Samson « Cioma » Schönhaus, né le à Berlin et mort le à Biel-Benken, dans le canton suisse de Bâle-Campagne, est un graphiste, faussaire et écrivain allemand naturalisé suisse.

Recherché à Berlin comme juif par la Gestapo, il parvient à lui échapper en 1943 en falsifiant son passeport.

Biographie Jeunesse et formation Les parents de Cioma Schönhaus, Boris (Beer) Schönhaus et Fanja (Feiga) Bermann, juifs russes, sont venus de Minsk à Berlin en 1920 après que le père a déserté l'Armée rouge. Boris Schönhaus suit à Berlin une formation de chimiste.. Cioma Schönhaus a d'abord grandi dans le quartier du Scheunenviertel à Berlin. De 1926 à 1927, la famille séjourne près de Haïfa, alors en Palestine mandataire, puis retourne à Berlin.

En 1929, le père de Cioma Schönhaus fonde une fabrique d'eau minérale. L'entreprise est prospère jusqu'à ce qu'elle doive fermer ses portes en 1938, comme c'est le cas de toutes les sociétés juives, leur licence d'exploitation leur ayant été retirée.

En 1940, Cioma Schönhaus s'inscrit à une Kunstgewerbeschule (école d'arts appliqués) dont il suit les cours durant une année. Mais à partir de 1941, il est obligé de travailler, entre autres, dans une usine d'armement.

Sa vie à Berlin durant la Seconde Guerre mondiale En , il échappe à la déportation grâce au poste de travail qu'il occupe dans l'armement., tandis que son père est envoyé au centre d'extermination de Majdanek et sa mère à celui de Sobibor. Peu de temps après, il se cache à Berlin où il vit dans l'illégalité. Schönhaus falsifie des passeports pour d'autres Juifs vivant dans la clandestinité en échangeant des photos de vrais passeports qui auraient été perdus. Il crée notamment un passeport pour l'historien . Il travaille également avec des membres de l'Église confessante (dont ). En échange des faux passeports, il reçoit d'un groupe d'assistants dirigé par l'avocat Franz Kaufmann des cartes de rationnement dont certaines sont vendues pour qu'il puisse se construire une existence légale fictive. Pour cela, il a utilisé les noms de « Günther Rogoff », « Peter Schönhausen » et « Peter Petrow ».

La fuite de l'Allemagne nazie

Lorsque la Gestapo se lance à sa recherche en 1943, Schönhaus ose fuir Berlin. Déguisé en soldat de la Wehrmacht en congé dans ses foyers et équipé d'un passeport militaire qu'il a lui-même fabriqué, il traverse l'Allemagne à vélo jusqu'à la frontière suisse, qu'il réussit à franchir près d'Öhningen.

Le théologien Karl Barth lui ayant accordé une bourse d'études, il poursuit sa formation de graphiste à l'école des arts et métiers de Bâle et exerce ensuite cette profession.

Famille Cioma Schönhaus a eu quatre enfants, dont deux garçons, Sascha et David, fondateurs en 1993 de la formation klezmer à répertoire séfarade « Bait Jaffe » (prononcé bet yafé), dans laquelle Sascha Schönhaus joue du saxophone et de la clarinette soprano en ut et David Schönhaus de la contrebasse. Le nom de cet ensemble possède en hébreu et en yiddish la même signification que le patronyme de ses deux fondateurs en allemand (Schönes Haus, « belle maison »).

Dernières années Cioma Schönhaus meurt le , quelques jours avant son 93e anniversaire.

Publications - (Le faussaire ou l'incroyable histoire d'un jeune graphiste qui luttait clandestinement contre les Nazis), ouvrage autobiographique ouvrage traduit en anglais en 2007 et publié en 2008 : - (Le faussaire au paradis. La fin d'une incroyable odyssée), ouvrage autobiographique

Postérité au cinéma vignette|redresse=0.5|gauche|alt=photographie en couleurs du visage d'un jeune homme blond.|Maximilian Mauff en 2015. vignette|redresse=0.5|alt=photographie en couleurs du visage d'un jeune homme blond.|Louis Hofmann en 2015. Le film de 2017, montre des extraits d'interviews de Schönhaus. Son personnage, à l'époque de sa jeunesse, est interprété par Maximilian Mauff. Le téléfilm de 2022 est également consacré à sa vie. Schönhaus y est interprété par Louis Hofmann. Dans le film Stella, une vie allemande, consacré à Stella Goldschlag, Schönhaus est joué dans un second rôle par .

Bibliographie . Harald Welzer, Die smarte Diktatur. Der Angriff auf unsere Freiheit (La dictature intelligente. L'attaque contre notre liberté), S. Fischer Verlag, Francfort-sur-le-Main, 2016, (trad. : L'expulsion n’est pas envisageable pour le moment. La fuite de Samson Schönhaus de Berlin à Stein am Rhein en et son arrivée au « Paradis (la Suisse)). Dans Hegau : Revue d'histoire, de folklore et d'histoire naturelle de la région située entre le Rhin, le Danube et le lac de Constance) Peter Wyden, Stella Goldschlag. Eine wahre Geschichte (Stella Goldschlag. Une histoire vraie), Steidl Verlag, Göttingen 2019,

Références

Liens externes

Samson Cioma Schönhaus, biographie sur le site gdw-berlin.de (Mémorial de la Résistance allemande) Elke Schubert: Geretteter Retter, Buchrezension. In: „Die Zeit“ 42/2004. Beate Kosmala: Meisterstück eines Passfälschers Marcel Gyr: «Stella» verriet im zweiten Weltkrieg Juden an die Gestapo und wurde zur Literatur- und Filmfigur. Ihr Bekannter hingegen rettete unzählige Menschen und blieb weitgehend unbeachtet, Neue Zürcher Zeitung, 14. Februar 2024

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