcotrafiquants et paramilitaires.. Les Kankuamos sont durement touchés par les affrontements de ces groupes armés. Ils subissent des assassinats, des enrôlements forcés de jeunes et sont contraints à des déplacements. La survie physique et culturelle du peuple est alors gravement mise en danger.

Le territoire des Kankuamos est légalement reconnu, en 2003, par la résolution de l'ancien Institut colombien de réforme agraire (INCORA) créant une réserve indigène sur les contreforts de la Sierra Nevada de Santa Marta d'une superficie de et octroyant aux communautés autochtones un terrain dans la plaine, proche de Valledupar..

vignette|redresse|Chemesquemena, un village d'une communauté kankuama

La Sierra Nevada de Santa Marta étant une zone prioritaire dans le cadre de la sécurité démocratique, le président Álvaro Uribe Vélez lance, en 2007, le programme (), soit la construction d'une dizaine de villages indigènes autour du massif montagneux. Son objectif est . De nouvelles terres sont octroyées préalablement aux communautés pour la construction de ces villages.

. En 2010, à . Les Kankuamos sont les plus durement touchés par les conflits qu'engendrent . La reprise des territoires aux guérilleros et aux narcotrafiquants ainsi que la sécurisation de la zone par l'État colombien sont tout d'abord favorables aux indigènes ; toutefois, de nombreux investisseurs s'intéressent particulièrement à ..

Situation politique Organisation politique et autorités indigènes Les Kankuamos se sont organisés, avec trois autres peuples apparentés vivant également sur les versants de la Sierra Nevada de Santa Marta, les Arhuacos, les Kogis et les Wiwas, soit une population totale de plus de ., en mouvements politiques importants pour défendre leurs droits.

Lors de la Conférence internationale sur , tenue à Genève en 1977, les indigènes non seulement dénoncent la violation de leurs droits mais revendiquent ..

Avec la promulgation de la Constitution colombienne de 1991, les Kankuamos peuvent constater que les nouvelles lois leur permettent de conserver leur identité autochtone, d'élire des représentants politiques, de recevoir des et d'élargir le territoire de leurs réserves indigènes..

Bien que les États doivent rechercher le consentement des peuples autochtones relativement aux décisions à prendre, en pratique, il s'agit en réalité d'une . Des stratégies mises en place dans la Sierra Nevada de Santa Marta par les peuples Kankuamos, Arhuacos, Kogis et Wiwas ..

L'organisation indigène Kamkwamo (OIK) représente le peuple Kankuamo.

Entités territoriales indigènes Les Kankuamos et les trois autres peuples indigènes vivant sur les versants de la Sierra Nevada de Santa Marta, les Arhuacos, les Kogis et les Wiwas, devenus acteurs politiques à part entière, revendiquent le droit de participer aux prises de décisions concernant leur territoire, celui-ci étant le seul territoire ancestral officiellement reconnu par l'État colombien..

. Selon la répartition des terres, chacun des parcs, chacune des réserves et entités territoriales, dont les zones géographiques se superposent, disposent de leurs propres instruments d'aménagement territorial. Les peuples indigènes de la Sierra Nevada de Santa Marta .

Soutiens institutionnels et associatifs Tchendukua Ici et Ailleurs, association loi de 1901, fondée en 1997, agit en Colombie, entre autres, avec les chefs spirituels et les représentants juridiques autochtones des communautés Kankuamos, Arhuacos, Kogis et Wiwas. Tchendukua relate que ces quatre peuples indigènes, en 2021, réaffirment la défense de leurs territoires et rejettent la décision du gouvernement colombien de mettre en œuvre, une fois encore, des pulvérisations aériennes de glyphosate. Les autorités indigènes indiquent : ..

L', qui s'est rapprochée des autorités municipales, défend le développement d'une activité agricole couvrant .

Lors de la conférence de presse du , au Palais des Nations, à Genève, Ron Redmond, le porte parole du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), déclare que dans la Sierra Nevada de Santa Marta, ..

Pour les Amérindiens, la Sierra Nevada de Santa Marta est entourée par une ..

Culture, croyances, rituels et religion vignette|redresse|Salle de lecture de la bibliothèque publique sur le territoire des Kankuamos

Les Kankuamos sont appelés ().

