Le Monument aux héros nationaux, aussi appelé mémorial aux héros nationaux ou rond point des martyrs, est un monument symbolique situé à Ouagadougou au Burkina Faso.
Construit en 2008, il est dédié aux personnalités et martyrs qui ont marqué l’histoire du pays par leur engagement patriotique et leur sacrifice pour l’indépendance, la paix et la démocratie. Symbole de la résilience du peuple Burkinabè, il est considéré comme l’un des monuments les plus importants et l’un des plus imposants du Burkina Faso.
Historique
Création Le projet de cet édifice viendrait de la journée nationale de pardon (JNP) célébrée le sur fond de tensions politiques. Date à laquelle Blaise Compaoré Chef d'Etat d'alors, promet la construction de deux édifices: un monument dédié aux héros nationaux et un mémorial pour les martyrs. Le , le premier ministre Paramanga Ernest Yonli pose la première pierre du monument aux héros nationaux au quartier résidentiel Ouaga 2000.
Le mémorial est réalisé par l’agence Architectes et ingénieurs conseils (AIC), une entreprise burkinabè. Les travaux durent 7 années, de 2002 à 2008 et coûtent 2,5 milliards de francs CFA.
Le monument aux héros nationaux est construit en hommage aux figures historiques qui ont contribué à la lutte pour l’indépendance et la souveraineté du Burkina telles que Daniel Ouezzin Coulibaly, Philipe Zinda Kaboré, Nazi Boni et Thomas Sankara, etc. Il n'est, à l'origine, qu'un monument décoratif avant sa restauration en 2014.
Restauration L'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 met fin au pouvoir de Blaise Compaoré après 27 années de pouvoir. Cet événement marque le deuxième soulèvement populaire du Burkina après la révolution de 1983. Un gouvernement civil de transition qui doit conduire aux élections s'installe avec à sa tête Michel Kafando. En 2015, le générale Gilbert Diendéré fait une tentative de coup d'Etat contre cette transition mais se heurte au peuple et à la pression internationale. Le pouvoir est remis aux civils.
Le mémorial est restauré à la suite des événements de 2014 et 2015 qui ont fait 42 mort et plus de 900 blessés. Le gouvernement de transition décide de rendre hommage aux victimes de l’insurrection populaire en leur dédiant le monument des héros nationaux. Aux héros historiques, s'ajoutent donc les martyrs de l'insurrection.
Cette reconnaissance se manifeste par une stèle commémorative érigée en hommage aux victimes. La stèle en question est formée de deux poings fermés levés vers le ciel symbole d’union, de force et de révolte. Ces deux mains représentent celle d’un homme et l’autre celle d’une femme. L’étoile du drapeau du Burkina est gravée sur la stèle ainsi que les noms des victimes. La première commémoration se tient le . Chaque anniversaire de l'insurrection, une cérémonie de dépôt de gerbe y est organisée. Depuis lors, la place du monument des héros nationaux est devenue le lieu de plusieurs manifestations politiques, civiles et même culturelles telle que les rencontres musicales africaines. Localisation Le monument des héros nationaux est situé à Ouaga 2000 au secteur 53 de Ouagadougou sur le boulevard Moammar Kadhafi, non loin du palais présidentiel de Kosyam.
Description et symbolique Le monument mesure 55 m de haut et pèse environ 8.000 tonnes, le monument des héros nationaux est constitué de deux calebasses, dont une renversée et l'autre orienté vers le haut contenant l’eau, symbole de paix et d'entente. Les deux calebasses sont protégées et portées par quatre grandes structures de 47 m chacune représentant les quatre étapes de la lutte du peuple pour : l’Indépendance, la République, la Révolution et la Démocratie.
Il abrite également le musée de l'histoire politique du Burkina Faso situé à mi-hauteur. Il est construit en forme d’anneau qui enserre les poteaux pour marquer la solidité de l’unité nationale.
Un projet de parc d'attraction était prévu autour du moment.
Stèle aux martyrs de l'insurrection Une stèle dédiée aux victimes de l’insurrection populaire de 2014 et du putsch manqué de 2015 a été érigée au pied du monument. La stèle est faite en granite de Laongo. Elle est formée de deux poings fermés levés vers le ciel symbole d’union, de force et de révolte. Ces deux mains représentent celle d’un homme et l’autre celle d’une femme portant un bracelet. L’étoile du drapeau du Burkina est gravée sur la stèle ainsi que les noms des victimes.
Liste des victimes de l'insurrection de 2014 28 personnes ont été tuées pendant l'insurrection. La liste ci dessous donne des détails sur ces martyrs.
Abdouramane Boubacar, né le , mécanicien, laisse derrière lui une femme et six enfants ; Aouedri Ouédidoua, né le , propriétaire de garage, laisse derrière lui une femme et trois enfants ; Belem Abdoul Moubarak, né le , aide-plombier, célibataire ; Béré Inoussa, né le , aide-cuisinier, célibataire ; Bouda Saïdou Wendpouiré, né le , élève, célibataire ; Bonsa Saïdou Mahamadou, né le , apprenti-tailleur, célibataire ; Cissé Boubacar, né en 1983, cultivateur, laisse deux femmes et quatre enfants ; Derra Issaka, né le , élève, célibataire ; Hama Boubacar, né en 1987, cultivateur, laisse une femme et un enfant ; Hamadi Mahamoudou, né le , laisse une femme et cinq enfants ; Ilboudo Ablassé, né le , commerçant, laisse une femme et deux enfants ; Kabré Tibo Amidou, né le , laveur de motos, laisse une femme ; Kalmogho Albert, né le à, gérant de buvette, célibataire, laisse un enfant ; Kambiné Joséphine, née le , élève, célibataire ; Karambiri Gaston, né le , laisse une femme et un enfant ; Koanda Rasmané, né le , commerçant, laisse deux femmes et six enfants ; Fofana Mariam, née le , commerçante, laisse un mari et quatre enfants ; Ouédraogo Ousmane, né le , étudiant, célibataire ; Ouédraogo Salifou, né le , professeur à la retraite, laisse une femme et deux enfants ; Ouédraogo Saïdou, né en 1997 ; Ouoba Fabrice, né le , artiste-musicien, célibataire ; Sama Issa, né le , apprenti-mécanicien, célibataire ; Sawadogo Abdoul Rachid, né le , élève, célibataire ; Sérémé Landry ; Tondé W. Jacob, né le , étudiant, célibataire ; Traoré Ousmane, né le , vulcanisateur, laisse une femme et un enfant ; Wango Issouf Kibsa, né le , commerçant, laisse une femme et trois enfants ; Ouoba Amadou, né le , cultivateur, laisse deux femmes et six enfants.
Confusion Le monument aux héros nationaux situé à Ouaga 2000 ne doit pas être confondu avec le mémorial des martyrs situé au quartier Tampouy de Ouagadougou. Bien que les deux monuments aient été construits la même année en 2002, il s'agit de deux édifices distincts. Le monument aux héros nationaux est aussi appelé le rond point des martyrs.
Notes et références
Catégorie:Monument au Burkina Faso Catégorie:Symbole du Burkina Faso