Le (MMPI) est un test psychométrique standardisé de la personnalité et de la psychopathologie de l'adulte.
Le MMPI est utilisé par les professionnels de la santé mentale dans différents contextes. Par exemple, cet outil est fréquemment utilisé pour développer un plan de traitement, pour aider à former un diagnostic différentiel, pour répondre à des questions d'ordre médico-légal, ou encore lors du recrutement.
Le MMPI a évolué au fil du temps. Il a d'abord été développé par et , professeurs à l'Université du Minnesota, et publié pour la première fois par l en 1943. Une nouvelle version le remplace et est publiée en 1989, le MMPI-2, tandis que la version correspondante pour adolescents, le MMPI-A, est rendue disponible en 1992. Depuis, une révision du MMPI-2, le MMPI-2 (MMPI-2-RF), est parue en 2008: cette dernière conserve certains éléments de la version précédente, mais effectue une refonte des échelles cliniques et adopte une nouvelle approche théorique. La version la plus récente (MMPI-3) est sortie en 2020.
Histoire Le MMPI fut conçu par les psychologues américains Starke R. Hathaway et J.C. McKinley. D'abord influencé par la compréhension de la psychologie de l'époque, en 1939, le MMPI a changé au fil du temps pour mieux refléter les développements dans la conceptualisation de la psychopathologie de l'adulte, notamment en ce qui concerne les troubles de la personnalité et la psychopathie. Parmi les modifications significatives ayant eu lieu, on peut compter les jalons suivants. En 1989, le MMPI fut remplacé par le MMPI-2 J. N. Butcher, W. G. Dahlstrom, J. R. Graham, A. Tellegen, B. Kaemmer, The Minnesota Multiphasic Personality Inventory-2 (MMPI-2): Manual for administration and scoring, Minneapolis, University of Minnesota Press, 1989.. Cette nouvelle version est alors basée sur de nouvelles données normatives basées sur un échantillon plus grand, varié et représentatif tant de la population générale que des sous-populations cliniques. Ce ne fut cependant qu'en 2003 que les échelles cliniques restructurées de l'outil furent ajoutées au MMPI-2 en raison de certains problèmes psychométriques, dont certaines difficultés liées à l'interprétation et à la validité des échelles A. Tellegen, Y.S. Ben-Porath, J.L. McNulty, P.A. Arbisi, J.R. Graham, B. Kaemmer, The MMPI-2 Restructured Clinical Scales: Development, validation, and interpretation, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2003.. Dans ce même ordre d'idée, le MMPI-2-RF fut publié en 2008 Y.S. Ben-Porath, Interpreting the MMPI-2-RF, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2012.. Cette version fit passer le nombre d'items de 567 à 338, et le nombre d'échelles cliniques et de contenu à 9 et 42 respectivement. Elle inclut des échelles restructurées, (RC) , et d'autres hiérarchisées. Finalement, le MMPI-3 fut publié en 2020 après avoir été réclamé par l. Cette version est en partie basée sur le MMPI-2-RF et est basée sur des données normatives mises à jour MMPI-3 Development Update, University of Minnesota Press-Test Division, décembre 2019..