Quatre peuples autochtones de la Sierra Nevada de Santa Marta : les Arhuacos, les Kankuamos, les Kogis et les Wiwas, voient leur système ancestral de connaissances inscrit en 2022 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. . Pendant de nombreuses années, des chefs indigènes, parmi lesquels les hommes sont appelés Mamos et les femmes Sagas, s'efforcent d'acquérir les compétences et la sensibilité nécessaires .. .

Ce système ancestral de connaissances, né de la Loi des origines, est basé sur une philosophie protégeant les relations entre les Hommes, la Nature et l'Univers. Ce savoir, transmis par les aïeux, prône la préservation des sites sacrés, des rites de baptême et de mariage, perpétue les danses et chants traditionnels et pérennise les offrandes aux puissances spirituelles.

Cosmovision Les Kankuamos, les Arhuacos, les Kogis et les Wiwas déclarent que . D'après le Ministère de la Culture colombienne, les sages de ces quatre peuples communiquent avec la montagne et les rivières. Ils se considèrent comme les grands frères de l'humanité et leur sagesse .

La Sierra Nevada est la demeure sacrée des indigènes, constituant un . Dans un concept plus profond et plus sacré, les peuples de la Sierra Nevada expliquent qu'elle est le père et la mère de l'humanité. Les Mamos transmettent aux "jeunes frères" ce message : les lois du soleil sont . La loi naturelle est une loi simple, d'humilité, .

vignette|Le río Guatapurí à Valledupar

Sur le versant est de la Sierra Nevada de Santa Marta, le río Guatapurí trace la frontière entre les territoires respectifs des Kankuamos, Arhuacos, Kogis et Wiwas. .

Rituels Afin de maintenir l'ordre universel, les Kankuamos, les Arhuacos, les Kogis et les Wiwas .

Dans la Sierra Nevada, il n'est pas rare de voir déambuler les membres de ces communautés ethniques, vêtus de leurs traditionnels habits blancs, avec des feuilles de coca dans la bouche et portant des sacs tissés, grâce à leurs chants et leurs offrandes. Les parcours rituels, lors de la célébration locale de la Fête-Dieu, constituent une véritable cartographie sacrée et, surtout, un puissant langage rituel .. La célébration de la Fête-Dieu réaffirme le mythe fondateur de la communauté et renforce, chaque année, un espace de travail collectif de mémoire indigène autour de l'invocation des ancêtres.

Atánquez, centre du monde traditionnel des Kankuamos vignette|Vue panoramique d'Atánquez

Atánquez, aux rues pavées bordées de manguiers, est l'une des douze communautés kankuamas. Elle fut un bastion de la guérilla où les rebelles imposèrent leur loi et recrutèrent les Indiens. Les guérilleros transformèrent Atánquez en .

Le village d'Atánquez, où se concentre la majeure partie de la population de la réserve, est devenu le centre sociopolitique et culturel du peuple indigène.

Lutte contre le prosélytisme religieux À la fin du , la présence des missionnaires catholiques à Atanquez, , fut à l'origine d'un processus d'abandon de la culture ethnique de ce peuple qui se trouva dans l'incapacité d'assurer la de son territoire. Les chefs spirituels de la communauté, les mamos, perdant peu à peu leur autorité, , vinrent chercher refuge sur le versant sud-est du massif, dans le bassin du fleuve Guatapurí. Ce groupe de Kogis fut chargé de la préservation des sites sacrés et des connaissances ancestrales des Kankuamos .

Économie Économie traditionnelle, élevage, agriculture Après l'installation des colons évangélisateurs, la vallée du bassin du fleuve Guatapurí attire les convoitises économiques des éleveurs de la Sierra Nevada, des familles aisées de la province de Santa Marta. L'élevage, largement pratiqué dans la Sierra Nevada depuis la fin du , remplace progressivement l'agriculture. Pendant que les grandes familles d'éleveurs élargissent leurs domaines, une .

vignette|Préparation des feuilles de coca

Le système économique des Kankuamos est basé sur la possession individuelle d'animaux d'élevage et de terres à cultiver. Dans les basses terres, les hommes plantent des bananiers, des bananes plantains et des arbres fruitiers. Dans les hautes terres, ils cultivent des pommes de terre et des oignons.