Clément Carbon (né à Gits le et mort à Molenbeek-Saint-Jean le ) est un sculpteur, ébéniste, peintre et chef d'entreprise belge.
Biographie Parcours de vie Clément (Clemens) Carbon naît le à Gits, dans l'arrondissement de Roulers, en Flandre-Occidentale. Il est le quatrième d’une fratrie de cinq enfants, issus d’un milieu très modeste : son père, Eduardus Carbon, est tisserand, et sa mère, Anna Theresia Beeuwsaert, femme au foyer.
Le 31 juillet 1867 à RoulersRoulers, acte de mariage n° 51 du 31 juillet 1867. Theresia Virgenia Laigneil est la fille, d'après l'acte de mariage de ses parents à Roulers le 2 octobre 1833, de Nicolaus Laigneil (forgeron, né à Rumbeke le 6 décembre 1812, mort à Roulers en 1889, fils de Joannes Baptiste Laigneil et de Barbara Theresia Declercq, tous deux à Roulers) et de Barbara Theresia Virgenia Laevens (couturière, née à Roulers le 13 mars 1807, morte à Roulers en 1879 âgée de 72 ans, fille de Bernardus Laevens et de Barbara Theresia Herreman, tous deux ouvriers à Dixmude.) qui s'étaient marié à Roulers le 2 octobre 1833., Clément Carbon épouse Theresia Virginia Laigneil (1845-1939), issue de la bourgeoisie de Roulers. De leur union naîtront neuf enfants, dont Paulina (Roulers 1874 - Bruges 1944), qui deviendra l’épouse, à Laeken en 1897, de l’architecte et échevin de Bruges Joseph Viérin, et Hendrik (1882-1950), qui embrassera à son tour une carrière de sculpteur et d’architecte.
En 1893, il quitte la Flandre. Il est domicilié à Laeken en 1897, au n° 94 de la rue des Chrysanthèmes, et cela jusqu'à son décès. Il réside cependant à Molenbeek-Saint-Jean, avec son épouse, au n° 33 de la rue Frère-Orban, où il meurtMolenbeek-Saint-Jean, acte de décès n° 704 du 29 août 1907. Les déclarants du décès sont François Torfs, menuisier, 48 ans, domicilié à Laeken, et Jean François Tesseur, cabaretier, 60 ans, domicilié à Molenbeek-Saint-Jean, connaissances du défunt. le , à quatre heures du matin, à l’âge de 72 ans. Son épouse, Theresia Laigneil, meurtVooruit, Kortrijk, Overlijdens, 1er octobre 1938, p. 8 : Theresia Laigneil, z(onder) b(eroep), 93 j., wed. van Clement Carbon, Groeningelaan 7. à Courtrai, âgée de 93 ans, en 1938.
Formation et parcours professionnel Sa scolarité est brève car il doit aider un agriculteur local, travaillant aux champs et s’occupant des animaux. C’est pourtant durant cette enfance laborieuse qu’émergent ses talents artistiques : il se passionne pour la sculpture et réalise, à l’aide d’un simple canif, de nombreux objets en bois de palmier.
Les notables de Gits remarquent rapidement ses dons. Hendrik Horrie, fondateur de l’Académie de Roulers, convainc alors ses parents de le laisser suivre une formation artistique. Clément entre d’abord à l’Académie de Roulers, puis poursuit ses études à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, où il bénéficie de l’enseignement du sculpteur Joseph Geefs. En 1860, il s’y distingue brillamment, remportant le prix d’excellence, les premiers prix de composition historique, d’anatomie musculaire, d’antiquités et de costumes, ainsi que le deuxième prix de modelage d’après nature.
En 1863, il reçoit, à AnversHet Handelsblad, 3 mai 1863, page 2 : Zaturdag avond was de St. Jakobsmerkt prachtig verlicht en gevlagd, ter eere van M. Carbon die den 1e prys van beelhouwkunde op onze Koninklyke Akademie behaeld heeft. (...) In de herberg St. Jan, waer de laureaet woont, had en vrolyk vriendenfeest plaets, door de gewoone bezoekers van dit lokael aen M. Carbon gegeven. (...) M. Clement Carbon is 27 jaren oud en geboortig van Gits, in Vlaenderen. (...)., le premier prix de sculpture de l'Académie royale.
En 1864, Clément Carbon participe au Prix de Rome belge et obtient le second prix grâce à son bas-relief Priam supplie Achille de lui remettre le corps de son fils Hector. L’œuvre récolte quatre voix contre cinq en faveur du lauréat, Frans Deckers., et est acquise pour 200 francs par la commune de Roulers. Ce prix, accompagné d’une bourse, lui permet de perfectionner son art au cours d’un séjour d’étude à travers l’Italie.
