La stèle de Carpentras ou de Taba, aussi appelée Tabula rigordiana ou Table de Rigord, est une stèle datée entre le et le avant notre ère., trouvée à Memphis (Égypte) en 1704, qui contient la première inscription publiée écrite en alphabet phénicien, et la première identifiée (un siècle plus tard) comme étant de l'araméenIl s'agit donc de la transcription d'un texte araméen en caractères phéniciens.. Elle se trouve à Carpentras, à la bibliothèque InguimbertineRudolf Jaggi, (2012) " completely wrong, stele found in Égypt (Memphis) Der "Stein von Carpentras", Kemet: Die Zeitschrift für Ägyptenfreunde, volume 21, issue 1, p.58-61: "So landet man über kurz oder lang vor der Bibliothèque Inguimbertine. Der 1745 von Malachie d'Inguimbert gegründeten Bibliothek ist heute die Musée Comtadin-Duplessis angeschlossen, ein kleines Museum mit Volkskunst und Werken einheimischer Maler. Im ersten Stock des schönen Gebäudes findet sich in einer finsteren Ecke die alte Vitrine mit dem sog. Stein von Carpentras.". Des textes araméens plus anciens ont été trouvés datant du av. J.-C., mais celui-ci a été le premier à être publié en EuropeAramaic - 10th cent. B.C. - today.. Il est connu sous les noms de KAI 269, CIS 141 et TAD C20.5.
Il s'agit d'une dédicace funéraire à une dame inconnue appelée Taba ; la première ligne de l'image la représente debout devant le dieu des enfers, les bras levés, et la seconde, allongée, morte, prête pour l'enterrement. L'inscription textuelle est typique des tablettes funéraires égyptiennes dans la mesure où elle la décrit comme n'ayant rien fait de mal dans sa vie et lui souhaite le meilleur en présence d'Osiris. Un débat scientifique de longue durée s'est concentré sur la langue de l'inscription et sur la question de savoir si elle a été écrite en prose ou en poésie.
C'est la première inscription sémitique du nord-ouest (c'est-à-dire cananéenne ou araméenne) publiée dans les temps modernes (les inscriptions des cippes de Melqart, rapportées dix ans plus tôt en 1694, n'étaient pas encore publiées dans leur intégralité en 1704). Au moment de sa découverte, elle est considérée comme un texte phénicien.. Des érudits ont soutenu plus tard que l'inscription était « araméenne » ou « chaldéenne » Also at Biodiversity Library.. Depuis le début du , la langue de l'inscription est considérée comme étant de l'araméenShea, W. (1981). The Carpentras Stela: A Funerary Poem. Journal of the American Oriental Society, 101(2), 215–217. doi:10.2307/601762; Allen, D. (1960). The Predecessors of Champollion. Proceedings of the American Philosophical Society, 104(5), 527–547. Retrieved August 19, 2020, from ; ; .
Le texte est d'abord traduit intégralement par Jean-Jacques Barthélemy dans les années 1760, puis par Oluf Gerhard Tychsen en 1802 ; les deux traductions sont ensuite comparées et critiquées par Ulrich Friedrich Kopp en 1821, qui est à son tour cité par Wilhelm Gesenius dans ses Scripturae linguaeque Phoeniciae largement publiées.. Kopp a critiqué Barthélemy et d'autres érudits qui avaient qualifié l'inscription et certaines pièces de monnaie de phéniciennes, « ayant tout attribué aux Phéniciens et rien aux Araméens, comme s'ils n'avaient rien pu écrire du tout ». Kopp a noté que certains mots sur la stèle correspondaient à l'araméen du Livre de Daniel et du Livre de Ruth.
