Le Castelluzzo ou Château Monaldeschi-Funari est un bâtiment fortifié situé entre Orvieto et Lubriano, sur la Via Romea Germanica, à l'intersection de deux anciennes routes : la voie romaine qui reliait Bolsena à certains gués du Tibre ; et la route qui reliait Orvieto et Ferento. Considérablement transformé au fil des siècles, il conserve dans son architecture les traces d'une continuité de vie sur neuf siècles.
Histoire vignette|Castelluzzo dans la Galerie des Cartes Géographiques aux Musées du Vatican Le Castelluzzo (qui en italien signifie "petit château", d'origine médiévale précoce) est inscrit au registre foncier d'Orvieto depuis 1292. À cette époque, il fait partie d'un réseau de fortifications établi par la famille Monaldeschi sur le territoire sur lequel ils exercent leur pouvoir féodal depuis le siècleGiuseppe M. Della Fina, Corrado Fratini, Storia di Orvieto, vol. 2: Medioevo, [Orvieto] : Orvieto arte-cultura-sviluppo, 2007, p. 43; en particulier, il serait une étape probable de la Via Romea Germanica dans le tronçon d'Orvieto à Lubriano, comme le démontreraient les toponymes d'édifices ou de fermes autour de Castelluzzo (comme Osteriaccia - la "vieille taverne" - ou Valle dell'Oste - la "vallée de l'hôte" - véritables "stations-service" de l'époque). Ayant échappé à des siècles de guerres fratricides sur le territoire contrôlé par les MonaldeschiEphemerides Urbevetanae: dal Cod. Vaticano Urbinate 1745, Volume 1; Volume 15, pag. 412, in Rerum Italicarum scriptores : raccolta degli storici italiani dal Cinquecento al Millecinquecento / ordinata da L. A. Muratori, Nuova ed. riveduta ampliata e corretta / con la direzione di Giosuè Carducci, Città di Castello : S. Lapi ; [poi] Bologna : N. Zanichelli, 1900-1975, il fut conquis et mise à sac par le capitaine mercenaire Angelo di Lavello dit Tartaglia en 1413"Si presenta davanti alle porte di Viterbo con 500 cavalli e molti fanti; si sposta successivamente con 1000 lance nell'orvietano; saccheggia Castel Rubello, espugna Porano, Lubriano, Torricella e Castelluzzo; dà alle fiamme Sugano; sono incendiati i borghi di San Quirico, di Santa Croce, di San Donato e di Casa dei Preti." in Ariodante Fabretti, Biografie dei capitani venturieri dell'Umbria, Montepulciano : A. Fumi, 1842 ; le 7 août 1441, c'était le lieu des accords entre Orvieto et Bagnoregio par le comte Simonetto de Castel di PieroFrancesco Macchioni, Storia civile e religiosa della città di Bagnoregio : dai tempi antichi sino all'anno 1503, Viterbo : Agnesotti, 1956. À la fin du siècle, il constituait encore un lieu d'importance stratégique dans le réseau routier du Haut Latium, comme en témoigne sa présence, aux côtés des principaux édifices défensifs et des agglomérations urbaines entre Viterbe et Orvieto, dans la Galerie des Cartes Géographiques réalisée par le géographe Ignazio Danti dans les palais du VaticanCfr. La Galleria delle carte geografiche in Vaticano, a cura di Lucio Gambi, Antonio Pinelli ; scritti di Alvise Chiggiato ; fotografie di Alessandro Angeli, Danilo Pivato, Modena : F. C. Panini, 1993-1994. gauche|vignette|redresse|Le campanile au-dessus de la porte cochère dans une image de la fin du siècle. Le rapport d'une visite pastorale du 1er juin 1617 montre que le propriétaire de Castelluzzo est toujours un membre de la famille Monaldeschi, NicolaArchivio Vescovile di Bagnoregio, Visite Pastorali, d.d.c. 130. Acquis, par contrat de mariage, à la noble famille Buzi-Magoni d'Orvieto, Castelluzzo fut restauré comme résidence de campagne par les nouveaux propriétaires en 1661 (date gravée dans les architraves de l'étage principal avec le nom de Gaspar Magonius). L'édifice subit d'importants dégâts lors du célèbre tremblement de terre de la vallée de la Teverina en 1695, comme en témoignent encore les vastes réparations apportées aux murs médiévaux entre . Au siècle, un campanile fut érigé sur la porte cochère; le nom de Roberto Magoni est gravé sur la cloche en bronze. Castelluzzo fut ensuite le protagoniste des événements majeurs de l'histoire de l'Italie : entre autres, les troupes de Garibaldi y séjournèrent en 1867 :
vignette|redresse|Castelluzzo à la fin du siècle. Avec la mort de Nazareno Magoni en 1890Si legge sulla lapide della tomba di Nazzareno Magoni nel Cimitero di Orvieto : "Nazzareno. Ultimo della nobile ed antichissima gente dei Buzi Magoni. Nato in Orvieto il 24 dec. 1818. Visse modesto caritatevole pio. Sposato a Caterina Galeotti non ebbe prole. Morta la consorte nel 1876 e qui stesso sepolta conservò per i poveri il suo patrimonio da oltre 400 anni posseduto da 58 suoi antenati. Allo Ospedale del Municipio lasciollo per testamento raccomandando l’anima a Dio ai posteri il nome. Morì compianto da tutti il 3 8bre 1890. Rosina Arduini per debito di riconoscenza al suo benefattore fece scolpire questa memoria. MDCCCXCII". Cimitero di Orvieto., Castelluzzo passa à la famille Montini d'Orvieto. Occupée par les troupes allemandes, l'édifice subit les bombardements alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1952, dit-on, Federico Fellini, visita Castelluzzo comme lieu possibile pour le tournage de La Strada.
