vignette|Les couleurs de l'anarcho-transhumanisme sont généralement représentées par une alliance entre le bleu et le noir. Le noir symbolise l'anarchie, tandis que le bleu peut représenter le ciel, l'avenir, l'horizon lointain et l'infini. L'anarcho-transhumanisme (parfois abrégé en AnH+, @H+ ou ah+) est un courant politique anticapitaliste souhaitant allier le transhumanisme à la pensée anarchiste et libertaireUne émission en français intitulée Entrez sans payer, datée du 9 juin 2021, réfléchissant sur le lien possible entre le transhumanisme, l'anarchisme, la technique et la gratuité :
https://nonmarchand.org/grav/entrez-sans-payer/entrez-sans-payer-09-juin-2021-venus-project [ et ]. Cette doctrine postule que la liberté sociale est intrinsèquement liée à la liberté matérielle, et que la liberté réside en fin de compte dans l'extension de nos capacités et possibilités d'interaction avec le monde qui nous entoure.. Selon William Gillis, un des principaux penseurs et militants de ce courant, nous devrions ainsi The Routledge Handbook of Anarchy and Anarchist Thought (edited by Gary Chartier and Chad Van Schoelandt), chapter 30, Traduction de : "We should seek to expand our physical freedom just as we seek to expand our social freedom." (-William Gillis). Les anarcho-transhumanistes voient leur position comme le développement logique et l’approfondissement de l’engagement anarchiste envers la maximisation des libertés.
L’anarcho-transhumanisme, en tant que courant de pensée anarchiste, fait de la liberté la valeur prioritaire et la condition de toutes les autres valeurs ; dans le même temps, en tant que courant de pensée transhumaniste, il voit dans l’amélioration de l'être humain une des méthodes privilégiées pour atteindre cette libertéPaweł Malendowicz, Non-anarchist Anarchisms and Anarchisms of Non-anarchist Origin in Contemporary Political Thought, 2022 , . Il revendique donc des droits à un meilleur accès aux outils du transhumanisme pour la société, et souhaite également les changements socio-économiques nécessaires afin de modifier les infrastructures économiques et techniques modernes d'une façon plus égalitaire. Ainsi, la technologie est perçue comme un enjeu politique, social et démocratique : elle doit faire l'objet d'une appropriation démocratique et être utilisée à des fins libératrices. Cette pensée, où les réflexions économiques, politiques, sociales et éthiques autour de la technologie et de la liberté morphologique sont importantesINGHELS, Nicolas, Approche épistémologique de l’anarchisme : petite contribution à l’étude du mouvement anarchiste, LES ANALYSES DE L’IHOES, , s'est historiquement construite en opposition à l'anarcho-primitivisme.Sur l’anarchisme, la technologie, et le transhumanisme, , par Structural fract [Reimagining].William Gillis, Une critique à la va-vite de la pensée Primitiviste et AntiCiv, ..
Origines Le terme d'« anarcho-transhumanisme », peu mentionné dans les années 1980, est popularisé dans les années 2000 et surtout 2010. Selon ses théoriciens, on retrouve dès le commencement des débats dans les cercles anarchistes depuis William Godwin (1756-1836), cette idée d'associer la pulsion d'améliorer et de parfaire les relations sociales entre individus à la pulsion d'améliorer et de parfaire les conditions matérielles de l'individu.
L'anarcho-transhumanisme est parfois abrégé en "aH+". Cet acronyme signifie ceci : le « a » représente l'Anarchie, tandis que le « H+ » représente « l'Humain augmenté » (un concept du transhumanisme).
Les couleurs de l'anarcho-transhumanisme Selon l'anarcho-transhumaniste Blueshifted, le bleu du drapeau anarcho-transhumaniste a été choisi afin de représenter symboliquement le futur. Le bleu est la couleur du ciel et des océans, des horizons distants à explorer. Le pigment bleu, qui serait selon lui , et les roses et fleurs bleues représenteraient plus généralement l'artificiel, le futuriste, l'espoir et l'infini. Également, le bleu est plus généralement la couleur caractéristique utilisée dans la science-fiction. Le bleu connote également l’accélération et la vitesse, avec les couleurs « décalant vers le bleu » lorsqu'on les accélère en direction d’un objet. vignette|Lorsqu'il y a une accélération vers un objet, celui-ci apparaît décalé vers le bleu (le blueshifted). Egalement, la couleur bleue peut faire référence au blueshifted (décalage vers le bleu) se produisant lorsque la fréquence du rayonnement observée est décalée vers le bleu par rapport à la fréquence de la source lumineuse. Ce phénomène se produit lorsque la distance séparant une source lumineuse d'un observateur devient de plus en plus faible ou sous l'influence de l'attraction gravitationnelle. Ce décalage est complémentaire au décalage vers le rouge (redshift).
Le bleu a également été opté parce que c’était la seule couleur sur la roue chromatique des écoles anarchistes qui n’avait pas été choisie. L'un des buts étant d'établir et de définir ces idées et aspirations d’une manière qui ne suivait pas les oppositions "rouges vs verts" classiques des années 1990. Pour les anarcho-transhumanistes, il était nécessaire de se différencier des courants plus conventionnels du syndicalisme et du communisme (optant souvent pour la couleur rouge), sans essayer de nier ou de dominer des représentations existantes de ceux-ci.
