Louisa May Alcott, née le à Germantown (Pennsylvanie) et morte le à Boston (Massachusetts), est une romancière, nouvelliste, poète, diariste et épistolière américaine.
Louisa May Alcott est connue internationalement pour son roman traduit en français sous le titre de Les Quatre Filles du docteur March.
Biographie Jeunesse et formation Née le , Louisa May Alcott est la seconde des quatre filles d'Amos Bronson Alcott et d'Abby May. L'aînée, née en 1831, est , les cadettes sont , née en 1835, et Abby May, née en 1840.
La naissance d'Anna Bronson Alcott Le , naît Anna Bronson Alcott la première enfant du couple Alcott. Si pour Abby May Alcott la maternité est un moyen de sortir d'une vie de recluse, pour Amos Bronson Alcott cette naissance est un objet d'étude, il va pouvoir appliquer les principes de son livre Observations on the Principles and Methods of Infant Instruction édité en 1830, un an avant la naissance de sa fille aînée. Il met sa fille dans des situations expérimentales pour étudier ses réactions émotionnelles. Conjointement, il développe des théories plus ou moins extravagantes sur la maternité. Si avec le temps Anna Bronson Alcott admire son père et devient sa fille préférée, en revanche Abby May Alcott s'oppose à l'éducation de ses enfants selon les méthodes de son mari..
Naissance de Louisa May Alcott À la fin de l'année 1831, Reuben Haines meurt soudainement, avec sa disparition c'est également la fin de son soutien financier à l’école de Germantown qui doit fermer ses portes. La famille Alcott connait une période de précarité comme l'écrit Abby May Alcott à son frère Sam . Pendant cette période, Abby May Alcott est enceinte, elle accouche le de Louisa May Alcott sa seconde fille..
Départ pour Boston vignette|redresse|Photographie de Sarah Grimké. Le , Amos Bronson Alcott ouvre une nouvelle école à Philadelphie pour une quinzaine d'élèves. Dès que la jeune Louisa May Alcott fait ses premiers pas, sa mère la confie une garderie d'enfants. Elle commence à assister à des réunions organisées par les quakers, elle y fait la connaissance de Lucretia Mott qui devient son amie, et adhère à la jeune où elle rencontre Sarah et Angelina Grimké, par leurs témoignages, elle devient une fervente abolitionniste pendant que son mari et ses étudiants débattent autour de Platon, Aristote, Bacon et Kant. N'ayant plus l'appui financier de Robert Vaux, Amos Bronson Alcott, ferme son école en et décide partir pour Boston, ville selon lui plus réceptive à sa pédagogie. La famille Alcott s'embarque pour Boston dans des conditions difficiles Abby May Alcott est enceinte et leurs deux filles sont malades..
La Temple School vignette|redresse|Portrait photographique de Elizabeth Peabody. La famille Alcott loge sur la Bedford Street de Boston, à proximité. Sur la Temple Place se dresse un temple maçonnique. Amos Bronson Alcott, avec l'aide d'Elizabeth Peabody, une de ses correspondantes, est autorisé à établir dans les sous-sols la . Grâce à Elizabeth Peabody et une de ses amies, Elizabeth Lewis, des parents de montrent intéressés par le fonctionnement de cette nouvelle école, qui le peut commencer ses cours avec quatre jeunes filles comme élèves. Au bout d'une année, en enseignant cinq heures par jour, Amos Bronson Alcott s'assure un revenu annuel de . En , Amos Bronson Alcott et Elizabeth Peabody publient The Record of a School qui est un compte rendu des activités et des résultats obtenus à Temple School, cet ouvrage attire l'attention de personnes appartenant au transcendantalisme qui viennent visiter cet établissement et sont en admiration en écoutant les longs débats autour de thèmes éthiques..
Années de formation vignette|redresse|Ralph Waldo Emerson.
