Simone Monvert, née le à Sainte-Adresse (Seine-Maritime) et morte le à Paris, est une première assistante de Police.
Biographie
Enfance Simone Monvert est née le à Sainte-Adresse, en Seine-Maritime. Sa famille est protestante et originaire de Suisse. Un de ses aïeuls, César-Henri Monvert (1784-1848), fut bibliothécaire de la ville de Neuchâtel. Simone Monvert optera pour la nationalité française comme ces deux frères. Ses parents et sa sœur Odette garderont leur nationalité suisse.
Après un séjour en Angleterre à Londres de 1900 à 1903 où le père de Simone, Ernest Monvert, exerce son métier de négociant, la famille s’installe à Sainte Adresse, commune proche du Havre. La famille réside à Paris à partir de la fin des années 1910.
Formation Issue du corps des assistantes sociales, Simone Monvert a suivi la formation de l’École pratique de service social fondé par le pasteur Paul Doumergue. Elle séjournera durant plus d’un an en Angleterre en 1931 et parle couramment l’anglais. Entre 1932 et 1935, Simone Monvert est assistante sociale au centre de l’Office de protection maternelle infantile du , dirigé par Ysabel de Hurtado (1891-1983).
Elle reçoit le un prix au concours d'Anne Murray Dike pour son mémoire, « Travail et persévérance ». Il porte sur deux monographies de famille dont la situation matérielle et les conditions de vie ont été profondément altérées avec la crise économique. Le prix est remis par Delagrange.
Carrière policière Nommée par le préfet de police de Paris, Roger Langeron, le , Simone Monvert est la première assistante de police de Paris. Sa nomination est le fruit d’un long travail de lobbying par le Conseil national des femmes françaises et de femmes engagées dans la lutte pour l’égalité des hommes et des femmes (Georgette Barbizet, Margueritte Pichon Landry, Hélène Campinchi et Cécile Brunschvicg), auprès du conseil municipal de Paris. Avec sa collègue Berthe Rolland, elles forment la première brigade féminine de la police municipale« Simone Monvert et Berthe Rolland : premières policières à Paris en 1935 », interieur.gouv.fr, consulté le 11 juillet 2026.. Le choix des candidates se fait en fonction de leur formation et de leur capacité physique : elles doivent être issues du corps des assistantes sociales et être en bonne condition physique pour mener à bien le travail sur la voie publique.
Leur mission principale couvre la protection de l’enfance, notamment dans la répression du vagabondage scolaire. Elles peuvent exercer le droit d’arrestation et d’amendes mais sont interdites du port d’arme. Ces assistantes de police sont placées sous l’autorité du préfet et doivent travailler avec les commissaires d’arrondissements. Leur mission va au-delà des enquêtes sociales puisqu’elles sont amenées à travailler sur la voie publique en surveillant les sorties d’école, les jardins, les gares. Ce qui constitue une véritable révolution pour cette époque.
Leur uniforme, confectionné par la Belle Jardinière, est très proche de celui de assistantes sociales : manteau de teinte « bleu préfecture », uniforme constitué d’une veste et d’une jupe bleue, chemisier bleu clair, un chapeau de feutre et un insigne de la Ville de Paris. Certaines des candidates refuseront de porter l’uniforme et se désisteront. Simone Monvert devient membre du club des Soroptimist de Paris présidé par Suzanne Noël, célèbre chirurgienne esthétique.
Fin 1938, cette brigade d’assistante de police sera constituée de cinq femmes : Simone Monvert, Berthe Rolland, Jeanne Begou, Odile Rieder et Huguette Laurent.
Avec l’entrée en guerre en et après l’épisode de l’exode en mai et ou les assistantes de police ont été fortement mobilisées, Simone Monvert décide de partir de la préfecture de police en . Elle rejoint le Secours national à Amiens comme assistante principale. En 1942, elle commence un traitement médical à l’hôpital de Villejuif, où elle est suivie par le professeur Gustave Roussy. Elle fera plusieurs séjours de convalescence au préventorium de l’abbaye de Valloires dirigé par Thérèse Papillon.
Simone Monvert a tenu le journal de son activité au sein de la police municipale, des prémices de sa nomination à l’automne 1934 au .
Elle meurt le .
Bibliographie Revue d’histoire du protestantisme, publiée par SHPF, Droz, Tome 8, octobre-novembre-, Corinne Gibello-Bernette, pp. 628-631. Pierre-Arnold Borel et Jacqueline Borel, César-Henri Monvert originaire d'Auvernier, de La Sagne et de Couvet, bourgeois de Neuchâtel et de Valangin : sa famille et son ami l'artiste peintre Gabriel Lory, La Chaux-de-Fonds, J. et P.-A. Borel, 2007. César-Henri Monvert. Rodolphe Töpffer et Jacques Droin (Dir.), Genève, Droz, 2002. Dossier Prix Murray Dike, , archives nationales, Anne Murray Dike. Geneviève Pruvost, De la sergotte à la femme flic, une autre histoire de l’institution policière, 1935-2005. Édition La Découverte, 2008.(lien). Christian Chevandier, Policiers dans la Ville, folio histoire, 2012, page 467 à 472 (lien). Genevieve Poujol, Un féminisme sous tutelle, les protestantes française 1810-1960, Les éditions de Paris – Max Chaleil, 2003, 286 p. (lien). Catalogue exposition « Les Gens de Paris 1926-1936 », musée Carnavalet, (lien).
Exposition « Simone Monvert, journal des assistantes de police 1935–1940 », bibliothèque du Protestantisme français, février-juillet 2026.
Références
Catégorie:Policier français Catégorie:Personnalité féminine du XXe siècle Catégorie:Féministe française du XXe siècle Catégorie:Naissance en novembre 1904 Catégorie:Naissance à Sainte-Adresse Catégorie:Décès en août 1944 Catégorie:Décès dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 39 ans Catégorie:Pionnière dans son domaine