Anne-Marie Renaud de Saint Georges, née Paule-Marie-Anne Parent le à Brest et morte le à Cannes, est une résistante, déportée et femme de lettres française. Son recueil de poèmes de déportation, Terre de détresse, reçoit le prix Jacques-Normand en 1945.

Biographie Jeunesse Née à Brest le du mariage de Paul-Victor-François Parent, polytechnicien et ingénieur principal de l'artillerie navale, et de Francisque-Andrée-Marcelle NicolasSon acte de naissance est reproduit sur le site françaislibres.net., Anne-Marie Parent est issue d'une famille cultivant les lettres depuis plusieurs générationsL'Union nationale des femmes, janvier 1946, .</ref>. À 25 ans, elle épouse, le 4 octobre 1938, à la mairie du , Serge Renaud de Saint Georges (1909-1999), directeur d'un garage automobile parisien, issu d'une ancienne famille de la bourgeoisie de BourgogneJean-Louis Beaucarnot, Entre Arroux et Bourbince. Albums généalogiques : volume 1, « Généalogie Renaud », 1983..

Résistance Le couple est présenté en août 1941 à Gilbert Renault, futur colonel Rémy, entré dans la clandestinité, et rejoint la Confrérie Notre-Dame, où Anne-Marie et Serge figurent dès décembre 1941 parmi les premiers membres de la centrale parisienne. Serge, sous le nom de «Jasmin», prend l'importante responsabilité de la logistique du réseau en Île-de-France<ref>Revue de la France Libre (volume 6), Fondation de la France libre, 1994, p.2793 pendant qu'Anne-Marie, devenue «Annette», s'occupe du courrier et de la rediffusion, par liaison radio, vers le BCRA de Londres. Annie devient également la collaboratrice de Pierre Brossolette, que lui a présenté le colonel RémyGuillaume Piketty, Pierre Brossolette : un héros de la Résistance, Odile Jacob, 1998, ..

Appréhendé à la suite des dénonciations qui déciment le réseau pendant l'été 1942, Serge est pris le , et sera déporté au camp d'Oranienbourg. Poursuivant son activité de résistance, Annie est de son côté arrêtée le .

La déportation Incarcérée successivement à la prison de Fresnes, à la Santé puis au fort de Romainville, Annie Renaud de Saint Georges est déportée en à Ravensbrück, camp de concentration pour femmes situé dans le Brandebourg. Simone Saint-Clair dira d'elle qu'elle fut de celles qui l'accueillirent avec « une grâce souriante, dont elle ne se départit que bien rarement pendant l'année terrible que nous devions vivre ensemble dans ce lieu infernal »Simone Saint-Clair, Ravensbrück : l'enfer de femmes, Fayard, 1966, .. Elle y est désignée comme « disponible », c'est-à-dire corvéable pour des travaux à toute heure du jour et de la nuit : terrassement, chargement de péniche, vidage d'ordures, assèchement des marais... C'est à cette période qu'elle compose les poésies qui formeront le recueil Terre de détresse.

En , elle fait partie, avec Isabelle et Maisie Renault, Jacqueline Pery d'Alincourt, Christiane de Cuverville, la comtesse de Gontaut-Biron et sa fille Béatrix, Jeanne de Berthier, Jacqueline Lelong, Gabrielle Tritz et Colette de Dumast des otages retenues par le commandant du camp de Ravensbrück dans le cadre de ses négociations avec le comte BernadotteLaurence Thibault, Les Femmes et la Résistance, Documentation française, 2006, .. Toutes sont finalement libérées et envoyées en Suède, d'où elles peuvent, à la Libération, rentrer en France. Anne-Marie rejoint sa patrie en , plus de deux années après sa déportation, recevant le une citation du général de Gaulle.

Après-guerre Ayant promis à Denyse Clairouin, qu'elle avait connue dans la Résistance et qui fut sa compagne de captivité à Ravensbrück, de poursuivre son œuvre littéraire après sa disparition, elle devient directrice de son agence en 1945, fondant en sa mémoire le prix Denyse-Clairouin, destiné à récompenser tous les ans les meilleures traductions d'ouvrages étrangers.

La découverte de ses poésies de déportation lui vaut de recevoir le prix Jacques-Normand de 1945, décerné par la Société des gens de lettres.

En parallèle, elle connaît une courte et féconde période littéraire, signant des traductions remarquées d'auteurs anglo-saxons, comme William Somerset Maugham, dont elle est l'amie, et dirige la collection policière "Les Trois Léopards" aux éditions Delmas.

S'éloignant de France à la suite de difficultés conjugales, Anne-Marie Renaud s'engage dans l'Armée française comme reporter militaire en Inde puis en Indochine. Elle y sera décorée de la médaille militaire.

Du souvenir à la transmission Elle s'investit à sa retraite dans les associations de souvenir de la Résistance, à Nice puis à Cannes où elle retrouve son mari, contribuant notamment à la création du Concours national de la résistance et de la déportation, qu'elle préside de 1980 à 1986.

Elle meurt à Cannes le , entourée de sa famille. Un hommage solennel est lu par le général Hugo Geoffrey, héros de Bir-Hakeim, en présence d'une nombreuse assistance.

Distinctions

() (décret du ) Prix Jacques-Normand (1945)

Notes et références

Liens externes

Personnes déportées à Ravensbrück Survivantes de Ravensbrück Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Prisonnier au centre pénitentiaire de Fresnes Catégorie:Prisonnier à la prison de la Santé Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur (date non précisée) Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Catégorie:Lauréat du prix Jacques-Normand Catégorie:Naissance en avril 1913 Renaud de Saint Georges , Anne-Marie Catégorie:Décès en octobre 1997 Catégorie:Décès à Cannes Catégorie:Décès à 84 ans