droite|vignette|Passage piéton à Burnaby en Colombie-Britannique (Canada). Un passage piéton (ou passage pour piétons ou parfois passage clouté, malgré la disparition des clous) est une partie de la route, aménagée afin de permettre aux piétons de circuler en sécurité sur la chaussée, généralement pour la traverser. Il est conçu pour maintenir les usagers groupés dans un espace visible par les automobilistes et où ils peuvent circuler ou traverser en toute sécurité vis-à-vis du trafic routier.

Toutefois, en France, . des accidents mortels impliquant un piéton ont lieu sur ce type de passages.

Description vignette|L'un des passages piétons les plus fréquentées au monde, le Shibuya Crossing ou carrefour Hachiko dans l'arrondissement de Shibuya à Tokyo. vignette|Passage piéton à San Francisco. Les passages piétons sont souvent positionnés à des intersections, mais ils peuvent également être créés à des points différents, en dehors desquels il pourrait être dangereux de traverser. On en trouve ainsi souvent à proximité des écoles ou d’endroits fréquentés par des enfants. En outre, les passages piétons peuvent contribuer à limiter la vitesse des automobilistes.

Les passages piétons peuvent être simplement matérialisés par une signalisation horizontale sur la chaussée pour les routes à faibles trafics. Cependant, dans les zones avec un trafic important, ils sont accompagnés de panneaux de signalisation lumineux ou à diodes ou de lampes clignotantes dans certains pays. Pour certains panneaux de signalisation, il est nécessaire de presser sur un bouton pour activer le panneau. Ces panneaux peuvent également s’intégrer dans un ensemble de feux tricolores existants ou bien être autonomes si le passage n’est pas positionné au droit d’un carrefour.

Pour les routes à très fort trafic, des passerelles ou des tunnels piétonniers peuvent être aménagés. Des passerelles couvertes (appelées ou ) reliant par voie aérienne deux ou plusieurs immeubles, sont souvent installées dans les zones où les fortes intempéries sont fréquentes et où les flux piétons et véhicules sont importants.

Des marques spéciales — généralement des bandesEntrée « passage » dans le lexique du CNRTL. — sont souvent apposées sur le revêtement tant pour informer les piétons que pour faire ralentir les automobilistes. Ces marques varient selon les pays. Aux États-Unis, il y a beaucoup d’incohérences, même si les différences entre aménagements sont relativement mineures. Au Royaume-Uni, il y a plusieurs types de marques, bien identifiées. Des refuges pour piétons ou des petits îlots au milieu de la chaussée peuvent être ajoutés à l’aménagement pour sécuriser la traversée lorsque celle-ci est longue.

existe le principe de la « ruée piétonne » (aussi dénommée ), où l’ensemble des feux sont arrêtés pour permettre aux piétons de traverser dans toutes les directions en même temps.

Historique vignette|Passages piétons à un carrefour dans la ville romaine de Pompéi. On peut observer la trace des chars sur les pavés Des passages surélevés pour piétons existaient déjà il y a plus de , comme on peut le constater à Pompéi. Ils permettaient aux piétons de traverser les rues à chaque carrefour, en passant de trottoir à trottoir, ceux-ci étant assez élevés ( ou plus), pour empêcher les chars de quitter la chaussée.

Le premier signal lumineux est apparu, en , dans la rue Bridge Street de Londres. L'inventeur en était , un ingénieur ferroviaire, qui le conçut dans le but d'améliorer la sécurité des nombreux piétons traversant à cet endroit. Le signal consistait initialement en un sémaphore articulé manœuvré manuellement par un policier. Le sémaphore fut ensuite enrichi de lumières vertes et rouges pour le rendre visible de nuit, à l'aide d'un éclairage au gaz. .

En 1934, pour renforcer la visibilité des passages piétons, Leslie Hore-Belisha, le ministre britannique des transports introduit des balises clignotantes à qui on a donné son nom, les Belisha beacons.