Composition des échelles
Échelles cliniques Les échelles cliniques telles que conçues à l'origine avaient pour intention d'aider à établir les diagnostics fréquents de l'époque. Numéro Abréviation Nom Description Nombre d'items 1 Hs Hypocondrie Préoccupations somatiques 32 2 D Dépression Symptômes dépressifs 57 3 Hy Hystérie Préoccupations physiques, déni, besoin d'attention 60 4 Pd Déviation psychopathique Conflits, tensions, colère, respect des règles de société 50 5 MF Masculinité / Féminité Intérêts/comportements traditionnellement masculins ou féminins 56 6 Pa Paranoïa Confiance envers les autres, méfiance, sensibilité 40 7 Pt Psychasthénie Inquiétude, anxiété, tension, doutes, obsessions 48 8 Sc Schizophrénie Pensées étranges et aliénation sociale 78 9 Ma Hypomanie Niveau d'excitabilité 46 0 Si Introversion sociale Orientation interpersonnelle 69
Échelles cliniques restructurées (RC) Les échelles cliniques restructurées (RC) ont été conçues pour améliorer les propriétés psychométriques des échelles cliniques originales. Ces dernières affichaient un niveau élevé de corrélation inter-échelles et une redondance dans les items. De plus, elles étaient embrouillées par un facteur global (le découragement), qui a depuis été isolé et attitré à sa propre échelle P. Bosch, G. Van Luijtelaar, M. Van Den Noort, J. Schenkwald, N. Kueppenbender, S. Lim, J. Egger, A. Coenen, The MMPI-2 in chronic psychiatric illness, Scandinavian Journal of Psychology, , 2014, .. Ainsi, les échelles RC se veulent mesurer les mêmes construits fondamentaux que le MMPI-2 de façon améliorée.
En réponse à cette révision, les critiques des échelles RC ont affirmé que celles-ci avaient erré trop loin des échelles cliniques originales, de sorte que les recherches effectuées précédemment sur les échelles cliniques originales ne pourraient pas s'appliquer aux nouvelles. En réponse, les chercheurs ayant développé les échelles RC ont fait valoir que les échelles restructurées étaient davantage exemptes des problèmes psychométriques mentionnés ci-dessus et qu'elles réussissaient mieux à prédire la psychopathologie A. Tellegen, Y. S. Ben-Porath, M. Sellbom, P. A. Arbisi, J. L. McNulty, J. R. Graham, Further evidence on the validity of the MMPI-2 Restructured Clinical (RC) Scales: Addressing questions raised by Rogers et al. and Nichols, Journal of Personality Assessment , 2006, .. Échelle Abréviation Nom Description RCddem Démoralisation/découragement Une mesure générale de détresse liée à l'anxiété, à la dépression, à l'impuissance, au désespoir, à une faible estime de soi et à un sentiment d'inefficacité RC1 som Plaintes somatiques Mesure la tendance d'un individu à présenter des symptômes physiques médicalement inexplicables RC2lpe Faibles émotions positives Mesure les caractéristiques de l’anhédonie – une caractéristique commune de la dépression RC3 cyn Cynisme Mesure une vision du monde négative ou trop critique associée à une probabilité accrue de relations interpersonnelles altérées, d'hostilité, de colère, de méfiance et d'inconduite au travail RC4 asb Comportement antisocial Mesure les caractéristiques d'une personnalité antisociale associées à une mauvaise conduite et à la déviance sociale. Elles incluent le non-respect des règles, l'irresponsabilité, le non-respect des normes sociales, la tromperie et l'impulsivité qui se manifestent souvent par l'agressivité et la toxicomanie RC6 per Idées de persécution Mesure une tendance à développer des délires paranoïaques, des croyances liées au fait d'être persécuté, de la méfiance et une aliénation interpersonnelle RC7 dne Émotions négatives dysfonctionnelles Mesure la tendance à s'inquiéter/à avoir peur, à être anxieux, à se sentir victime et rancunier, et à évaluer les situations de manière à favoriser les émotions négatives RC8 abx Expériences bizarres/aberrantes Mesure le risque de psychose, de pensées et de perceptions inhabituelles, ainsi que de symptômes de troubles de la pensée non associés aux idées de persécution RC9 hpm Activation hypomaniaque Mesure les caractéristiques de la manie telles que l'agressivité et l'excitabilité