Description vignette|Castelluzzo vu depuis la falaise d'Osteriaccia Le chateau se dresse sur une colline de tuf à trois kilomètres de Lubriano, entre le Fosso Cieco à l'est et le Fosso delle Brunette à l'ouest, au carrefour et à la défense de deux anciennes voies, la voie romaine qui reliait Bolsena à quelques gués du Tibre ; et la route qui reliait Orvieto et Ferento. L'ensemble fortifié se développe autour d'une cour intérieure équipée d'une citerne voûtée de récupération des eaux pluviales témoignant d'un premier noyau médiéval de l'édifice.
La structure, née autour d'un donjon (aujourd'hui incorporé au volume de l'édifice), se présente comme un grand bâtiment central, à trois étages, délimité au nord-est et au nord-ouest par deux tours ; et entouré d'autres bâtiments mineurs, qui conservent dans leurs structures des fragments de l'enceinte ancienne : une maison de fermiers à l'ouest ; quelques ruines au sud ; une grande grange avec garage agricole à l'ouest (construits dans les années 1970, à la place des anciennes écuries). À l'extérieur de l'enceinte, juste en face de la porte cochère, se dresse La chapelle de la Madonna della Neve (Notre-Dame-des-Neiges), probablement bâtie à partir d'anciennes structures défensives antérieures, conservant à l'intérieur des traces de fresques du siècle.
Chapelle de Notre-Dame-des-Neiges gauche|vignette| La chapelle de Madonna della Neve (Notre-Dame-des-Neiges) Probablement construite sur les restes d'une ancienne tour de contrôle d'accès au château, la chapelle de Notre-Dame-des-Neiges (un bâtiment de plan central avec une sacristie attenante) est située immédiatement à l'extérieur de la cour. Une stratigraphie intéressante est lisible à l'intérieur: lors des travaux d'entretien de la toiture, deux meurtrières murées ont été trouvées près de l'autel ainsi que des restes de fresques datant du siècle et représentant saint Sébastien, surmonté du Saint-Esprit et entouré de décorations florales et de bandes turquoise.
Pour ce qui concerne la fonction exercée par l'église au cours des siècles, nous apprenons d'un procès civil du 9 décembre 1604 qu'elle est le siège paroissial du territoire de CastelluzzoArchivio Vescovile di Bagnoregio, Atti civili, d.d.c. 424, Assegno anno 1719 c. 33D. Déjà à la fin du siècle, cependant, elle est réduite à une branche de l'église de Lubriano : Au tournant des , l'édifice est relégué à la fonction de chapelle privée desservant le château. Après la Seconde Guerre mondiale, les espaces de l'église Notre-Dame-des-Neiges furent utilisés comme école rurale pour les familles d'agriculteurs. Restaurée dans les années 90, elle a reçu la visite du Serviteur de Dieu, le Père Gianfranco Maria Chiti, qui y a célébré la Sainte Messe.
L'église conserve encore la Madone Pèlerine, une effigie de la Vierge du Poggio vénérée à Lubriano qui, le jour de la fête, était portée en procession à travers la campagne et les fermes de la région.
La Torraccia vignette|Une image des ruines de Torraccia couvertes de végétation À environ deux kilomètres du chateau, en direction nord et exactement à l'intersection des deux fossés qui servaient à la défense du chateau (le fossé Cieco et le fossé Brunette) se trouvent les restes d'un autre système défensif structuré autour d'une tour (sorte de tête de pont) qui vit encore sous le toponyme de la ferme sur laquelle elle se trouve (La Torraccia, la "vieille tour").
Références
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