Une famille maternelle illustre La formation de Louisa May Alcott ne suit pas un parcours ordinaire, dans un premier temps, elle suit des cours par intermittence à la Temple School, un jour, Ralph Waldo Emerson se présente à l'école, elle est marquée par sa personnalité. Sa mère lui inculque, comme à ses autres filles, trois principes : maîtrise-toi, aime ton prochain et garde l'espoir et occupe-toi. Dès ses quatre ans, la jeune Louisa May Alcott suit ces principes. Dès ses sept ans, comme sa mère, elle apprend à partager avec les enfants plus pauvres qu'elle. À la différence de ses sœurs, par son côté aventureux elle est réputée comme étant un garçon manqué. Sa mère lui fait découvrir ses parents comme le colonel Joseph May. Lors d'une visite chez sa grand-tante maternelle, Dorothy Hancock, elle apprend que cette dernière eut pour époux John Hancock, l'un des signataires de la Déclaration d'indépendance des États-Unis et qu'il fut le premier gouverneur de l’État du Massachusetts. Louisa May Alcott est impressionnée par cette maîtresse femme dont elle garde un souvenir durable.
L'abolitionniste précoce À ses sept ans, Louisa May Alcott est marquée par un épisode, une personne frappe à la porte de la cuisine, elle ouvre et découvre un visage noir au regard apeuré, vite elle referme la porte après l'avoir fait entrer et avertit sa mère. Cette dernière lui explique qu'il s'agit d'un esclave qui a fui une plantation du Sud et qui demande un abri avant de reprendre la route vers le Canada où il sera libre. Sa mère fait ce qu'il faut pour répondre à l'urgence de cet homme et demande à sa fille de ne rien dire à ce sujet, car elle risquerait des poursuites judiciaires. Cet événement fait naître en elle un fort sentiment d'abolitionnisme, renforcé par des échanges avec son père.
La vie à Concord vignette|redresse|Margaret Fuller. gauche|vignette|redresse|Abigail May Alcott Nieriker. En , grâce à l'appui de Ralph Waldo Emerson, Amos Bronson Alcott peut louer auprès de Edmund Hosmer un cottage dans la ville de Concord, à une trentaine de kilomètres de Boston, pour un loyer annuel de . Selon Louisa May Alcott, la vie à Concord fait partie de ses meilleurs moments de bonheur. Alors qu'elle n'est âgée que de sept ans et demi, elle commence à rédiger un cahier de souvenirs. La vie à Concord est différente de la vie industrieuse et bruyante de Boston. C'est une bourgade campagnarde à proximité de la rivière Concord. Le cottage où habite la famille Alcott est doté d'un jardin, de quatre grandes pièces et surtout donne sur de grands espaces où la jeune Louisa May Alcott peut courir, s'ébattre et musarder à son aise. Les filles Alcott se font rapidement des camarades de jeu, plus spécialement avec la fille de leur propriétaire Lydia Hosmer. Louisa May Alcott a également pour camarade le fils d'Edmund Hosner, Cy Hosner, ce dernier lui lance régulièrement des défis qu'elle relève et réussit, d'où elle se fait une réputation de garçon manqué. Parmi les personnalités qui se rendent à Concord, il y a la venue de Margaret Fuller, écrivaine et directrice de la revue littéraire The Dial, de cette rencontre Louisa May Alcott retient que les femmes peuvent être indépendantes et libres d'exprimer leurs pensées.
Le naît sa sœur Abigail May Alcott connue sous le nom de Abigail May Alcott Nieriker.
Louisa May Alcott à ses huit ans, écrit son premier poème To the First Robin.
Premières leçons scolaires Louisa May Alcott ne suit pas une scolarité ordinaire. C'est son père qui lui apprend à lire et écrire, puis elle bénéficie d'une préceptrice, Miss Russel, une disciple de Ralph Waldo Emerson, Puis de leçons données ponctuellement par Henry David Thoreau lors de promenades dans la nature environnante.