Échelles de validité Les échelles de validité des MMPI-2 et MMPI-2-RF se déclinent en trois types. Le premier correspond aux mesures de non-réponse ou de réponses incohérentes (CNS, VRIN, TRIN). Le deuxième concerne la surévaluation des symptômes par le client, c'est-à-dire le fait d'exagérer leur prévalence ou leur degré de sévérité (F, F, F, FBS). Le dernier type cherche à mesurer la sous-évaluation des symptômes, auquel cas leur importance tend à être diminuée (L, K, S). Le MMPI-2-RF apporte des révisions à plusieurs échelles. Cette version ajoute également une échelle mesurant la surévaluation des symptômes somatiques (F) et retire les échelles S et F, F-r couvrant alors l'intégralité du test. Le MMPI-3 apporte pour sa part l'échelle CRIN J.R. Graham, MMPI-2: Assessing Personality and Psychopathology. Oxford, 2011. AbréviationParution (version)NomDescriptionCNS1Réponses inexploitablesItems sans réponse ou avec double réponse (vrai et faux)L1Vertus peu fréquentesSous-évaluation intentionnelle des symptômesF1Réponses peu fréquentesSurévaluation des symptômes (première partie du test)K1Validité d'adaptationSous-évaluation involontaire des symptômes (e.g., attitude défensive, déni)F2Réponses peu fréquentes - inverséSurévaluation des symptômes (deuxième partie du test)VRIN2Incohérence des réponses variablesFait de répondre à des questions concordantes ou discordantes de façon incohérenteTRIN2Incohérence des réponses vraiesFait de répondre aux questions systématiquement par vrai ou fauxF-K2F moins KHonnêteté des réponses (pas de biais dans l'évaluation des symptômes)S2Autoprésentation superlativeVise à ajouter à l'échelle K, tendance à se présenter sous un jour favorableF2Réponses peu fréquentes - psychopathologieSurévaluation des symptômes présents chez les personnes atteintes de psychopathologieFBS2Validité des symptômes rapportésSurévaluation des symptômes somatiques ou cognitifs chez les demandeurs pour cause d'invalidité ou lésions corporellesRBS2Échelle de réponses biaiséesProblèmes de mémoire exagérés en contexte médico-légal ou chez les demandeurs d'invaliditéF2-RFRéponses somatiques peu fréquentesSurévaluation des symptômes somatiquesCRIN3Incohérence des réponses combinéesCombinaison de l'incohérence variable et systématique des réponses
Échelles de contenu Les échelles de contenu ont été créées afin d'aider à préciser les comportements spécifiques associés aux élévations observées sur les échelles cliniques. Elles ont pour objectif de compléter et d'aider à l'interprétation de ces dernières, ainsi que d'augmenter leur validité incrémentale. Les échelles de contenu furent développées par Butcher, Graham, Williams et Ben-Porath à l'aide de techniques statistiques semblables à celles employées par Wiggins, qui conçut les échelles de contenu du MMPI à l'origine.
Les items faisant partie des échelles de contenu sont parfois liés de façon évidente à ce qu'ils mesurent, ce qui peut les rendre davantage susceptible à différents biais de réponse, tels que l'exagération ou le déni de certains symptômes. Il est donc recommandé de les interpréter avec prudence. Un score T plus grand que 65 sur l'une ou l'autre des échelles est considéré comme élevé.
Échelles supplémentaires Afin d'apporter de l'information supplémentaire aux échelles multidimensionnelles et ainsi mieux interpréter les élévations souvent diffuses dues au facteur général de découragement qui fut retiré avec le MMPI-2-RF, les échelles supplémentaires ont également été développées A. Tellegen, Y.S. Ben-Porath, J.L. McNulty, P.A. Arbisi, J.R. Graham, B. Kaemmer, The MMPI-2 Restructured Clinical Scales: Development, validation, and interpretation. Minneapolis, MN2. An MMPI handbook: Vol. I. Clinical interpretation. Minneapolis: University of Minnesota Press, 2003 A. B. Caldwell, MMPI supplemental scale manual. Los Angeles: Caldwell Report, 1988. Les échelles supplémentaires les plus fréquemment utilisées sont celles visant à détecter des problèmes liés à l'abus de substances, ainsi que les échelles A (anxiété) et R (répression) développées par Welsh à la suite d'une analyse factorielle.
Échelles PSY-5 (Personnalité psychopathologique)