Enfin, au sein de cet affrontement entre (anarcho-)primitivistes et anarcho-transhumanistes, les anarcho-transhumanistes considèrent qu'il est intéressant symboliquement que les primitivistes aient choisis la couleur de la terre (vert), tandis que l'anarcho-transhumanisme opte pour celle du ciel (bleu).
Inspirations et divergences internes Les anarchistes transhumanistes s'inspirent de penseurs et de courants variés au sein la philosophie anarchiste. Ainsi, les anarcho-transhumanistes n'ont pas toujours exactement le même point de vue sur certains sujets, par exemple sur l'économie et la manière de s'organiser politiquement. vignette|140x140px|Certains anarcho-transhumanistes se revendiquent et s'inspirent aussi de l'anarcho-communisme. Comme le précise le militant Blueshifted, beaucoup d'anarchistes transhumanistes sont souvent intéressés et inspirés par exemple par des auteurs anarchistes assez classiques tels que Pierre Kropotkine et Murray Bookchin, d’autres sont plutôt influencés par la et sont intensément critiques des organisations politiques traditionnelles et de la rigidité idéologique, d’autres viennent de traditions orientées vers les marchés comme le mutuellisme, alors que d'autres sont anti-marchés et proches du communisme libertaire. Mais la plupart de ces différences sont orthogonales et secondaires par rapport à leur focalisation commune sur la question des conditions morphologiques et des moyens technologiques.
Idées principales
Perspectives générales vignette|Drapeau anarcho-transhumaniste, avec au centre le "A" de l'anarchisme et le "+" de l'être humain augmenté ("h+"). Comme le précise le politologue , l’anarcho-transhumanisme est la reconnaissance que la liberté sociale est inséparable de la liberté matérielle : cette liberté a pour but d’élargir les possibilités humaines et les capacités d’engagement et d'action des êtres humains sur le monde. Cela signifie le pouvoir de se libérer des contraintes arbitraires que les corps peuvent imposer aux humains, mais aussi être libre de façonner le monde qui nous entoure. Ce courant souhaite dépasser et transcender les limites du genre et de la génétique au sein de l’expérience humaine. Il s’agit de remettre en question les limitations gouvernant les êtres humains. Cette pensée libertaire affirme que si des outils existent pour améliorer la qualité de vie, ils doivent être utilisés, car personne ne devrait par exemple éprouver la faim ou d’autres pénuries si celles-ci peuvent être éliminées. Également, dans un objectif philosophique anarcho-transhumaniste, afin de pouvoir augmenter l'agentivité de nos corps et dans notre environnement, il est nécessaire de combattre les institutions sociales oppressives qui réduisent fortement cette même agentivité. Ce pouvoir de l'agentivité est connecté à la notion de "Liberté morphologique", désignant dans ce courant anarchiste la liberté effective de disposer de son corps et de ses conditions matérielles.
Plusieurs idées générales peuvent se retrouver au sein de ce courant :
La liberté corporelle et morphologique (s'inscrivant dans la critique du capacitisme, de la transphobie, du racisme, des normes et stéréotypes de genrehttps://anarchotranshumanzine.wordpress.com/wp-content/uploads/2012/11/dfos.pdfetc.). ; L'acceptation de la neurodiversité et la lutte contre le validismeLexi Linnell, This Machine Kills Ableism ; Le droit à l'avortement ; Le développement des logiciels libres ; L'anti-surveillance généralisée ; Il peut se trouver des revendications antispécistes chez certains auteurs ; Pouvoir allier écologie, science et technique ; La critique du bioconservatisme ; La lutte contre le primitivisme ; L'abolition du capitalisme et de l'impérialisme, la socialisation des moyens de productions et l'abolition de l'État. ; L'augmentation de l'espérance de vie ; L'abolition de la propriété intellectuelle.
Certains anarcho-transhumanistes peuvent également soutenir différentes pratiques et méthodes pour atteindre leurs idéaux, tels que le hacking, l'impression 3D, ou le biohacking.. Également, les anarcho-transhumanistes travaillent sur des projets immédiatement pratiques donnant aux personnes plus de contrôle sur leurs corps, par exemple l'installation de cliniques pour l'IVG, la distribution de naloxone, la lutte pour le libre accès à des techniques pour la transition de genre, l'accès gratuit à la pilule contraceptive, ou bien le fait d’imprimer en open-source des prothèses pour enfants..
L'anarcho-transhumanisme demande que l’on interroge nos désirs et valeurs au-delà de l’arbitraire de "Ce qui est", en n’acceptant ni l’autorité de constructions sociales arbitraires comme le genre, ni une loyauté aveugle au fonctionnement actuel de nos corps. Il s'agit donc d'un courant revendiquant les droits aux outils du transhumanisme, et souhaitant des transformations socio-économiques nécessaires afin de modifier les infrastructures modernes d'une manière égalitaire. La technologie est un enjeu politique et démocratique, elle doit être saisie et transformée à des fins émancipatrices.
S'inscrivant dans la tradition anarchiste, l'anarcho-transhumanisme postule également l'abolition de l'État. Comme l'indique le politologue Paweł Malendowicz, l'anarcho-transhumanisme assume le fait que grâce aux avancées technologiques, le besoin et la nécessité d'un État disparaitraitPaweł Malendowicz, Non-anarchist Anarchisms and Anarchisms of Non-anarchist Origin in Contemporary Political Thought, 2022 , . Tandis que la notion de "Liberté morphologique" revendiquée par les anarcho-transhumanistes s'inscrit quant à elle dans la tradition de la pensée transhumaniste, avec ici un point de vue anticapitaliste et libertaire sur cette notion.