Clément Carbon s’établit à Roulers, où il enseigne à l’Académie de la ville et fonde son propre atelier d’ébénisterie et de sculpture. Il y réalise des œuvres principalement dans le style néogothique, mais aussi dans un registre plus naturaliste, proche du courant saint-sulpicien alors très prisé dans les milieux catholiques. droite|vignette|Retable néogothique du maître-autel de l'église Saint-Médard de Wervik centré|vignette|Statue de Saint-Michel (église Saint-Michel de Roulers) au modelé naturaliste et au costume néogothique Durant cette période, il rénove presque entièrement le mobilier liturgique et intérieur de l’église Saint-Jacques-le-Majeur de Gits, sa commune natale. Il intervient également comme restaurateur, notamment sur la chaire de vérité de l’église Saint-Michel de Roulers. Parallèlement à ses activités de sculpteur, il s’essaie aussi à la peinture.
Parmi ses élèves figurent plusieurs artistes de renom, tels que Jules LagaeHet Handelsblad, 1er septembre 1935, page 2 sur la recension de l'ouvrage Le sculpteur Jules Lagae d'Arnold Goffin., lauréat du Prix de Rome en 1888, ainsi que Karel Dupon, Josué Dupon et Pierre Boncquet.
Postérité et hommage vignette|Annonciation néogothique sur l'autel de la Vierge dans l'église Saint-Michel de Roeselare Au , les styles néogothique et saint-sulpicien tombent en désuétude et sont de plus en plus critiqués. Dans ce contexte, l’œuvre de Clément Carbon sombre peu à peu dans l’oubli. Les guerres, l’évolution des goûts artistiques, les réformes liturgiques, puis les désacralisations successives ont entraîné la disparition ou la dispersion d’une partie de ses réalisations.Toutefois, en 1960, une rue portant le nom de Clément Carbon est créé à Gits, et en 1970, un article biographique paraît, témoignant d’un regain d’intérêt.
C’est surtout en 2011 que Clément Carbon retrouve une visibilité nouvelle : le Davidsfonds, le cercle d’histoire locale de Gits et la commune de Hooglede lui rendent hommage à travers le projet In de voetsporen van Clément Carbon (« Sur les traces de Clément Carbon »). À cette occasion, une réplique de son bas-relief Priam supplie Achille, qui lui valut le second prix au Prix de Rome belge en 1864, est dévoilée dans l’église Saint-Jacques-le-Majeur de Gits. L’original, quant à lui, est transféré et conservé dans le nouveau centre administratif communal..
Œuvres
Œuvres religieuses Voici une liste non exhaustive d'œuvres religieuses :
Audenaarde, église Notre-Dame-de-Pamele Travaux non identifiés et état actuel inconnu Courtrai, église Saint-Roch maître-autel autel latéral de Saint Benoît Labre chaire stalles statue de Saint Antoine diverses statues Dentergem , église Notre-Dame et Saint-Etienne (de 1872 à 1879) "chœur" en chêne banc de communion chaire néogothique
Gand, église Sainte Anne Travaux non identifiés et état actuel inconnu Gand, église Sainte Elisabeth Travaux non identifiés et état actuel inconnu Gits, église Saint-Jacques statue du Sacré-Cœur Jette, couvent du Sacré-Coeur Travaux non identifiés et état actuel inconnu Roulers, église Saint-Michel autel de la Vierge autel de Saint François Xavier statue de Saint Michel statue du Sacré-Cœur, banc de communion
Wervik, église Saint-Médard maître-autel (1877)
Œuvres profanes En dehors de ses productions religieuses destinées aux églises, Clément Carbon expose peu dans les circuits artistiques officiels. Le public découvre néanmoins certaines de ses œuvres à l’occasion de quelques expositions. En 1881, il présente à Courtrai deux sculptures en plâtre intitulées Le Charlatan et Le Liseur. En 1894, il participe à une exposition au Palais des Glaces de Munich, où il reçoit une seconde médaille en sculpture.. Deux ans plus tard, en 1896, il envoie Le Savant, une statue en plâtre, au Salon des artistes français organisé au Palais des Champs-Élysées à Paris..
Par ailleurs, un projet de monument réalisé en 1882 — représentant Jan Breydel et Pieter de Coninck — est toujours conservé à l’hôtel de ville de Roulers. Cette œuvre avait été soumise dans le cadre du concours visant à ériger une statue sur la Grand-Place de Bruges. Toutefois, le projet de Carbon ne fut pas retenu,..
Références
Voir aussi
Autres projets
Bibliographie
Articles
.
Autres sources en ligne
Articles connexes
Liste de sculpteurs belges. Modeste Verlinden, autre ébéniste et sculpteur dont l'atelier était situé à Roulers dans les années 1890. Charles Buisine-Rigot, ébéniste et sculpteur lillois Gustave Pattein, ébéniste et sculpteur dont les ateliers étaient situés à Hazebrouck
Liens externes
Catégorie:Sculpteur belge du XIXe siècle Catégorie:Sculpteur belge du XXe siècle Catégorie:Étudiant de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers Catégorie:Élève de Joseph Geefs Catégorie:Naissance en août 1835 Catégorie:Naissance dans la province de Flandre-Occidentale Catégorie:Décès en août 1907 Catégorie:Décès à Molenbeek-Saint-Jean Catégorie:Décès à 72 ans Catégorie:Statuaires, sculpteurs et ébénistes d'église