Publication initiale vignette|La stèle telle que publiée en 1704. La stèle est publiée pour la première fois en 1704 par Jean-Pierre Rigord dans un article axé sur la description de l'écriture hiératique ; cet article a constitué la première reconnaissance d'une écriture égyptienne non hiéroglyphique dans les temps modernes. Jean-Pierre Rigord a écrit : « J'ai dans mon cabinet un monument égyptien que j'ai dessiné ici, sur lequel se trouvent des personnages historiques, au-dessus d'une inscription punique »Rigord, M., "Lettre de Monsieur Rigord Commissaire de la Marine aux journalistes de Trevoux sur une ceinture de toile trouvée en Egypte autour d'une Mumie." Mémoires pour l'histoire des Sciences et les beaux Arts, Trevoux 4 (1704): 978–1000: "D'ailleurs ce qui doit avoir le plus contribué à introduire ce langage et ce caractere en Égypte, c'est la Dynastie des Rois bergers. C'étoient des Bergers Phéniciens lesquels conquirent l'Égypte, et qui y régnèrent pendant quelques siecles : ils dûrent y introduire le langage phénicien. Car ces Rois traitèrent l'Égypte en pays de conquête, ils brûlèrent les villes, abbatirent les temples, massacrèrent un nombre infini de gens et firent généralement tout ce qu'ils purent pour détruire la nation : il leur fallut donc nécessairement faire venir beaucoup de Phéniciens pour s'assurer contre les naturels du pays ; qui ne pouvaient être que très-mal intentionnés. Il serait surprenant que la langue phénicienne ne se fût pas introduite dans l'Égypte lors qu'elle était gouvernée et toute occupée par des Phéniciens. Il y avait même encore du tems d'Hérodote aux environs du Temple de Protée à Memphis un endroit où demeuraient les successeurs des Phéniciens : c'est ce que l'on appelloit le camp des Tyriens. On pourrait m'opposer que Joseph dans la Genèse ne parle à ses frères que par interprète, pour ne pas se faire connaître à eux : mais quelque ressemblance qu'il y ait entre les langues, elles changent considérablement pour peu qu'elles s'éloignent de leur source. Le grec littéral par exemple n'est pas entendu par les Grecs d'aujourd'hui, quoi que ce soit la langue mère. Pour venir à la langue punique, on voit que cette langue doit avoir une grande ressemblance avec l'hébreu littéral. En effet, tous les savants qui ont voulu expliquer la scène punique qui est dans Plaute, ont recours aux racines hébraïques ; et ce n'a été qu'à force de réflexions qu'ils en sont venus à bout. Ainsi le langage du public en Égypte pouvait fort bien être punique originairement, sans être entendu par des bergers Phéniciens. J'ai dans mon cabinet un monument égyptien que j'ai fait graver ici, sur lequel il y a des figures historiques, et par dessus de l'écriture punique ; ce qui paraît une preuve assez solide du sentiment que je viens de proposer.".
Jean-Pierre Rigord fait alors réaliser un certain nombre de moulages en plâtre, de dimensions (H x L x P) ., qu'il distribue à d'autres membres de la communauté universitaire, principalement dans le sud de la FranceRudolf Jaggi, (2012) "Der "Stein von Carpentras", Kemet: Die Zeitschrift für Ägyptenfreunde, volume 21, issue 1, : "Um diese entbrannte sofort nach Rigords Veröffentlichung ein Gelehrtenstreit. Der Besitzer ließ nämlich eine ganze Anzahl von Gipsabgüssen herstellen, damit sich seine gelehrten Freunde (meist Adlige aus Südfrankreich) intensiv damit beschäftigen konnten.". La stèle est ensuite revue par Anne Claude de Caylus, Bernard de MontfauconMontfaucon, Père Bernard de, "Le corps d'Osiris avec une tête de Monstre", L'Antiquité expliquée et représentée en figures. Suppl. , Paris 1719, . et Jean-Jacques Barthélemy. L'examen de J-J Barthélemy met alors fin à un premier différend sur la langue de l'inscription – un consensus se forme sur le fait que l'inscription est phénicienne ; ce consensus devait perdurer jusqu'au début du Rudolf Jaggi, (2012) "Der "Stein von Carpentras", Kemet: Die Zeitschrift für Ägyptenfreunde, volume 21, issue 1, : "Er selbst bezeichnete die Inschrift als "phönizisch". In