Les passages piétons installés au milieu du étaient des « passages cloutés ». En France, après des essais de passages piétons matérialisés par des bandes rouges en 1923, on utilisa en 1925 de gros clous plats en cuivre puis en acier forgé dont la tête faisait environ de diamètre, et qui pouvaient être plantés entre les pavés des chaussées. Ils étaient à facettes pour refléter la lumière des phares. Ces clous ont été inventés par François Forissier, des Établissements Paulet, au Chambon-Feugerolles (Loire). Cette mesure prise à Paris se généralisa progressivement à la province. En 1931 cette nouvelle disposition frappe encore l’Alsacien Philippe Husser qui écrit dans son journal à la date du :

À Paris, les passages cloutés passent de 78 en 1928 à ..

Les premiers passages zébrés semblent dater de 1949.. Ils se sont généralisés ensuite grâce au remplacement des pavés par des surfaces synthétiques plus planes (enrobé et/ou béton) et grâce aux évolutions réalisées en matière de peinture. Bien qu'étant devenu très rares en dehors des centres-villes, les « passages cloutés » sont passés dans le langage courant à travers l'expression « être dans les clous », c'est-à-dire respecter les règles établies et les délais.

Passages piétons en Europe Belgique Au-delà des classiques passages zébrés, il existe un principe d'aménagement propre à la Belgique : le trottoir traversant. Dans ce type d'aménagement, inscrit au code de la route belge depuis , ce n'est pas la voie de circulation générale mais le trottoir qui est continu.

Depuis le , les piétons sont prioritaires et les véhicules doivent s'arrêter, s'ils sont sur le point de s'engager..

France

Les passages piétons étaient peints en bandes jaunes dans les années 1960, puis blanches à la fin des .

Réglementation vignette|upright|Le panneau en Allemagne vignette|200px|Des interdictions pas toujours respectées L'existence de passages prévus à l'intention des piétons n'est pas une obligation, mais lorsqu'ils existent à moins de , les piétons sont tenus de les utiliser en vertu de l'article R412-37 du Code de la route.

Le Code de la route, dans sa version de 2011, a renforcé les droits des piétons : antérieurement, les conducteurs devaient céder le passage au piéton engagé (c'est-à-dire déjà un peu sur la chaussée); depuis 2011, ils doivent céder le passage au piéton c'est-à-dire en mouvement vers la chaussée même s'il n'a pas encore quitté le trottoir. Le mot rappelle que l'article R412-37 demande au piéton de s'assurer que la voiture est assez loin pour qu'elle ait la distance pour s'arrêter (en ville, à , une distance de est considérée comme suffisante). La deuxième modification introduite par le nouveau décret, de 2011, est que le conducteur doit également céder le passage au piéton clairement son intention de traverser, c'est-à-dire en fait au piéton qui a la posture de quelqu'un qui attend pour traverser : se signaler, être près du bord et regarder dans la direction de la voiture. Le terme « manifestant » est passif, c'est à l'automobiliste de juger d'après la posture du piéton, « manifestant » ne doit donc pas être interprété comme « qui manifeste » qui serait une attitude active du piéton, il faut donc se tenir au mot « manifestant » qui est le terme utilisé dans le décret qui dispose : (article R 415-11) Art 415.11 du Code de la Route française ; . De plus, il encourt une contravention de , impliquant une amende de , la perte de six points sur le permis et une peine complémentaire pouvant aller jusqu'à trois années de suspension du permis de conduire. En 2018, la sanction, auparavant de quatre points passe à six points et peut être constaté par vidéo surveillance. ; La loi dite Badinter (Loi du 5 juillet 1985) prévoit aussi que les conducteurs de véhicules motorisés indemnisent les piétons pour les dommages corporels qui leur sont causés (sauf dans les cas où le dommage a été volontairement recherché, tel que le suicide, par exemple), normalement au travers du système des assurances. la loi Mobilités (loi du d’orientation des mobilités) interdit tout stationnement (autre que vélo) à moins de d'un passage pour piétons. Les aménagements existants doivent être refaits avant 2027. vignette|Un stationnement à moins de d'un passage piéton empêche toute visibilité pour l'enfant. Une voiture arrivant sur la route ne verra pas non plus ce dernier. Villejuif (94), 2023