La communauté de Fruitlands En quête d'un nouvel Eden vignette|La maison de la famille Alcott à Fruitlands. En , Amos Bronson Alcott est invité à se rendre au Royaume-Uni où une école porte son nom « The Alcott House », son ami Ralph Waldo Emerson lui paye les frais du voyage. Après six mois en Angleterre, il retourne aux États-Unis accompagné de trois britanniques de son fils William Lane et de Henry Wright, ce groupe a l'intention de fonder une communauté autarcique où chaque membre en plus du travail agricole étudierait les grands philosophes, se purifierait le corps par un régime végétarien. Ils commencent à appliquer ces règles de vie sur les enfants d'Amos Bronson Alcott, ils doivent se nourrir de pommes, de pain, de pommes de terre crues et d’eau. De son côté Charles Lane s'occupe de l'éducation des filles Alcott et restreignent leur temps libre. Louisa May Alcott écrit dans son journal intime . Dans quête de ce qu'Amos Bronson Alcott et Charles Lane nomment un « nouvel Eden » ils trouvent l'endroit qui leur convient, ils achètent une ferme avec une terre d'une surface de à proximité de la ville de Harvard dans le Massachusetts. Le , les familles Alcott et Lane quittent Concord pour cette ferme rebaptisée « Fruitlands » par Amos Bronson Alcott.
La vie à Fruitlands vignette|gauche|Les règles de vie de la communauté de Fruitlands. vignette|redresse|Charles Lane. La communauté de ou « Consociate Brotherhood », « Consociate Family » compte qui suivent un régime alimentaire strictement végétarien prohibant en plus de la viande, les produits laitiers et les œufs. La seule boisson autorisée est l'eau, même le thé et le café sont interdits. Ces règles s'appliquent également aux vêtements, le coton qui vient du travail des esclaves, la laine qui vient des moutons, la soie produite par des vers sont proscrits, seul le lin est autorisé.
Les membres de la communauté sont astreints à un emploi du temps strict qui commence dès le petit matin par un bain d'eau froide.
Selon son journal intime, Louisa May Alcott n'apprécie guère l'enseignement donné à Fruitland. Elle profite du moindre de ses temps libres soit pour gambader dans les champs alentour, soit pour lire, à ses dix ans elle lit des nouvelles de Charles Dickens et Le Vicaire de Wakefield d'Oliver Goldsmith. Pour le reste, elle s'accommode des excentricités de son père et des membres de la communauté.
Crise et fin de Fruitlands Dès le mois d', des tensions touchent la famille Alcott. Abby May Alcott a le sentiment de sacrifier ses filles et leur avenir sur l'autel des règles édictées par Charles Lane et ne se prive plus d'exprimer ses désaccords auprès de son mari Amos Bronson Alcott. Pour résoudre ce conflit, Charles Lane exhorte Amos Bronson Alcott de quitter sa famille et rejoindre avec lui une communauté de Shakers proche de Fruitlands. Amos Bronson Alcott se rend à cette communauté, Louisa May Alcott et ses sœurs sont affligées par la perspective d'une séparation. En , Abby May Alcott met son mari face à un choix, soit partir avec Charles Lane, soit rester avec sa famille, il choisit sa famille. En , Charles et William Lane quittent Fruitlands pour rejoindre les Shakers, pendant que la famille Alcott fait ses bagages pour s'installer dans une communauté à .
La vie à Hillside
Grâce à l'héritage du père d'Abby May Alcott d'un montant de et d'un don de Ralph Waldo Emerson d'un montant de , les Alcott peuvent acheter une maison à Concord à proximité de la résidence de Ralph Waldo Emerson. Aidés par le poète William Ellery Channing, ils y emménagent le et baptise leur nouvelle demeure « Hillside ». Louisa May Alcott réalise un rêve, elle possède une chambre personnelle. Amos Bronson Alcott, Ralph Waldo Emerson et William Ellery Channing, ont le projet de faire de Concord, un centre intellectuel.
Adolescence et les débuts d'écriture