seiner oben erwähnten Publikation von 1704 stellte er näm- lich die Theorie auf, die phönizische Schrift sei älter als die ägyptische und habe diese beeinflusst! Der Pater de Montfaucon konterte 1719: "Die Schrift, die sich unter dem Bild befindet, ist die wahre ägyptische Schrift, nicht hieroglyphisch." Wahrscheinlich hat er bereits hie- ratisch oder demotisch geschriebene Dokumente gesehen und die Steleninschrift diesen zugeordnet. Der Comte (Graf) de Caylus gab ihm 1752 recht: "Die Schrift ähnelt stark der phönizischen [...], aber Pater Montfaucon hat besser geur- teilt, als er sie als ägyptisch erklärte. Tatsächlich ist sie unter einem ägyptischen Bas-Relief eingraviert!" – ein ebenso ver- blüffend einfacher wie falscher Schluss. Am Ende seines Resümees versteigt sich der Graf sogar zu der Behauptung, mit dieser Inschrift sei bewiesen, dass die phönizische Schrift von den ägyptischen Hieroglyphen abstamme. Der Abbé Jean-Jacques Barthélémy (1716–1795), der auch einen Abguss des "Steins" besaß, beendete 1761 den Streit mit seiner Explication d'un bas-relief égyptien et d'une in- scription phénicienne qui l'accompagne... Graf Caylus reagierte als erster auf die Publikation – und er reagierte großzügig, wie es sich für einen echten Wissen- schaftler gebührt: "Ich habe Grund zu glauben, dass diese phönizische Inschrift, durch Abbé Barthélémy mit großem Scharfsinn und großer Kenntnis der gelehrten Sprachen ausgedeutet, großen Lärm machen wird (fera de bruit) im kleinen Kreise der Gelehrten.".
Versification Un certain nombre d'érudits ont suggéré que l'inscription soit traduite sous forme de poème, c'est-à-dire sous forme métrique. Cela a été proposé pour la première fois en 1868 par Joseph DerenbourgRudolf Jaggi, (2012) "Der "Stein von Carpentras", Kemet: Die Zeitschrift für Ägyptenfreunde, volume 21, issue 1, : "...in der zweiten Hälfte des 19. Jh.s ein neuer Gelehrtenstreit um sie entbrannte: ob nämlich die Inschrift als Gedicht, also in metrischer Form, oder als Prosa zu übersetzen sei. Die Diskus- sion wurde 1868 durch Joseph Derembourg (1811–1895) ausgelöst, der als erster diese Idee vertrat. Seitdem wurde die Kontroverse offenbar fortgesetzt und dauert eigentlich bis heute an, was entsprechend abweichende Übersetzungen generierte."Derembourg, Joseph, Notes épigraphiques sur l'inscription de Carpentras in Journal asiatique 11, Paris, 1868, ; Shea, William H. "The Carpentras Stela: A Funerary Poem." Journal of the American Oriental Society, vol. 101, no. 2, 1981, . ; Accessed 4 Oct. 2020..
L'inscription, sous forme poétique, a été traduite par Charles Cutler Torrey comme suitTorrey, C. (1926). A Specimen of Old Aramaic Verse. Journal of the American Oriental Society, 46, , . : .
Images Dans la partie supérieure de la stèle, le dieu égyptien des enfers Osiris est assis sur le trône, reconnaissable à sa crosse et son fléau caractéristiques. Derrière lui se trouve une déesse vêtue d'une jupe longue ; cela pourrait être Isis ou Maât. À table, une dame, peut-être la défunte, se tient les bras levés dans une pose d'adoration. Dans l'image du bas, la défunte est représentée allongée sur un lit en forme de lion. Le dieu embaumeur Anubis est représenté, assisté d'Horus à tête de faucon. Les quatre vases canopes avec les entrailles de la défunte se trouvent sous le lit, avec pour couvercles les têtes des quatre fils d'Horus : Amset (tête humaine), Hâpi (babouin), Douamoutef (chacal), Kébehsénouf (faucon). Nephtys est agenouillée aux pieds de la morte et Isis est représentée à sa tête.
Dans la culture populaire La stèle figure dans trois lettres écrites par Vincent van Gogh en 1889 à son frère et à sa sœur753: To Theo van Gogh. Arles, Friday, 29 March 1889, note 8. Also letters 764 and 785..
Exposition D'octobre 2022 à janvier 2023, la stèle est prêtée au British Museum pour y être exposée auprès de la pierre de Rosette..
Bibliographie . . .
Notes et références Notes
Références
Liens externes
Modèle 3D de la stèle
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