Conception Le seul marquage imposé consiste en des bandes rectangulaires blanches parallèles à l'axe de la chaussée, d'une longueur minimale de en ville et d'une longueur de en rase campagne ou dans les traversées de petites agglomérations. La largeur de ces bandes est de et leur inter-distance de . Ces marquages sur la chaussée peuvent éventuellement être complétés par une signalisation verticale.

Le marquage axial ou le marquage de délimitation des voies est interrompu de part et d’autre du passage pour piétons, à une distance de , pour éviter une juxtaposition des marques nuisible à leur lisibilité.

Dans le cas de passage piéton surélevé (ralentisseur de type trapézoïdal), et pour améliorer leur lisibilité, les bandes blanches sont prolongées sur une longueur de de part et d'autre du plateau constituant le passage piéton.

Par ailleurs, les conditions d'accessibilité pour les personnes handicapées définies par l'arrêté du doivent être respectées : au droit de chaque traversée pour piétons, des « abaissés » de trottoir ou bateaux sont réalisés avec des ressauts respectant les prescriptions ci-dessous. La partie abaissée du bateau a une largeur minimale de et les pentes des plans inclinés sont conformes à celles définies ci-dessus ; si la largeur du trottoir le permet, un passage horizontal d’au moins est réservé au droit des traversées pour piétons entre la pente du plan incliné vers la chaussée et le cadre bâti ou tout autre obstacle ; une bande d’éveil de vigilance conforme aux normes en vigueur est implantée pour avertir les personnes aveugles ou malvoyantes au droit des traversées matérialisées ; les passages pour piétons sont dotés d’un marquage réglementaire conformément à l’arrêté du modifié susvisé, et notamment aux dispositions de l’ de l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, septième partie (Marques sur chaussées). ; un contraste tactile appliqué sur la chaussée ou le marquage, ou tout autre dispositif assurant la même efficacité, permet de se situer sur les passages pour piétons ou d’en détecter les limites ; les matériaux utilisés et les éventuels dispositifs d’éclairage respectent les dispositions relatives à la visibilité.

Réalisation La matérialisation du passage piéton par des bandes de de large peut être réalisée soit par un marquage additionnel, soit, si l'on est en milieu urbain éclairé, par la constitution de la chaussée elle-même : c'est le cas des pavés. En effet, dans ce dernier cas, la rétroréflexion n'étant pas obligatoire, les pavés peuvent être utilisés. Étant alors considérés comme partie intégrante de la chaussée, ils doivent respecter les règles d'adhérence d'une chaussée normale.

Accidents

En France, en 2019, sur tués en un lieu connu, 128, soit %, le sont sur un passage piétonselon les chiffres open data https://www.data.gouv.fr/en/datasets/bases-de-donnees-annuelles-des-accidents-corporels-de-la-circulation-routiere-annees-de-2005-a-2019/#_. Sur tués sur un passage piéton, 94 ( %) sont sans signalisation lumineuse et 34 ( %) sont avec signalisation lumineuse.

En France, en 2019, sur recensés impliqués dans un accident en un lieu connu, 5064, soit %, le sont sur un passage piéton. Sur impliqués sur un passage piéton, ( %) sont sans signalisation lumineuse et ( %) sont avec signalisation lumineuse.

Royaume-Uni Au Royaume-Uni, un piéton peut traverser la rue n'importe où, mais il est recommandé de traverser à un passage si c'est disponible. Comme à de nombreux pays du Commonwealth, les passages pour piétons () tient leur nom de divers animaux :